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Marionnettes humaines [The Puppet Masters - fr]

Электронная книга - «Marionnettes humaines [The Puppet Masters - fr]». Краткое содержание книги:

L’année 2007, dans l’histoire des Etats-Unis a été l’année de l’invasion. D’une invasion comme on n’en a jamais vu jusqu’alors. Les ennemis, innombrables, se présentent sous un aspect stupéfiant : des boules gélatineuses, animées de mouvements amiboïdes. Ils arrivent par astronef de la planète Titan.
Leur tactique est la plus simple : ils se collent sur la nuque des hommes et ceux-ci deviennent immédiatement des esclaves, des marionnettes soumises complétement à la volonté de ces choses innommables, de ces « maîtres » à la fois malfaisants, despotiques et diaboliquement habiles.
Il faudra une véritable guerre pour venir à bout de cette menace qui pèse sur le genre humain tout entier. Mais l’homme vaincra encore une fois les puissances mauvaises, grâce à un brillant agent des Services Secrets, Elisée Nivens, sa ravissante femme Mary, et son père, le fameux « Patron ».
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« Du calme, petit », me dit le Patron, tandis que le Président m’adressait un sourire rassurant.

« La question est la suivante, dit Rexton : où ont-ils atterri ? Nous pourrions peut-être encore capturer un engin intact.

— J’en doute, répliqua le Patron. Il ne leur a fallu que quelques heures pour camoufler le premier. En admettant que ç’ait été le premier », ajouta-t-il pensivement.

Je m’approchai de la carte et tâchai de réfléchir. La sueur au front, je désignai du doigt La Nouvelle-Orléans. « Je suis à peu près sûr qu’il y en a eu un par là, mais je ne sais pas où sont les autres, dis-je en fixant la carte.

— Pas par là ? demanda Rexton en me montrant la côte est.

— Je ne sais pas… je ne sais plus…

— Vous ne pouvez rien vous rappeler d’autre ? insista Martinez avec agacement. Faites un effort, sacrebleu !

— Je vous dis que je ne sais pas. Nous ne savions jamais au juste ce qu’ils comptaient faire. »

Je réfléchis à m’en donner la migraine et désignai du doigt Kansas City. « J’ai envoyé plusieurs messages là-bas, mais je ne sais pas si c’était pour commander des cellules porteuses. »

Rexton regarda la carte. « Nous admettrons donc qu’un débarquement a eu lieu près de Kansas City. Les techniciens pourront toujours étudier cela comme un kriegspiel et soumettre le problème à une analyse logistique. Nous pourrions même en déduire l’autre point d’atterrissage.

— L’autre, ou les autres, précisa le Patron.

— Hein ? Ou les autres points, parfaitement. »

Il revint vers la carte et s’absorba dans sa contemplation.

CHAPITRE XVI

Il n’y a rien de plus bête que l’esprit de l’escalier. Au moment où s’était posée la première soucoupe volante, une seule bombe aurait suffi à supprimer d’un seul coup la menace qu’elle représentait. Au moment où Mary, le Patron et moi faisions notre reconnaissance autour de Grinnell, nous aurions pu, à nous trois, abattre toutes les larves déjà en liberté, si nous en avions soupçonné l’existence.

Si le plan « Dos nu » était entré en application dès la première semaine, il aurait encore pu, à lui seul, emporter la décision. Mais il fut bientôt manifeste que le plan « Dos nu » avait échoué en tant que mesure offensive. Comme défense, il avait cependant son utilité ; grâce à lui, les régions non contaminées pouvaient le rester. Il permit même de remporter quelques petits succès offensifs : des régions contaminées, mais non encore complètement maîtrisées par l’ennemi, furent nettoyées. Ce fut le cas de Washington, de La Nouvelle-Philadelphie et du Nouveau-Brooklyn. Là, j’avais pu donner des conseils opportuns. Toute la côte passa du rouge au vert.

Mais, sur la carte, plus le centre du pays se remplissait d’épingles, plus il virait au rouge. Les zones infectées furent bientôt signalées par des lampes rouges ; la carte murale piquetée d’épingles ayant été remplacée par une énorme carte militaire électronique, au 1/600 000e, qui couvrait tout un mur de la salle de conférences. Elle était reliée à une autre carte identique, installée dans les sous-sols du Nouveau Pentagone ; les indications portées sur cette dernière étaient retransmises automatiquement à celle de la Maison Blanche.

Les États-Unis semblaient coupés en deux, comme si un géant avait barbouillé de peinture rouge toute la plaine centrale. Deux bandes jaunes bordaient la zone occupée par les larves ; c’étaient les seules régions de véritable activité. La réception directe des stations contrôlées par l’ennemi ainsi que celles restées aux mains des hommes libres y était encore possible. L’une de ces bandes partait des environs de Minneapolis, passait à l’ouest de Chicago et à l’est de Saint-Louis et serpentait ensuite à travers l’Alabama et le Tennessee jusqu’au golfe du Mexique. L’autre coupait les grandes plaines et aboutissait près de Corpus Christi. El Paso formait le centre d’une autre zone rouge, isolée des autres.

Je me demandais ce qui pouvait bien se passer dans ce no man’s land. J’étais resté seul, le Cabinet étant en séance et le Président ayant emmené le Patron avec lui. Rexton et son état-major étaient partis un peu plus tard, mais je n’avais pas bougé, n’osant pas errer seul dans la Maison Blanche. Je me rongeais vainement en regardant des lampes jaunes passer au rouge et, de temps à autre, des lampes rouges devenir jaunes ou vertes.

Je me demandais comment un invité aussi insignifiant que moi pouvait se faire servir à déjeuner. J’étais debout depuis quatre heures du matin et je n’avais encore pris qu’une seule tasse de café que m’avait servie le valet de chambre du Président. J’aurais aussi donné cher pour découvrir un lavabo. Poussé par une impérieuse nécessité, je me décidai finalement à essayer d’ouvrir quelques portes. Je trouvai les deux premières fermées à clé. La troisième donnait sur ce que je cherchais. Comme on n’y avait pas inscrit « Réservé au Président », je fis sans scrupule usage de l’installation.

En entrant dans la salle de conférences, j’y trouvai Mary.

« Je vous croyais avec le Président ? dis-je bêtement.

— On m’a mise à la porte, répondit-elle en souriant. C’est le Patron en personne qui me remplace.

— Vous savez, Mary, dis-je, depuis longtemps je voulais vous parler mais je n’en ai encore jamais eu l’occasion. Je crois bien que je… C’est-à-dire que je n’aurais pas dû… Enfin, d’après le Patron…»

Je m’interrompis, mon petit discours si bien préparé s’étant démantibulé avant usage.

«… Bref je n’aurais pas dû vous dire ce que je vous ai dit », conclus-je d’un air piteux.

Elle posa sa main sur mon bras. « Oh ! Sam, Sam, mon chéri, ne vous tourmentez donc pas. Ce que vous avez dit ou fait était bien naturel : vous ne saviez pas toute la vérité. Ce qui compte à mes yeux c’est ce que vous avez fait pour moi. Le reste est sans importance, mais je suis très heureuse de savoir que vous ne me méprisez plus.

— Oui, mais… Vous êtes trop généreuse quand même ! Je ne peux pas supporter ça. »

Elle m’adressa un sourire joyeux, tout différent du sourire aimable avec lequel elle m’avait accueilli un peu plus tôt. « Mon petit Sam, je crois que vous aimez bien que les femmes se montrent un peu garces avec vous. Je vous préviens que j’en suis très capable. Il y a aussi cette fameuse gifle qui vous tracasse, hein ? continua-t-elle. Si ce n’est que cela, je peux vous la rendre. »

Elle allongea la main et me tapota doucement la joue. « Là ; c’est fait. Maintenant n’y pensez plus ! »

Elle changea tout à coup d’expression, et me lança une gifle à toute volée. Je crus que ma tête se dévissait. « Ça, dit-elle d’une voix rageuse, c’est pour celle que j’ai reçue de votre petite amie. »

Mes oreilles bourdonnaient et je n’avais plus les yeux en face des trous. J’avais l’impression qu’elle s’était servie d’un coup-de-poing américain. Elle me regardait d’un air de défi, tempéré de prudence, mais ses narines dilatées ne pouvaient exprimer que de la colère. Je levai la main et vis le visage de Mary se crisper, mais je voulais seulement tâter ma joue douloureuse.

« Doris n’est pas ma petite amie », dis-je piteusement.

Nos regards se croisèrent et nous éclatâmes de rire en même temps. Elle me posa les mains sur les épaules et laissa tomber sa tête contre ma poitrine. Elle riait toujours. « Mon pauvre Sam, parvint-elle à dire, je suis désolée ! Je n’aurais pas dû faire ça… pas à vous… Et en tout cas je n’aurais pas dû taper si fort !

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