Бесплатная библиотека
Читайте книгу на сайте или телефоне
Marina - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

Marina

Электронная книга - «Marina». Краткое содержание книги:

Dans la Barcelone des années 1970, Oscar, quinze ans, a l'habitude de fuir le pensionnat où il est interne. Au cours de l'une de ses escapades, il fait la connaissance de Marina. Fascinée par l'énigme d'une tombe anonyme, Marina entraîne son jeune compagnon dans un cimetière oublié de tous. Qui est la femme venant s'y recueillir ? Et que signifie le papillon noir qui surplombe la pierre tombale ?
1 ... 24 25 26 27 28 29 30 31 32 ... 53
Перейти на страницу:

— Comment ça s’explique ? questionna Marina.

— Ça ne s’explique pas. C’est simplement impossible. Et pourtant… J’ai vu moi-même les douilles et j’ai passé tout le secteur au peigne fin.

Marina et moi échangeâmes un regard.

— Et si les coups de feu avaient été tirés contre un objet, une voiture ou un camion par exemple, qui aurait absorbé les balles avant de disparaître sans laisser de traces ? avança Marina.

— Ta copine ferait un bon flic. C’est bien l’hypothèse que nous avons envisagée à l’époque, mais il n’y avait rien pour l’étayer. Les projectiles de ce calibre tendent à ricocher sur des surfaces métalliques et laissent les traces de plusieurs impacts, ou, dans le pire des cas, quelques éraflures. On n’a rien trouvé.

— Quelques jours plus tard, à l’enterrement de mes camarades, j’ai rencontré Sentís, continua Florián. Il était hagard, l’air de ne pas avoir dormi depuis des jours. Ses vêtements étaient sales et il empestait l’alcool. Il m’a avoué qu’il n’osait pas rentrer chez lui, qu’il errait et dormait dans les lieux publics… « Ma vie ne vaut plus un clou, Florián, m’a-t-il dit. Je suis un homme mort. » Je lui ai proposé la protection de la police. Il a ri. Je lui ai même offert de se réfugier chez moi. Il a refusé. « Je ne veux pas avoir votre mort sur la conscience, Florián », a-t-il dit avant de se perdre dans la foule. Dans les mois qui ont suivi, tous les anciens membres du conseil d’administration de Velo-Granell sont décédés, théoriquement de façon naturelle. Les conclusions du médecin ont été chaque fois les mêmes : arrêt cardiaque. Les circonstances étaient identiques. Seuls dans leurs lits, toujours à minuit, toujours après s’être traînés sur le sol… pour fuir une mort qui ne laissait pas de traces. Tous, sauf Benjamín Sentís. En trente ans, je n’ai plus jamais entendu parler de lui, jusqu’à ces dernières semaines…

— Jusqu’à sa mort, précisai-je.

Florián acquiesça.

— Il a téléphoné au commissariat et m’a demandé. Il disait détenir une information sur les crimes de la fabrique et sur l’affaire Velo-Granell. Je l’ai rappelé et lui ai parlé. J’ai pensé qu’il délirait, mais j’ai accepté de le voir. Par pitié. Nous avons pris rendez-vous dans un café de la rue Princesa pour le lendemain. Il n’est pas venu. Deux jours plus tard, un vieil ami du commissariat m’a appelé pour me dire qu’on avait découvert son cadavre dans un secteur abandonné des égouts de la Ciutat Vella, la vieille ville. Les mains artificielles que Kolvenik avait créées pour lui avaient été amputées. Mais ça, c’est juste ce qui est paru dans la presse. Ce que les journaux n’ont pas dit, c’est que la police a trouvé un mot écrit avec du sang sur le mur du tunnel : Teufel.

— Teufel ?

— C’est de l’allemand, dit Marina. Ça veut dire Diable.

— C’est aussi le nom du symbole de Kolvenik, nous apprit Florián.

— Le papillon noir ?

Il hocha affirmativement la tête.

— Pourquoi l’appelle-t-on comme ça ? demanda Marina.

— Je ne suis pas entomologiste. Je sais seulement que Kolvenik les collectionnait.

Midi approchait, et Florián nous invita à manger un morceau dans un café proche de la gare du funiculaire. Nous avions tous les deux hâte de sortir de cette maison.

Le patron du café semblait être un ami et il nous donna une table à l’écart, près de la fenêtre. Il sourit :

— Alors, chef, vos petits-enfants sont venus vous voir ?

Ledit chef acquiesça sans donner d’autres explications. Un garçon nous servit une tortilla et du pan con tomate : il apporta aussi un paquet de cigarettes Ducados pour Florián. Nous fîmes honneur à la nourriture, qui était excellente. Florián poursuivit son récit.

— En commençant mon enquête sur Velo-Granell, j’avais fait des recherches sur le passé de Mihaïl Kolvenik qui ne me semblait pas clair… Mihaïl n’était probablement pas son vrai prénom.

— Comment s’appelait-il, alors ?

— Ça fait plus de trente ans que je me pose la question. En fait, quand j’ai pris contact avec la police de Prague, ils ont bien découvert un individu répondant au nom de Mihaïl Kolvenik, mais c’était sur les registres de la Wolfterhaus.

— C’est quoi ?

— L’asile de fous municipal. Pourtant, je ne crois pas que Kolvenik y soit jamais allé. Simplement, il a pris le nom d’un des internés. Kolvenik n’était pas fou.

— Pour quelle raison Kolvenik aurait-il adopté le nom d’un pensionnaire de l’asile ? demanda Marina.

— Ce n’était pas si rare que ça, à l’époque. En temps de guerre, changer d’identité signifie naître une seconde fois. Laisser derrière soi un passé indésirable. Vous êtes très jeunes, et vous n’avez pas vécu une guerre. On ne connaît pas vraiment les gens tant qu’on n’a pas vécu une guerre…

— Est-ce que Kolvenik avait quelque chose à cacher ? demandai-je. Pour qu’on ait retrouvé son nom dans les archives de la police de Prague, il devait bien y avoir une raison…

— Pure coïncidence entre les noms. Bureaucratie. Croyez-moi, je sais de quoi je parle. À supposer que le Kolvenik figurant dans leurs dossiers ait bien été le nôtre, il n’avait laissé que peu de traces. Son nom était mentionné dans l’enquête sur la mort d’un chirurgien pragois, un homme répondant au nom d’Antonin Kolvenik. L’affaire a été classée : la mort a été attribuée à des causes naturelles.

— Dans ce cas, pour quelle raison a-t-on envoyé ce Mihaïl Kolvenik à l’asile ? questionna Marina.

Florián hésita quelques instants, comme s’il avait de la difficulté à répondre.

— Il était soupçonné d’avoir fait quelque chose avec le corps du défunt.

— Quelque chose ?

— La police de Prague n’a pas précisé quoi, répliqua sèchement Florián en allumant une autre cigarette.

Nous restâmes un long moment silencieux.

— Et cette histoire que nous a racontée le docteur Shelley ? Le frère jumeau de Kolvenik, l’affection dégénérative et…

— Ça, c’est ce que Kolvenik a bien voulu dire. Cet homme mentait comme il respirait. Et Shelley avait de bonnes raisons pour le croire sans poser de questions. Kolvenik finançait son institut médical et ses recherches jusqu’à la dernière peseta. Shelley était pratiquement un employé de Velo-Granell. Un mercenaire…

— Le jumeau de Kolvenik aurait donc été une fiction ? – J’étais déconcerté. – Sa prétendue existence n’aurait été là qu’afin de justifier l’obsession de Kolvenik pour les victimes des malformations et…

— Je ne crois pas que le frère ait été une fiction, coupa Florián. À mon avis.

— Alors ?

— Je crois que cet enfant dont il parlait, c’était en réalité lui-même.

— Encore une question, inspecteur…

— Je ne suis plus inspecteur, ma fille.

— Víctor, alors. Vous êtes toujours Víctor, non ?

Ce fut la première fois que je vis Florián sourire, un sourire ouvert et détendu.

— Quelle est la question ?

— Vous nous avez dit qu’en enquêtant sur les accusations de fraude de Velo-Granell on avait découvert qu’il y avait encore autre chose…

1 ... 24 25 26 27 28 29 30 31 32 ... 53
Перейти на страницу:
0
Сюжет
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Атмосфера
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Главный герой
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Общее впечатление
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
Итоговая оценка: 0.0 из 10 (голосов: 0 / История оценок)