Marionnettes humaines [The Puppet Masters - fr]
- Автор: Хайнлайн Роберт Энсон
- Год: 1954
- Язык: французский
- Год: Hachette/Gallimard
- Переводчик: Alain Glatigny
- Жанр: Научная фантастика
Электронная книга - «Marionnettes humaines [The Puppet Masters - fr]». Краткое содержание книги:
Leur tactique est la plus simple : ils se collent sur la nuque des hommes et ceux-ci deviennent immédiatement des esclaves, des marionnettes soumises complétement à la volonté de ces choses innommables, de ces « maîtres » à la fois malfaisants, despotiques et diaboliquement habiles.
Il faudra une véritable guerre pour venir à bout de cette menace qui pèse sur le genre humain tout entier. Mais l’homme vaincra encore une fois les puissances mauvaises, grâce à un brillant agent des Services Secrets, Elisée Nivens, sa ravissante femme Mary, et son père, le fameux « Patron ».
Je ne pus voir le Patron que vers les onze heures du matin. Il me laissa lui faire mon rapport sans commentaires ; il ne m’engueula même pas, ce qui était pire.
« Et mon prisonnier ? dis-je au moment où il allait me congédier. A-t-il confirmé mes conclusions ?
— Lui ? Il n’a pas encore repris connaissance. On ne croit pas qu’il vivra.
— J’aimerais bien le voir.
— Ne te mêle pas de ce que tu ne connais pas.
— Bon. Vous avez quelque chose à me donner à faire ?
— Je crois qu’il vaudrait mieux… et puis non, tiens, va donc au zoo. Tu y verras des choses qui jetteront un jour nouveau sur ce que tu as observé à Kansas City.
— Hein ?
— Demande le docteur Horace, le sous-directeur. Dis-lui que c’est moi qui t’envoie. »
Horace était un brave type qui ressemblait à un de ses babouins. Il me confia à un certain docteur Vargas, un spécialiste en biologie exotique qui avait été attaché à la deuxième expédition sur Vénus. Il me fit voir où ils en étaient. Si le Patron m’avait emmené au jardin zoologique national au lieu de s’installer sur un banc du parc le jour où il m’avait envoyé à Kansas City, je n’aurais pas eu besoin de bouger. Les dix parasites que nous avions capturés au Congrès plus deux autres pris le lendemain, avaient été envoyés au zoo pour y être placés sur des anthropoïdes ; surtout des chimpanzés et des orangs-outans. On n’avait évidemment pas utilisé de gorilles !
Le directeur avait fait enfermer les singes dans l’infirmerie du zoo. Deux chimpanzés, nommés Héloïse et Abélard, occupaient la même cage. Ils formaient depuis toujours un couple uni, et on n’avait pas jugé utile de les séparer. C’est là du reste un bon exemple des difficultés psychologiques auxquelles nous nous heurtions dans notre lutte contre l’envahisseur : les biologistes qui avaient transplanté les larves ne pouvaient s’empêcher de continuer à voir dans leurs sujets des singes et non des extraterrestres.
La cage suivante abritait toute une famille de gibbons tuberculeux. On ne s’en était pas servi comme porteurs parce qu’ils étaient malades et il n’y avait pas de communication entre les cages que séparaient des panneaux coulissants, chacune ayant son conditionnement d’air indépendant. Le lendemain matin on constata que le panneau avait été ouvert et que les gibbons et les chimpanzés se trouvaient ensemble. Abélard, ou Héloïse, avait trouvé le moyen de faire jouer le mécanisme de la serrure. Celle-ci était censée être à l’épreuve des singes, mais elle n’avait pu résister à l’association singe-parasite.
On avait eu, au départ, cinq gibbons, deux chimpanzés et deux extraterrestres mais le lendemain matin il y avait sept singes possédés par sept extraterrestres.
On s’en était aperçu deux heures avant mon départ pour Kansas City, mais on n’en avait pas avisé le Patron. S’il l’avait su, il aurait aussitôt deviné que Kansas City était saturé. J’en aurais moi-même été capable. Si le Patron avait connu l’incident des gibbons, l’opération « Choc en retour » n’aurait pas eu lieu.
« J’ai vu le message du Président, me dit le docteur Vargas. Est-ce que vous n’êtes pas l’homme qui… enfin le…
— Oui, dis-je sèchement, c’est bien moi l’homme qui…
— En ce cas, vous pourrez nous fournir de précieux renseignements sur ces créatures.
— Je le devrais peut-être, dis-je lentement, mais je ne peux pas.
— Voulez-vous dire qu’il ne s’est produit aucun cas de mitose… de reproduction par fission si vous préférez, pendant que vous étiez… euh… leur prisonnier ?
— C’est exact, dis-je après un instant de réflexion. Du moins je le crois.
— J’avais compris que les… euh… victimes gardaient un souvenir détaillé de leurs aventures ?
— Oui et non, dis-je en tâchant de lui expliquer le bizarre état d’indifférence dans lequel se trouve plongé le cerveau d’un esclave des parasites.
— Cela doit pouvoir se passer pendant le sommeil du porteur ?
— Peut-être. Outre les périodes de sommeil il y a une autre ou plutôt d’autres périodes, dont on ne garde que peu de souvenir. Je parle des « conférences ».
— Des conférences ? »
Je m’expliquai. Ses yeux brillèrent. « Ah, vous voulez parler de leurs pariades ?
— Non, je parle de leurs conférences.
— Ne voyez-vous pas que c’est la même chose ? Il y a pariade, puis mitose ou fission – ils se reproduisent à volonté dès qu’ils disposent de porteurs en nombre suffisant. Un contact précède probablement chaque mitose, celle-ci se produit ensuite quand la possibilité s’en présente. Au bout de quelques heures, ou plus rapidement encore, on a deux organismes-fils adultes au lieu d’un. »
S’il disait vrai – et en regardant les gibbons je ne pouvais en douter – pourquoi donc avions-nous été contraints de nous approvisionner en parasites expédiés par caisses quand nous opérions au Club de la Constitution ? Mais était-ce bien ce qui s’était produit ? Je n’en savais rien. Je faisais ce que mon maître voulait que je fasse et je ne voyais que ce que j’avais sous les yeux. En tout cas, la saturation de Kansas City s’expliquait maintenant clairement. Avec d’abondantes ressources en « matériel humain » à portée, et un astronef rempli de cellules porteuses de réserve, les envahisseurs s’étaient reproduits de manière à égaler en nombre la population humaine de la ville.
À supposer qu’il y eût mille parasites dans l’astronef qui devait avoir atterri près de Kansas City, et qu’ils puissent se reproduire une fois par vingt-quatre heures, s’ils avaient des porteurs en nombre suffisant à leur disposition, cela donnait…
Le premier jour mille larves…
Le second, deux mille…
Le troisième quatre mille…
À la fin de la première semaine, le huitième jour, si vous préférez, cent vingt-huit mille larves…
Au bout de quinze jours, plus de seize millions !
Et qui nous disait qu’ils ne puissent se reproduire qu’une fois par jour ? Rien ne prouvait non plus qu’un astronef ne puisse contenir que mille cellules porteuses ; c’était peut-être dix mille… ou plus… En supposant qu’il y en ait dix mille au départ et qu’elles puissent fissionner toutes les douze heures, en quinze jours on arrivait à
Ce chiffre n’avait pas de sens ; c’était astronomique. Il n’y a pas deux milliards d’hommes sur la terre, même en comptant les singes.
Nous allions être submergés par les larves et cela avant longtemps. Je me sentais encore plus déprimé qu’à Kansas City.
Le docteur Vargas me présenta à un certain docteur Mac Ilvaine qui appartenait à l’Institut Smithson. Mac Ilvaine était un spécialiste de psychologie comparée, auteur, m’apprit Vargas, d’un ouvrage intitulé : Mars, Vénus, et la Terre. Essai d’une analyse des intentions motivantes. Vargas s’attendait à me voir très impressionné, mais je n’avais jamais lu ce bouquin. Je me demande d’ailleurs comment on peut analyser les mobiles de Martiens qui étaient déjà tous morts à l’époque où nous grimpions encore aux arbres !