Бесплатная библиотека
Читайте книгу на сайте или телефоне
Un lieu incertain - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

Un lieu incertain

Электронная книга - «Un lieu incertain». Краткое содержание книги:

Le commissaire Adamsberg pensait que ces trois jours à Londres se résumeraient à ce colloque de flics auquel on l'avait convié. Il se trompait. Dix-huit chaussures sont retrouvées soigneusement alignées en face des portes du cimetière de Highgate. À l’intérieur, dix-huit pieds coupés. Une question demeure : à qui appartiennent-ils ? De retour en France, un terrible massacre ébranle la banlieue parisienne et fait travailler les méninges d’Adamsberg. Il ne se doutait pas que ces deux affaires l’emmèneraient si loin…
1 ... 27 28 29 30 31 32 33 34 35 ... 79
Перейти на страницу:

— Qui ? Gêner Mordent ?

— Non. Là-haut.

Adamsberg regarda l’index de Danglard fermement pointé vers le plafond, vers la sphère des puissants, que Danglard résumait dans le mot « là-haut », qui signifiait tout aussi bien « en bas », dans les cavernes.

— Quelqu’un, là-haut, continua Danglard sans lâcher le plafond du doigt, n’a pas l’intention que l’affaire de Garches aboutisse. Ni que vous continuiez d’exister.

— Et Mordent l’aiderait ? Impensable.

— Hautement pensable depuis que sa fille est entre les mains de la justice. Là-haut, une affaire de meurtre s’efface sans difficulté. Mordent leur donne de quoi vous faire sauter et il récupère sa fille, libre. N’oubliez pas qu’elle passe en jugement dans deux semaines.

Adamsberg fit claquer sa langue.

— Il n’a pas le profil.

— Il n’y a pas de profil qui tienne quand on a un enfant en danger. On voit que vous n’avez pas de gosses.

— Ne me cherchez pas, Danglard.

— Je parle d’un gosse dont on s’occupe vraiment, dit sèchement Danglard, remontant en ligne, ravivant le lourd antagonisme qui les opposait. Danglard d’un côté du front, protégeant Camille et son enfant contre la vie — très souple — d’Adamsberg, Adamsberg de l’autre, vivant au gré de ses désirs, semant sans y songer trop de calamités, au goût du commandant, dans l’existence des autres.

— Je m’occupe de Tom, dit Adamsberg en fermant le poing. Je le garde, je le balade, je lui raconte des histoires.

— Où est-il en ce moment ?

— Cela ne vous regarde pas et vous m’emmerdez. Il est en vacances avec sa mère.

— Oui, mais où ?

Un silence tomba sur les deux hommes, la table sale, les verres vides, les journaux froissés, la tête du tueur. Adamsberg tentait de se rappeler où Camille avait bien pu emmener le petit Tom. Au grand air, c’était certain. À la mer, il en était sûr. En Normandie, quelque chose comme ça. Il appelait tous les trois jours, ils étaient bien.

— En Normandie, dit Adamsberg.

— En Bretagne, contra Danglard, à Cancale.

Si Adamsberg avait été Émile en cet instant, il aurait brisé la tête de Danglard sur-le-champ. Il visualisait parfaitement cette scène et elle lui plaisait. Il se contenta de se lever.

— Ce que vous pensez de Mordent, commandant, c’est moche.

— Ce n’est pas moche de sauver sa fille.

— J’ai dit : ce que vous pensez, c’est moche. Ce qu’il y a dans votre tête, c’est moche.

— Bien sûr que c’est moche.

XIX

Lamarre entra en coup de vent au Cornet à dés.

— Urgence, commissaire. Il y a Vienne qui vous veut.

Adamsberg regarda Lamarre sans comprendre. Empêtré par sa timidité, le brigadier n’avait pas d’aisance à l’oral et n’osait pas se lancer sans fiche dans un exposé, si court soit-il.

— Qui veut que je vienne, Lamarre ?

— Vienne. Thalberg, ça se finit comme vous, berg, comme le compositeur.

— Sigismund Thalberg, confirma Danglard, compositeur autrichien, 1812–1871.

— Il n’est pas compositeur, c’est ce qu’il explique. Il est commissaire.

— Un commissaire de Vienne ? dit Adamsberg. Il fallait le dire, Lamarre.

Adamsberg se levait, traversait la rue derrière le brigadier.

— Que veut-il, l’homme de Vienne ?

— Pas demandé, commissaire, c’est à vous qu’il veut parler. Dites, continua Lamarre en jetant un regard en arrière, pourquoi le café s’appelle-t-il le Cornet à dés alors qu’il n’y a pas de joueurs de dés ni de table de jeu ?

— Et pourquoi la Brasserie des Philosophes s’appelle-t-elle ainsi alors qu’il n’y a pas un seul philosophe dedans ?

— Mais cela ne nous donne pas la réponse, ça ne nous donne qu’une autre question.

— C’est souvent comme ça, brigadier.

Le commissaire Thalberg voulait une vidéoconférence, et Adamsberg s’installa dans la salle technique, entièrement guidé par Froissy pour la mise en route du matériel. Justin, Estalère, Lamarre, Danglard se serraient derrière sa chaise. Peut-être était-ce dû à l’évocation du musicien romantique autrichien, mais il sembla à Adamsberg que l’homme qui apparut sur l’écran avait été chercher sa beauté dans un siècle antérieur, visage pictural et raffiné, un peu maladif, mis en valeur par le col de sa chemise relevé, les cheveux blonds l’effleurant en boucles parfaites.

— Vous parlez allemand, commissaire Adamsberg ? demanda le gracieux Viennois en allumant une longue cigarette.

— Non, je suis désolé. Mais le commandant Danglard va traduire.

— C’est aimable à lui mais je sois capable de parler votre langue. Heureux de vous connaître, commissaire, et aussi heureux de partager. J’ai connu hier votre affaire de Garches. Une rapide résolution possible si les Blödmänner de la presse avaient fermé leur bouche. Votre homme a échappé ?

— Que veut dire « Blödmänner », Danglard ? demanda Adamsberg à voix basse.

— « Connards », traduisit le commandant.

— Il a tout à fait échappé, confirma Adamsberg.

— Je sois désolé pour vous, commissaire, j’espère que vous gardez l’enquête en charge, oui ?

— Pour le moment oui.

— Alors peut-être je peux aider, et vous aussi pour moi.

— Vous avez quelque chose sur Louvois ?

— J’ai quelque chose sur le crime. C’est-à-dire que je sois presque sûr que je possède le même, car il n’est pas ordinaire, n’est-ce pas ? Je vous envoie des images, ce sera mieux de se rendre compte.

Le visage blond disparut et laissa place à une maison de village, à bardage de bois et toit pentu.

— C’est le lieu, continua la voix agréable de Thalberg. C’est à Pressbaum, tout près de Vienne, il y a cinq mois et vingt jours, dans une nuit. Un homme aussi, Conrad Plögener, plus jeune que le vôtre, quarante et neuf ans, marié et trois enfants. La femme et les enfants sont partis le week-end à Graz, et Plögener fut tué. Il commerçait des meubles. Tué comme ça, enchaîna-t-il en passant une seconde vue, une pièce maculée de sang où aucun corps n’était repérable. Je ne sais pas pour vous, continua Thalberg, mais à Pressbaum, le corps a été si découpé que rien ne surfaçait. Découpé en petits bouts, écrasé morceau à morceau sous une pierre, puis distribouillé dans l’espace en tous sens. Possédez-vous un pareil mode ?

— À première vue, oui.

— Je montre des images plus rapprochées, commissaire.

Suivirent une quinzaine de photos qui évoquaient exactement le « théâtre sanglant » de Garches. Conrad Plögener vivait plus modestement que Pierre Vaudel, il n’y avait pas de grand piano ni de tapisseries.

— Je fus moins heureux que vous, il n’a pas été possible de trouver ici une trace du Zerquetscher.

— « Écrabouiller », traduisit Danglard, en tordant ses mains l’une dans l’autre pour mimer l’action. « Écraseur. »

— Ja, confirma Thalberg. Les gens d’ici l’ont appelé le Zerquetscher, vous savez comment ils veulent toujours surnommer. J’ai seulement trouvé des marques de chaussures de montagne. Je dis que c’est une grosse possibilité que nous avons le même Zerquetscher que vous, même si c’est une grande rareté que un tueur ne pas agisse seulement dans son pays.

— Justement. La victime était tout à fait autrichienne ? Rien de français ?

1 ... 27 28 29 30 31 32 33 34 35 ... 79
Перейти на страницу:
0
Сюжет
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Атмосфера
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Главный герой
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Общее впечатление
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
Итоговая оценка: 0.0 из 10 (голосов: 0 / История оценок)