Бесплатная библиотека
Читайте книгу на сайте или телефоне
La Bible amusante - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

La Bible amusante

Электронная книга - «La Bible amusante». Краткое содержание книги:

Donnant les citations textuelles de l’écriture sainte et reproduisant toutes les réfutations opposées par Voltaire, Fréret, lord Bolingbroke, Toland & autres critiques.
1 ... 30 31 32 33 34 35 36 37 38 ... 143
Перейти на страницу:

Et c’est tout; Esaü n’eut pas de bénédiction.

J’en appelle à Léon XIII lui-même, qui fit la grimace et frappa du poing, dit-on, lorsqu’il apprit que je l’avais mystifié de la plus belle façon et qu’en bon fumiste je lui avais soutiré des bénédictions dont je me gaussais en mon for intérieur. Oui, j’en appelle au Saint-Père en personne, et je l’enferme dans ce dilemme: ou cette histoire d’Isaac, Rébecca, Esaü et Jacob est une ridicule craque, et dans ce cas Léon XIII aurait tort de m’en vouloir, puisque l’Esprit-Saint, inspirateur de la Genèse, mystifiant les crédules dévots, donne l’exemple des fortes blagues et montre qu’en matière de religion on peut tout conter aux imbéciles; ou bien cette histoire est rigoureusement vraie, et dans ce cas le Dieu des catholiques est lui-même un simple cornichon, puisque ses bénédictions restèrent liées à celles du gaga Isaac, que Jacob mystifia dans les grands prix. Dans un cas comme dans l’autre, les libres-penseurs fumistes n’ont pas à se gêner; ils peuvent, si ça les amuse, se payer la tête des fidèles et des curés, des évêques et du pape, des patriarches, saints et prophètes, et même de papa Bon Dieu, devenu le plus ramolli de la collection.

En effet, d’après ce qui ressort du texte sacré, la bénédiction d’Isaac n’était pas une bénédiction paternelle ordinaire, c’est-à-dire le souhait qu’un père forme pour le bonheur de son fils; c’était, au contraire, un acte solennel, formel, entraînant des conséquences précises et certaines, quelque chose comme un acte à la fois religieux et juridique, ayant toute la valeur d’un acte notarié d’aujourd’hui: bien que verbale, cette bénédiction était comme un document écrit, et le bénéficiaire était bien celui sur la tête de qui elle avait été prononcée, quel qu’il pût être, puisqu’elle n’était pas sujette à être reprise ou annulée. L’Ecriture Sainte nous montre Isaac profondément ému, lorsqu’il s’aperçoit qu’il a été trompé; il est fort contrarié de s’être laissé jouer par Jacob; mais il lui est impossible de revenir sur ce qui est fait; ni, ni, fini. Jacob a dérobé et emporté la bénédiction destinée à Esaü; tant pis pour Esaü!

On se trouve donc en présence d’une fraude bel et bien criminelle; en toute conscience, n’importe quel jury déclarerait Jacob coupable d’avoir commis le crime de faux; il serait condamné, ainsi que sa mère, Rébecca ayant été non seulement complice, mais instigatrice du fait punissable, l’ayant perpétré, ayant préparé toute la fraude et mis tout et œuvre pour en assurer la réussite.

Maintenant, si criminelle qu’ait été la supercherie, puisqu’elle avait pour but et eut pour effet de frustrer Esaü d’un bien aussi considérable que cette bénédiction si féconde en résultats matériels, on se demande, d’autre part, comment Isaac put tomber dans le panneau; le mot «gaga», dont je me suis servi tout à l’heure n’est pas trop fort. Comment! La Genèse nous dit que le vieux bonhomme avait reconnu la voix de Jacob; il est rempli d’hésitations, il se méfie, et, malgré cela, il se laisse prendre, comme le dernier des idiots, à un artifice des plus grossiers?… Il attend du gibier, il aime le gibier, il en est friand, et sa gourmandise est une des causes de sa préférence pour Esaü; or, on lui sert du chevreau, et son palais, si accoutumé au gibier, confond le cabri avec le faisan ou le lièvre. Mazette! quel cordon-bleu, madame Rébecca! voilà une cuisinière hors-ligne, qui aurait confectionné une bouillabaisse avec des algues et des galets!… Mais le sens du goût n’est pas le seul à s’être détraqué tout à coup chez le vieil Isaac; il est gaga jusque dans l’odorat et le toucher. Rébecca avait recouvert de la peau d’un cabri les mains et le cou de Jacob; or, quelque poilu que fût Esaü, sa peau ne pouvait ressembler à celle d’un chevreau. Isaac ne songe pas à tâter le reste du corps; il ne s’aperçoit pas que les mains de son fils n’ont point d’ongles. Il sent l’odeur des habits d’Esaü, et rien autre; cependant, l’odeur de la peau d’un animal fraîchement tué devait se faire sentir.

Voilà pour le gâtisme d’Isaac. En outre, on se demande comment Dieu put attacher ses bénédictions à celles d’Isaac, extorquées par une fraude si punissable et qu’un baveux, au dernier degré de décrépitude, pouvait seul ne pas découvrir. Voilà donc Dieu esclave d’une vaine cérémonie, qui par elle-même n’a aucune force, ou bien Jéhovah est assez ramolli pour faire pendant à Isaac gaga.

Ces observations s’appliquent à l’hypothèse de la véracité de l’épisode. Mais il est bien évident que si cette histoire est une pure blague, — ce qui laisserait le cerveau de papa Bon Dieu hors de tout soupçon d’abrutissement, — l’Eglise ne peut plus nous donner à vénérer son divin pigeon comme un inspirateur grave et sérieux: ou ce volatile éternel radote comme un perroquet tombé en enfance; ou bien c’est un canard mystificateur. Nous penchons vers cette dernière opinion.

Çà, voyons la suite des hautes fantaisies du pigeon-canard.

Esaü, vexé — et il y avait de quoi! — d’avoir été filouté et de voir sur la tête du filou cette belle bénédiction toute neuve dont le cadeau lui avait été promis, se jura de tuer Jacob. La mère Rébecca, épouvantée, conseilla à Jacob de prendre vivement quelques grains de poudre d’escampette; celui-ci, quelque peu traqueur, du reste, ne se le fit pas dire deux fois. Rébecca lui dit donc de se réfugier chez son frère Laban, et le vieil Isaac l’engagea à profiter de la circonstance pour épouser une de ses cousines. (27:41-46; 28:1-5) Pendant que Jacob se rendait en Mésopotamie, Esaü alla faire un tour au pays d’Ismaël; là, il se maria à Mahalath, fille d’Ismaël; ses deux premières femmes ne lui suffisaient pas (v. 6-9).

Voilà donc Jacob en route pour Caran (v. 10).

«Or, étant arrivé en un certain endroit, et voulant s’y reposer après le soleil couché, Jacob prit une pierre, la mit sous sa tête et s’endormit en ce lieu. — Alors, il eut un songe dans lequel il vit une échelle, qui était appuyée sur la terre, et dont le haut touchait jusqu’aux cieux; et les anges de Dieu montaient et descendaient le long de cette échelle. — Il vit aussi l’Éternel qui se tenait au bout de l’échelle, et qui lui dit: Je suis l’Éternel, le Dieu d’Abraham et d’Isaac; je te donnerai la terre où tu dors, à toi et à ta postérité; — et ta semence sera comme la poussière de la terre; je te donnerai l’Occident et l’Orient, le Nord et le Midi; en toi et en ta semence seront bénies toutes les nations de la terre; — et je suis avec toi, ton gardien et ton guide partout où tu iras, et je te ramènerai en ce pays.

— Quand Jacob s’éveilla, il dit: Vraiment, le Seigneur est en ce lieu et je n’en savais rien! — Et il eut peur et s’écria: Que ce lieu est terrible! c’est la maison de Dieu et la porte du ciel. — Et, se levant de bon matin, il prit la pierre dont il avait fait son chevet, la dressa et y versa de l’huile par-dessus. — Puis, il donna pour nom Béthel à la ville qui s’appelait auparavant Luza. — Et il fit un vœu au Seigneur, disant: Si Dieu demeure avec moi, s’il me préserve d’accidents dans le voyage que je fais, s’il me donne du pain à manger et des habits pour me vêtir; — et si je reviens sain et sauf chez mon père, alors certainement le Seigneur sera mon dieu; — et cette pierre, que j’ai dressée comme un monument, s’appellera la maison de Dieu; alors, oui, Seigneur, je te donnerai la dîme de tout ce que tu m’auras donné.» (28:11-22)

Négligeons de contester l’existence d’une ville nommée Luza ou Béthel dans la région dont il s’agit; les géographes n’ont jamais entendu parler de Béthel, pas plus que de Luza. Ce qu’il faut admirer, c’est l’esprit pratique de l’étonnant Jacob. Il a roulé Esaü son frère aîné, Isaac son père et Jéhovah lui-même, par contre-coup; aussi, entend-il bien ne pas se laisser flouer par papa Bon Dieu, et il pose ses conditions au Seigneur Très-Haut. Le dieu de ses ancêtres vient de lui donner un spectacle abracadabrant; il lui a montré ses anges se livrant sur une échelle à des exercices de gymnastique très variés; il lui a promis monts et merveilles dans un beau discours. Le premier sentiment de Jacob est la crainte mêlée de respect; mais il a bientôt fait de se rassurer et de réfléchir que tout cela n’était qu’un songe. Aussi dit-il au dieu de ses ancêtres: «Si tu me donnes du pain et des habits, tu seras mon dieu; je t’adorerai.» Ce qui équivaut à dire: «Si tu ne me donnes rien, zut pour toi, mon vieux!» Il promet la dîme, un œuf, au Seigneur, mais à la condition que le Seigneur l’aura gratifié d’un bœuf. A la bonne heure!… Les critiques ont comparé ce discours de Jacob aux usages de certains peuples qui jetaient leurs idoles dans la rivière, lorsqu’ils n’avaient pas obtenu la pluie demandée. J’ai connu une vieille dévote qui mettait saint Joseph en pénitence, quand elle n’avait pas gagné à la loterie; c’est-à-dire elle retournait la statue de saint Joseph, la tête contre le mur dans sa niche; cette bonne chrétienne, pieuse, mais roublarde dans sa superstition, devait descendre de Jacob.

1 ... 30 31 32 33 34 35 36 37 38 ... 143
Перейти на страницу:
0
Сюжет
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Атмосфера
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Главный герой
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Общее впечатление
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
Итоговая оценка: 0.0 из 10 (голосов: 0 / История оценок)