L'homme dans le labyrinthe [The Man in the Maze - fr]
- Автор: Силверберг Роберт
- Год: 1973
- Язык: французский
- Год: J'ai Lu
- Переводчик: Michel Rivelin
- Жанр: Научная фантастика
Электронная книга - «L'homme dans le labyrinthe [The Man in the Maze - fr]». Краткое содержание книги:
Tous les hommes qui avaient tenté de pénétrer dans le labyrinthe de Lemnos avant Muller étaient morts d’une façon atroce. Tous ceux qui avaient essayé de l’y rejoindre par la suite avaient été massacrés.
Aujourd’hui Ned Rawlins vient d’atterrir près du labyrinthe. Il a reçu l’ordre de ramener Muller sur la Terre, sa planète natale qui a besoin de lui. Sa planète qui, neuf ans auparavant, l’avait impitoyablement chassé, forcé à se réfugier au cœur de ce labyrinthe aux dédales mortels.
Quelles chances Rawlins a-t-il de survivre et d’accomplir sa mission ?
La porte s’ouvrit et elle apparut, nue. Elle s’était débarrassée de son maquillage sophistiqué et ses cheveux étaient à nouveau bleus.
— Comme la mer, dit-elle. Je suis navrée, mais je n’ai pas pu les faire pousser. La pièce n’était pas programmée pour ce travail.
— Tu es très belle, dit-il.
Ils se tenaient à une dizaine de mètres l’un de l’autre. Il la voyait de profil et pouvait admirer les contours de ses formes frêles mais gracieuses, sa poitrine fière et ronde, ses reins cambrés et ses cuisses élancées.
Il voulut rompre le long silence qui s’était installé.
— Je ne saurais te dire si les Hydriens ont cinq sexes ou pas du tout. Cela te montre à quel point j’ai pu me renseigner sur eux. Je ne sais pas non plus comment ils font, mais j’ai l’impression que notre système est beaucoup plus amusant. Pourquoi restes-tu si loin de moi, Marta ?
Sans dire un mot elle s’approcha de lui. Il passa un bras autour de ses épaules et pressa sa main contre son sein. D’habitude, quand il caressait ainsi la tendre éminence, il sentait le petit bout se durcir et se dresser de désir contre sa paume. Pas cette fois-ci. Elle frissonna légèrement comme une jeune pouliche timide et nerveuse. Il pressa ses lèvres contre les siennes, mais elles étaient sèches, serrées et hostiles. Elle frémit quand il voulut caresser son visage. Il la tira en arrière et ils s’assirent côte à côte sur le lit. Sa petite main élégante le touchait mais avec une sorte de répugnance.
Il lut la douleur dans ses yeux.
Elle roula brusquement de l’autre côté du lit, sa tête s’enfonçant profondément dans l’oreiller. Il étudia son pauvre visage crispé par quelque étrange agonie. Puis brusquement elle lui prit les mains et l’attira vers elle. Elle ouvrit ses cuisses pour s’offrir à lui.
— Prends-moi, Dick, dit-elle, faussement passionnée. Tout de suite !
— Pourquoi tout de suite ?
Elle essaya de le forcer en elle pour qu’il la pénètre. Il refusa. Il s’échappa de l’étreinte de ses cuisses et s’assit. Son beau visage était empourpré et ruisselant de larmes. Maintenant la vérité commençait à lui apparaître dans toute son horreur, mais il voulait en savoir plus.
— Dis-moi ce qui ne va pas, Marta ? demanda-t-il.
— Je ne sais pas.
— Tu agis comme si tu étais malade.
— Je crois que je le suis.
— Depuis quand ? Quand cela a-t-il commencé ?
— Je… Oh ! Dick, pourquoi me poser toutes ces questions ? S’il te plaît, aime-moi. Viens. Viens me faire l’amour.
— Tu n’as pas envie de moi. Pas vraiment. Tu essayes seulement d’être gentille.
— J’essaye de… de te rendre heureux, Dick. Si tu savais comme je… comme j’ai mal.
— Quoi ?
Elle ne répondit pas. Elle cambra ses reins impudiquement et tenta à nouveau de l’attirer vers son ventre. Il se leva du lit.
— Dick, Dick, je t’avais averti de ne pas y aller ! Je t’avais dit que j’avais un mauvais pressentiment. Que je craignais pour toi autre chose que la mort.
— Dis-moi ce qui te fait souffrir.
— Je ne peux pas. Je… ne sais pas.
— Tu mens ! Quand as-tu ressenti les premiers symptômes de ton mal ?
— Ce matin. En me levant.
— Tu mens encore ! Tu dois me dire la vérité. Tu entends ?
— Fais-moi l’amour, Dick. Je ne peux plus attendre ! J’ai…
— Tu as quoi ?
— Je ne… je ne peux pas supporter.
— Qu’est-ce que tu ne peux pas supporter ?
— Rien. Rien.
Elle bondit du lit et vint se frotter contre lui, toute tremblante, telle une chatte en chaleur. Ses yeux brûlaient et ses muscles faciaux se tendaient spasmodiquement.
Il attrapa ses poignets et les serra de toutes ses forces.
— Dis-moi ce que tu ne peux pas supporter, Maria !
Elle hoqueta. Il resserra son étreinte. Elle se tordit convulsivement en arrière, la tête ballante, sa poitrine tendue vers le plafond. Tout son corps était couvert de sueur. Sa nudité luisante enflammait Muller et le rendait fou.
— Dis-moi ! cria-t-il. Tu ne peux pas supporter quoi… ?
— … d’être près de toi, laissa-t-elle tomber dans un souffle.
6.
À l’intérieur du labyrinthe, l’air était quelque peu plus chaud et plus doux. Les murs qui coupaient les vents devaient en être responsables, pensa Rawlins. Il marchait précautionneusement, obéissant à la voix qui parlait dans son oreille.
Tournez à gauche… trois pas… mettez votre pied droit à côté de la bande noire sur le pavement… pivotez… tournez à gauche… quatre pas… tournez à quatre-vingt-dix degrés sur la droite… vous faites immédiatement un autre tour à quatre-vingts degrés toujours sur la droite.
Cela lui rappelait les jeux de piste de son enfance. La seule différence était que les risques étaient beaucoup plus sérieux. Il se déplaçait avec beaucoup de prudence, sentant la mort tapie sous ses talons. Quels êtres pouvaient avoir construit un endroit pareil ? Devant lui un flot d’énergie gicla à travers le chemin. L’ordinateur égrena les secondes. Un, deux, trois, quatre, cinq, PARTEZ ! Rawlins prit son élan et courut.
Sauf !
De l’autre côté, il s’arrêta net et regarda derrière lui. Boardman le suivait à quelques pas, ne semblant pas du tout gêné par son âge. Il lui fit signe avec son bras et cligna de l’œil. Il était devant l’obstacle. Un, deux, trois, quatre, cinq, PARTEZ !
Boardman traversa l’endroit dangereux et le rejoignit.
— Si on se reposait un instant ? demanda Rawlins.
— Vous n’êtes pas obligé de ménager le pauvre vieillard, Ned. Continuez à avancer. Je ne suis pas encore fatigué.
— Nous avons un passage difficile un peu plus loin.
— Alors, allons-y.
Le jeune homme ne pouvait s’empêcher de jeter des coups d’œil sur les ossements. De vieux squelettes secs et aussi des cadavres tout récents. Des êtres de toutes les races et espèces avaient péri ici.
Et si je mourais dans les dix minutes qui vont suivre ?
Des éclairs brillants zébraient maintenant l’atmosphère à une cadence de plusieurs à la seconde. Boardman, à cinq mètres derrière lui, devint une silhouette fantastique se déplaçant avec des mouvements saccadés et discontinus. Rawlins passa sa main devant ses yeux pour voir l’effet de près. Il semblait que chaque fraction de seconde avait perdu conscience d’appartenir à une unité. Il y avait des trous dans le temps.
L’ordinateur se fit entendre. Marchez dix pas et arrêtez-vous. Un. Deux. Trois. Marchez dix pas et arrêtez-vous. Un. Deux. Trois. Déplacez-vous vite jusqu’à ce que vous soyez arrivé au bout de la rampe.
Rawlins n’arrivait pas à se souvenir de ce qu’il risquait s’il ne respectait pas son chronométrage.
Ici, dans la zone H, les pièges étaient si nombreux qu’il était impossible de tous les garder en mémoire. Était-ce bien ici qu’un bloc de pierre d’une tonne tombait sur l’imprudent ? Ou était-ce plutôt les parois qui venaient s’écraser l’une contre l’autre ? Ou un pont délicatement ouvragé qui s’ouvrait brusquement sur un lac en ébullition ?