Бесплатная библиотека
Читайте книгу на сайте или телефоне
READ-E-BOOK » Иронические детективы » L'Histoire de France vue par San-Antonio [fr]
L'Histoire de France vue par San-Antonio [fr] - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

L'Histoire de France vue par San-Antonio [fr]

Электронная книга - «L'Histoire de France vue par San-Antonio [fr]». Краткое содержание книги:

Paris ne s'est pas fait en un jour, et la France ne s'est pas faite toute seule ! Les plaques de nos rues et les socles de nos statues portent les noms des responsables : ça va de la rue Vercingétorix à la rue Charles de Gaulle.
Et pourtant le nom le plus important est absent de nos places, de nos avenues, de nos boulevards et même de nos impasses : celui de Bérurier. Or, ce sont les Bérurier qui ont vraiment fait la France. Avec leurs mains, leur sang et leur sueur.
Avec leur esprit aussi.
Soucieux de réparer cette criante injustice, j'ai essayé de reconstituer leur trajectoire dans le temps.
Comme le langage, l'Histoire se doit de rester vivante ; c'est pourquoi je me suis attaché à en secouer la poussière, à en « plumeauter » les toiles d'araignée, à en dédorer les tranches, les couronnes et les auréoles et à la saupoudrer d'éclats de rire.
Un petit travail de réfection, quoi !
Il m'a permis de constater qu'on nous avait doré l'Histoire de France avec cette même poudre aux yeux qui sert aussi à nous dorer la pilule !
SAN-ANTONIO
1 ... 24 25 26 27 28 29 30 31 32 ... 95
Перейти на страницу:

— Et il l'a eue dans le dos ?

— L'Inde ? Oui, puisqu'elle se trouve à l'est. Mais c'est l'Amérique qu'il a trouvée.

— C'est comme aux Galeries Lafayette, estime Mme le Connétable : vous entrez pour y acheter un slip et vous ressortez avec un chapeau.

— Votre exemple est savoureux, applaudis-je. Sur le moment, Colomb a cru qu'il venait de toucher l'Inde.

— Ben, mon Colomb, quel oeuf ! gouaille Béru, bien persuadé que s'il s'était trouvé à la place de l'illustre navigateur il n'aurait jamais commis pareille méprise.

— Voilà pourquoi les Peaux-Rouges furent appelés Indiens.

— Ah bon, approuve le Gros, je me disais aussi… Tout de même, en apercevant les Ricains, le Christophe il aurait pu s'aviser qu'il y avait rien de commun avec les fakirs ! Bon marin, mais pas futé il était !

Berthe émet une question bouleversante :

— On dit qu'il a découvert l'Amérique, mais y avait pas à la découvrir puisque du monde l'habitait.

— Berthe a raison, approuve énergiquement le Jocond, vu depuis l'aut' côté de l'Atlantide, c'était aussi bien l'Europe qu'était à découvrir. En somme, si je comprendrais bien, c'est de sa faute à Christophe si on a le Coca-Cola, le chwingue-gomme et le cornet de béef ?

— Il en porte indirectement la responsabilité, oui, mon fils.

Moue éloquente de sa Seigneurie qui laisse tomber du bout des lèvres :

— Et à part l'Amérique, quoi t'est-ce qu'il a trouvé d'autre, ton Colombey-les-deux-hindous ?

— Il a découvert la manière de faire tenir un œuf debout sur une assiette, Béru, et ça, crois-moi, c'était plus difficile à trouver que l'Amérique.

Lecture :
L'EXPLOIT D'ALAIN BOMBÉRUBARD (DIT LE RAMEUR SOLITAIRE), ET CE QUI S'ENSUIVIT

Bombérubard consulta le ciel et fit la grimace. Ordinairement, ce sont les cieux menaçants qui inquiètent un navigateur. En l'occurrence, les nues étaient d'une pureté affolante. Pas une goutte d'eau depuis tantôt une semaine ! Le malheureux avait la gorge pareille à une brique chauffée. Lorsqu'il voulait décoller sa langue de son palais, il devait aider du doigt à la délicate opération. Par moment il cessait de ramer pour plonger dans la mer perfide ses pauvres mains en compote. Depuis longtemps il ne pouvait se cracher dedans, étant à court de salive.

Alain Bombérubard hocha la tête. Il ne pleuvrait pas de longtemps. Ses yeux hallucinés erraient sur la crête des vagues. Depuis combien de temps ramait-il de la sorte sur la mer Atlantique ? Des semaines ? Des mois peut-être ? La notion de durée disparaissait de son entendement. Il lui semblait qu'il avait fait naufrage depuis les premiers jours de sa pauvre vie et que depuis lors, seul dans sa barque, il tirait inlassablement sur les rames afin d'aller il ne savait où. Comme il déplorait que la boussole ne fut point encore répandue ! De plus, il n'avait jamais été fichu de reconnaître l'étoile polaire dans les nues ruisselantes d'étoiles. Mille fois, ses compagnons de bord avaient cherché à l'initier. Mais Bombérubard avait un gros caillou à la place du cerveau. On avait beau lui désigner la mâtine, bien blottie au sein de sa constellation, dès qu'il la perdait de vue il n'était plus fichu de la retrouver.

Il ramait, ignorant s'il allait vers l'Est ou l'Ouest, le Nord ou le Sud, ou bien s'il tournait en rond. Vilain naufrage ! Et comme il regrettait de n'avoir pas coulé avec ses compagnons. Eux, au moins, se trouvaient dans le paradis de Messire Bon Dieu à l'heure présente. Ils avaient les pieds au sec et du vin plein les pichets, les salopards !

Tandis que ce brave Bombérubard, lui, s'escrimait sur les pelles de bois en poussant à chaque effort un gémissement de femelle en gésine. Au moment où « La Garde de Dieu » (tu parles !) son bateau, avait heurté un vilain récif au large des côtes de Camaret, Alain Bombérubard était occupé à colmater les fissures du canot de sauvetage avec l'étoupe enduite de poix. Le pauvre navire s'était ouvert comme les portes de l'église de Camaret un dimanche de procession et il avait coulé à pic. Bombérubard n'avait eu que le temps de trancher les cordages maintenant le canot à bord. En quelques minutes il s'était retrouvé seul dans sa coquille de noix sur une mer mécontente. Grâce à une ligne qui se trouvait dans la barque il avait pu pêcher assez de poissons pour se sustenter, et grâce à de nombreuses averses, il était parvenu à s'hydrater. Malheureusement, depuis une huitaine de jours, le ciel avait cessé de lui dispenser ces chiches présents. Bombérubard survivait en absorbant une espèce de mousse marine qui dansait à la surface des eaux sur de larges étendues. Ça ne valait pas un bon filet de sole ou une entrecôte marchand-de-vin, mais ces pâturages marins lui garnissaient néanmoins l'estomac.

Il avait les mains en sang à force de tirer sur les rames et son dos le faisait cruellement souffrir. Le malheureux poussa tout à coup un juron et lâcha son matériel de propulsion. Il venait d'atteindre les limites de l'énergie et de l'espoir. Il avait suffisamment lutté. Maintenant il allait se confier à la volonté Divine et, comme on dit en Ecosse : laisser p… le shetland[23].

La vague écumante saisit la barque, la malmena avant de la confier à une autre vague qui la refila d'autorité à une troisième. Bombérubard ferma les yeux, se laissa glisser dans le fond de la barque, et espéra très fort que la mort viendrait vite le délivrer et que ce serait facile.

Pendant plusieurs heures, prostré, inconscient, il se laissa chahuter par les éléments, il lui semblait qu'il était chez lui, à Camaret, auprès de sa femme. Il l'avait laissée sans un sou, et, dans ses périodes de lucidité, Alain Bombérubard se demandait comment elle allait faire pour en gagner. Ah ! Camaret ! Il revoyait le doux pays natal ; avec son maire qui justement venait d'acheter un âne spécialisé dans les travaux publics. Il revoyait son humble logis et surtout le lit aux rideaux de serge rouge… L'hallucination aidant, il s'y croyait dans ce lit bien chaud, au flanc de son épouse dont il meurtrissait la cuisse certains soirs qu'il avait un peu trop forcé sur le calva.

Bombérubard ouvrit ses yeux brûlés par la fatigue, par le sel et par l'éblouissement de l'eau. Ce qu'il vit le frappa d'incrédulité. Au-dessus de sa tête, quelque chose se balançait, et ce quelque chose n 'était autre qu'une branche de palmier. La présence d'un végétal de cette nature en plein Atlantique le sidéra. Au fond du canot il se mit à envisager la situation et à faire mille hypothèses dont en fin de compte la plus valable était qu'il ne se trouvait plus sur la mer. Bombérubard se dressa et un hymne de grâce monta à ses lèvres.

— Merci, Dieu tout-puissant et miséricordieux ! lança-t-il, car il avait des usages.

Il aurait aimé le dire en latin pour que le message parvienne plus vite à son destinataire, mais dans son état d'épuisement, c'était déjà un miracle qu'il sût encore le français.

Le canot venait de s'échouer sur une plage de sable doré frangée de cocotiers. Ce paysage n'était pas breton pour un sol et Bombérubard pensa que son embarcation avait dérivé jusqu'aux côtes d'Espagne. Il mit pied à sable et, pour la première fois depuis fort longtemps, il marcha.

Soudain, comme il commençait à chasser l'ankylose de ses membres, une horde d'hommes à la peau cuivrée et aux cheveux noirs arriva en courant. Ils avaient de la peinture sur le visage et sur la poitrine et leurs yeux flamboyaient.

Bombérubard prit peur, mais lorsqu'il vit les arrivants stopper à quelques mètres de lui, il reprit quelque peu confiance. « Ce ne sont point des Espagnols », songea le naufragé. Ni leur morphologie, ni leur accoutrement n'étaient ibériques. A vrai dire, le rameur solitaire n'avait jamais rencontré d'individus aussi surprenants. Il leur sourit, mais les indigènes demeurèrent impassibles et l'un d'eux qui était plus peint et plus vieux que les autres lui adressa la parole dans un dialecte que Bombérubard ignorait.

вернуться

23

En Espagne on disait : le mérinos.

1 ... 24 25 26 27 28 29 30 31 32 ... 95
Перейти на страницу:
0
Сюжет
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Атмосфера
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Главный герой
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Общее впечатление
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
Итоговая оценка: 0.0 из 10 (голосов: 0 / История оценок)