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La Bible amusante

Электронная книга - «La Bible amusante». Краткое содержание книги:

Donnant les citations textuelles de l’écriture sainte et reproduisant toutes les réfutations opposées par Voltaire, Fréret, lord Bolingbroke, Toland & autres critiques.
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D’autre part, ce patriarche bien-aimé, ce dos-vert chéri que Jéhovah protège et auquel il donne le titre de prophète, est-il bien certain qu’il soit frère de Sara, ainsi qu’il le déclare tout à coup? Les autres passages de la Genèse semblent indiquer le contraire. Dans l’épisode du roi d’Egypte (ch. 12), nous avons vu Abraham user pour la première fois de ce stratagème qui l’enrichit; mais quand le Pharaon lui reprocha sa conduite, il ne songea pas à l’explication subtile de maintenant: c’est Abimélec qui en a la primeur, et l’on est en droit de soupçonner que c’est là une nouvelle craque imaginée brusquement, sous l’effet des vives récriminations du roi de Gérare. Pourquoi ne se serait-il pas excusé de même, quand il eut à répondre au Pharaon?

Il y a plus. L’Esprit-Saint, qui a tout dicté, se contredit d’une façon formelle. Au chapitre 11, il a fait connaître la famille de Tharé, père d’Abraham.

«Tharé eut trois fils: Abram, Nachor et Haran. Or, Haran engendra Loth; puis, Haran mourut en présence de Tharé, son père. Abram et Nachor prirent des femmes; la femme d’Abram se nommait Saraï, et la femme de Nachor se nommait Milca; celle-ci était fille de Haran, et elle avait pour sœur Jisca.» (v. 27-29)

Par conséquent, Nachor épousa sa nièce. Si Saraï était fille de Tharé et sœur d’Abram, Nachor et Haran, l’auteur ne manquerait pas de le dire, au moment où il précise les degrés de parenté dans la famille de Tharé. Bien mieux! il appelle Saraï «la bru de Tharé»; ça y est en toutes lettres au verset 31.

«Or, Saraï était stérile, et elle n’avait point d’enfant. — Et Tharé prit avec lui son fils Abram, et Loth, fils de son fils Haran, et sa bru Saraï, femme d’Abram son fils; et ils sortirent ensemble d’Ur, ville de Chaldée, pour se rendre au pays de Canaan. Et ils vinrent jusqu’à Caran, et ils y demeurèrent. — Là, Tharé mourut, âgé de deux cent cinq ans.» (v. 30-32)

Donc: Abraham, se souciant peu de paraître mari incestueux aux yeux d’Abimélec, a menti de nouveau, sous prétexte de fournir des excuses d’un premier mensonge; ou bien, s’il s’est décidé à dire au roi de Gérare la vérité qu’il avait négligé de faire connaître au Pharaon, c’est l’Esprit-Saint qui, en dictant la Genèse, patauge dans le galimatias et les contradictions.

Une autre impression qui se dégage, dès qu’on examine de près, c’est que tout ceci est inventé à plaisir et que l’auteur sacré est un maladroit imbécile. L’Esprit-Saint, en veine de mystification et se complaisant dans les fables immorales et ordurières, dicte tout ce qui lui passe par la tête, et l’écrivain nigaud enregistre imperturbablement n’importe quoi, turpitudes et contes grotesques, sans prendre garde aux contradictions et aux impossibilités, pourtant évidentes.

Comment ne s’est-il pas aperçu que le pigeon se moquait de lui, quand il lui a fait inscrire le pays de Gérare comme un royaume? Selon le rapport des géographes de l’antiquité, Gérare est une petite plaine sablonneuse, sans la moindre végétation, un horrible désert où jamais humain ne put élire domicile.

Abimélec était donc roi d’un désert!… Et combien de temps garda-t-il Sara, sans que Mme Abimélec ait la tentation d’arracher les yeux à celle-ci? Voilà encore un point où ressort toute l’impudence de la blague de l’Esprit-Saint.

Cet épisode est postérieur à l’incendie de Sodome et antérieur à l’époque où Jéhovah réalisa sa promesse de Mambré. En effet, le chapitre 21 commence ainsi:

«Et l’Éternel visita Sara, et il lui fit ainsi comme il l’avait promis. — Sara donc conçut, et elle enfanta un fils à Abraham en sa vieillesse, dans la saison que Dieu lui avait dit.» (v. 1-2)

Cet accouchement arrivant ainsi un an après le voyage de Schaddaï et des deux anges à Mambré, le séjour d’Abraham au pays de Gérare se place forcément dans les trois mois qui suivirent le déluge de feu. Or, en supposant même que ce séjour à Gérare ait pris exactement ces trois mois, comment l’épouse, les servantes et les sujettes de S.M. Abimélec purent-elles, en l’espace d’un trimestre, s’apercevoir qu’elles étaient stériles, c’est-à-dire qu’elles avaient leur vulve fermée, pour employer la délicate expression de l’auteur sacré? Il faut, en général, un assez bon nombre d’années pour qu’une femme puisse constater qu’elle est devenue inapte à avoir des enfants.

Mais, si l’on écarte la possibilité d’une constatation de stérilité dans l’ordre naturel des choses, il faut, avec la science des théologiens qu’aucun miracle, même burlesque, n’épate jamais, en arriver à conclure que Jéhovah, en cette circonstance, avait eu la fumisterie atrocement folichonne, et que, lorsque l’auteur sacré parle de la désolation des maris de Gérare trouvant leurs femmes fermées, il veut dire tout bêtement que les malheureuses étaient cousues. Dans ce cas, on se représente aisément la tête du roi du désert et celle de ses sujets. Dame! pour le coup, ils ont dû la trouver mauvaise, et l’on comprend qu’Abimélec, pour voir le terme de ce fléau, ait donné à Abraham tout le saint-frusquin qu’il pouvait désirer, en disant au prophète et à sa femme-sœur: Filez vite d’ici!

Après le miracle des femmes cousues, l’inépuisable Genèse nous sert donc le miracle de l’accouchement de Sara, femme de quatre-vingt-dix ans, n’ayant plus ses menstrues depuis longtemps. C’est comme chez Nicolet, de plus en plus fort; avec le facétieux pigeon, on ne s’embête pas!

Maintenant, arrive une autre affaire: Abraham, ayant un fils légitime, va flanquer à la porte Ismaël, l’enfant qu’il a eu de sa concubine.

«Et Abraham donna le nom d’Isaac au fils que Sara lui avait enfanté. — Et il circoncit Isaac âgé de huit jours, ainsi que Dieu le lui avait commandé. — Or, Abraham avait cent ans, quand Isaac lui naquit. — Et Sara dit: Dieu m’a donné un sujet de rire; tous ceux qui l’apprendront, riront avec moi. — Elle dit aussi: Qui eût dit à Abraham que Sara allaiterait des enfants? car je lui ai enfanté un fils en sa vieillesse. — Et l’enfant crût et fut sevré. Et Abraham fit un grand festin, le jour qu’Isaac fut sevré. — Or, Sara s’aperçut que le fils de l’Égyptienne Agar se moquait, ce fils qu’Agar avait enfanté à Abraham. — Et elle dit à Abraham: Chasse cette servante et son fils; car le fils de cette servante ne doit pas hériter de toi avec mon fils, avec Isaac. — Mais Abraham fut contrarié de cela, à cause de son fils. — Alors, Dieu lui apparut et lui dit: N’aie aucun chagrin à cause de cet enfant, ni au sujet de ta servante. Au contraire, obéis à Sara, en tout ce qu’elle te dira; car c’est en Isaac que ta postérité sera appelée dite ton nom. — Toutefois, parce que le fils de ta servante est de ta semence, je le ferai devenir, lui aussi, une grande nation. — Alors, Abraham se leva au matin, de très bonne heure, et, ayant pris du pain et une bouteille d’eau, il les mit sur l’épaule d’Agar, en lui donnant son enfant; il la renvoya ainsi. Et Agar s’en alla errante dans le désert de Béer-Sçébah. — Or, l’eau de la bouteille fut épuisée au bout de quelque temps. Alors, Agar coucha son fils à l’ombre d’un arbrisseau. — Et, s’étant éloignée de lui à la distance d’un trait d’arc, elle dit: Que je ne voie pas mourir cet enfant! Et, comme elle était assise vis-à-vis, elle éleva la voix, en pleurant. — Et Dieu entendit la voix du jeune garçon; puis, un ange de Dieu appela Agar du haut du ciel et lui dit: Qu’as-tu, Agar? Ne crains rien, car Dieu a entendu la voix du jeune garçon. — Lève-toi, va à ton enfant, fais-le lever, et prends-le par la main; car je le ferai devenir une grande nation. — Alors, Dieu ouvrit les yeux d’Agar, et elle aperçut un puits; elle y alla, y remplit d’eau sa bouteille, et donna à boire au jeune garçon. — Et Dieu fut avec Ismaël; il grandit dans le désert; il y vécut et devint un habile tireur d’arc. — Il se fixa au désert de Pharan; et sa mère lui donna une femme du pays d’Égypte.» (21:3-21)

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