Бесплатная библиотека
Читайте книгу на сайте или телефоне
READ-E-BOOK » Научная фантастика » Coulez mes larmes, dit le policier [Flow My Tears, the Policeman Said - fr]
Coulez mes larmes, dit le policier [Flow My Tears, the Policeman Said - fr] - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

Coulez mes larmes, dit le policier [Flow My Tears, the Policeman Said - fr]

Электронная книга - «Coulez mes larmes, dit le policier [Flow My Tears, the Policeman Said - fr]». Краткое содержание книги:

Jason Taverner est un homme comblé : toutes les semaines, 30 millions de Fans regardent son show télévisé.
Mais il se réveille un matin dans une chambre d'hôtel sordide pour s'apercevoir que son identité s'est évanouie sans laisser de trace : même sa maîtresse, la belle Heather Hart, ne se souvient plus de lui.
Une situation pour le moins inconfortable, dans un Etat ultra-policier où tout défaut de papiers d'identité suffit à vous faire expédier dans un camp de travail…
Seulement voilà : ce n'est pas un homme comme les autres. Produit d'une expérience secrète, Taverner est un six, un mutant aux nerfs d'acier qui mènera une lutte sans merci, sous les yeux d'un pol sentimental, contre la folie où vient de basculer le monde…
1 ... 27 28 29 30 31 32 33 34 35 ... 63
Перейти на страницу:

— Et il y a l’amour sans le sexe, dit Ruth.

— Comme l’amour de la patrie ?

Après tout, une patrie, ça ne se baise pas.

— Non. Comme l’amour entre deux hommes.

— L’amour homosexuel.

— Ce n’est pas ça que je veux dire. L’amour sans le sexe, rien de plus.

— En voilà un drôle d’amour !

Cela ne lui paraissait pas particulièrement séduisant. Une forme de pédérastie sublimée, en quelque sorte.

— Je l’ai connu. Avec une fille que j’ai rencontrée à… Non, ce n’était pas à Reno. C’était à Lake Tahoe. Elle avait fait un mauvais mariage et était complètement brisée. Elle avait perdu toute confiance en elle. Elle se considérait comme responsable de cet échec. Je l’ai trouvée assise devant une table en train de boire des russes noirs – et tu sais que c’est un peu raide.

— Un excellent moyen de se saouler rapidement.

— Elle n’était pas ivre. Simplement, elle était là, à boire en contemplant la table, le front dans la main. À croire que sa tête serait tombée sans quelque chose pour la maintenir. Alors je… Enfin, j’étais pompette… Je me suis assise à côté d’elle et je me suis mise à causer. Elle avait désespérément besoin de quelqu’un à qui parler, à qui tout raconter.

— Tu t’es sans doute vue toi-même à travers elle.

— Probablement. Telle que j’étais après mon treizième mariage. Je me détruisais de mes propres mains. C’était terrible qu’elle soit là, exactement comme moi autrefois. Et j’avais besoin de lui parler. C’est ce que je me suis dit et c’était vrai. Alors, on a causé pendant des heures et, tandis qu’elle se couvrait de boue, j’ai commencé à éprouver un sentiment bizarre… (Elle fit un geste.)

— Un sentiment d’identification ?

— Peut-être. Non, c’était plus fort que ça. D’appréciation. Je l’appréciais, elle et ce qu’elle avait dans la tête, son espace intérieur. Possible qu’identification soit le mot juste. Je ne sais pas. C’était il y a longtemps.

— Il y a aussi l’amour paternel. L’amour protecteur envers une autre personne, généralement plus jeune. C’est peut-être ce que tu ressentais. Et il y a… (Jason se remémora son bref – et horrible – interlude avec Kathy. Cela pouvait-il être qualifié de rapports amoureux ? Non, mais le sexe avait été présent, une sorte de sexe maléfique qui planait, prêt à le happer.)… l’amour loupé, l’amour tordu, l’amour névrotique. Le sexe, plus exactement. Je veux dire le sexe.

— Tu n’arrêtes pas de mélanger les deux. Rien d’étonnant à ce que tu ne puisses concevoir la forme supérieure de l’amour, l’amour que je ressentais pour Terri, la fille de Tahoe. L’amour qui s’élève au-dessus du particularisme et des contingences et…

— L’amour antagoniste, l’interrompit Jason qui continuait de suivre le fil de ses pensées. (L’amour que j’ai… ou que j’avais pour Heather. Comme les amants de La Bohème qui se querellent tout le temps.) Le syndrome de Mimi et de Rodolphe. S’aimer, se battre et s’aimer simultanément, mais le plus souvent à tour de rôle.

— Tiens ! Tu commences à parler d’amour et tu termines en parlant sexe. En vérité, tu es terriblement déboussolé.

— Il y a également l’amour contre nature.

Une forme d’amour dont Jason avait eu l’occasion d’être témoin et qui l’avait effrayé.

— Le sexe sans amour, l’amour sans le sexe, l’amour paternel, l’amour universel, sublime et transcendé, l’amour contre nature… Cela fait cinq types d’amours. Il doit y en avoir davantage.

— Le pire de tous : des rapports excluant et le sexe et l’amour.

Le néant total. Un six ne pouvait le supporter. Un six devait s’imbriquer aux éléments émotionnels des autres et les assimiler. Un six ne pouvait tolérer un instant cette espèce de froideur du drogué. Il ne pouvait s’associer à un insecte, à un esprit court-circuité qui sonne le creux et qui regarde à travers des yeux morts où rien ne se reflète. À une entité détruite, déshumanisée, qui se nourrit constamment d’elle-même, qui absorbe la vie des autres, qui dévore sa chaleur. On avait eu raison, il y avait quelques années, d’adopter une loi instituant la peine de mort pour réprimer cet abus. Il n’avait eu que trop souvent l’occasion de voir de ses yeux ce que l’héroïnomanie faisait à des êtres qui avaient été jadis des gens normaux. Et ces êtres avides continuaient d’aller et venir, imitant de leur mieux ce qu’ils avaient à tout jamais perdu.

— J’ai connu un drôle de genre d’amour à une époque, dit Ruth. J’étais terriblement attirée par les étrangers, aussi bien les hommes que les femmes. J’avais envie de les prendre dans mes bras et qu’ils me prennent dans les leurs. J’avais physiquement besoin de me pelotonner contre eux. Pas les gens que je connaissais… uniquement ceux que je ne connaissais pas. Ceux que je croisais au supermarché, dans la rue, partout. Finalement, j’ai serré dans mes bras une vieille dame qui se trouvait devant moi un jour où je faisais la queue. Et puis, au bout d’un certain temps, ça m’a passé, définitivement. Mais je crois que cela m’a changée. Je n’ai plus envie d’embrasser les étrangers, mais je ne me sens plus loin d’eux. Je suis capable de m’entendre avec les inconnus comme si c’étaient mes amis.

— Et ça vaut le coup ? lui demanda Jason avec amusement.

— Je suis sortie de ma coquille, répliqua-t-elle gravement. C’est grâce à cela que je me suis ouverte, que je suis devenue comme je suis maintenant. Quand tu m’as abordée dans le bar, j’avais beau ne t’avoir jamais vu auparavant, il m’a été facile de lier conversation avec toi. Et j’ai l’impression que c’est pareil pour toi.

— Je n’ai jamais éprouvé le désir de faire des mamours au premier venu sans discrimination, sans savoir de qui il s’agit, de quel sexe il est.

— C’était presque une sorte d’amour mystique, fit songeusement Ruth. Comme si le premier venu pouvait être le Christ.

— Mais ce n’est jamais lui.

— L’amour ultime, c’est l’amour transcendant de l’homme pour l’homme. De l’être humain pour l’être humain. Même si tu es incapable de le ressentir, ce qui est probablement le cas, quelqu’un d’autre peut le ressentir à ta place un jour ou l’autre. Cela peut arriver et tu peux ne jamais le savoir.

— Cela me paraît irréaliste.

— Parce que c’est extrêmement rare. Mais une fois qu’on a connu… Tu saurais ce que je veux dire si cela t’était arrivé. C’est ce qui s’est passé à Tahoe avec cette pauvre petite qui était là à boire verre sur verre, abandonnée par un type… Oui, c’est ce que j’ai ressenti en la voyant. (Ruth resta quelques instants silencieuse, le visage plissé.) Je crois que, depuis, quand j’aime, j’aime tout le monde. Je peux aimer une personne plus que les autres mais, en général, ça déborde. On s’élève d’un cran. On est au-dessus de la peur et de la haine. De la haine surtout. La peur… Je ne crois pas. Parce que j’ai toujours peur. Très peur.

Elle dévisagea sombrement Jason planté devant le lit dans la pénombre. Les ténèbres de l’amour en allées. Du sexe, plutôt, comme Ruth l’avait souligné.

— Et l’amour de Dieu ? L’amour religieux ?

— L’amour d’une créature humaine pour une autre créature humaine est de nature religieuse.

— Pourquoi ?

— Il n’a pas de base rationnelle, il n’est pas fondé sur un rapport matériel, c’est une intuition. Comme une vision religieuse. C’est tout ce que je peux te dire : c’est une compréhension mystique et respectueuse de l’autre, où l’on ne réclame rien pour soi. De tous les autres par extension. Quelqu’un devrait écrire un livre là-dessus. La montée progressive de l’amour. Ça s’appellerait l’Amour ascendant. Tu crois que les gens comprendraient ?

1 ... 27 28 29 30 31 32 33 34 35 ... 63
Перейти на страницу:
0
Сюжет
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Атмосфера
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Главный герой
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Общее впечатление
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
Итоговая оценка: 0.0 из 10 (голосов: 0 / История оценок)