Galantine de volaille pour dames frivoles
- Автор: Дар Фредерик
- Год: 1987
- Язык: французский
- ISBN: 2-265-03740-0
- Жанр: Иронические детективы
Электронная книга - «Galantine de volaille pour dames frivoles». Краткое содержание книги:
Le célèbre journaliste, monarque incontesté de la littérature actuelle, vient de nous adresser un rectificatif pour nous dire sa crainte de voir cet « après » mal interprété et créer une notion de subalternité dont San-Antonio aurait à souffrir par rapport à Shakespeare ; il préférerait substituer à son « après » la préposition « depuis », qu'il juge moins équivoque.
Nous le remercions pour sa grande probité morale et espérons que le présent ouvrage renforcera encore son admiration pour l'immense écrivain.
Les éditeurs.
Il lui vient des larmes plein ses gros yeux, le Mâchuré.
— Putain, ce qui arrive ! bredouille-t-il. Ça, alors, c'est chié ! J'en ai vu des cas chiés, mais aussi chiés que celui-là, jamais ! Putain ! Mais comment on va pouvoir arranger un coup pareil ?
— Je t'ai déjà dit de disparaître, Vendredi ! Va tailler des pipes à Robinson !
Je me marre de plus rechef ! A perdre haleine ! Que mes cerceaux s'en voilent ! Tu lookerais sa bouille, à Bamboula ! Un masque de caoutchouc, t'sais, comme dans les vitrines des magasins de farces et attrapes ! Avec les big lotos qui s'agitent kif les boules des sphères de la Loterie Nationalisable.
Comme il m'agace de trop, ce viandeux, je lui propulse mon beaujolais villages tout neuf dans la poire ! Ça lui dégouline sur le tarbouif qu'il a large comme la hotte d'une cheminée Louis XIII. Misteur Black, et sa limouille bleu ciel en a morflé méchamment, et puis ses revers de veston. N'a plus qu'à courir se changer, le Cannibale ! C'te fois, y n'rit plus. Ses grandes chaules à bouffer du missionnaire restent planquouzées derrière les deux gants d'boxe lui servant d'lèvres. L'v'là qui pleure à chaude lance à travers la vinasse.
— Viens, on va retourner à l'hosto, grand, balbutie-t-il, y a comme un problème !
— Si tu te tires pas immédiately, macaque, dans trente secondes tu seras à quat' pattes pour ramasser tes ratiches, n'en faire un collier à ta rombiasse ; allez, du vent, j't'ai qu'trop vu !
Il s'évacue enfin.
Le taulier me dit :
— Voilà comment il faut parler à ces gens ! Vous, au moins, vous ne vous laissez pas envahir !
Le concierge du Royal Castro me regarde sans lunettes ni aménité. J'ai l'impression qu'il m'aime pas ; peut-être à cause de l'énorme rot parfumé au beaujolpif à Dubœuf que je lui ai bazooké dans les trous de nez à l'instant.
— C'est de la part de qui ? s'inquiète-t-il.
— Officier d'police Alexandre-Benoît Bérurier, lâché-je, et à présent grouille-toi d'm'annoncer si tu voudrais pas qu'j'me mette à licebroquer cont' ta belle banque d'acajou.
— Non, mais dites donc !
— Allô ! j'écoute ? le crucifié-je, dardant sur sa personne pâlichonne un regard à guérir les dépressions nerveuses de tous les lions de l'Atlas.
II ouvre la bouche, la referme, la rouvre, la referme encore et finit par débonder son bigophone.
— Miss Lamouha ? articule-t-il de sa voix de baryton échancré ; il y a là un indivi…
Mon regard devient vitrioleur.
— Un monsieur, rectifie l'esclave en uniforme, qui se prétend…
Nouveau jet de venin.
— Qui est policier et demande à vous voir ! termine le gus.
Ouf ! Ç'a été laborieux.
Mais c'est venu !
Je le récompense en virgulant un pet kif un coup de tromblon dans une cathédrale !
Un couple de vieux Angliches en sursaille, une pareille incongruité en un lieu aussi sélect. Je leur vote un sourire désarmant.
— Very bioutifoul pet, no ? lui fais-je (au couple), c'est ni à Vouestminster abeille, ni à Buquinguegam pelisse que vous en esgourderez de pareil, ladies and gentelmant.
Ulcéré, le con le plus cierge de l'hostellerie parisienne me jette que je peux monter au quatrième, chambre 422.
— Vingt-deux, v'là les flics ! rigolé-je (de bon matin, car il faut toujours rigoler tôt !).
Je me pointe devant la porte indiquée. La locateuse l'a déjà entrebâillée, si bien qu'elle s'ouvre lorsque j'y toctoque.
Miss Maité Lamouah est nue dans un peignoir de bain noir qui souligne sa bruneur (on dit bien blondeur, non ?).
Elle va et vient dans sa chambre, occupée qu'elle est à faire ses valoches : deux superbes Louis Vuitton posées ouvertes sur le lit.
Elle me coule un regard hautement indifférent, sans cesser d'affairer.
— Salut, beauté ! lui balancé-je, joyeusement.
Clouée par ma familiarité, elle m'accorde quatre secondes de regard réprobateur. Les pans du peignoir se sont écartés et je distingue une cuisse longue comme le Nil avec une ombre frisée dans le haut ainsi qu'une amorce de loloches très fréquentables.
— Qu'est-ce qui vous prend ? elle bée.
Au lieu de partir en parlotes fumeuses, j'entre dans le gras :
— Vous décambutez, ma poule ? demandé-je-t-il en désignant les valoches.
Du coup, elle fout ses poings mignons sur ses hanches violoncelliques.
— Non, mais vous êtes vraiment policier ?
— De bas en haut, ma chérie !
— Montrez-moi votre carte !
Je la lui déballe. Elle regarde.
— C'est pas le nom que m'a annoncé le concierge, note la jolie môme.
— Parce que ce loufiat de mes fesses est con à manger du paf en salade, ma gosse !
Et moi, en reprenant ma brème, de sentir sa tiédeur, si proche, si tentante, j'avance la main entre les pans du peignoir pour contrôler cette merveille de tastu.
Là, c'est l'égosillage.
— Non, mais qu'est-ce qui prend à cette police française d'employer des nègres et des sadiques ! Sortez immédiatement, bougre de dégoûtant personnage !
— Tu veux que je sorte quoi, gamine ? Ça ?
Et d'un coup de zip, je lui déballe la mère Coquette, en pleine turgescion, pimpante, altière, brillante comme un casque de pompier au soleil.
Bel objet, calibre travailleur de force ! Tout ce qui convient aux dames pour les dimanches pluvieux à la campagne et les soirées sans électricité.
Elle renouche.
— Mais c'est du viol ! hurle-t-elle.
— Pas encore, poupée, mais ça pourrait en devenir !
Elle fonce dans le couloir en criant au secours. Un vieux valeton à gilet rayé, espingo à ne plus en pouvoir, flanqué d'une lingère obèse qui doit être sa femme vu les poils qu'elle a sous les bras, se pointent.
Voient !
Rameutent !
S'ensuit un zef terrific. Radinent tour à tour : le mec de la sécurité de l'hôtel, ancien para reconverti dans la literie de grand luxe, un sous-dirluche saboulé de noir, un balayeur d'étage arbi, un réparateur d'ascenseur, un pasteur mormon venu assister à un congrès, l'équipe de tir à l'arc du Zimbabwe en déplacement à Paris, un diplomate turc fort comme un Français, un abonné au gaz, et deux ou trois personnes sur lesquelles je ne possède pas de renseignements précis.
Je n'ai eu que le temps de me rebraguetter. La fille raconte mes voies de fait. Je nie. Produis ma carte. Ça crée l'indécision. N'а la fin, de criailleries et déconnades, le sous-directeur me prie de déguerpir.
Comprenant que je m'en tire à bon compte, j'obtempère. Comme ces gueux m'ont fait une conduite de Grenoble jusqu'à la porte tambour, me laisse fourrer dans un taxi auquel, piteusement, je balbutie mon adresse.
Putain, faudra que je me calme un peu, les mecs ! Je ne sais pas ce qui m'arrive, depuis quelque temps, mais je suis en rut constant. Une gonzesse comestible me passe à portée, faut que je l'entreprende ! C'est plus fort que moi. Quéqu'fois, ça débouche sur la toute belle partie de jambons ; mais à d'aut' ça cagate et j'me rends bien compte que t'à l'heure, par exemple, ça a failli mal tourner pour ma pomme. Si le Vioque apprend que j'attaque les sœurs bite en main, il va monter su' ses grands bourrins et c'est pas mon pote Sana qui pourra ouvrir le pébroque pou' m'mett' à l'abri.
Bon, le bahut me déballe en bas d'chez moi et je grimpe l'escadrin en rônant de première. Elle m'a drôlement astiqué les ardeurs, la fille brune. Si elle aurait pas bêché comm' une pimbêche, t'aurais vu l'coup d'rapière émérite qu'elle se payait, miss Lamouah !