Бесплатная библиотека
Читайте книгу на сайте или телефоне
READ-E-BOOK » Научная фантастика » Le vaisseau des Voyageurs [The Harvest - fr]
Le vaisseau des Voyageurs [The Harvest - fr] - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

Le vaisseau des Voyageurs [The Harvest - fr]

Электронная книга - «Le vaisseau des Voyageurs [The Harvest - fr]». Краткое содержание книги:

Il est là, au-dessus d’eux depuis un an, ombre menaçante, sourde et muette. Tous attendent un signe, un message de ses occupants. Vont-ils envahir la Terre, sont-ils bienveillants ou hostiles ? Nul ne le sait. Le vaisseau ne part pas, et les Voyageurs se taisent…
Jusqu’à cette étrange nuit. La nuit du rêve. On apprend alors pourquoi ils sont venus. Ils proposent aux hommes ce que seuls les dieux possèdent : l’éternité.
L’éternité… mais à quel prix ? Il n’y en a qu’un sur dix mille pour s’interroger. Et refuser. Matt Wheeler, par exemple. Qui voit ses collègues, ses amis, et jusqu’à sa propre fille, se transformer en êtres qui ne sont plus tout à fait humains.
Résister ? Mais comment ? Comment sauver l’humanité ?
1 ... 26 27 28 29 30 31 32 33 34 ... 121
Перейти на страницу:

À titre d’expérience, il tenta de bouger et faillit bien s’évanouir, en effet. La douleur qui se manifestait au moindre mouvement était une sensation totalement nouvelle, un tisonnier brûlant planté dans sa jambe et qui remontait jusqu’au creux de ses reins. Il poussa un cri qui fit fuir les oiseaux alentour. S’il se tenait immobile, la douleur s’apaisait mais sans toutefois disparaître ; elle se concentrait entre la hanche et le genou gauches. Du genou au pied, la jambe donnait l’impression d’être engourdie.

Il lui fallait une attelle. S’il ne fixait pas sa jambe, il était tout simplement cloué sur place.

Levant la tête, il inspecta la blessure. À priori, il n’y avait pas de sang, pas de fracture ouverte. Au moins une bonne nouvelle. Kindle avait une fois travaillé sur un chantier forestier en Colombie britannique, et il avait vu un homme souffrir le martyre avec une fracture ouverte où l’on pouvait voir le fémur sortir de la cuisse comme un morceau de craie sanglant de quinze centimètres.

La mauvaise nouvelle, en revanche, c’était que la fracture risquait de se compliquer d’un problème de genou. S’il se rappelait correctement ses leçons de premiers secours, on ne doit jamais tenter de réaligner une fracture articulaire. On l’immobilise et on la « confie aux médecins ».

Regardant autour de lui, il repéra le bâton de noyer qu’il emportait toujours dans ses promenades. Sacré vieux bâton. Une présence, un ami. Assez robuste pour servir d’attelle à une mauvaise fracture. Il ferait l’affaire. Mais il était à un bon mètre de sa main tendue.

Il se traîna jusque-là en hurlant.

Il brailla sans discontinuer pendant qu’il liait sa jambe, une tâche qu’il accomplit par vagues. Des vagues de douleur, et quand elles atteignaient leur force maximum – quand il sentait sa conscience glisser de nouveau –, il s’allongeait, sans bouger, haletant et sonné, jusqu’à ce que sa vision s’éclaircisse ; alors il recommençait à façonner son attelle.

Au bout du compte, après ce qui lui parut une éternité, sa jambe se retrouva ficelée sur le bâton de noyer grâce à sa chemise qu’il avait découpée en lanières. Un travail qu’il admira comme une œuvre d’artiste.

Et s’il bougeait ?

L’attelle maintenait la jambe plus ou moins immobile et minimisait la douleur. Kindle rampa sur une courte distance, le long du ruisseau. Ce n’était qu’un filet sur quelques centimètres de profondeur, mais très froid. Pas désagréable, par un bel après-midi comme celui-ci… Mais l’après-midi était déjà bien avancé, et, parfois, les nuits de fin d’été devenaient très fraîches quand le ciel était aussi clair et haut qu’aujourd’hui. Et à ce moment-là, il aurait froid. Avec ses vêtements mouillés, en plus…

— Hypothermie, dit-il à voix haute.

Sans parler du choc. Peut-être était-il déjà en état de choc, d’ailleurs. Il transpirait et tremblait tout à la fois.

Il rampa donc péniblement le long du ruisseau qui, quelques mètres plus bas, croisait un sentier. Il pourrait alors être au sec. Mais pas avant. Jamais il ne pourrait traîner sa jambe douloureuse et impotente dans la végétation de cette forêt touffue.

Alors qu’il progressait laborieusement, il lui vint à l’esprit que s’il avait accepté l’offre des extraterrestres, il ne se serait peut-être pas retrouvé dans cette situation. Il serait immortel. Il y aurait une « place pour lui au paradis », ainsi que le disait sa mère. Sa mère avait été très pieuse. Baptiste du Dakota. Sa philosophie, très simple, avait des relents de masochisme. « Le chemin du Seigneur est pavé de taloches », proclamait-elle avec conviction en tendant religieusement la joue. Le père de Kindle était mort d’une crise cardiaque en conduisant un chasse-neige pour la municipalité ; deux ans plus tard, sa mère se remariait avec un poseur de moquette qui se soûlait tous les samedis soir. Il s’appelait Oscar. Par le plus froid samedi soir d’un rigoureux hiver dakotien, Oscar – que l’anecdote avait propulsé au rang des célébrités locales – avait été vu en train d’uriner depuis la fenêtre du second étage tout en beuglant la chanson de Hank Williams J’entendais ce lointain sifflement. Jusque-là, Kindle n’y voyait rien à redire, mais il se trouve qu’Oscar avait malheureusement le vin méchant et qu’il usa et abusa à plus d’une reprise de ses poings sur sa femme. Ce n’est pas grave, disait-elle, le mariage est toujours une route cahoteuse et difficile et, de toute façon, il existait une place pour elle là-haut.

Kindle, alors âgé de quinze ans, supporta six mois de ce régime avant de décider que s’il y avait une place pour lui, ce n’était sûrement pas dans cette ville pourrie. Il se rendit à New York dans un car Greyhound, tricha sur son âge et fit son apprentissage dans la marine marchande. Cinq ans plus tard, il revint au bercail. Oscar, sans travail, affalé sur les marches de l’arsenal, imbibé de tokay, ne valait même pas qu’on s’esquinte les poings sur lui, fût-ce pour la froide satisfaction de la vengeance. Sa mère était partie depuis longtemps sans laisser d’adresse. Une excellente initiative de sa part.

Kindle, désormais seul, pressentait qu’aucune place ne l’attendait dans l’éden chimérique de sa mère ; une suspicion que les trente-trois années à venir contribueraient à fortifier. Il ne croyait pas au paradis, et l’avait refusé quand on le lui avait offert. À présent, toutefois, il se demandait s’il n’avait pas péché par précipitation.

Une place pour lui, où que ce soit, serait peut-être préférable à cette forêt humide que le crépuscule n’allait pas tarder à envahir.

Le ciel avait viré au bleu profond, lumineux. Et le soleil ? Il avait déjà basculé de l’autre côté ? Oui, mais tout juste. Les vieux sapins étaient lourds d’ombre.

Il était sur le sentier, maintenant, avançant à une allure de limace sur la terre visqueuse, maculé de boue.

Sa gorge était à vif à force de hurler, encore qu’il n’eût aucun souvenir de l’avoir fait. Il ne criait plus, maintenant. Il gémissait, plutôt. Comme s’il fredonnait un air presque mélodieux qui n’était pas sans lui rappeler la chanson des singes volants dans Le Magicien d’Oz.

Cette pensée le ragaillardit. Il releva les yeux vers les étoiles – parce qu’il y en avait, à présent – et se demanda s’il pourrait chanter une vraie chanson. Il avait beau avoir un mal de chien, il n’avait pas pour autant perdu son sens de l’humour. La situation était franchement désopilante. Et chanter parachèverait l’effet comique.

Le problème, c’est que son répertoire n’avait jamais été très étendu. Hormis l’aria éthylique d’Oscar… Il avait bien appris Jésus m’aime au catéchisme baptiste, mais il faudrait le payer cher pour psalmodier une chanson de calotin. Autrement, il connaissait Les Rues de Laredo, mais seulement un couplet. Ça suffirait peut-être.

— Alors que je me promenais dans les rues de Laredo…

En fait, il n’aurait jamais dû aller se promener.

— Alors que je me promenais dans Laredo, un jour…

Il ne faisait plus jour, mais nuit.

— J’ai rencontré un jeune cow-boy tout de blanc vêtu…

La direction que prenait la chanson, soudain, lui parut douteuse.

— Tout de blanc vêtu et froid comme le marbre.

Non. Décidément, mauvais choix.

Il continua à la chanter malgré tout, et son sentiment d’euphorie l’abandonna, et le cafard fondit sur lui qui n’était même pas capable de choisir une chanson pour se donner du cœur au ventre.

Le vaisseau se levait à l’ouest quand il arriva en vue de sa cabane.

Comme une sorte de lune, il projetait une légère clarté. Une chance. Mais ce halo blafard revêtait pour Kindle un aspect effrayant.

1 ... 26 27 28 29 30 31 32 33 34 ... 121
Перейти на страницу:
0
Сюжет
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Атмосфера
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Главный герой
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Общее впечатление
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
Итоговая оценка: 0.0 из 10 (голосов: 0 / История оценок)