Бесплатная библиотека
Читайте книгу на сайте или телефоне
READ-E-BOOK » Другие детективы » L'homme aux cercles bleus
L'homme aux cercles bleus - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

L'homme aux cercles bleus

Электронная книга - «L'homme aux cercles bleus». Краткое содержание книги:

Victor, mauvais sort, que fais-tu dehors ? Depuis quatre mois, cette phrase accompagne des cercles bleus qui surgissent la nuit, tracés à la craie sur les trottoirs de Paris. Au centre de ces cercles, prisonniers, un débris, un déchet, un objet perdu : trombone, bougie, pince à épiler, patte de pigeon... Le phénomène fait les délices des journalistes et de quelques psychiatres qui théorisent un maniaque, un joueur. Le commissaire Adamsberg, lui, ne rit pas. Ces cercles et leur contenu hétéroclite sont de, mauvais augure. Il le sait, il le sent : bientôt, de l'anodin saugrenu on passera au tragique. Il n'a pas tort. Un matin, c'est le cadavre d'une femme égorgée que l'on trouve au milieu d'un de ces cercles bleus.
1 ... 27 28 29 30 31 32 33 34 35 ... 51
Перейти на страницу:

— Solidarité masculine, murmura Adamsberg, pris d'une légère répulsion pour l'homme. Et pourquoi une soirée arrosée ? Il ne tenait pas bien sur ses jambes ?

— Si. En y réfléchissant, il était plutôt agile au contraire. Disons qu'il devait sentir l'alcool, encore que je l'ai à peine remarqué sur le coup. Ça me revient parce que vous m'en faites parler. Chez moi, c'est une seconde nature de repérer ça, l'odeur d'alcool. Vous comprenez, mon métier... Vous me montrez n'importe quel gars et je peux vous dire à quel stade exact il en est. Et ce gars-là, le petit nerveux d'hier soir, il avait avalé quelques petits verres. Ça se flairait, oui, ça se flairait.

— Quoi ? Du whisky ? Du vin ?

— Non, hésita le patron, ni l'un ni l'autre. Un truc plus sucrailleux que ça. Je verrais plutôt des petits godets de liqueur qu'on écluse les uns après les autres autour d'une partie de cartes entre vieux garçons, le style dentelle, vous voyez, mais qui atteint son but quand même, mine de rien.

— Calvados ? Alcool de poire ?

— Ah, vous m'en demandez trop, je finirais par inventer à la longue. Je n'avais aucune raison de le respirer ce gars-là, après tout.

— Alors disons, alcool de fruits...

— Ça vous apporte quelque chose, ça ?

— Beaucoup, dit Adamsberg. Soyez assez aimable pour passer au commissariat dans la journée pour qu'on enregistre votre déposition. Je vous laisse l'adresse. Et n'oubliez surtout pas de signaler cette odeur de fruits à mon collègue.

— J'ai dit alcool, je n'ai pas dit fruits.

— Oui, comme vous voudrez. Ça n'a pas d'importance.

Adamsberg souriait, satisfait. Il repensa à la petite chérie, pour voir. Ça ne lui fit presque rien, un léger désir passant comme un oiseau au loin, mais sans plus.

Soulagé, il quitta le bistrot. Aujourd'hui, il enverrait Danglard chez Mathilde pour essayer de lui arracher l'adresse du restaurant où elle avait suivi cet homme triste et travailleur à l'imperméable. On ne sait jamais.

Mais il préférait ne pas rencontrer Mathilde aujourd'hui.

L'homme aux cercles, quant à lui, continuait à faire tourner sa craie pas loin de la rue Pierre-et-Marie-Curie. Il continuait à s'agiter, à discuter.

Et lui, Adamsberg, il l'attendait.

* * *

Danglard arracha l'adresse du restaurant de Pigalle à Mathilde, mais l'établissement avait disparu depuis deux ans.

Au long de toute la journée, Danglard épia l'humeur vagabonde d'Adamsberg. Danglard trouvait que l'enquête se traînait. Mais il reconnaissait qu'il n'y avait pas grand-chose qu'on puisse faire. Il avait de son côté tamisé toute la vie de Madeleine Châtelain sans y trouver la moindre scorie. Il avait aussi été voir Charles Reyer pour lui demander d'expliquer sa curiosité à propos de l'article de la gazette. Reyer s'était senti pris au dépourvu, assez mécontent, surtout vexé sans doute d'avoir si mal dissimulé les choses à Adamsberg. Mais Reyer avait une certaine inclination pour Danglard, et les sonorités sourdes et traînantes de la voix de cet homme fatigué, qu'il imaginait de grande taille, l'inquiétaient moins que le timbre trop doux de la voix d'Adamsberg. Sa réponse à Danglard avait été simple. Encore étudiant en anatomie animale, il avait eu l'occasion d'assister à des séminaires qu'avait donnés Mme Forestier. C'était vérifiable. À l'époque, il n'avait pas de raison d'en vouloir à qui que ce soit, et il avait apprécié Mme Forestier telle qu'elle était, intelligente et séduisante, n'ayant jamais oublié un mot des conférences qu'elle leur avait faites. Ensuite, il avait voulu tout rayer de cette vie-là. Mais quand cet homme dans le hall de l'hôtel avait fait allusion à la «grande dame de la mer», l'écho du souvenir avait été assez agréable, tout compte fait, pour qu'il souhaite vérifier s'il s'agissait bien d'elle et ce qu'on pouvait bien lui reprocher.

Reyer comprit que Danglard semblait convaincu.

Danglard lui demanda néanmoins pourquoi il n'avait pas expliqué ça hier à Adamsberg, et pourquoi il n'avait pas dit à Mathilde qu'il la connaissait déjà, avant leur « hasardeuse » rencontre de la rue Saint-Jacques. Reyer avait répondu à la première question qu'il ne voulait pas qu'Adamsberg lui complique trop l'existence, et à la seconde qu'il ne tenait pas à ce que Mathilde l'amalgame à ces éternels étudiants devenus, vieillissants, serviteurs de la dame. Ce qu'il ne tenait pas à être.

En gros, pas grand-chose à tirer de tout cela, se disait Danglard. Le vrac habituel de demi-vérités qui font s'étirer les choses en longueur. Les gosses seraient déçus. Mais il reprochait à Adamsberg cette lenteur des jours, seulement ponctués au matin par les cercles qui réapparaissaient.

Il avait l'impression injustifiée que c'était Adamsberg qui influait en mal sur l'écoulement du temps. Le commissariat lui-même avait fini par être imprégné de la spécificité du comportement de son commissaire. Les fureurs sans objet réel désertaient peu à peu Castreau, et les sottises se faisaient plus rares dans la bouche de Margellon, non que l'un fût devenu moins brutal et l'autre moins imbécile, mais comme si ce n'était plus la peine de se casser la tête à parler tout le temps. En gros, mais ce n'était qu'une impression qui ne venait peut-être que de ses propres soucis, les éclats et les excès insignifiants de toutes sortes se faisaient moins voyants, moins utiles, remplacés par un fatalisme insouciant qui lui semblait plus dangereux. Tous ces hommes semblaient tirer avec tranquillité les voiles de leur navire, sans s'affoler de leur passagère inaction quand le vent tombait, laissant les voiles immobiles.

Les affaires quotidiennes suivaient leur cours, trois agressions dans la même rue hier. Adamsberg entrait et sortait, disparaissait et revenait, sans que cela ne fasse plus saillir ni critique ni alarme.

Jean-Baptiste se coucha tôt. Même, il éconduisit sans la blesser, pensa-t-il, la jeune voisine d'en dessous. Pourtant ce matin, il aurait souhaité la voir d'urgence pour changer le cours de ses idées et le faire rêver d'un autre corps. Mais le soir venu, il ne pensait plus qu'à s'endormir au plus vite, sans fille, sans livre, sans pensée.

Quand le téléphone sonna dans la nuit, il sut que c'était arrivé, la fin du piétinement, le sursaut, et il sut que quelqu'un était mort. C'était Margellon qui l'appelait. Un homme avait été méchamment égorgé sur le boulevard Raspail, dans sa section déserte qui mène à la place Denfert. Margellon était sur place avec l'équipe du secteur du 14e arrondissement.

— Le cercle ? Comment est le cercle ? interrogea Adamsberg.

— Le cercle est là, commissaire. Bien exécuté, comme si le type avait pris tout son temps. L'inscription autour est complète aussi. Toujours la même : « Victor, mauvais sort, que fais-tu dehors ? » Je n'en sais pas plus pour le moment. Je vous attends.

— J'arrive. Réveillez Danglard. Dites-lui qu'il s'amène au plus vite.

— Ce n'est peut-être pas nécessaire de déranger tout le monde ?

— Je le veux, dit Adamsberg. Et vous aussi, continua-t-il, restez également.

1 ... 27 28 29 30 31 32 33 34 35 ... 51
Перейти на страницу:
0
Сюжет
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Атмосфера
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Главный герой
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Общее впечатление
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
Итоговая оценка: 0.0 из 10 (голосов: 0 / История оценок)