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Blood Wedding [Robe de marié]

Электронная книга - «Blood Wedding [Robe de marié]». Краткое содержание книги:

Sophie Duguet - young, successful, and happily married - thought at first she was becoming absentminded when she started misplacing her mail and forgetting where she'd parked her car the night before. But then, as her husband and colleagues pointed out with increasing frustration, she began forgetting things she'd said and done, too. And when she was detained by the police for shoplifting, a crime she didn't remember committing, the confusion and blackouts that had begun to plague her took on a more sinister cast. Her marriage started to come apart at the seams.
Now Sophie is in much deeper water: The young boy she nannies is dead while in her care, a tragedy of which she has no memory. Afraid for her sanity and of what the police will do to her when the body is discovered, Sophie goes on the run, changing her identity and appearance to evade the law. Forced to lead a very different kind of life, one on the margins of society, Sophie wonders where everything went wrong.
Still, with a new name and a new life, she hopes that she'll be able to put her demons to rest for good. It soon becomes clear, however, that the real nightmare has only just begun.
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23 novembre

Sophie m’a tendu un piège ! Elle enquête. Depuis quelque temps, je savais qu’elle tentait de vérifier qu’elle n’était pas suivie. Elle est loin de se rendre compte qu’elle est même entendue. Mais ça ne change rien au fait que sa récente démarche m’inquiète. Je pense que si elle se méfie aujourd’hui, c’est que j’ai commis des erreurs. Et je ne sais pas où. Ni quand.

En repartant de chez elle ce matin, par un vrai coup de chance, je me suis aperçu qu’il y avait sur le paillasson un minuscule morceau de papier marron, couleur de la porte. Sophie a dû le poser en partant, entre la porte et le chambranle, et quand j’ai ouvert il est tombé. Impossible de savoir à quel endroit elle l’a posé. Et je ne pouvais pas rester ainsi sur le palier. Je suis rentré dans l’appartement pour réfléchir, mais vraiment je ne voyais pas quoi faire. Le faire disparaître, c’est lui donner la confirmation qu’elle espère. Le poser ailleurs, c’est lui donner raison aussi. Combien de pièges m’a-t-elle ainsi tendus, dans lesquels je suis tombé sans même le voir ? Je ne savais absolument pas quoi faire. J’ai opté pour une solution radicale : noyer le piège dans un contre-piège. Je suis allé acheter un pied-de-biche de petite taille et je suis retourné sur son palier. J’ai glissé le pied-de-biche à différents endroits, j’ai même ouvert la porte pour que les tentatives de levier paraissent plus puissantes. J’ai dû faire vite parce que le bruit, même étouffé au mieux, restait audible et que dans la journée l’immeuble n’est jamais entièrement vide. J’ai juste pris le temps de regarder le résultat : ça simule assez bien une tentative avortée d’effraction et la ventilation des points d’impact du pied-de-biche justifiera que le morceau de papier soit retrouvé au sol.

Je reste quand même inquiet. Je dois redoubler de vigilance.

25 novembre

Je fais les mêmes courses qu’elle au Monoprix. Exactement les mêmes. Mais juste avant de passer à la caisse, j’ajoute une bouteille d’un whisky hors de prix. Je veille à choisir la marque qui se trouve dans le bar de l’appartement, le préféré de Vincent… Pendant que Sophie fait la queue à la boulangerie, je fais l’échange de sacs et en sortant je glisse un mot au vigile sur la dame au manteau gris.

De l’autre côté de la rue, je m’installe devant le distributeur pour retirer de l’argent parce que c’est un poste d’observation idéal, et je vois ma Sophie surprise d’être arrêtée par un vigile. Elle rit. Pas longtemps. Il faut bien le suivre pour vérifier…

Sophie est restée plus d’une heure dans le magasin. Deux policiers en uniforme sont venus. Je ne sais pas ce qui s’est passé. Elle est sortie du Monoprix effondrée. Cette fois-ci, il va falloir consulter. Plus possible de faire autrement.

5 décembre

Depuis septembre, des ventes ont eu lieu régulièrement chez Percy’s et je ne comprends pas ce qui fait que Sophie s’y rend ou non. C’est totalement imprévisible, parce que je ne dispose pas des informations qui commandent ce choix. Une vente avait lieu hier soir à 21 heures. J’ai attendu jusqu’à 21 h 15 et comme cette fois Sophie semblait bien décidée à rester devant la télévision, j’y suis allé.

Il y avait beaucoup de monde. L’hôtesse d’accueil souriait aux clients à l’entrée de la salle en leur tendant un beau catalogue sur papier glacé. Elle m’a reconnu immédiatement et m’a adressé un sourire tout spécial, engageant, auquel j’ai répondu, mais pas de manière trop appuyée. La vente était longue. J’ai attendu une bonne heure avant de sortir quelques instants dans le hall. La fille comptait les brochures qui lui restaient et en donnait aux rares clients attardés qui arrivaient encore.

Nous avons discuté. J’ai bien conduit mon affaire. Elle s’appelle Andrée, un prénom que je déteste. Debout, elle est encore plus grosse que derrière son comptoir. Son parfum est toujours aussi épouvantable, quoique, de plus près, il m’ait semblé plus détestable encore. J’ai raconté quelques anecdotes dont je suis assez sûr. Je l’ai fait rire. J’ai fait mine de devoir retourner dans la salle pour la suite de la vente, mais à la dernière seconde, alors que j’avais déjà fait quelques pas, j’ai tenté mon va-tout. Je me suis retourné et je lui ai demandé si elle accepterait un verre lorsque tout serait fini. Elle a minaudé d’une manière imbécile, je sentais que ça lui plaisait beaucoup. Pour la forme, elle a prétexté qu’après la vente il y aurait encore plein de choses à régler, mais elle a fait attention à ne pas se montrer décourageante. Moyennant quoi je l’ai attendue à peine un quart d’heure. J’ai appelé un taxi et je l’ai emmenée boire un verre sur les boulevards. Je me souvenais d’un bar, en face de l’Olympia, avec des lumières un peu tamisées où l’on sert des cocktails, de la bière anglaise, et où l’on peut manger à n’importe quelle heure. Soirée assommante mais, j’en suis sûr, très féconde pour l’avenir.

Cette fille me fait vraiment pitié.

Hier soir, j’ai regardé mes amoureux faire des galipettes. Sophie n’y met visiblement pas beaucoup de cœur. Elle a sans doute d’autres choses en tête. Je me suis endormi comme une masse.

8 décembre

Sophie se demande si ce n’est pas son PC qui est en cause. Elle se demande si quelqu’un n’y a pas accès à distance, mais elle ne sait pas comment faire pour le déceler. Elle a créé une nouvelle boîte et cette fois, elle n’a pas mémorisé le mot de passe sur sa machine. Il m’a fallu plus de six heures pour y avoir accès. La boîte était vide. J’ai changé le mot de passe. C’est maintenant elle qui ne peut plus y entrer.

Vincent s’est ouvertement inquiété. Au fond, c’est un délicat. Il a sobrement demandé à Sophie comment allait sa vie, mais c’est un euphémisme. Au téléphone avec sa mère, il a évoqué l’idée que Sophie « serait dépressive ». Il m’a semblé que la mère compatissait, ce qui montre son degré d’hypocrisie. Les deux femmes se détestent.

9 décembre

Par un ami de sa défunte mère avec qui elle est restée vaguement en contact, Sophie a réussi à obtenir rapidement un rendez-vous chez un spécialiste. Je ne sais pas ce qu’elle a dans la tête, mais choisir un « thérapeute comportementaliste », je trouve ça con. Que n’a-t-elle pas choisi un bon psychiatre ? Quelqu’un qui peut vous rendre dingue beaucoup plus sûrement que n’importe qui d’autre… On dirait qu’elle n’a rien appris de sa mère. Au lieu de ça, elle se pointe chez le docteur Brevet, un charlatan qui, à ce qu’elle en écrit à Valérie, lui donne des conseils destinés à vérifier « le bien-fondé de ses craintes, leur objectivité ». Alors, elle doit tenir des listes de choses, des listes de dates, tout noter. Ça va être épuisant.

Cela dit, elle continue de faire tout ça en cachette de son mari, ce qui est très bon signe. Pour moi. Et ce qui est bon pour moi est bon pour Sophie.

10 décembre

Je suis très inquiet de ce que j’ai entendu chez eux hier soir : Vincent lui reparle d’avoir un enfant. À les entendre, il semble que cette discussion ne soit pas la première. Sophie résiste. Mais je sens à sa voix qu’elle voudrait se laisser convaincre. Je ne pense pas qu’elle en ait réellement envie, je crois qu’elle aimerait bien qu’il lui arrive enfin quelque chose de normal. En fait, il est difficile de savoir si Vincent lui-même est très honnête dans cette histoire. Je me suis demandé s’il ne pense pas que les comportements dépressifs de Sophie sont dus à un désir d’enfant inabouti. Psychologie sommaire, évidemment. Sur sa propre femme, je pourrais lui en apprendre…

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