Le fabuleux Maurice et ses rongeurs savants [The Amazing Maurice and His Educated Rodents - fr]
- Автор: Пратчетт Теренс Дэвид Джон
- Серия: Disque-monde #28
- Год: 2004
- Язык: французский
- Год: Atalante
- ISBN: 2-84172-292-9
- Переводчик: Patrick Couton
- Жанр: Фэнтези
Электронная книга - «Le fabuleux Maurice et ses rongeurs savants [The Amazing Maurice and His Educated Rodents - fr]». Краткое содержание книги:
Imaginez maintenant des rats intelligents qui soient de mèche avec le joueur de flûte… et pilotés par le roi de l’arnaque soi-même, le fabuleux Maurice, le chat de tous les chats. Ça, c’est une combine qui peut rapporter gros.
Jusqu’au jour où la fine équipe s’attaque au bourg de Bad Igoince où l’attendent le mystère, la terreur et le Mal.
— Oh, ben, tu sais, les humains… fit Maurice en grimaçant. Les humains et les humains, tu sais, c’est un truc d’humains. A mon avis, il ne faut pas nous mêler de ça, on pourrait se méprendre, je connais les humains, ils se débrouilleront…
— Les humains, je m’en fiche comme d’une shrlt de furet ! cracha Noir-mat. Mais les chasseurs de rats ont emmené Pur-Porc dans un sac ! Tu as vu la salle, le chat ! Tu as vu les rats entassés dans les cages ! Ce sont les chasseurs qui volent les vivres ! Sardines parle de sacs et de sacs de vivres ! Et il y a autre chose…
— Une voix », fit Maurice avant de pouvoir se retenir.
Noir-mat releva la tête, les yeux grands ouverts. « Tu l’as entendue ? Je croyais qu’on était les seuls !
— Les chasseurs l’entendent aussi, dit Maurice. Seulement ils s’imaginent que ce sont leurs propres pensées.
— Elle a fait peur aux autres, marmonna Pistou. Ils… se sont arrêtés de penser…» Il avait l’air totalement abattu. Ouvert près de lui, souillé de saleté et de traces de pattes, gisait L’Aventure de monsieur Lapinou. « Même Toxie s’est enfui, reprit-il. Et il sait écrire ! Comment est-ce possible ?
— On dirait que certains ont été plus affectés que d’autres, dit Noir-mat d’une voix plus neutre. J’ai envoyé quelques-uns des plus raisonnables pour tenter de rassembler le reste, mais ça va prendre du temps. Ils couraient à l’aveuglette. Il faut qu’on récupère Pur-Porc. C’est lui le grand chef. On est des rats, après tout. Un clan. Les rats suivent le chef.
— Mais il est un peu vieux, c’est toi le plus solide et il n’est pas exactement le cerveau de la bande… commença Maurice.
— Ils l’ont emmené ! Ce sont des chasseurs de rats ! Il est des nôtres ! Tu vas nous aider, oui ou non ? »
Maurice crut entendre des grattements à l’autre bout de son conduit. Il ne pouvait pas se retourner pour vérifier et il se sentit soudain très vulnérable.
« Ouais, je vous aide, ouais, ouais, s’empressa-t-il de répondre.
— Hum. Tu le penses vraiment, Maurice ? demanda Pêches.
— Ouais, ouais, d’accord. » Maurice sortit en rampant de son conduit et se retourna pour regarder dedans. Aucun signe de rats.
« Sardines suit les chasseurs, dit Noir-mat, on va savoir où ils l’emmènent…
— J’ai la mauvaise impression de le savoir déjà, fit Maurice.
— Comment ça ? cracha Pêches.
— Je suis un chat, pas vrai ? Les chats traînent partout. On repère des trucs. Des tas de villages se fichent que les chats se baladent, comprenez, parce qu’on limite la prolifération de la verm… on empêche les… euh…
— D’accord, d’accord, on sait que tu ne manges pas ce qui parle, tu n’arrêtes pas de nous le seriner, dit Pêches. Allez, accouche !
— J’étais un jour dans un bâtiment, c’était une grange, en haut dans le fenil, là où on trouve toujours… euh…»
Pêches roula des yeux. « Oui, oui, continue !
— Enfin, bref, des hommes sont arrivés, et je ne pouvais pas m’en aller parce qu’ils avaient des tas de chiens et qu’ils avaient fermé les portes, et alors… euh… ils ont installé une espèce de grand mur rond en bois au milieu de la grange, puis certains qui avaient des boîtes contenant des rats les ont vidées dans l’arène et y ont aussi fait entrer des chiens. Des terriers, précisa Maurice en tâchant de ne pas regarder ses auditeurs.
— Les rats se sont battus contre les chiens ? demanda Noir-mat.
— Ben, j’imagine qu’ils auraient pu. Ils couraient surtout autour de la fosse. Ça s’appelle des courses aux rats. Ce sont les chasseurs qui les amènent, évidemment. Vivants.
— Courses aux rats… répéta Noir-mat. Comment se fait-il qu’on n’en a jamais entendu parler ? »
Maurice le regarda en battant des paupières. Pour des animaux intelligents, les rongeurs se montraient parfois étonnamment bêtes. « Pourquoi vous en auriez entendu parler ? répliqua-t-il.
— Sûrement qu’un des rats qui… ?
— Tu n’as pas l’air de comprendre. Les rats qui entrent dans la fosse n’en ressortent pas. Du moins en respirant encore. »
Un silence suivit.
« Ils ne peuvent pas sauter par-dessus ? demanda Pêches d’une petite voix.
— Trop haut, répondit Maurice.
— Pourquoi est-ce qu’ils ne se battent pas contre les chiens ? dit Noir-mat.
— Parce que ce sont des rats, Noir-mat. Des tas de rats. Qui puent la peur et la panique qu’ils se transmettent les uns aux autres. Tu sais bien comment ça se passe.
— Une fois j’ai mordu un chien au museau !
— D’accord, d’accord, fit Maurice d’une voix apaisante. Un rat tout seul peut réfléchir et être brave, d’accord. Mais une bande de rats, c’est une masse. Une bande de rats, c’est une grosse bête avec des tas de pattes mais sans cervelle.
— Ce n’est pas vrai ! s’indigna Pêches. Ensemble, on est forts !
— Quelle hauteur exactement ? demanda Noir-mat qui fixait la lumière de la bougie comme s’il y voyait des images.
— Quoi ? demandèrent en chœur Pêches et Maurice.
— Le mur… Quelle hauteur exactement ?
— Huh ? Je ne sais pas, moi ! Haut, quoi ! Les hommes s’accoudaient dessus ! Est-ce que ça compte ? C’est bien trop haut pour qu’un rat saute par-dessus, je le sais.
— Tout ce qu’on a fait, on l’a fait parce qu’on est soudés ensemble… insista Pêches.
— On va sauver Pur-Porc ensemble, alors, dit Noir-mat. On va…» Il se retourna brusquement en entendant un rat venir dans la canalisation, puis il plissa le museau. « C’est Sardines, annonça-t-il. Et… voyons, ça sent la femelle, jeune, nerveuse… Nutritionnelle ? »
La plus jeune recrue de la brigade de dépiégeage suivait Sardines. Elle était trempée et abattue.
« Tu ressembles à un rat noyé, mademoiselle, dit Noir-mat.
— Suis tombée dans une canalisation défoncée, chef, expliqua Nutritionnelle.
— Fait plaisir de te revoir, en tout cas. Qu’est-ce qui se passe, Sardines ? »
Le rat dansant exécuta quelques pas nerveux. « J’ai escaladé plus de canalisations et suivi plus de cordes à linge qu’il n’est raisonnable, répondit-il. Et ne me demandez rien sur ces krrkk de chats, patron, je voudrais tous les voir crever jusqu’au dernier – exception faite de Votre Honneur, ’videmment, ajouta-t-il en reluquant Maurice d’un œil inquiet.
— Et… ? fit Pêches.
— Ils sont allés dans une espèce d’écurie à la limite du village, reprit Sardines. Ça sent mauvais. Des tas de chiens dans le coin. Et aussi d’hommes.
— Fosse aux rats, laissa tomber Maurice. Je vous l’avais dit. Ils élèvent des rats pour la fosse !
— D’accord, conclut Noir-mat. On va sortir Pur-Porc de là. Sardines, montre-moi le chemin. On tâchera de récupérer une partie des nôtres en cours de route. Vous autres, vous devriez essayer de retrouver le gamin.
— Pourquoi c’est toi qui donnes des ordres ? lança Pêches.
— Parce que quelqu’un doit le faire, répondit Noir-mat. Pur-Porc est peut-être un brin galeux et ancré dans ses habitudes, mais c’est le chef, tout le monde le sent bien, et on a besoin de lui. Des questions ? Bien…
— Je peux venir, chef ? demanda Nutritionnelle.
— Elle m’aide à porter ma ficelle, patron », expliqua Sardines. La jeune rate et lui en avaient de pleins paquets.
« Tu as besoin de tout ça ? s’étonna Noir-mat.
— On ne refuse jamais un bout de ficelle, patron, répondit Sardines avec le plus grand sérieux. C’est incroyable tout ce que j’ai pu trouver…