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READ-E-BOOK » Научная фантастика » L'homme dans le labyrinthe [The Man in the Maze - fr]
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L'homme dans le labyrinthe [The Man in the Maze - fr]

Электронная книга - «L'homme dans le labyrinthe [The Man in the Maze - fr]». Краткое содержание книги:

« Muller vivait depuis neuf ans dans le labyrinthe. Maintenant, il le connaissait bien. Il savait ses pièges, ses méandres, ses embranchements trom­peurs, ses trappes mortelles. Depuis le temps, il avait fini par se familiariser avec cet édifice de la dimension d’une ville, sinon avec la situation qui l’avait conduit à y chercher refuge. »
Tous les hommes qui avaient tenté de pénétrer dans le labyrinthe de Lemnos avant Muller étaient morts d’une façon atroce. Tous ceux qui avaient essayé de l’y rejoindre par la suite avaient été massacrés.
Aujourd’hui Ned Rawlins vient d’atterrir près du labyrinthe. Il a reçu l’ordre de ramener Muller sur la Terre, sa planète natale qui a besoin de lui. Sa planète qui, neuf ans auparavant, l’avait impi­toyablement chassé, forcé à se réfugier au cœur de ce labyrinthe aux dédales mortels.
Quelles chances Rawlins a-t-il de survivre et d’accomplir sa mission ?
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Il s’accroupit sur le sol composé de dalles en marbre poli d’une couleur blanche laiteuse. Après un instant d’hésitation, Rawlins s’assit souplement dans la position du lotus à une douzaine de mètres de son interlocuteur. À sa grande surprise, le pavement était doux et moelleux.

— Quel âge avez-vous, Ned ? demanda Muller.

— Vingt-trois ans.

— Marié ?

Un sourire timide :

— Non.

— Une amie ?

— Oui… enfin… Non. Nous avions passé un contrat de liaison que nous avons résilié quand j’ai accepté cette mission.

— Ah ! Des filles dans l’expédition ?

— Non. Seulement des cubes érotiques.

— Pas terrible, hein, Ned ?

— Non. Vraiment pas. Nous aurions pu prendre des femmes avec nous, mais…

— Mais quoi ?

— Trop dangereux. Le labyrinthe…

— Combien d’hommes avez-vous perdus jusqu’à présent ? demanda Muller.

— Cinq, je crois. J’aimerais bien savoir quelle sorte de créatures étaient ceux qui ont construit une chose pareille. Il a bien fallu cinq siècles pour mettre au point une telle horreur.

— Plus. À mon avis, cela a constitué la grande réalisation de leur race. Leur chef-d’œuvre, leur monument. Chaque piège devait être l’objet de leur fierté. Le labyrinthe résume l’essence fondamentale de leur philosophie : tuer l’étranger.

— Est-ce une hypothèse que vous suggérez ou avez-vous découvert quelque trace ou quelque vestige de leur culture ?

— Le seul vestige de leur culture est cet enclos qui nous entoure. Mais vous savez, Ned, je suis un expert en psychologie. Sauf en ce qui concerne les hommes. Ce qui me donne ce titre, c’est d’avoir été le seul humain à avoir jamais été dire bonjour à une autre race que la nôtre. Tuer l’étranger, telle est la loi de l’univers. Et si vous ne le tuez pas, au moins faites-le un peu souffrir.

— Nous ne sommes pas ainsi, se défendit Rawlins. Nous n’avons pas une hostilité instinctive pour…

— Pour les morpions.

— Mais, je…

— Si un vaisseau cosmique étranger atterrissait sur une de nos planètes nous le mettrions en quarantaine, nous emprisonnerions les membres de l’équipage et nous les interrogerions quitte à les exterminer. Et cela malgré toutes nos bonnes manières et nos prétendus bons sentiments. Nous affirmons être trop nobles pour haïr des êtres différents de nous, mais c’est uniquement une politesse parce que nous réalisons notre faiblesse. Prenez les Hydriens, par exemple. Une importante fraction de notre gouvernement était pour un projet qui consistait à provoquer une fusion génératrice dans leur couche nuageuse protectrice afin de doter leur système d’un soleil supplémentaire, et cela avant même d’envoyer un émissaire pour les étudier.

— Non ?

— Ce projet a été refusé et un émissaire a été envoyé et les Hydriens l’ont pourri. Moi, en l’occurrence.

Une idée frappa subitement Muller. Il eut l’air épouvanté et demanda :

— Que s’est-il passé entre les Hydriens et nous pendant ces neuf dernières années ? Nous sommes entrés en relations ? La guerre ?

— Rien du tout, dit Rawlins. Nous nous sommes tenus à l’écart.

— Vous me dites la vérité ou nous avons pour de bon détruit ces espèces de bâtards ? Je vous jure que cela ne me ferait pas de peine, et pourtant ce n’était pas leur faute s’ils m’ont fait ça. Leur réaction a été banalement xénophobe. Dites-moi, Ned, leur avons-nous fait la guerre ?

— Non. Je vous le jure.

Muller se détendit. Après un moment de silence, il reprit :

— Très bien. Je ne vais pas vous demander de me donner les dernières nouvelles de la planète mère. Je m’en fiche totalement. Combien de temps comptez-vous rester sur Lemnos ?

— Nous ne savons pas encore. Quelques semaines, je pense. Nous n’avons pas encore réellement commencé l’exploration du labyrinthe. Et il y a aussi les alentours immédiats. Nous voulons vérifier et confronter les travaux des premiers archéologues, et…

— Et vous serez ici pour un bon bout de temps. Les autres vont-ils venir dans le cœur du labyrinthe ?

Rawlins humecta ses lèvres :

— Ils m’ont envoyé devant pour établir des bonnes relations avec vous. Mais nous n’avons encore aucun plan bien arrêté. Tout dépend de vous. Nous ne voulons pas vous imposer notre présence. Donc si vous ne voulez pas que nous travaillions ici…

— Je ne veux pas, le coupa Muller d’un ton tranchant. Rapportez cela à vos amis. Dans cinquante ou soixante ans je serai mort et ils pourront venir fouiller ici. Mais tant que je vivrai, je ne veux pas qu’ils viennent me déranger. Qu’ils s’occupent dans les quatre ou cinq zones extérieures, mais si l’un d’eux met le pied en A, ou B, ou C, je le tue. J’en suis capable, Ned.

— Et moi ? Aurai-je le droit de venir vous voir ?

— Occasionnellement. Je ne peux prévoir mes humeurs. Si vous désirez me parler, approchez-vous et attendez. Si je vous dis d’aller au diable, Ned, alors courez-y. C’est clair ?

Rawlins eut un large sourire ouvert.

— Très clair.

Il se releva prestement. Muller ne voulut pas rester dans une position vulnérable et se leva lui aussi. Sa méfiance n’était pas complètement tombée. Rawlins fit quelques pas vers lui.

— Où allez-vous ? demanda sèchement Muller.

— Je déteste parler d’aussi loin. On est obligé de hurler. Je peux m’approcher un petit peu, non ?

Muller redevint instantanément soupçonneux :

— Qu’est-ce que vous êtes, un masochiste ?

— Non. Je regrette.

— Eh bien, moi, je ne suis pas sadique. Je ne veux pas que vous vous approchiez de moi.

— Je vous assure, Dick, ce n’est pas tellement insupportable.

— Vous mentez. Cela vous révulse et vous dégoûte. Je suis un lépreux, mon garçon, et si la lèpre vous met mal à l’aise, vous n’avez qu’à rester à l’écart. Cela me gêne beaucoup de voir les autres souffrir à cause de moi.

Rawlins s’arrêta :

— D’accord. Comme vous voudrez. Écoutez, Dick, je ne veux pas vous causer des ennuis. Je voudrais vous montrer que j’ai de l’amitié pour vous. Si ce que je fais vous dérange, dites-le-moi, et j’essaierai autre chose. Je ne cherche pas du tout à vous compliquer la vie.

— Vous m’embrouillez, mon garçon. Que me voulez-vous en réalité ?

— Rien.

— Alors, pourquoi ne pas m’avoir laissé seul ?

— Parce que vous êtes un être humain et que vous êtes longtemps resté seul ici. Je suis d’une nature très sociable et j’aime bien donner mon amitié. Cela vous paraît très stupide ?

Muller haussa les épaules :

— Je ne suis pas un très bon ami. Peut-être devriez-vous remballer vos impulsions bien pensantes et repartir d’où vous venez. Vous ne pouvez pas m’aider, Ned. Vous pouvez seulement me faire souffrir en me rappelant ce que je ne puis plus avoir ni connaître.

Se raidissant, Muller regarda au-dessus du jeune homme les silhouettes qui sautillaient sur les murs. Il avait faim et il était temps qu’il parte en chasse pour son dîner.

— Fiston, dit-il brusquement, je crois que ma patience commence à nouveau à être à bout. Il est temps que vous partiez.

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