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Black-Out. Demain il sera trop tard

Электронная книга - «Black-Out. Demain il sera trop tard». Краткое содержание книги:

Par une froide soirée d’hiver, le réseau électrique européen commence à lâcher. De nombreux pays s’enfoncent dans l’obscurité et plusieurs centrales nucléaires mettent en danger la vie de millions d’êtres humains. Menace terroriste ou défaillance technique ? Piero Manzano, ex-hacker italien, croit savoir qui est responsable. Avec l’aide d’un policier français d’Europol, François Bollard, Manzano s’engage dans une véritable course contre la montre face à un adversaire aussi rusé qu’invisible.
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— Y a-t-il des prévisions concernant une date à laquelle le courant sera rétabli dans tout le pays ? interrogea le chancelier. De nombreuses centrales sont en état de marche.

— Les gestionnaires de réseaux n’osent s’avancer à ce sujet, répondit Rhess. Par ailleurs, nous ignorons encore quels systèmes sont touchés. Il peut s’agir de quelques centrales, de réseaux de distribution ou de transport, nous n’en avons pas la moindre idée. Nous ne pouvons donc établir aucune prévision. Pour conclure, une bonne nouvelle tout de même. La coopération internationale fonctionne jusqu’à présent à merveille. Les processus bilatéraux prévus à l’intérieur de l’Union européenne marchent comme prévu. Grâce à cette coopération supranationale on pourra par exemple très rapidement dire s’il s’agit bien d’une manipulation volontaire des réseaux électriques et non d’une réaction en chaîne d’accidents malheureux. Je vous prie donc de bien vouloir soutenir cette coopération européenne de toutes vos forces. Même si, continua-t-il, nous sommes dans l’incapacité de recourir à des mesures d’urgence ou de les diriger. Ainsi, le ministère des Affaires étrangères a reçu les premières propositions d’aide internationale émanant de puissances étrangères, bien sûr sous la coordination de Bruxelles. Merci de nouveau pour votre attention.

— Aide internationale ? demanda le ministre-président du Brandebourg. D’où doit-elle venir ?

— Des États-Unis, de la Russie, de la Turquie en premier lieu.

— Avons-nous une idée de l’origine des responsables du sabotage, et de leurs fins ? demanda le ministre-président de la Hesse.

— Non, répondit le ministre de l’Intérieur. Les investigations battent leur plein.

— La question, commença le ministre de la Défense, étant de savoir pourquoi l’Europe exclusivement ? Qui y aurait intérêt ? Économiquement, ça n’apporterait rien à quiconque de porter préjudice à l’un des plus grands, des plus puissants marchés de la planète. Plus d’un demi-milliard de consommateurs achètent des marchandises en provenance de Russie, de Chine, du Japon, d’Inde et des États-Unis. Que l’Europe aille mal, alors les autres économies mondiales d’envergure en souffriront également. Et c’est la même chose pour une attaque militaire. Les relations diplomatiques avec les grandes nations sont bonnes, même s’il y a eu récemment, comme vous le savez, quelques tensions avec la Chine et la Russie. Bien sûr, nous restons en contact constant avec l’OTAN. Mais, pour l’heure, nous n’avons aucun indice relatif à des activités hostiles d’une quelconque nation.

— Du crime organisé pour extorquer des fonds ? avança le ministre de la Santé.

— Jusqu’à présent, nous n’avons reçu aucune demande… Par ailleurs, celui qui ferait ça doit garder en tête qu’il sera recherché sur la terre entière.

— Raison pour laquelle nous nous en tenons pour l’instant à la variante la plus probable : un acte terroriste, fit le ministre de l’Intérieur.

— De cette envergure ? demanda le ministre des Transports, incrédule.

— Peut-être n’était-ce pas si largement prévu. Rappelons-nous le 11 septembre 2011 à New York. Les terroristes voulaient s’en prendre aux tours du World Trade Center. Ils n’avaient sans doute pas misé sur le fait qu’elles s’effondreraient.

— Mesdames et messieurs, interrompit le chancelier, au vu de la situation, je propose que soit proclamé l’état de catastrophe dans tous les Länder. L’État fédéral assure la conduite et la coordination des opérations. »

Troisième jour — lundi

La Haye

La première chose que Shannon ressentit fut une douleur aiguë dans le cou. Puis elle réalisa qu’il s’agissait d’autre chose. Le moteur du bus avait arrêté de ronronner, elle ne remarquait plus aucune vibration. Elle ouvrit les yeux. Ses paupières étaient lourdes. Dehors, la nuit. Shannon entendit des voyageurs se lever, prendre leurs bagages, se diriger vers la sortie. Lentement elle étira ses jambes, puis elle regarda à travers la vitre, cherchant des indices quant à l’endroit où ils se trouvaient.

Dans les ténèbres, elle distingua un panneau : La Haye.

Elle se frotta les yeux et regarda l’heure. Sept heures à peine. Le bus était en retard. Elle enfila sa doudoune et aurait donné tout l’or du monde pour une douche chaude et un café brûlant. Rien, à l’extérieur, ne laissait présager qu’elle obtiendrait l’un ou l’autre. Aucun éclairage public, des bâtiments sombres, peu de gens. Elle attendit que tous soient descendus puis quitta le car. Elle ressentit immédiatement un froid vif sur les joues, le nez, les oreilles. Elle passa la capuche de son manteau et enfila ses gants.

Elle tenta de s’orienter. Manifestement, elle se trouvait dans une gare. Elle n’était pas grande, lui rappelant certaines gares de petites villes françaises.

Elle gagna le bâtiment principal. Quelques voyageurs se tenaient là, hagards.

Shannon interpella en anglais le premier qu’elle croisa.

« Vous êtes d’ici ?

— Oui. »

Elle lui montra le papier sur lequel elle avait inscrit l’adresse de François Bollard.

« Sauriez-vous à tout hasard où c’est, et comment je peux m’y rendre ? »

L’homme examina le papier, puis répondit : « C’est à environ une demi-heure à pied d’ici. »

Shannon le pria de bien vouloir lui décrire le trajet. Une trentaine de minutes plus tard, elle avait atteint son objectif. Elle resta devant la maison, vérifia de nouveau l’adresse sur le papier. Le nom à côté de la sonnette confirmait qu’elle était au bon endroit. Le gendre de ses voisins vivait avec sa famille dans un coquet bâtiment de briques de la fin du dix-neuvième siècle, dans une rue bordée uniquement de demeures de la même époque. Des berlines et des breaks suédois et allemands y étaient garés.

Elle guetta un signe qui lui indiquerait qu’il y avait quelqu’un. Puis elle frappa résolument à la porte en bois. Elle attendit un peu, puis frappa de nouveau. En l’absence d’électricité, même pas la peine de songer à utiliser la sonnette. Elle épia un éventuel bruit à l’intérieur. Rien. Frappa encore. Attendit. Épia.

Au bout de dix minutes, elle renonça. François Bollard n’était pas chez lui. Peut-être, après tout, était-il parti en France avec sa famille. Ou dans un hôtel disposant d’un générateur électrique de secours. D’un coup, elle ressentit toute la fatigue des derniers jours, des dernières années même, le froid, la faim et la soif, l’envie d’une douche. Elle se mit à trembler, les larmes lui montèrent aux yeux, elle se sentit très seule. Ses lèvres tremblotaient, elle suffoquait et respira de plus en plus profondément pour se calmer. Elle devait trouver quelqu’un qui lui indiquerait le trajet pour Europol.

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