Le fabuleux Maurice et ses rongeurs savants [The Amazing Maurice and His Educated Rodents - fr]
- Автор: Пратчетт Теренс Дэвид Джон
- Серия: Disque-monde #28
- Год: 2004
- Язык: французский
- Год: Atalante
- ISBN: 2-84172-292-9
- Переводчик: Patrick Couton
- Жанр: Фэнтези
Электронная книга - «Le fabuleux Maurice et ses rongeurs savants [The Amazing Maurice and His Educated Rodents - fr]». Краткое содержание книги:
Imaginez maintenant des rats intelligents qui soient de mèche avec le joueur de flûte… et pilotés par le roi de l’arnaque soi-même, le fabuleux Maurice, le chat de tous les chats. Ça, c’est une combine qui peut rapporter gros.
Jusqu’au jour où la fine équipe s’attaque au bourg de Bad Igoince où l’attendent le mystère, la terreur et le Mal.
Dans un sifflement, Noir-mat fouetta l’air avec l’objet. « J’ai demandé au gamin à l’air bête de me la fabriquer », répondit-il.
Pur-Porc comprit alors de quoi il s’agissait. « C’est une épée, dit-il. Tu as trouvé l’idée dans L’Aventure de monsieur Lapinou ?
— Exact.
— Je n’ai jamais cru à ce machin-là, grommela Pur-Porc.
— Mais une lance c’est une lance, dit Noir-mat avec calme. Je crois qu’on est proches des autres rats. Ce serait une bonne idée que la plupart d’entre nous restent ici… chef. » Pur-Porc eut l’impression qu’on lui donnait encore des ordres, mais Noir-mat restait poli. « Je suggère que quelques-uns d’entre nous aillent flairer en éclaireurs, poursuivit le dépiégeur. Sardines serait utile, et je vais y aller, bien entendu…
— Moi aussi », fit Pur-Porc.
Il jeta un regard mauvais à Noir-mat qui acquiesça : « Évidemment. »
Chapitre 7
Malicia observait la trappe comme si elle voulait la noter sur dix.
« Bien cachée, dit-elle. Pas étonnant qu’on ne l’ait pas vue.
— Je n’ai pas eu très mal, lança Keith depuis l’obscurité en dessous.
— Bien, fit Malicia sans interrompre son examen de la trappe. Tu es tombé profond ?
— C’est une espèce de cave. Je vais bien parce que je suis tombé sur des sacs.
— D’accord, d’accord, on ne va pas s’éterniser là-dessus, ça ne serait pas une aventure sans quelques menus aléas, dit la fille. Tiens ! le haut d’une échelle. Pourquoi tu ne l’as pas prise ?
— Je n’ai pas pu, vu que je dégringolais, lança la voix de Keith.
— Je te descends ? proposa Malicia à Maurice.
— Tu veux que je t’arrache les yeux ? » répliqua Maurice.
Le front de Malicia se plissa. Elle avait toujours l’air contrariée quand elle ne comprenait pas quelque chose. « C’est de l’ironie, ça ? demanda-t-elle.
— Une suggestion, répondit Maurice. Je ne me laisse pas prendre par des étrangers. Tu descends. Je te suis.
— Mais tu n’as pas les pattes qu’il faut pour une échelle !
— Tu veux que je te parle des tiennes ? »
Malicia descendit dans le noir. Un bruit métallique, puis l’embrasement d’une allumette. « C’est plein de sacs ! dit-elle.
— Je sais, fit la voix de Keith. J’ai atterri dessus. Je te l’ai dit.
— C’est du blé ! Et… il y a des chapelets et des chapelets de saucisses ! De la viande fumée ! Des cageots de légumes ! Il y a plein à manger ! Aargh ! Dégage de mes cheveux ! Ouste ! Le chat m’a sauté sur la tête ! »
Maurice bondit sur un sac.
« Hah ! fit Malicia en se frottant le crâne. On nous a raconté que les rats avaient tout pris. Je comprends maintenant. Les chasseurs de rats se faufilent partout, ils connaissent tous les conduits, toutes les caves… et quand je pense que ce sont nos impôts qui payent ces voleurs ! »
Maurice fit du regard le tour de la cave à la clarté de la lanterne que tenait Malicia. Il y avait effectivement beaucoup de vivres. Des filets suspendus au plafond débordaient effectivement de gros choux blancs bien lourds. Les saucisses déjà mentionnées reliaient effectivement en boucles chacune des poutres. Le local regorgeait effectivement de bocaux, de tonneaux et de sacs à n’en plus finir. Et tout ça l’inquiétait effectivement.
« Alors voilà, dit Malicia. Quelle cachette ! Allons directement au guet municipal signaler ce qu’on a découvert, on aura tous droit à un goûter de roi, peut-être même à une médaille, et après…
— Je me méfie, la coupa Maurice.
— Pourquoi ?
— Parce que je suis méfiant de nature ! Je me méfierais de tes chasseurs de rats s’ils m’assuraient que le ciel est bleu. Qu’est-ce qu’ils ont fait ? Ils ont piqué les vivres en disant : « C’est les rats, parole » ? Et tout le monde les a crus ?
— Non, crétin. On a trouvé des os rongés, des paniers d’œufs vides, des choses comme ça. Et des crottes de rat partout !
— Je suppose qu’on a pu gratter les os, et les chasseurs ont pu récupérer des pelletées de crottes de rat… concéda Maurice.
— Et ils tuent tous les vrais rats, comme ça ils y gagnent encore ! dit Malicia d’un air triomphant. Très malin !
— Ouais, et c’est un peu curieux, parce qu’on a vu tes chasseurs de rats et, franchement, s’il pleuvait des boulettes de viande, ils n’arriveraient même pas à trouver une fourchette.
— J’ai réfléchi à quelque chose, intervint Keith qui fredonnait tout seul.
— Ben, je suis ravie que quelqu’un ait réfléchi, commenta Malicia.
— C’est au sujet du treillage, reprit Keith. Il y avait du treillis métallique dans la cabane.
— C’est important ?
— Pourquoi des chasseurs de rats ont-ils besoin de treillis métallique ?
— Comment je saurais, moi ? Pour des cages peut-être ? Qu’est-ce que ça peut faire ?
— Pourquoi des chasseurs mettraient-ils des rats en cage ? Les rats crevés ne s’échappent pas, si ? »
Un silence se fit. Maurice voyait que la réflexion de Keith embarrassait Malicia. C’était une complication dont elle se serait bien passée. Ça fichait son histoire par terre.
« J’ai peut-être l’air bête, ajouta Keith, mais je ne le suis pas. J’ai le temps de réfléchir parce que je ne passe pas mon temps à parler. Je regarde autour de moi. J’écoute. J’essaye d’apprendre. Je…
— Je ne parle pas tout le temps ! »
Maurice les laissa se chamailler et s’éloigna d’un air digne dans un angle de la cave. Ou des caves. Elles paraissaient s’étendre très loin. Il vit quelque chose filer par terre comme l’éclair dans l’obscurité et bondit sans même réfléchir. Se souvenant que son dernier repas de souris remontait à longtemps, son ventre s’était relié directement à ses pattes. « D’accord, dit-il tandis que sa prise se tortillait entre ses griffes, parle, sinon…»
Un petit bâton le frappa sèchement. « Ça va pas ? lança Sardines en se débattant pour se relever.
— Bas bevoin de daber auffi fort ! marmonna Maurice en essayant de lécher son museau qui lui cuisait.
— Je porte un rklklk de chapeau, vu ? cracha Sardines. Ça te gênerait de faire un peu gaffe ?
— Dague-or, dague-or, barbon… Qu’est-ce que tu fiches ici ? »
Sardines s’épousseta. « Je te cherche, toi ou le gamin à l’air bête, dit-il. C’est Pur-Porc qui m’envoie. On est maintenant dans le pétrin ! Tu ne croiras pas ce qu’on a trouvé !
— Il me veut, moi ? fit Maurice. Je croyais qu’il ne m’aimait pas !
— Ben, d’après lui, c’est mauvais et maléfique et tu sauras quoi faire, patron, dit Sardines en ramassant son chapeau. Regarde-moi ça ! Ta griffe est carrément passée au travers !
— Mais je t’ai demandé si tu parlais, non ?
— Oui, mais…
— Je demande toujours !
— Je sais, alors…
— Je tiens à demander et je suis inflexible là-dessus, tu sais !
— Oui, oui, c’est très clair, je te crois. Je me plaignais seulement pour le chapeau !
— Je détesterais qu’on s’imagine que je ne demande pas, insista Maurice.
— On ne va pas y passer la nuit. Où est le gamin ?
— Là-bas derrière, il discute avec la fille, répondit Maurice d’un air boudeur.
— Quoi, la folle ?
— C’est ça.
— Tu ferais bien d’aller les chercher. On a affaire au mal, et du sérieux. Il y a une porte à l’autre bout de ces caves. Je suis étonné que tu ne sentes rien d’ici !