Бесплатная библиотека
Читайте книгу на сайте или телефоне
READ-E-BOOK » Научная фантастика » Les traquenards de Giri [The Witling - fr]
Les traquenards de Giri [The Witling - fr] - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

Les traquenards de Giri [The Witling - fr]

Электронная книга - «Les traquenards de Giri [The Witling - fr]». Краткое содержание книги:

Aux yeux des habitants de Giri, les explorateurs venus d’outre-espace n’étaient que des plaisantins.Et sur cette planète qui semblait si primitive, ils n’étaient rien d’autres.
En fait, les péripéties de l’évolution avaient doté les autochtones d’un talent bien particulier, un talent qui rendait inutiles la plupart des inventions associées, sur d’autres planètes, au développement de la vie intelligente. Comme les explorateurs d’outre-espace, le lecteur va de surprise en surprise jusqu’à la chute finale.
Un roman passionnant qui mêle avec intelligence aventure et réflexion, dû à un auteur de talent injustement méconnu en France.
1 ... 22 23 24 25 26 27 28 29 30 ... 50
Перейти на страницу:

Ils s’installèrent tous les quatre dans l’herbe tendre pour assister au combat. Quelques secondes plus tard, les deux adversaires firent leur apparition — l’un à l’extrémité nord du terrain, l’autre au sud. À cette distance, leurs silhouettes se réduisaient à deux taches minuscules que distinguaient seulement les couleurs vives de leurs casaques. Pelio déduisit des propos tenus par ses compagnons que Cherapfu était l’homme au costume rouge, celui qui avait pris position au nord.

Un claquement semblable à un coup de tonnerre résonna dans toute la lice et un nuage de poussière s’éleva du sol à proximité de l’endroit où se tenait le jouteur vêtu de bleu : Tseram Cherapfu venait de porter le premier coup. L’un des jeunes nobles grommela qu’une attaque aussi prématurée n’était qu’un vain gaspillage de forces, mais un autre lui répondit qu’on ne pouvait rien affirmer, Cherapfu sachant parfois être étonnamment précis. Les deux hommes s’avancèrent lentement pour se défier, jusqu’au moment où ils ne furent plus éloignés l’un de l’autre que de quatre cents mètres. Un second coup de tonnerre éclata alors, se prolongeant cette fois en un staccato de détonations sèches produites par l’air fusant à toute vitesse au-dessus de la lice.

L’épreuve se limitait à un combat amical, mais les deux adversaires ne s’en conduisaient pas moins comme d’authentiques soldats sur le champ de bataille. Car il était généralement impossible, dans la réalité, de désorganiser les viscères de l’ennemi par un usage direct du Talent : à moins d’avoir été étourdi ou de n’être qu’un Profane, ses défenses naturelles le protégeaient contre une offensive de ce type. Il se révélait donc nécessaire d’attaquer l’ennemi indirectement, en téléportant sur une distance de plusieurs lieues de l’air et des blocs de rochers qui convergeraient sur la cible à la vitesse de plusieurs dizaines de mètres à la seconde.

La joute se déroulant dans la lice en contrebas ne pouvait sacrifier à ce point au réalisme ; il était donc interdit aux deux hommes d’employer des projectiles solides, et les bouffées d’air qu’ils téléportaient passaient loin au-dessus du sol. Ce qui n’empêchait pas le duel d’être spectaculaire : les coups de boutoir du vent soulevaient des nuages d’herbe et de poussière au-dessus du terrain où les deux soldats se déplaçaient sans cesse afin d’éviter les tirs de l’adversaire.

Pelio se surprit à crier aussi fort que les autres. Les deux combattants étaient de la meilleure trempe, ce dont il se rendait compte lui-même. Ils avaient dû accomplir le Grand Pèlerinage de l’arctique pour être à même de convoquer le tonnerre de cette façon. En outre, seuls quelques individus hautement entraînés étaient capables de se téléporter sans l’intermédiaire d’un bassin de transit ; or les deux hommes se livraient constamment à cet exercice.

L’issue ne pouvait plus être lointaine ; le soldat vêtu de rouge chancelait sous les multiples rafales qui laminaient l’herbe à ses pieds. Sans défense devant le tonnerre dirigé contre lui, il vacillait d’un air hébété. Les quatre jeunes gens retinrent en même temps leur souffle lorsqu’un ultime coup renversa Cherapfu et que l’homme effectua un tour complet en l’air avant de retomber à terre.

Des acclamations jaillirent de toutes les poitrines et les trois garçons se levèrent d’un bond en commentant fébrilement la rencontre. Pelio donna également son avis, mais il ne faisait que répéter des arguments entendus plus tôt au cours de l’après-midi et il s’aperçut avec surprise qu’il s’amusait beaucoup, même s’il parlait à tort et à travers. Tandis que Pelio retirait de son doigt la bague que lui coûtait son pari, une seconde vague d’applaudissements les obligea à se retourner. Derrière le rideau d’arbres, ils virent le vainqueur du combat, qui venait d’émerger du bassin principal de transit, recevoir les félicitations d’Aleru et de Virizhiana, et la guirlande de la victoire lui être épinglée en travers de sa casaque bleue. La foule les entoura et…

Ionina ! Elle se tenait à une vingtaine de mètre du bassin, et auprès d’elle se dressait le géant au teint basané nommé Adgao. Par quel prodige se trouvaient-ils là ? Qui les avait amenés ? À l’étonnement qu’il venait d’éprouver succéda rapidement la crainte paralysante de voir échouer son stratagème. Pelio se retourna comme un automate vers ses compagnons et tendit sa bague au premier d’entre eux, avant de s’écarter du bosquet, avec Samadhom sur ses talons.

Il entendit derrière lui la voix d’un des jeunes gens s’exclamer : « Regarde, Jiru ! Le sceau du prince impérial est gravé sur ce bijou. »

Il faut que je les éloigne, il faut que je les éloigne ! Pelio ne pouvait penser à rien d’autre tandis qu’il traversait la terrasse herbue en direction de la femme et de son ridicule compagnon. On rencontrait partout des soldats d’élite, capables de reconnaître sans hésitation des Profanes en la personne de ces deux étrangers. Il n’était donc pas question qu’on le vît adresser la parole à Ionina.

Il comprit soudain que la chose n’avait plus d’importance : la terrasse était devenue étrangement silencieuse. Même autour du bassin de transit, les conversations avaient cessé. Ionina, Adgao et lui-même mobilisaient l’attention générale. Il s’aperçut brusquement que les deux étrangers se trouvaient placés sous la surveillance de trois hommes. Il ne restait plus aucun espoir. Pelio se redressa et franchit lentement la distance le séparant de la femme. Tout était si calme qu’il pouvait entendre le bruissement de l’herbe s’écartant devant ses pieds et des voix monter des terrasses en contrebas. Quelle ironie du sort que tout dût s’arrêter maintenant, par une journée aussi ensoleillée !

Il arriva enfin devant Ionina. Celle-ci paraissait deviner sa peur, bien qu’elle n’en pût connaître la cause. Derrière les gardes, Pelio aperçut trois de ses domestiques et se dit qu’ils devaient avoir conduit Ionina et Adgao à la fête. Étaient-ils simplement stupides — ou bien y avaient-ils été incités ? Cette question ne fit que lui effleurer l’esprit, car il savait qu’au fond elle était sans importance.

Il entendit derrière son dos un léger bruit et, quand il se retourna, il ne fut aucunement surpris par la scène qui se présentait à sa vue. Le roi, son père se tenait devant lui. Shozheru ouvrait et fermait alternativement la bouche comme un poisson hors de l’eau, et paraissait balancer entre la colère et l’humiliation. De chaque côté de lui étaient rangés ses conseillers — ces hommes loyaux et sévères qui depuis tant d’années pressaient leur roi de se débarrasser de Pelio afin de permettre à Aleru de lui succéder. Aleru lui-même était présent, son visage vert-de-gris presque blanc de… quoi ? De rage ? De jubilation ? Parmi la foule massée derrière eux, Pelio ne reconnut que deux ou trois visages : celui de sa mère, le regard fixé juste au-dessus de son front ; celui de Thredegar Bre’en, l’air plus débonnaire que jamais ; enfin celui de Thengets del Prou. L’homme de la Guilde avait toujours montré un comportement bizarre ; il était une des rares personnes qui s’adressât à Pelio comme si celui-ci n’eût pas été différent des autres — peut-être parce que, du haut de sa supériorité, Prou ne jugeait pas Pelio tellement inférieur aux gens normaux sous le rapport du Talent. Mais, actuellement, ce possible allié paraissait lui-même lointain et indifférent. Le monde entier était dressé contre lui et les deux autres Profanes.

Le vieux Shozheru finit par retrouver l’usage de la parole, encore que sa voix tremblât de colère et de chagrin : « Pourquoi, Pelio ? Tuaurais pu être roi de l’Été… Au moins en porter le titre. J’avais tout arrangé. » Un ronchonnement succéda à ces mots, puis le roi reprit : « Tu n’avaisrien d’autre à faire que conserver une certaine dignité et agir comme si ma dynastie eût pu se perpétuer à travers toi. Au lieu de quoi tu te commets avec des… dégénérés ! » Il tendit convulsivement le doigt vers les étrangers de haute taille qui se tenaient derrière Pelio. « Si je permets que tu me succèdes, ta « cour » deviendra la risée de tout le Royaume de l’Été. Quel vassal se résoudrait même à simuler la loyauté à ton égard ? En dépit de ses cinq siècles d’existence, l’empire s’effondrerait au bout d’une année. » La douleur semblait à présent l’emporter en lui sur la colère. « Crois-tu que j’aie le choix, Pelio ? Selon la loi, tu dois me succéder ou mourir. Après ce qui vient d’arriver (il désigna une fois de plus Ionina et Adgao), tu ne peux plus me succéder. »

1 ... 22 23 24 25 26 27 28 29 30 ... 50
Перейти на страницу:
0
Сюжет
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Атмосфера
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Главный герой
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Общее впечатление
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
Итоговая оценка: 0.0 из 10 (голосов: 0 / История оценок)