Black-Out. Demain il sera trop tard
- Автор: Elsberg Marc
- Год: 2016
- Язык: французский
- Год: Éditions Le Livre de Poche
- ISBN: 978-2253098690
- Переводчик: Pierre Malherbet
- Жанр: Триллеры
Электронная книга - «Black-Out. Demain il sera trop tard». Краткое содержание книги:
— Ce qui ne va pas durer longtemps », observa Manzano. Il regarda autour de lui, comme s’il craignait d’être observé. Aucun des autres clients ne s’intéressait à eux. Il parla à voix plus basse : « Moi-même, je ne suis ici que depuis hier. Je n’ai pas le droit de parler de ce que je fais, j’ai signé une clause de confidentialité. Il lui sourit. Mais personne ne peut m’interdire de raconter ce que j’ai découvert auparavant. »
Il parla donc, et, avant même qu’il ait fini de lui dévoiler son histoire, Shannon ne tenait plus en place sur sa chaise.
« Pourquoi les gens n’ont-ils pas été mis au courant ? chuchota-t-elle, excitée.
— Les autorités redoutent de créer une panique.
— Mais les gens ont le droit de savoir !
— C’est ce que disent toujours les journalistes pour légitimer leur travail.
— On pourra discuter une autre fois de l’éthique journalistique. Et puis, vous ne m’avez pas raconté tout ça pour que je tienne ma langue, hein ?
— Ça, c’est sûr.
— Vous avez une connexion Internet dans votre chambre, n’est-ce pas ? Je peux l’utiliser ?
— Pas nécessaire, il y a le WiFi dans tout le bâtiment. L’hôtel dispose d’une liaison directe à une dorsale parce que, souvent, y descendent diplomates et personnalités invités par Europol. Vous n’avez qu’à demander un code d’accès à la réception.
— Le problème, c’est qu’ils ne le transmettent probablement qu’aux clients.
— Donnez-leur mon numéro de chambre.
— Vous n’avez pas peur d’être mis à la porte ?
— Ils ont besoin de moi, pas le contraire.
— Ce ne sera peut-être plus le cas…
— C’est mon problème.
— Vous y croyez, vous, à la panique ?
— Intéressante question. Plonger tout un continent dans la panique… Vous y croyez, vous ? »
Shannon hésita. Elle savait qu’un journaliste n’avait ce genre d’opportunité qu’une fois dans sa vie — ou jamais.
« Je crois que nous sous-estimons les gens au-dehors, répondit-elle subitement. Au contraire des films catastrophes à sensation, il n’y a eu pratiquement aucun désordre ni pillage, c’est l’inverse même : les gens s’entraident, restent pacifiques.
— Ils ont encore de quoi manger dans leur frigo…
— Vous savez quoi ? Je crois qu’annoncer le sabotage malveillant des systèmes électriques va rassembler davantage les gens. Ils se serreront les coudes contre un ennemi commun !
— Vous auriez dû être ministre de la Propagande. »
« Nous ne savons pas de quoi ils ont parlé, fit le policier à Bollard. Il y avait trop de bruit. »
Perdu dans ses pensées, Bollard regardait l’écran de l’ordinateur portable sur lequel apparaissaient les images de la vidéosurveillance. Assis sur son lit, face à son ordinateur, l’Italien semblait travailler.
« Où est-elle maintenant ?
— En bas, au restaurant. Avec son portable. Elle écrit. »
Les pensées de Bollard vagabondaient. Il n’était pas encore parvenu à joindre ses parents. Ni l’IAEO ni les autorités françaises n’avaient communiqué à Europol d’informations supplémentaires quant à la situation du réacteur de Saint-Laurent. Il se forçait à rester concentré.
« Et bien entendu, nous ne savons pas non plus ce qu’elle écrit ?
— Luc est sur le point de le savoir. Il se connecte au WiFi. »
Le fonctionnaire se leva.
« Tenez-moi au courant. »
Shannon put joindre le bureau parisien grâce à sa connexion satellite.
Les doigts alertes, elle tapait au clavier.
Je me trouve à la source de tout ce bazar. Si je dois continuer, la chaîne doit prendre en charge les frais d’hébergement et une voiture de location. Au cas où je recevrais au moins l’un ou l’autre… On peut rêver, non ?
O.K. Laplante joignait à sa réponse les numéros d’une carte bancaire d’entreprise.
Good job, Lauren.
Shannon serra les poings en signe de triomphe. Elle se rendit à la réception.
L’employé dut essayer pendant plusieurs minutes avant de pouvoir avoir une courte conversation téléphonique. Il posa la main sur le combiné et lui demanda : « Je n’ai pu joindre qu’une seule entreprise. Il leur reste une dernière voiture. Mais ce n’est pas donné.
— Combien ?
— Cent cinquante euros par jour.
— C’est quoi ? Une Ferrari ?
— Une Porsche. »
Elle haussa les épaules. Laplante allait fulminer.
« Bon, pas le choix…
— Et vous devez payer en liquide. »
Shannon se figea. Laplante ne fulminerait pas tout de suite. Si elle voulait obtenir cette voiture, elle devait avancer l’argent sur ses propres fonds.
Et alors ? Qu’importe, en ce moment ! Elle se fit décrire le chemin de l’agence de location.
Une heure plus tard, elle introduisait la clef dans la serrure de la voiture de sport argentée, sur la carrosserie de laquelle s’étiraient des bandes de couleur, comme sur une voiture de course. Elle essaya prudemment l’embrayage et les changements de vitesse. Le moteur rugit. L’employé de l’agence la regardait, l’air soucieux. Elle lui fit un signe et gagna la sortie.
Elle maîtrisa le bolide dans la circulation chaotique jusqu’à l’hôtel.
Elle frappa à la porte de la chambre de Manzano, et, lorsqu’il ouvrit, elle lui dit : « J’ai un problème. Je dois rester cette nuit. Mais il n’y a pas une seule chambre de libre dans toute la ville. Et je me disais, comme vous m’aviez déjà aidée, peut-être…
— Vous voulez dormir ici ?
— Vous êtes la seule personne que je connaisse.
— Et le gendre de vos voisins parisiens, monsieur Bollard ?
— Il refuse de me parler.
— Vous faites drôlement confiance aux gens, vous, souffla Manzano, hochant la tête. Vouloir partager le lit d’un inconnu !
— La chambre !
— … n’a qu’un lit à deux places. Le canapé est trop petit pour qu’on dorme dessus.
— Je resterai de mon côté, promit Shannon.
— Gare à vous si vous ronflez ! »
Un grand remue-ménage régnait dans la caserne du Treptower Park. Toute la journée, Hartlandt et ses collègues avaient examiné les données des années précédentes et rassemblé, analysé, et classé par catégories les renseignements nouvellement arrivés.
Avec trois de ses collègues, Hartlandt passait en revue les informations des compagnies de distribution et de production d’énergie.
Dehors, des milliers d’ingénieurs s’affairaient à déceler les erreurs et les causes de la coupure tandis que des dizaines d’équipes examinaient les lignes les plus importantes.
« Trop de centrales ont des difficultés à redémarrer », constata l’un d’entre eux, penché au-dessus d’une pile de documents. « C’est pour ça que trop peu d’îlots peuvent être reconstruits, et trop peu de réseaux synchronisés.
— Deux pertes ont déjà été signalées, remarqua Hartlandt en parcourant une liste.
— Le feu a détruit plusieurs transformateurs des postes électriques d’Osterrönfeld et de Lübeck-Bargerbück, dans le Schleswig-Holstein.
— Super ! fulmina Hartlandt. Ça signifie qu’ils sont hors service pour les prochains mois. »
Mais il n’écoutait plus. Un nouveau message venait d’arriver. Il émanait d’un des plus importants gestionnaires de réseaux. Y étaient jointes quelques photos.