Le général [The Call of Earth - fr]
- Автор: Кард Орсон Скотт
- Серия: Terre des Origines #2
- Год: 2004
- Язык: французский
- Год: J'ai Lu
- ISBN: 2-290-33015-9
- Переводчик: Arnaud Mousnier-Lompré
- Жанр: Научная фантастика
Электронная книга - «Le général [The Call of Earth - fr]». Краткое содержание книги:
Basilica cristallise l’attention de Surâme, l’ordinateur-dieu qui n’a pas l’intention d’abandonner la ville sans se battre. Entre la machine et le général, c’est un jeu de dupe qui s’engage, dans lequel Nafaï et sa famille risquent de n’être que de simples pions…
« Nous sommes les Gorayni ! Venus aider Basilica, non nous en emparer ! cria Mouj. Regardez dans le désert et voyez l’armée que nous pourrions lancer contre les portes de votre cité ! »
Mouj avait bien choisi son endroit ; d’ici, tous les Basilicains, gardes et mercenaires palwashantu confondus, pouvaient distinguer les grands feux, une bonne centaine d’entre eux en tout cas, disséminés jusque dans les lointains de la plaine de sable.
« Pourtant, me voici avec ces cinq cents hommes seulement ! » Il mentait sur le nombre de ses soldats, naturellement. Ceux-ci sourirent intérieurement : pour une fois il n’était en dessous de la vérité que de quatre cents unités, au lieu de quarante mille, son mensonge coutumier. « Nous sommes ici pour savoir si la Cité des Femmes, la Cité de la Paix, a besoin de nos services pour l’aider à réprimer son agitation intérieure. Nous sommes prêts à entrer, à servir la cité à votre plaisir, puis à repartir une fois notre tâche accomplie. Ainsi dis-je, au nom du général Vozmujalnoy Vozmojno ! » Il n’y avait aucune raison de leur faire savoir que le plus redoutable général des côtes occidentales de la mer Géotrope se tenait à leurs portes, l’épée au clair, avec seulement neuf cents hommes pour le soutenir. Qu’ils l’imaginent plutôt là-bas, au milieu des dizaines de milliers de soldats installés autour des grands feux qui brûlaient dans le désert !
« Général, cria un des gardes qui avait remarqué son grade, vous voyez ce qui se passe ! Nous sommes les gardes de la cité, mais comment appliquer la volonté du conseil quand nous devons défendre notre vie contre ces criminels enragés ?
— C’est nous, les maîtres de Basilica, maintenant ! hurla un des mercenaires palwashantu. Fini de recevoir des ordres des femmes ! Fini d’être obligés de rester en dehors d’une cité qui nous appartient de droit ! C’est nous qui gouvernons cette cité au nom de Gaballufix !
— Gaballufix est mort ! répliqua l’officier de la garde. Et plus personne ne vous commande !
— Au nom de Gaballufix, cette cité est à nous ! » Sur quoi les mercenaires se mirent à brandir leurs armes en poussant de grands cris.
« Hommes de Gaballufix ! cria Mouj. Nous connaissons le nom de votre chef disparu ! »
Des acclamations jaillirent de la poitrine des mercenaires.
« Nous savons comment rendre hommage à Gaballufix ! poursuivit Mouj. Rejoignez-nous et nous vous donnerons la cité qui vous revient ! »
Avec un cri de joie, les mercenaires se précipitèrent en masse vers les Gorayni. Les gardes basilicains se reculèrent contre la muraille, l’arme tirée. Quelques-uns firent bien mine de s’éclipser à droite ou à gauche, mais à leur grand honneur, la plupart restèrent où ils étaient, prêts à mourir en faisait leur devoir. Les Mille de Mouj en prirent bonne note ; ils traiteraient ces hommes avec respect si un différend les opposait un jour à eux.
Quant aux mercenaires, les plus proches des Gorayni s’avancèrent la garde baissée, s’apprêtant à embrasser ces nouveaux venus comme des frères. Or ils se trouvèrent en face d’épées, de piques et d’arcs pointés sur eux et l’incertitude se répandit peu à peu dans leurs rangs.
Mouj n’avait pas bougé ; mais il était maintenant entouré de mercenaires et coupé de ses hommes. S’il ne montrait aucune inquiétude, il n’en allait pas de même pour eux. Et sous leur regard consterné, il se mit à se frayer un chemin dans la masse humaine, non pas vers ses soldats mais dans la direction opposée, celle de la porte. Les mercenaires parurent soulagés ; c’était le signe qu’il avait l’intention de prendre leur tête.
Mouj s’avança sur la place qui s’ouvrait au-delà de la porte, dos aux mercenaires. « Ah, Basilica, dit-il d’une voix forte, mais pas impérieuse. Comme j’ai rêvé de me trouver à ta porte et de contempler ta beauté de mes yeux ! » Puis il se tourna vers l’officier de la garde qui se tenait au poste de la porte, l’épée dégainée, et s’adressa à lui à voix basse : « Basilica considérerait-elle comme un grand service, mon ami, que ces centaines de vilains sosies meurent à cette place, en cette minute ?
— Je le pense, oui », répondit l’officier, l’air désorienté, mais surtout soulagé de ce nouvel espoir auquel se raccrocher.
Mouj pivota face à la foule – et à ses hommes derrière elle. « Que chaque homme qui révère le nom de Gaballufix lève son épée bien haut ! »
La plupart obéirent – tous sauf les plus prudents. Mais à peine eurent-ils le bras en l’air que Mouj tira son épée du fourreau.
C’était le signal. Trois cents flèches partirent en même temps et les mercenaires placés à la périphérie de la foule – le bras commodément levé, si bien que chaque flèche les frappa en plein corps – s’écroulèrent, la plupart percés en plusieurs endroits. Puis, avec un hurlement de tonnerre, les Gorayni se jetèrent sur les survivants et en deux ou trois minutes à peine, le carnage fut achevé. Les soldats reformèrent alors les rangs devant les cadavres de leurs ennemis.
Mouj se tourna vers l’officier de la garde. « Quel est votre nom ?
— Capitaine Bitanke, mon général.
— Capitaine Bitanke, je vous le redemande : Basilica accueillerait-elle favorablement une intervention de notre part pour contribuer à restaurer l’ordre dans ces rues magnifiques ? J’ai ici une lettre de dame Rasa ; son nom vous est-il connu ?
— En effet.
— Elle m’a écrit pour m’exhorter à venir au secours de sa cité. Me voici donc et je vous demande respectueusement la permission de faire entrer ces hommes dans vos murs comme auxiliaires, pour vous aider à maîtriser la violence qui règne dans vos rues. »
Bitanke s’inclina, puis déverrouilla la guérite de la porte et y pénétra. Mouj le vit taper sur le clavier d’un ordinateur. Au bout de quelques instants, il ressortit. « Mon général, j’ai annoncé la raison de votre présence. Notre cité est dans une situation désespérée et puisque que vous êtes venu au nom de dame Rasa et que vous avez prouvé votre volonté de défaire nos ennemis, le conseil municipal et la garde vous invitent à entrer. Vous serez à titre temporaire sous mon commandement, si vous acceptez quelqu’un d’un rang aussi médiocre que le mien, jusqu’à la mise en place d’une organisation plus conforme.
— Capitaine, ce n’est pas votre rang mais votre courage et votre honneur que je salue, et pour cette raison j’accepte votre autorité, répondit Mouj. Puis-je suggérer que mes soldats se déploient par compagnies de six et qu’on les autorise à s’occuper des hommes qu’ils verront se comporter de façon illégale ? Nous respecterons dans tous les cas ceux qui porteront votre uniforme ; mais ceux que nous prendrons l’arme au clair, ou qui se montreront violents envers nous comme envers les femmes de la cité, nous les tuerons sur-le-champ et nous pendrons leurs cadavres à la vue de tous pour étouffer toute velléité de résistance chez leurs pareils !
— Je ne sais pas trop, pour ce qui est de les pendre, mon général… fit Bitanke.
— Parfait : nous avons nos ordres ! » Sans prêter attention à l’hésitation du capitaine, Mouj s’adressa à ses soldats ; « Hommes des Gorayni, par six ! »
Les rangs se réorganisèrent aussitôt et il y eut soudain sur la place cent cinquante escouades de six hommes chacune.
« Ne faites pas de mal aux femmes ! leur cria Mouj. Et ceux que vous trouverez affublés de ces masques répugnants, pendez-les vêtus de leur costume afin que nul n’ose plus le porter ni de jour ni de nuit !
— Mon général, je crois que…»
Mais Mouj avait déjà agité le bras et ses soldats entrèrent dans la cité au petit trot. Bitanke s’approcha de Mouj, pour protester peut-être, mais l’autre l’accueillit par une accolade qui coupa court à toute discussion.