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Black-Out. Demain il sera trop tard

Электронная книга - «Black-Out. Demain il sera trop tard». Краткое содержание книги:

Par une froide soirée d’hiver, le réseau électrique européen commence à lâcher. De nombreux pays s’enfoncent dans l’obscurité et plusieurs centrales nucléaires mettent en danger la vie de millions d’êtres humains. Menace terroriste ou défaillance technique ? Piero Manzano, ex-hacker italien, croit savoir qui est responsable. Avec l’aide d’un policier français d’Europol, François Bollard, Manzano s’engage dans une véritable course contre la montre face à un adversaire aussi rusé qu’invisible.
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« Bonjour, monsieur Bollard, se présenta-t-elle. Lauren Shannon, je suis la voisine de vos beaux-parents, à Paris. »

Bollard la jaugea attentivement.

« Qu’est-ce que vous faites là ? Il leur est arrivé quelque chose ?

— C’est précisément ce que j’aimerais apprendre de vous.

— Partez devant, fit Bollard à Manzano, en anglais. Lorsque ce dernier se trouva suffisamment loin, il continua : je me souviens de vous. La dernière fois que nous nous sommes vus, vous travailliez pour une chaîne de télévision.

— C’est encore le cas. Hier après-midi, vos beaux-parents ont quitté Paris en hâte — les beaux-parents d’un fonctionnaire d’Europol en charge du terrorisme. Pour aller chez vos parents, monsieur Bollard, si j’ai bien compris. Et votre belle-mère a fait une remarque qui me trotte dans la tête.

— Manifestement, puisqu’elle vous a poussée à venir de Paris. Je ne vois pas bien ce que j’ai à voir avec ça. Les médias doivent contacter notre service de presse. »

Shannon ne s’était pas attendue à ce qu’il lui explique quoi que ce soit de son plein gré. « Dans ce cas, nous ne devons pas considérer que le black-out est lié à des attaques terroristes ni qu’il va durer encore longtemps ?

— La date du retour à la normale, demandez-la aux compagnies d’électricité, pas à moi. »

Il l’envoyait promener vertement.

« Derrière ces coupures, il n’y a donc pas d’attaques ?

— Qu’est-ce que vous y connaissez en approvisionnement électrique européen ?

— Je vois juste, et j’entends, que rien ne fonctionne plus. Ça me suffit. »

Il marquait un point. Elle n’y connaissait rien.

« Pas tout à fait, répondit-il non sans un sourire compatissant. Vous sauriez, sinon, à quel point ces systèmes sont complexes. On ne les allume pas aussi bonnement que la lumière de votre salon. Maintenant, pardonnez-moi, je vous prie. Notre service de presse répondra volontiers à vos autres questions.

— Pourquoi alors vos beaux-parents partent-ils à la campagne ? lui lança-t-elle. Chez des paysans qui ont leur propre puits, qui peuvent se chauffer au bois grâce à la cheminée et — comme l’a souligné Mme Doreuil — qui peuvent tuer une poule lorsqu’ils veulent manger quelque chose ? »

Il tourna les talons.

Elle continuait : « Ça me fait furieusement penser à quelqu’un qui sait dorénavant que cette situation va s’éterniser. Et par qui l’aurait-elle appris ? »

De nouveau, Bollard la toisa, d’un regard patient, comme ceux que lancent les parents à leur progéniture dissipée.

« Votre imagination et votre obstination, madame…

— Shannon. Lauren Shannon.

— … mais j’ai à faire. Même s’il ne s’agit pas de ce que vous pensez. Retournez à Paris. »

Dehors, il faisait un peu plus doux. Quelques gouttes tombaient. Manzano se dépêchait de regagner l’hôtel avant que la pluie ne tombe plus drue. Chemin faisant, il observait les passants qu’il croisait et les gens dans les voitures. Ils ne se doutaient pas encore de ce qui les attendait. Enfin, il atteignit la chaude réception de l’hôtel.

« Pardonnez-moi, ne vous ai-je pas vu tantôt en compagnie de François Bollard ? » fit une voix de femme en anglais.

Derrière lui, une jeune femme, chaudement emmitouflée dans une doudoune, avec un petit sac marin. Hormis eux et le concierge, personne. Il lui sembla connaître ce visage.

« Oui. Vous êtes celle qui se trouvait à l’accueil d’Europol, dit-il, en anglais également.

— Je suis la voisine des beaux-parents de Bollard à Paris. » À son accent, Manzano devina qu’elle venait des États-Unis.

« Que faites-vous ici ?

— C’est un hôtel. Je cherche une chambre.

— Je crains que ce ne soit complet.

— Et vous, que faites-vous ici ? Vous n’êtes pas d’Europol ? Pourquoi êtes-vous ici ?

— Cet hôtel dispose d’un générateur de secours. Mais je vous retourne la question : que faites-vous à La Haye ?

— Je suis journaliste. J’ai appris que les beaux-parents de François Bollard avaient quitté Paris dans la précipitation hier après-midi. Je ne crois pas que les beaux-parents d’un fonctionnaire d’Europol en charge du terrorisme partent en voyage sur un coup de tête, lors de la plus grande panne d’électricité de l’histoire européenne. Il n’a rien voulu me dire.

— Vous m’avez suivi depuis Europol ?

— Je dois savoir ce qu’il se passe. C’est pour ça que j’ai passé la nuit dernière dans un bus.

— Ça se voit.

— Merci… ça fait toujours plaisir. »

C’était une petite personne mince, avec une tête ronde et des cheveux bruns mi-longs. Une lueur d’insolence illuminait son regard, sa petite bouche trahissait un caractère résolu.

« Toute la nuit dans le bus ? Et pas de chambre ? Avez-vous déjeuné ?

— Quelques barres chocolatées. »

Manzano se rendit à la réception.

« Y a-t-il encore une chambre libre ?

— Non », répondit l’homme.

Il se retourna vers la jeune femme.

« C’était à prévoir. Vous avez certainement aussi envie d’une bonne douche.

— Et comment ! soupira-t-elle.

— Alors venez, je vous invite à la prendre chez moi. »

Elle le regarda avec méfiance.

Manzano se mit à rire.

« Ce n’est pas ce que vous pensez ! Je préfère déjeuner avec des personnes propres. Vous devez avoir faim. »

Son regard resta hésitant.

Manzano gagna les escaliers.

« Comme bon vous semble. Et je vous souhaite bonne chance. »

Il commença à monter les marches.

« Attendez ! » cria l’Américaine.

Tandis qu’elle prenait sa douche, Manzano rangeait ses achats dans l’armoire. Il éplucha ensuite les dernières informations sur Internet. Les premières rumeurs concernant des opérations policières en Italie et en Suède en lien avec les coupures de courant avaient fait leur apparition. Il n’y avait aucun commentaire de la part des autorités. Manzano trouvait cette stratégie mauvaise. Les gouvernements n’étaient pas sans ignorer qu’il s’agissait bien d’une attaque. De même qu’ils savaient pertinemment qu’une majeure partie de la population devrait probablement rester des jours encore sans électricité.

Shannon sortit de la salle de bain en peignoir, elle enroula une serviette sur ses cheveux pour les faire sécher.

« C’était fantastique ! Merci beaucoup !

— Pas de quoi.

— Du neuf ?

— Pas vraiment…

— Vous aviez raison, s’exclama-t-elle. J’ai une faim de loup ! »

Dix minutes plus tard, Lauren et Piero étaient installés dans la salle de restaurant de l’hôtel. La moitié des tables était occupées. Il commanda un club sandwich, elle un hamburger.

« Où vous êtes-vous cogné ? demanda-t-elle en désignant sa cicatrice au front.

— Accident de la circulation, à cause des feux qui se sont éteints.

— Vous travaillez à Europol ?

— Je travaille pour Europol. Bollard m’a engagé.

— Pourquoi ?

— Pour quel média travaillez-vous ?

— CNN. Elle lui montra sa carte.

— Et vous n’avez personne ici ?

— Je suis là, non ?

— Et comment faites-vous vos reportages ? Sans électricité ? Comment transmettez-vous vos infos à la chaîne ? Et eux, comment font-ils pour diffuser ? Sans compter que presque plus personne ne peut regarder la télévision.

— En Europe, en effet. Je partage mes reportages en ligne. Tant qu’Internet fonctionne à peu près.

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