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Le fabuleux Maurice et ses rongeurs savants [The Amazing Maurice and His Educated Rodents - fr]

Электронная книга - «Le fabuleux Maurice et ses rongeurs savants [The Amazing Maurice and His Educated Rodents - fr]». Краткое содержание книги:

Vous connaissez l’histoire du joueur de flûte de Hamelin ? Les rats avaient envahi la ville, les habitants se désespéraient ; un joueur de flûte vint les sauver, qui ensorcela les rats au son de son instrument et les fit quitter la ville derrière lui pour les noyer dans la rivière.
Imaginez maintenant des rats intelligents qui soient de mèche avec le joueur de flûte… et pilotés par le roi de l’arnaque soi-même, le fabuleux Maurice, le chat de tous les chats. Ça, c’est une combine qui peut rapporter gros.
Jusqu’au jour où la fine équipe s’attaque au bourg de Bad Igoince où l’attendent le mystère, la terreur et le Mal.
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— J’aimerais bien faire comprendre à tout le monde que j’ai demandé, c’est tout…

— Patron, fit Sardines, c’est du sérieux ! »

Pêches et Pistou attendaient le groupe d’exploration. Ils étaient avec Toxie, un autre jeune rat qui lisait bien et tenait vaguement lieu d’assistant. Pêches avait aussi apporté L’Aventure de monsieur Lapinou.

« Ils sont partis depuis longtemps, dit Toxie.

— Noir-mat vérifie tout pas à pas, répliqua Pêches.

— Il y a quelque chose qui cloche », dit Pistou. Il fronça le museau.

Un rat dévala en flèche le tunnel et les poussa frénétiquement pour passer.

Pistou flaira, le museau en l’air. « La peur », dit-il.

Trois autres rats passèrent à toute vitesse et le renversèrent.

« Qu’est-ce qui leur arrive ? » demanda Pêches tandis qu’un autre rat la faisait tournoyer sur place dans un effort pour s’ouvrir un chemin.

Il poussa un couinement dans sa direction et détala.

« C’était Supérieure, s’étonna-t-elle. Pourquoi elle n’a rien dit ?

— Encore… la peur, fit Pistou. Ils sont… effrayés. Terrifiés…»

Toxie voulut arrêter le rat suivant. L’autre le mordit et poursuivit sa course en pépiant.

« Il faut battre en retraite, dit Pêches d’un ton pressant. Qu’est-ce qu’ils ont trouvé là-bas ? Peut-être un furet !

— Pas possible ! dit Toxie. Pur-Porc a déjà tué un furet ! »

Trois autres rats passèrent en trombe en traînant la terreur dans leur sillage. L’un d’eux glapit vers Pêches, bredouilla follement à l’intention de Pistou et poursuivit sa course.

« Ils… ils ne savent plus parler… chuchota Pistou.

— Quelque chose d’horrible a dû leur flanquer la trouille ! dit Pêches en raflant ses notes.

— Ils n’ont jamais eu la trouille à ce point-là ! fit Toxie. Vous vous souvenez quand un chien nous a trouvés ? On avait tous la frousse, mais on a parlé, il est tombé dans le piège et Pur-Porc l’a raccompagné tout geignard…»

Pêches vit avec stupéfaction que Pistou pleurait. « Ils ne savent plus parler. »

Une demi-douzaine d’autres rats passèrent en force en poussant des cris perçants. Pêches tenta d’en arrêter un, mais il couina vers elle et l’esquiva.

« C’était Quatreportions ! dit-elle en se tournant vers Toxie. Je lui ai parlé il n’y a pas plus d’une heure ! Elle… Toxie ? »

Les poils de Toxie se hérissaient. Il avait les yeux dans le vague. Sa gueule ouverte découvrait ses dents. Il regarda fixement Pêches, ou carrément à travers elle, puis pivota et détala.

Elle se retourna pour étreindre Pistou de ses pattes tandis que la peur les submergeait.

Il y avait des rats. D’un mur à l’autre, du sol au plafond, des rats partout. Les cages en étaient bondées ; ils s’accrochaient au treillis de devant et à celui du dessus. Le grillage se tendait sous le poids. Des formes luisantes bouillonnaient et dégringolaient, des pattes et des museaux débordaient par les trous. Des couinements, des bruissements et des criaillements emplissaient l’espace, et la puanteur était épouvantable.

Ce qui restait du peloton d’exploration de Pur-Porc s’était regroupé au milieu de la salle. La plupart s’étaient maintenant enfuis. Si les odeurs avaient été des bruits, on aurait entendu des cris et des hurlements. Par milliers. Elles saturaient la longue salle dans une espèce d’étrange pression. Même Maurice la sentit dès que Keith eut enfoncé la porte. C’était comme une migraine hors de la tête qui s’efforçait d’entrer. Et qui cognait aux oreilles.

Maurice se tenait un peu en retrait. Pas besoin d’être très malin pour voir qu’il s’agissait d’une situation grave dont on risquait de devoir se sortir précipitamment à tout moment.

Entre les jambes de Keith et de Malicia, il aperçut Noir-mat, Pur-Porc et quelques autres Changés. Au milieu du local, ils regardaient fixement les cages qui les surplombaient.

Il fut étonné de constater que même Pur-Porc tremblait. Mais de rage.

« Sors-les de là ! cria-t-il à Keith. Sors-les tous de là ! Sors-les tout de suite !

— Un autre rat qui parle ? fit Malicia.

— Sortez-les ! hurla Pur-Porc.

— Toutes ces cages immondes… murmura Malicia en écarquillant les yeux.

— Je l’avais bien dit pour le treillis métallique, constata Keith. Regarde, on voit où ç’a été réparé… ils ont rongé le fil de fer pour s’échapper !

— J’ai dit de les sortir ! s’époumona Pur-Porc. Sortez-les sinon je vous tue ! Le mal ! Le mal ! Le mal !

— Mais ce ne sont que des rats…» fit Malicia.

Pur-Porc bondit et atterrit sur la robe de la fille. Il grimpa à toute vitesse vers son cou. Elle se pétrifia. « Il y a des rats qui se mangent entre eux là-dedans ! siffla-t-il. Je vais te ronger, tu es le mal…»

La main de Keith le saisit fermement à la taille et le détacha du cou de Malicia. Poussant des cris stridents, le poil hérissé, Pur-Porc planta ses dents dans le doigt de Keith.

Malicia sursauta. Même Maurice grimaça.

Pur-Porc rejeta la tête en arrière, le museau dégoulinant de sang, et cligna les yeux d’horreur.

Des larmes montèrent aux yeux de Keith. Très délicatement, il posa le rat par terre. « C’est l’odeur, dit-il doucement. Ça les rend malades.

— Tu… tu as dit qu’ils étaient apprivoisés, je croyais ! » fit Malicia, enfin capable de parler. Elle ramassa un morceau de bois en appui contre les cages.

Keith le lui fit sauter de la main. « Ne t’avise jamais de nous menacer !

— Il t’a attaqué !

— Regarde autour de toi ! On n’est pas dans une histoire ! C’est la réalité ! Tu comprends ? La peur leur fait perdre la boule !

— Comment oses-tu me parler comme ça ? s’écria Malicia.

— Rrkrkrk !

— Tu es des nôtres, hein ? C’était un juron rat, non ? Tu jures même en rat, petit raton ? »

Comme des chats, se disait Maurice. Face à face à se hurler dessus. Ses oreilles pivotèrent en entendant un autre bruit au loin. Quelqu’un descendait l’échelle. Maurice savait par expérience que ce n’était pas le moment de parler à des humains. Ils répliquaient toujours par des « quoi ? », des « ce n’est pas vrai ! » ou des « où ça ? ».

« Filez d’ici tout de suite, dit-il en passant au galop près de Noir-mat. Ne jouez pas aux humains, courez ! »

Assez d’héroïsme comme ça, décida-t-il. Ça ne vaut rien de se laisser ralentir par les autres.

Une vieille canalisation débouchait dans le mur. Il patina sur le sol gluant quand il changea de direction, et il aperçut, oui, un trou de la taille d’un Maurice là où un barreau manquait, rongé par la rouille. Les griffes labourant le sol pour gagner de la vitesse, il fonça dans le trou juste au moment où les chasseurs de rats entraient dans le local aux cages.

Puis, en sécurité dans l’obscurité, il se retourna et jeta un coup d’œil.

D’abord une vérification. Maurice était-il sain et sauf ? Toutes les pattes répondaient à l’appel ? La queue ? Oui. Parfait.

Il voyait Noir-mat tirailler Pur-Porc qui paraissait figé sur place tandis que les autres détalaient vers une deuxième canalisation dans le mur d’en face. Ils se déplaçaient d’une course incertaine. Voilà ce qui arrive quand on se laisse aller, se dit Maurice. Ils se croyaient devenus savants, mais au fond de lui un rat reste un rat.

Moi, en revanche, je suis différent. Mon cerveau fonctionne à la perfection en toutes occasions. Toujours en alerte. Prêt à renifler des derrières.

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