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READ-E-BOOK » Научная фантастика » Citoyen de la galaxie [Citizen of the Galaxy - fr]
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Citoyen de la galaxie [Citizen of the Galaxy - fr]

Электронная книга - «Citoyen de la galaxie [Citizen of the Galaxy - fr]». Краткое содержание книги:

Le marché aux esclaves se tenait sur la Place de la Liberté, du côté du port spatial, en face du capitole des Neuf Mondes. Le marchand de chair humaine psalmodiait les enchères sur un ton monocorde, constamment interrompu par le rugissement des fusées.
Pourquoi un marché d’esclaves dans cet avenir lointain, dans cette Galaxie repue de progrès ? Pourquoi y vendre un jeune homme, Thorby, aussitôt après son arrivée ? Et qui est Thorby au juste ? Les gens sont libres. Chaque vaisseau spatial est un état souverain. Mais les Libres Marchands ont peut-être trouvé la pire solution au plus difficile problème : comment être humain et survivre dans toutes les situations. Et Thorby se pose une question : à quoi bon être un Citoyen de la Galaxie ?
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Thorby réfléchit rapidement.

— Moi, je suppose.

— Erreur. – Jeri souleva l’appareil. – Tu me dois un dessert. Nous avons de la tarte ce soir. J’en ai l’eau à la bouche. Mais tu dois répondre plus vite, tu es censé prendre des décisions au quart de seconde. Maintenant !

— Toi, toujours !

— Correct. Nous sommes à égalité. Maintenant !

— Toi !

— Non. Tu comprends ? C’est moi qui vais manger ta part. Je devrais laisser tomber pendant que je gagne. Ça va être bon ce soir ! Maintenant !

Quand Mata vint prendre la relève, Thorby avait perdu les desserts des quatre jours suivants.

— Nous reprendrons à ce résultat, sauf que je vais recueillir mon gain d’aujourd’hui. Mais j’ai oublié de te dire quel était le grand prix.

— Quel est-il ?

— Quand nous serons dans la situation réelle, nous parierons trois desserts. Après c’est fini, tu devineras et tout sera dit. On parie toujours plus sur les vrais coups.

Mata renifla.

— Es-tu en train d’essayer de le rendre nerveux, Bud ?

— Es-tu nerveux, Thorby ?

— Pas du tout !

— Arrête de t’inquiéter pour lui, sœurette. Tu tiens bien les commandes dans tes petites mains sales ?

— Relève assurée.

— Viens, Thorby, allons manger. La tarte, ah !

Trois jours plus tard, ils étaient à égalité, mais uniquement parce que Thorby avait perdu la plupart de ses desserts. Sisu allait désormais beaucoup plus lentement, presque à la vitesse planétaire. Le soleil de Losian filtrait sur les grands écrans. Thorby conclut avec un regret très modéré qu’il n’aurait pas à faire ses preuves cette fois-ci.

Soudain la sirène d’alarme le fit se redresser sur son siège. Jeri était en train de parler, il tourna la tête brutalement, regarda l’affichage électronique. Ses mains se déplaçaient sur les touches.

— Réveille-toi, cria-t-il. C’est pour de vrai.

Thorby sortit de l’état de choc et se pencha sur son pupitre. Le globe analogique leur déversait des données ; la situation balistique s’était amorcée. Mon Dieu, comme il était proche ! Et comblait l’écart à toute allure ! Comment avait-il pu arriver aussi près sans être repéré ? Puis il cessa de réfléchir et se mit à chercher les réponses… Non, pas encore… mais bientôt… Est-ce que le bandit pouvait tourner un peu à cette pression et réduire son approche ?… Essayer un lancement dans un angle de six gravités présumées… Un missile pourrait-il l’atteindre ?… L’atteindrait-il s’il ne…

Il sentit à peine Mata lui effleurer l’épaule. Mais il entendit Jeri s’exclamer :

— Ne te mêle pas de ça, sœurette ! Nous sommes là, nous sommes dessus !

Une lumière s’alluma sur le tableau de Thorby. Une sonnerie stridente retentit.

— Vaisseau ami, vaisseau ami ! Patrouille planétaire de Losian identifiée. Retournez aux postes de garde.

Thorby poussa un long soupir et se sentit déchargé d’un grand poids.

— Continue ! hurla Jeri.

— Comment ?

— Achève la manœuvre ! Ce n’est pas un vaisseau de Losian. C’est un pirate ! Les Losians ne peuvent pas se déplacer ainsi ! Tu le tiens, mon gars, tu le tiens ! Descends-le !

Le garçon entendit le cri de frayeur poussé par la fille, mais il était de nouveau sur son problème. Fallait-il changer quelque chose ? Etait-il encore à sa portée dans le rayon d’une manœuvre encore possible ? Maintenant ! Il arma son tableau et laissa l’ordinateur donner l’ordre de lancement.

Il perçut vaguement la voix de Jeri qui semblait parler très doucement :

— Missile envoyé. Je crois que tu l’as eu… Mais tu étais pressé. Tu devrais en lancer un autre avant d’être touché par leur rayon.

Thorby obéit automatiquement. Il n’avait pas le temps de réfléchir à une autre solution. Il ordonna à la machine d’envoyer un autre projectile dans le même angle de tir que le premier. Il vit alors que d’après son pupitre la cible n’était plus sous contrôle et conclut avec un étrange sentiment de vide intérieur que son premier missile l’avait détruit.

— C’est tout ! déclara Jeri. Maintenant !

— Quoi ?

— Qui l’a eu ? Toi ou moi ? Trois desserts.

— Je l’ai eu, répondit le garçon avec assurance.

Il décida en lui-même qu’il ne serait jamais vraiment un commerçant. Pour Jeri, cette cible ne représentait que des frakis. Ou trois desserts.

— Erreur. Cela me fait trois d’avance. J’ai eu peur et j’ai gardé les commandes. Evidemment les bombes étaient désarmées et les dispositifs de propulsion verrouillé dès que le Capitaine a donné le mot… Mais je n’ai pas eu le courage de risquer un accident avec un vaisseau ami.

— Un vaisseau ami !

— Bien sûr. Mais pour toi, Aiguilleur en Second Adjoint, c’était ton premier vrai coup… Comme je l’avais décidé.

Thorby commença à avoir le vertige. Mata reprit :

— Bud, tu n’es pas chic, tu ne devrais pas prendre ses desserts, tu as triché.

— C’est vrai, j’ai triché. Mais il est un aiguilleur qui a fait ses preuves. Et je ne vais pas me gêner pour recueillir mon prix. C’est de la glace ce soir !

10

Thorby ne resta pas longtemps Aiguilleur en Second Adjoint. Jeri devint stagiaire en astrogation. Mata prit la direction de la salle à tribord et Thorby fut nommé officiellement Aiguilleur en Second à Tribord, avec le droit de vie et de mort dans son index. Il n’aimait pas tellement cette idée.

Mais cet aménagement s’effondra tout aussi rapidement.

Losian est une planète habitée par des êtres non humains mais civilisés, et à l’abri des attaques au sol. Une surveillance défensive ne s’avérait pas nécessaire. Tous les hommes purent donc quitter le vaisseau pour aller se distraire, de même les femmes. (Certaines d’entre elles n’étaient jamais sorties de l’astronef, sauf pour les Rassemblements des Familles, car elles avaient été acquises par Sisu comme filles à marier.)

Losian était la première terre étrangère que Thorby abordait, car Jubbul était en fait la seule planète dont il ait un souvenir précis. Il avait donc hâte de connaître cette nouvelle contrée. Mais le travail passait d’abord. Quand il fut confirmé au poste d’aiguilleur, on le transféra de l’aquiculture à une fonction subalterne vacante parmi les employés du Subrécargue. Cela augmenta son statut. Le commerce offrait plus de prestige que l’économie domestique. Théoriquement, il était désormais qualifié pour pointer la marchandise. En réalité, c’était un employeur supérieur à lui qui effectuait ce travail, pendant que Thorby, en compagnie de cousins de son âge et de tous les secteurs, exécutait les gros travaux. La cargaison était l’affaire de tous les hommes, car on ne laissait pas rentrer les déchargeurs à l’intérieur de Sisu, quitte à les payer pour rien.

Les Losiens ne connaissent pas la notion de tarif. Les caisses de feuilles de verga étaient délivrées à l’acheteur à l’extérieur même du vaisseau. Malgré les ventilateurs, la soute gardait leur odeur épicée et étouffante. Elle rappela à Thorby le temps lointain, des mois et des années-lumière plus tôt, où, fugitif en danger d’être raccourci, il s’était pelotonné dans une de ces caisses, tandis qu’un étranger ami le tirait incognito des griffes de la police sargonaise.

Cela paraissait impossible. Sisu était sa maison. Même en songeant ainsi, il pensait dans la langue de la Famille.

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