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Le fabuleux Maurice et ses rongeurs savants [The Amazing Maurice and His Educated Rodents - fr]

Электронная книга - «Le fabuleux Maurice et ses rongeurs savants [The Amazing Maurice and His Educated Rodents - fr]». Краткое содержание книги:

Vous connaissez l’histoire du joueur de flûte de Hamelin ? Les rats avaient envahi la ville, les habitants se désespéraient ; un joueur de flûte vint les sauver, qui ensorcela les rats au son de son instrument et les fit quitter la ville derrière lui pour les noyer dans la rivière.
Imaginez maintenant des rats intelligents qui soient de mèche avec le joueur de flûte… et pilotés par le roi de l’arnaque soi-même, le fabuleux Maurice, le chat de tous les chats. Ça, c’est une combine qui peut rapporter gros.
Jusqu’au jour où la fine équipe s’attaque au bourg de Bad Igoince où l’attendent le mystère, la terreur et le Mal.
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Un autre bruit le fit se retourner. Un deuxième rat venait de cette direction aussi. Il le devina tout juste dans la pénombre.

Un bruissement devant lui suggéra qu’il y avait encore un rat de ce côté-là, qui s’approchait en catimini dans les ténèbres.

Voilà mes yeux… Quoi ? Chat ! Chat ! A mort !

Chapitre 8

Quand les trois rats bondirent, il était déjà trop tard. Il ne restait plus qu’un espace vide en forme de Maurice. De l’autre côté de la cave, le chat escaladait des caisses tant bien que mal. Des couinements montèrent vers lui. Il sauta sur une autre caisse et vit une partie du mur où quelques-unes des briques décomposées étaient tombées. Il y fonça, pédala dans le vide tandis que d’autres briques se délogeaient sous ses pattes et se propulsa dans l’inconnu.

Une autre cave. Pleine d’eau, celle-là. A vrai dire, il ne s’agissait pas exactement d’eau. Plutôt de ce qu’elle devient quand des cages de rats s’y égouttent, que les caniveaux du dessus s’écoulent dedans, et qu’elle risque de stagner ainsi et de bouillonner doucement toute seule pendant une bonne année. La qualifier de vase serait une insulte envers tous les marécages parfaitement respectables du monde.

Maurice atterrit dedans. Gloup.

Il nagea furieusement en petit chat dans le liquide épais en évitant autant que possible de respirer et se hissa sur un tas de décombres de l’autre côté du local. Un chevron effondré, gluant de moisissure, s’élevait vers un plus grand enchevêtrement de bois calciné au plafond.

Il entendait toujours la voix abominable dans sa tête, mais assourdie. Elle essayait de lui donner des ordres. Donner des ordres à un chat ? C’était plus facile de clouer de la confiture sur un mur. Elle le prenait pour quoi ? Pour un chien ?

Il dégouttait de vase pestilentielle. Même ses oreilles en étaient pleines. Il voulut procéder à sa toilette mais s’arrêta. La toilette était une réaction de chat parfaitement normale. Mais lécher un truc pareil le tuerait sûrement…

Il perçut un mouvement dans le noir. Il distingua des formes de gros rats qui surgissaient en masse par le trou. Il entendit deux ou trois corps se jeter à l’eau. Certaines bêtes glissaient le long des murs.

Ah, fit la voix. Tu les vois ? Regarde-les qui viennent te chercher, le chat !

Maurice réfréna son envie de prendre ses pattes à son cou. Ce n’était pas le moment d’écouter son chat intérieur. Son chat intérieur l’avait sorti du local aux cages, seulement son chat intérieur était bête. Il le poussait à sauter sur ce qui était petit et à fuir tout le reste. Mais aucun chat ne s’attaquerait à une bande de rats de cette taille. Il se figea et s’efforça de suivre de l’œil la progression des rongeurs. Ils venaient droit sur lui.

Un moment… un moment…

La voix avait dit : Tu les vois…

Comment savait-elle ?

Maurice essaya de penser tout haut : Tu… lis… dans… mes… pensées ?

Rien ne se produisit.

Il eut une inspiration soudaine. Il ferma les yeux.

Ouvre-les ! L’ordre jaillit aussitôt, et ses paupières en tremblèrent.

Sûrement pas, songea Maurice. Tu n’entends pas mes pensées. Tu te sers uniquement de mes yeux et de mes oreilles. Tu ne fais que deviner ce que je pense.

Aucune réponse. Maurice n’attendit pas. Il bondit. La poutre inclinée se trouvait là où il se la rappelait. Il la gravit à coups de griffes et se cramponna. Au moins, tout ce qu’ils pouvaient faire, c’était le suivre. Avec un peu de chance, il arriverait à se servir de ses griffes…

Les rats se rapprochaient. À présent ils flairaient, ils le cherchaient en dessous, et il imagina des museaux frémissants dans l’obscurité.

L’un d’eux entreprit d’escalader la poutre sans cesser de flairer. Il devait se trouver au ras de la queue de Maurice quand il fit demi-tour et redescendit.

Le chat entendit les bestioles gagner le sommet des décombres. Flairer à coups de museau intrigué puis traverser la vase en sens inverse en pataugeant dans le noir.

Étonné, Maurice plissa son front encroûté de boue. Des rats qui ne sentaient pas un chat ? Puis il comprit. Il ne sentait pas le chat… il empestait la vase, il ressemblait à de la vase dans une cave envahie de vase fétide.

Il garda une immobilité de pierre jusqu’à ce que ses oreilles crottées entendent des griffes regagner le trou dans le mur. Puis, sans ouvrir les yeux, il redescendit silencieusement jusqu’aux décombres et s’aperçut qu’ils s’étaient entassés contre une porte de bois pourri. Ce qui avait dû être une planche, aussi imbibée qu’une éponge, s’écroula dès qu’il la toucha.

Une impression d’espace lui souffla qu’il y avait une autre cave de l’autre côté. Elle empestait la pourriture et le bois calciné.

Est-ce que… la voix saurait le retrouver s’il ouvrait maintenant les yeux ? Les caves ne se ressemblaient-elles pas toutes ?

Celle-ci était peut-être pleine de rats elle aussi.

Ses yeux s’ouvrirent d’un coup. Il n’y avait pas de rats, mais une autre bouche d’égout rouillée donnait sur un tunnel juste assez grand pour qu’il y passe. Il distinguait une faible lumière.

C’est donc ça le monde des rats, se dit-il en s’efforçant de racler son pelage tout crotté. Obscur, vaseux, puant, peuplé de voix bizarres. Moi, je suis un chat. Le soleil et l’air pur, voilà mon style. Tout ce qu’il me faut maintenant, c’est un trou sur le monde extérieur, et je mets les bouts, ou du moins la boue.

Une voix dans sa tête – pas la voix mystérieuse mais plutôt une voix comme la sienne – lui fit remarquer : Mais que deviennent le gamin à l’air bête et les autres ? Tu devrais les aider ! Et Maurice songea : D’où tu sors, toi ? Tiens, va donc toi-même les aider, moi je vais me trouver un coin au chaud, qu’est-ce que tu en dis ?

La lumière au bout du tunnel s’intensifia. Ça ne ressemblait pas encore à la lumière du jour ni même au clair de lune, mais tout valait mieux que ces ténèbres.

Du moins presque tout.

Il sortit la tête du conduit dans un autre beaucoup plus large, fait de briques gluantes d’une curieuse saleté souterraine, et dans le cercle lumineux d’une bougie.

« C’est… Maurice ? demanda Pêches en observant la boue qui tombait de son pelage crotté.

— Il sent meilleur que d’habitude, alors, dit Noir-mat en se fendant d’un sourire que Maurice trouva peu amical.

— Oh, ha, ha », lâcha Maurice d’une petite voix. Il n’était pas d’humeur à faire assaut de reparties.

« Ah, je savais que tu ne nous laisserais pas tomber, mon vieil ami, dit Pistou. Je répète toujours qu’on peut au moins compter sur Maurice. » Il poussa un profond soupir.

« Oui, dit Noir-mat en lançant au chat un regard beaucoup plus entendu. Mais on peut compter sur lui pour faire quoi ?

— Oh, fit Maurice. Euh… Bien. Je vous ai retrouvés, déjà.

— Oui, reconnut Noir-mat d’un ton que Maurice jugea méchant. Fabuleux, non ? Et j’imagine que tu as cherché longtemps. Je t’ai vu filer pour nous chercher.

— Est-ce que tu peux nous aider ? demanda Pistou. Il nous faut un plan.

— Ah, d’accord, dit Maurice. Je propose qu’on monte dès que l’occasion se prés…

— Pour sauver Pur-Porc, le coupa Noir-mat. On n’abandonne pas les nôtres.

— Non ? fit Maurice.

— Non, confirma Noir-mat.

— Et puis il y a le gamin, dit Pêches. D’après Sardines, il est attaché avec la fille dans une des caves.

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