Бесплатная библиотека
Читайте книгу на сайте или телефоне
READ-E-BOOK » Научная фантастика » Coulez mes larmes, dit le policier [Flow My Tears, the Policeman Said - fr]
Coulez mes larmes, dit le policier [Flow My Tears, the Policeman Said - fr] - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

Coulez mes larmes, dit le policier [Flow My Tears, the Policeman Said - fr]

Электронная книга - «Coulez mes larmes, dit le policier [Flow My Tears, the Policeman Said - fr]». Краткое содержание книги:

Jason Taverner est un homme comblé : toutes les semaines, 30 millions de Fans regardent son show télévisé.
Mais il se réveille un matin dans une chambre d'hôtel sordide pour s'apercevoir que son identité s'est évanouie sans laisser de trace : même sa maîtresse, la belle Heather Hart, ne se souvient plus de lui.
Une situation pour le moins inconfortable, dans un Etat ultra-policier où tout défaut de papiers d'identité suffit à vous faire expédier dans un camp de travail…
Seulement voilà : ce n'est pas un homme comme les autres. Produit d'une expérience secrète, Taverner est un six, un mutant aux nerfs d'acier qui mènera une lutte sans merci, sous les yeux d'un pol sentimental, contre la folie où vient de basculer le monde…
1 ... 31 32 33 34 35 36 37 38 39 ... 63
Перейти на страницу:

Elle se tut quelques instants avant de poursuivre, après s’être éclairci la voix :

— Mais, finalement, le chagrin s’évanouit et on raccroche. Sans Hank.

— Et tu acceptes ça ?

— Il n’y a pas d’autre choix. On pleure et on continue de pleurer parce qu’on ne revient jamais entier de l’endroit où on l’a accompagné. Quelque chose de brisé s’entête à palpiter au fond du cœur. Une sorte de fêlure. Une plaie qui ne se cicatrise pas. Et si cela arrive plusieurs fois dans la vie, le cœur est alors mutilé et l’on ne ressent plus de chagrin, preuve qu’on est prêt à mourir. Il n’y a plus qu’à tirer l’échelle ; au tour d’un autre de pleurer.

— Mon cœur n’a aucune blessure.

— Monsieur Parfait. Monsieur Intact. Monsieur J’en-ai-rien-à-foutre.

— Et je m’en porte d’autant mieux. Je n’ai rien perdu.

— Et tu n’as rien gagné. Sinon toi-même.

— Je ne veux pas me disputer avec toi. Ça n’en vaut pas la peine.

— D’accord, ne nous fâchons pas.

— Au revoir.

Jason s’était rhabillé. Son coude ne saignait plus. L’heure était venue de partir. Mais Ruth lui demanda d’une voix âpre :

— C’est vrai que je suis trop vieille ?

— Non.

Mais il mentait. À ses yeux, en tout cas, elle était maintenant trop ridée, trop desséchée. Elle avait trop souvent servi, sexuellement parlant. Après quarante mariages, elle était trop décatie. Peut-être que pour quelqu’un d’autre… Quoi qu’il en soit, pour trouver des hommes de bonne volonté, Las Vegas était l’endroit idéal et cet appartement le lieu parfait. Ruth faisait le maximum de ce qu’elle pouvait faire.

— Si tu n’avais pas levé le bras, je t’aurais tué, dit-elle d’un ton rauque.

Jason s’esclaffa.

— J’en doute.

— En tout cas, il aurait fallu que tu ailles à l’hôpital pour qu’on te recouse.

— Ce qui signifie que tu as déjà fait ça à quelqu’un d’autre ?

Elle fit signe que oui. Jason se pencha et l’embrassa sur le front.

— Je ne crois pas qu’on se soit connus, reprit-elle. Si tu veux connaître le fond de ma pensée, tu m’as raconté des blagues en prétendant que nous nous sommes rencontrés il y a dix ans. Pourtant, tout ce que tu as dit me concernant… Est-ce que tu m’as cherchée ?

— Prends tes vitamines E et ne pense plus à cela. Oublie que tu as jamais vu et rencontré un homme qui s’appelait Jason Taverner.

— Entendu, dit-elle d’une voix blanche.

D’une main qui tremblait, elle sortit une cigarette du paquet et l’alluma. Elle eut toutes les peines du monde à approcher la flamme de l’allumette du bout de sa cigarette. Elle rougit et, gênée, se détourna pour que Jason ne s’en aperçoive pas.

— Aucune importance, murmura ce dernier.

— Paralysie agitante. Pseudo-parkinsonisme, il paraît.

— Vraiment ?

Elle acquiesça.

— Ma pilule commence à cesser de faire de l’effet.

— Je suis navré.

— En définitive, je t’aurais probablement raté avec ce fichu plat.

— Est-ce que tu veux que je reste ? Alors que les pols sont sur ma trace ? Tu veux courir le risque d’être envoyée dans un camp ?

— Oui, reste encore un peu. Jusqu’au jour. Ne pars que demain.

Elle le regardait fixement.

— Peut-être que ce que tu disais à propos des mondes parallèles est juste, Ruth. Peut-être que j’ai envers toi une dette de reconnaissance pour m’avoir expliqué ça. Ça et l’autre concept.

À présent, il était capable de le formuler, la théorie transforme la réalité qu’elle décrit.

Le Principe de Rae… La nouvelle et grande idée révolutionnaire née dans la cervelle imbibée d’alcool d’une nymphomane sur le retour ! Et il est vrai que l’explication qu’elle m’a apportée des événements qui me sont arrivés les a modifiés, les a rendus conformes, ne serait-ce que d’une façon infinitésimale, à l’idée qu’elle se fait d’eux.

— Peut-être y a-t-il des milliards de mondes parallèles, dit Jason à haute voix. Ou peut-être qu’ils n’existent pas. Qu’il n’y a rien. Juste le vide. Comme ce que tu as éprouvé le jour où tu as trop fumé et qu’il ne restait rien pour voir ce qui se passait.

Rien… Pas même toi.

— Si tu pars maintenant, articula péniblement Ruth, quoique avec un calme inhabituel, désormais il en sera toujours ainsi pour moi.

— Je vais rester jusqu’à demain, la rassura-t-il.

C’était au moins le temps nécessaire au labo pour déceler la contrefaçon.

Kathy m’a-t-elle sauvé ou perdu ? Il ne savait quoi penser au juste. Elle qui m’a manipulé, songea-t-il, et qui, à dix-neuf ans, en sait davantage que toi et moi réunis. Plus que nous n’en apprendrons jamais au cours de toute notre vie jusqu’à l’heure du cimetière.

Comme tout bon chef de groupe de rencontres qui se respecte, elle l’avait démoli… Dans quel but ? Pour le restructurer, le rendre plus fort qu’avant ? Il en doutait, mais c’était une possibilité à ne pas négliger. À l’égard de Kathy, il éprouvait une étrange confiance mêlée de cynisme, à la fois absolue et fragile ; une moitié de son cerveau la voyait comme un être on ne peut plus sûr, tandis que l’autre la jugeait avilie, vénale, bref, capable de n’importe quoi. Il n’arrivait pas à faire le point. Les deux visages de Kathy se superposaient dans sa tête.

Peut-être pourrai-je concilier ces conceptions divergentes de Kathy avant le moment du départ, se dit-il. Avant demain. À moins qu’il ne puisse rester un jour de plus… Au risque de tirer sur la ficelle. Dans quelle mesure la police est-elle efficace ? se demandait-il. Non seulement ils se sont débrouillés pour estropier mon nom, mais ils ont sorti un dossier erroné.

N’est-il pas possible qu’ils se gourent sur toute la ligne ?

Peut-être mais ce n’était pas certain.

Sur la police, il avait ainsi des conceptions diamétralement opposées, qu’il n’arrivait pas non plus à concilier. Aussi, tel un lapin, tel le lapin d’Emily Fusselman, restait-il pétrifié sur place. Dans l’espoir que tout le monde connaissait la règle : on ne détruit pas une créature qui ne sait pas quoi faire.

12

Les quatre pols en uniforme gris s’attroupèrent sous la lumière de l’applique extérieure, une espèce de chandelle en fer forgé avec une fausse flamme conique scintillant éternellement dans les ténèbres de la nuit.

— Il n’en reste que deux, émit le caporal presque sans bruit. (Ses doigts parcouraient la liste des locataires, soulignant au passage les noms concernés.) Une Mme Ruth Gomen au 211 et un M. Allen Mufi au 212. Qui allons-nous visiter en premier ?

— Le citoyen Mufi, lança un de ces hommes qui faisait claquer contre sa paume sa souple matraque de plastique fluo, brusquement impatient d’en finir, maintenant que l’issue était imminente.

— Donc le 212, dit le caporal en tendant le bras pour appuyer sur la sonnette, mais il eut l’heureuse idée d’essayer d’abord la poignée de la porte.

Bon. Une chance sur cent, une maigre possibilité mais soudain réellement utile. La serrure n’était pas verrouillée. D’un geste, il intima silence, esquissa un sourire, puis ouvrit le battant.

Ils distinguèrent un séjour obscur avec des verres vides, d’autres à moitié pleins, semés çà et là, certains à même le sol. Ainsi que tout un assortiment de cendriers débordant de mégots éteints et de paquets de cigarettes froissés. Une partie de fumette, conclut l’officier. Dispersée à cette heure. Chacun était sagement rentré chez soi. À l’exception peut-être de M. Mufi.

1 ... 31 32 33 34 35 36 37 38 39 ... 63
Перейти на страницу:
0
Сюжет
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Атмосфера
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Главный герой
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Общее впечатление
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
Итоговая оценка: 0.0 из 10 (голосов: 0 / История оценок)