Marionnettes humaines [The Puppet Masters - fr]
- Автор: Хайнлайн Роберт Энсон
- Год: 1954
- Язык: французский
- Год: Hachette/Gallimard
- Переводчик: Alain Glatigny
- Жанр: Научная фантастика
Электронная книга - «Marionnettes humaines [The Puppet Masters - fr]». Краткое содержание книги:
Leur tactique est la plus simple : ils se collent sur la nuque des hommes et ceux-ci deviennent immédiatement des esclaves, des marionnettes soumises complétement à la volonté de ces choses innommables, de ces « maîtres » à la fois malfaisants, despotiques et diaboliquement habiles.
Il faudra une véritable guerre pour venir à bout de cette menace qui pèse sur le genre humain tout entier. Mais l’homme vaincra encore une fois les puissances mauvaises, grâce à un brillant agent des Services Secrets, Elisée Nivens, sa ravissante femme Mary, et son père, le fameux « Patron ».
Je n’avais eu le temps que de jeter un coup d’œil rapide sur mon passager. Il était allongé sur le capitonnage du plancher et semblait mort, ou du moins inanimé. Maintenant que j’étais revenu parmi les hommes, je n’avais aucune raison de ne pas me brancher sur le pilote automatique. Je mis l’émetteur en route, demandai une prise en charge et enclenchai l’automatique sans en attendre la permission. Je fis demi-tour, allai vers la cabine arrière et regardai mon bonhomme de plus près.
Il respirait encore. Son visage portait la trace d’un coup, mais il ne semblait pas avoir de fracture. Je le giflai à toute volée et enfonçai mes ongles dans les lobes de ses oreilles sans pouvoir parvenir à le ranimer. La larve morte commençait à puer, mais je ne pouvais pas m’en débarrasser. Je les abandonnai à leur sort et revins au siège de pilotage.
Le chronomètre marquait 21 h 37, heure de Washington, et j’avais encore plus de 100 kilomètres à parcourir. Sans compter le temps nécessaire pour atterrir, courir jusqu’à la Maison Blanche et trouver le Patron, je n’arriverais à Washington qu’un peu après minuit. J’étais donc déjà en retard et je sentais que j’allais avoir droit à une copieuse engueulade.
J’essayai de remettre en route le propulseur de tribord. Rien à faire ; il était sans doute complètement grippé. Cela valait peut-être autant, car un moteur capable de fonctionner à un tel régime devient terriblement dangereux dès que le moindre élément se dérègle. J’y renonçai donc et essayai de joindre le Patron au téléphone.
Le téléphone ne marchait pas. Je l’avais peut-être détraqué au cours d’une des acrobaties que j’avais été forcé de faire. Je raccrochai en me disant que vraiment, j’aurais mieux fait de rester couché ce jour-là. Je branchai l’émetteur spécial et appuyai sur le signal d’alarme. « Tour de contrôle, appelai-je. C’est urgent ! »
L’écran s’illumina : je me trouvai face à face avec un jeune homme et vis avec soulagement qu’il était nu jusqu’à la taille. « Ici le Contrôle. Poste II F. Qu’est-ce que vous foutez en l’air ? J’essaie de vous appeler depuis que vous êtes entré dans ma zone.
— Peu importe, fis-je sèchement. Branchez-moi sur le plus proche circuit militaire. Priorité absolue. »
Il parut hésiter, mais l’écran clignota et bientôt une autre image apparut. J’aperçus un standard de communications militaires. Cela me fit du bien de constater que tout le monde y était nu jusqu’à la taille. Au premier plan je vis un jeune officier de garde ; je l’aurais de bon cœur embrassé. « Urgence militaire, me contentai-je de dire. Passez-moi le Pentagone et de là, la Maison Blanche.
— Qui êtes-vous ?
— Je n’ai pas le temps de vous expliquer. Je suis un agent civil et mon matricule ne vous dirait rien. Dépêchez-vous. »
J’aurais peut-être réussi à le persuader, mais à ce moment il fut repoussé hors du champ par un lieutenant-colonel.
« Atterrissez immédiatement, me dit celui-ci.
— Écoutez-moi donc, dis-je : il s’agit d’un cas d’urgence militaire. Il faut que vous transmettiez ma communication. Je…
— L’urgence militaire, c’est moi, coupa-t-il. Voilà trois heures que tous les appareils civils ont été ramenés à terre. Posez-vous immédiatement.
— Mais il faut que je…
— Posez-vous, ou je vous descends ! Vous êtes repéré. Je lance un intercepteur réglé pour exploser à un kilomètre devant vous. Si vous tentez une autre manœuvre que celle d’atterrissage, le prochain vous arrivera en plein dedans !
— Voulez-vous m’écouter ? Je vais me poser, mais il faut que j’aie…»
Il coupa net, me laissant parler dans le vide.
La première explosion me parut se produire à beaucoup moins d’un kilomètre de moi. Je me posai.
Je cassai du bois, mais ne blessai ni mon passager ni moi-même. Je n’eus pas longtemps à attendre. Ils m’avaient pris dans un faisceau de projecteurs et fondaient sur moi avant que j’aie seulement pu constater que mon autavion était définitivement démoli. On m’arrêta, et je me retrouvai en présence du lieutenant-colonel de l’écran, en chair et en os cette fois. Il consentit à passer mon message après que ses psychotechniciens m’eurent donné l’antidote normalement consécutif à un examen au penthotal. Il était 1 h 13, heure de la zone 5 – et le plan « Choc en retour » était entré en application une heure treize minutes plus tôt.
Le Patron écouta mon rapport sommaire, grogna un peu et me dit de revenir le voir dans la matinée.
CHAPITRE XIX
Le plan « Choc en retour » fut le pire ratage de toute notre histoire militaire. Les lâchers de parachutistes avaient eu lieu à minuit juste, heure de la zone 5, sur plus de neuf mille six cents points de communication : bureaux de journaux, tours de contrôle, stations-relais, etc. Les commandos étaient constitués par l’élite de nos troupes-aéroportées, renforcées de techniciens chargés de la remise en marche de tous les centres de communications reconquis.
Le discours présidentiel devait être aussitôt diffusé par chaque station locale ; le plan « Dos nu » entrerait alors en application dans tout le territoire infesté, et la guerre serait finie. Il n’y aurait plus que des opérations de nettoyage à envisager.
À minuit vingt-cinq, les premiers rapports commencèrent à arriver, précisant que tel ou tel objectif était conquis. Un peu plus tard parvinrent des appels au secours venus d’autres objectifs. À une heure du matin, la plupart des réserves avaient déjà été engagées, mais l’opération semblait bien marcher – si bien que les chefs d’unité avaient déjà atterri et envoyaient leurs rapports du sol.
Ce fut la dernière fois qu’on entendit parler d’eux.
La zone rouge absorba la totalité des troupes engagées avec autant d’aisance que si elles n’avaient jamais existé. Nous avions mis en ligne plus de 11 000 appareils, 160 000 combattants et techniciens, 71 généraux, outre… À quoi bon insister ? Les États-Unis venaient de subir leur plus écrasante défaite militaire depuis Pearl Harbor. Je ne critique ni Martinez, ni Rexton, ni l’État-Major général, ni les pauvres bougres de parachutistes. Le programme d’opérations était basé sur ce qui semblait une image exacte de la situation et celle-ci exigeait une action rapide menée avec nos meilleurs éléments.
Il fallut, paraît-il, attendre le petit jour pour que Martinez et Rexton puissent se mettre dans la tête que les comptes rendus de victoire qu’ils avaient reçus étaient bel et bien des faux – des faux envoyés par nos hommes – (oui, nos hommes !) – capturés, possédés et enrôlés dans l’armée invisible des parasites. Après mon rapport, alors qu’il était déjà trop tard pour arrêter les raids, le Patron avait tâché de les convaincre de ne plus envoyer de renforts, mais leur succès leur avait monté à la tête, et ils voulaient donner un coup de balai général.
Le Patron demanda au Président d’exiger la confirmation par stéréo des rapports reçus, mais, du point de vue des communications, l’opération était dirigée par le satellite artificiel Alpha et on ne peut pas retransmettre à la fois les images et le son d’un satellite. « Ne vous en faites pas, avait dit Rexton. Dès que les stations locales seront reprises, nos hommes se serviront du réseau terrestre et vous aurez toutes les preuves visuelles que vous voudrez. »
Le Patron lui avait fait remarquer qu’il serait trop tard.
« Enfin, sacrebleu, avait tonitrué Rexton, voulez-vous faire tuer un millier de nos hommes, rien que parce que vous avez les foies ? »
Le Président avait donné raison à Rexton.
Au matin, ils les avaient eues, leurs preuves visuelles ! Les stations du centre du pays continuaient à débiter leur guimauve habituelle, de « Réveil en musique », de « Petit déjeuner avec les Brown », etc. Aucun poste n’avait retransmis le message du Président, aucun ne faisait allusion à ce qui s’était passé au cours de la nuit. Vers quatre heures du matin, les dépêches militaires avaient cessé d’arriver, et les appels désespérés de Rexton restèrent sans réponse. La force combinée « Rédemption » avait cessé d’exister : spurlos versenkt !