La Bible amusante
- Автор: Таксиль Лео
- Год: 1904
- Язык: французский
- Жанр: Прочее юмористическое
Электронная книга - «La Bible amusante». Краткое содержание книги:
Abimélec, on le voit, se souvenait du miracle des femmes cousues, bien qu’il y eut déjà plus de quatre-vingts ans écoulés depuis l’aventure de Sara. D’autre part, ce qui est assez singulier, c’est que la Bible nous représente toujours les Philistins comme adorant un autre dieu que celui d’Abraham et d’ Isaac, et pourtant voici que leur roi, idolâtre, reconnaît constamment la divinité le Jéhovah. Quel imbroglio!
«Or, au pays de Gérare, Isaac sema dans la terre, et il recueillit cette année-là le centuple de ce qu’il avait semé.» (26:12)
C’est déjà fort qu’ Isaac ait pu semer dans un pays où il ne possédait pas un pouce de terrain; mais, en ne perdant pas de vue que le pays de Gérare est un désert où il n’y a que du sable, on est émerveillé davantage; et c’est une récolte de cent pour un qui sort de ce sable! Les plus fertiles terres du monde ont rarement produit vingt-cinq pour un. Isaac avait de la chance!…
La Genèse nous apprend qu’il s’enrichit bien vite: avec des récoltes pareilles, cela se conçoit. Les Philistins lui portèrent envie et bouchèrent avec des cailloux, tous les puits qu’Abraham avait creusés autrefois. De là, des querelles; Abimélec le pria d’aller plus loin. Isaac partit, s’établit dans une vallée et déboucha les puits de son père. Nouvelles contestations; nouvelle apparition de Jéhovah, pour encourager Isaac; nouveau traité d’alliance avec Abimélec; grand festin. Le lecteur comprendra que nous lui fassions grâce de tous ces détails fastidieux (v. 13-33).
Quant à Esaü, «lorsqu’il eut quarante ans, il épousa Judith, fille de Beer, éthéen, et Basemath, fille d’Elon, autre éthéen, qui, toutes deux, offensèrent Isaac et Rébecca» (26:34-35). L’auteur sacré ne nous dit pas en quoi consista cette offense. Néanmoins, Esaü continua d’être le fils préféré de son père.
«Isaac étant devenu vieux, ses yeux s’obscurcirent tant qu’il ne pouvait plus voir. Il appela Esaü, son fils aîné, et lui dit: Mon fils. Esaü répondit: Me voici. — Et Isaac lui dit: Tu le vois, je suis maintenant fort âgé, et j’ignore quel jour je mourrai. — Prends donc à présent ton carquois et ton arc; va dans la campagne, et apporte-moi du gibier. — Fais-m‘en un ragoût comme tu sais que je les aime; apporte-le-moi, afin que j’en mange et que mon âme te bénisse avant que je meure. — Or, Rebecca écoutait, pendant qu’Isaac parlait à Esaü son fils. Celui-ci partit donc à la campagne pour chasser et rapporter du gibier. — Alors Rébecca dit à Jacob son fils: J’ai entendu ton père, qui parlait à Esaü ton frère et qui lui disait: Apporte-moi de ta chasse et fais-m’en un ragoût, afin que j’en mange, et je te bénirai devant l’Eternel avant de mourir. — Maintenant donc, mon fils, obéis à ma parole, et fais ce que je vais te commander. — Va à notre troupeau, et prends deux des meilleurs chevreaux; de leur viande, j’apprêterai un ragoût à. ton père, comme je sais qu’il les aime. — Tu porteras ces mets à ton père, afin qu’il les mange, et ainsi c’est toi qu’il bénira avant sa mort. — Jacob répondit à Rébecca sa mère: Tu sais qu’Esaü mon frère est fort velu, et moi, je n’ai point de poil. — Si mon père vient à me tâter, il comprendra que j’ai voulu le tromper, et j’attirerai sur moi sa malédiction, au lieu de sa bénédiction. — Et sa mère lui dit: Que cette malédiction que tu crains soit sur moi! Obéis seulement à ma parole, et va chercher ce que je t’ai dit. — Il s’en alla donc et rapporta les deux chevreaux à sa mère, et Rébecca prépara un de ces ragoûts dont Isaac était si friand. — Puis, elle prit les plus riches habits d’Esaü son fils aîné, qui étaient dans la maison, et elle en revêtit Jacob son cadet. — Et, avec les peaux des chevreaux, elle lui recouvrit les mains et son cou, qui étaient sans poil. — Ensuite, elle remit à Jacob le ragoût, ainsi que du pain qu’elle avait fait cuire. — Jacob vint donc vers Isaac et lui dit: Mon père. Isaac répondit: Je suis là; qui es-tu, mon fils? — Et Jacob dit à son père: Je suis Esaü ton fils aîné; j’ai fait ce que tu m’as commandé. Lève-toi, je te prie; assieds-toi, et mange de ma chasse, afin que ton âme me bénisse. — Mais Isaac dit: Qu’est-ce que ceci? Comment as-tu pu trouver sitôt du gibier? Jacob répondit: L’Eternel, ton dieu, a voulu que j’en trouvasse tout de suite. — Isaac dit encore: Mon fils, approche-toi donc, afin que je le tâte, et je saurai ainsi si tu es mon fils Esaü même, ou si tu ne l’es pas. — Jacob donc s’approcha de son père, qui le tàta; et Isaac dit: Cette voix est la voix de Jacob, mais ces mains sont les mains d’Esaü. — Ainsi, il ne le reconnut point, parce que ses mains étant velues lui parurent semblables à celles de son fils aîné; et il le bénit. — Et il lui dit de nouveau: Es-tu bien mon fils Esaü? Jacob répondit: Je le suis. — Donne-moi donc à manger de ta chasse, continua Isaac, afin que mon âme te bénisse. Jacob lui servit les mets, et il en mangea; il lui apporta aussi du vin, et il en but — Puis, Isaac lui dit: Approche-toi, je t’en prie, et embrasse-moi, mon fils. — Jacob s’approcha et l’embrassa; et Isaac, ayant senti l’odeur de ses habits, le bénit, en disant: Voilà bien l’odeur de mon fils, comme l’odeur d’un champ que l’Eternel a béni. — Que Dieu te donne la rosée du ciel et la graisse de la terre, et une grande abondance de blé, et le meilleur vin! — Que les peuples te servent, et que les nations se prosternent devant toi! Sois le maître de tes frères, et que les enfants de ta mère soient courbés devant toi! Quiconque te maudira soit maudit, et quiconque te bénira soit béni!» (27:1-29)
Tout ceci mérite quelques observations; mais voyons d’abord la lin de cette édifiante histoire.
«A peine Jacob était-il sorti après avoir reçu la bénédiction d’Isaac, qu’Esaü revint de la chasse. — Il apprêta aussi son gibier et apporta le ragoût à son père, en lui disant: Lève-toi, mon père, afin que tu manges de la chasse de ton fils, et que ton âme me bénisse. — Et Isaac dit: Qui es-tu donc? Esaü lui répondit: Je suis Esaü ton fils aîné. — Alors, Isaac éprouva une extraordinaire émotion, et il dit: Mais qui est celui qui m’a apporté du gibier, et où est-il? J’ai mangé, avant que tu vinsses, de tout ce qu’il m’a présenté; je l’ai béni, et voilà qu’il sera béni! — Aussitôt qu’Esaü eut entendu ces paroles, il poussa un cri fort grand et très amer, et il dit à son père: Ah! donne-moi aussi ta bénédiction, mon père! — Mais Isaac répondit: C’est ton frère qui est venu ici frauduleusement; il a réussi à me surprendre, et il a emporté ta bénédiction. — Esaü repartit: On l’a appelé Jacob avec raison; car il m’a déjà supplanté deux fois: il m’a enlevé mon droit d’aînesse, et voici qu’à présent il m’a dérobé ta bénédiction. Allons, mon père, n’as-tu point réservé de bénédiction pour moi? — Et Isaac répondit à Esaü: Voici ce que j’ai fait; je l’ai établi ton maître, et je lui ai soumis tous ses frères; il aura du blé en abondance, il aura le meilleur vin; après cela, que puis-je faire pour toi, mon fils? — Et Esaü dit encore: N’as-tu donc qu’une seule bénédiction, mon père? O mon père, bénis-moi aussi. Et Esaü pleura, en jetant de grands cris.
— Isaac lui répondit: Eh bien, voici pour toi: ta demeure sera dans un terroir gras, arrosé de la rosée des cieux d’en haut. — Et tu vivras par ton épée; mais tu serviras ton frère; néanmoins, le temps viendra que tu secoueras le joug de ton cou.» (27:30-40)