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Marionnettes humaines [The Puppet Masters - fr]

Электронная книга - «Marionnettes humaines [The Puppet Masters - fr]». Краткое содержание книги:

L’année 2007, dans l’histoire des Etats-Unis a été l’année de l’invasion. D’une invasion comme on n’en a jamais vu jusqu’alors. Les ennemis, innombrables, se présentent sous un aspect stupéfiant : des boules gélatineuses, animées de mouvements amiboïdes. Ils arrivent par astronef de la planète Titan.
Leur tactique est la plus simple : ils se collent sur la nuque des hommes et ceux-ci deviennent immédiatement des esclaves, des marionnettes soumises complétement à la volonté de ces choses innommables, de ces « maîtres » à la fois malfaisants, despotiques et diaboliquement habiles.
Il faudra une véritable guerre pour venir à bout de cette menace qui pèse sur le genre humain tout entier. Mais l’homme vaincra encore une fois les puissances mauvaises, grâce à un brillant agent des Services Secrets, Elisée Nivens, sa ravissante femme Mary, et son père, le fameux « Patron ».
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— Non, mais…»

Je fis mine de me lever. « Pas de mais ! Donnez-moi votre pistolet, j’y vais tout de suite.

— Impossible. Il est déjà mort.

— Quoi ? Vous m’aviez promis…

— Je le sais bien, mais il est mort pendant que nous essayions de te… de le forcer à parler. »

J’éclatai de rire. Je riais si fort que je ne pouvais plus m’arrêter.

Le Patron me secoua. « Tiens-toi donc tranquille, tu vas te rendre malade. Je regrette ce qui est arrivé, mais il n’y a pas de quoi rire.

— Oh que si ! répliquai-je avec des larmes dans les yeux. Je n’ai jamais rien entendu de si drôle ! Dire que tout cela n’a servi à rien ! Vous vous êtes déshonoré, vous nous avez torturés Mary et moi… tout cela en pure perte ?

— Hein ? Qui te parle de cela ?

— Comment ? Mais je le sais bien ! Vous n’avez rien pu tirer de lui… de nous. Vous n’avez rien appris que vous ne sachiez déjà.

— Que tu crois !

— Allons donc !

— Nous avons mieux réussi que tu ne pourrais t’en douter. Il est vrai que nous n’avons rien tiré directement du parasite avant sa mort, mais de toi c’est autre chose.

— De moi ?

— Parfaitement. Hier soir, nous t’avons questionné. Avec toutes les herbes de la Saint-Jean : penthotal, hypnose, encéphalographie, psychanalyse… La grande lessive, quoi ! Le parasite t’avait dit certaines choses et nous les avons retrouvées dans ton cerveau, après que tu as été libéré de ton “maître”.

— Quoi, par exemple ?

— L’endroit où ils vivent. Nous savons d’où ils viennent et nous pouvons riposter. Ils habitent Titan, le sixième satellite de Saturne. »

Au moment même où il me le dit, je sentis comme un bâillon me serrer la gorge, et je sus qu’il avait raison.

« On peut dire que tu ne t’es pas mis facilement à table, continua-t-il. Il a fallu t’attacher pour t’empêcher de te blesser plus gravement que tu ne l’étais déjà. »

Il posa sa mauvaise jambe sur le bord de mon lit et alluma une cigarette. Il paraissait en veine d’amabilité. Pour ma part, je ne tenais plus à lutter ; ma tête tournait et j’avais besoin de réfléchir à tout cela. Titan… c’était bien loin… Mars est la planète la plus éloignée que les hommes aient jamais atteinte… A moins que l’expédition Seagraves, celle qui n’était jamais revenue, ne soit arrivée jusqu’à Jupiter…

Pourtant nous pouvions aller là-bas si besoin était. Nous pouvions détruire le nid des larves…

Il se leva enfin pour partir. Il avait atteint la porte en boitillant quand je le rappelai.

« Papa…»

Cela faisait des années que je ne lui avais pas donné ce nom. Il se retourna d’un air étonné et comme sans défense.

« Oui, mon petit ?

— Pourquoi maman et vous m’avez-vous appelé Élisée ?

— Hein ? Mais parce que c’était le nom de ton grand-père maternel.

— Ah ? Comme excuse, c’est un peu court.

— Peut-être. »

Il me tourna le dos mais je l’arrêtai de nouveau.

« Papa… Quel genre de femme était maman ?

— Ta mère ? Je ne sais pas trop comment t’expliquer… Enfin… ma foi… elle était tout à fait du genre de Mary. Oui, tout à fait…»

Il sortit sans me laisser le temps de rien ajouter.

Je me tournai, la tête contre le mur et, au bout de quelque temps, je finis par me calmer.

CHAPITRE XII

Quand le docteur m’eut donné mon exeat, je me mis à la recherche de Mary. Je n’avais toujours que la parole du Patron pour seule garantie, mais je me rendais déjà assez nettement compte que j’avais fait l’idiot. Je ne m’attendais pas à la trouver très bien disposée à mon endroit, mais je tenais à placer mon petit discours.

On pourrait croire qu’une grande et belle fille rousse est aussi facile à retrouver qu’une plaine dans le Texas, mais les agents vont et viennent et le personnel sédentaire est dressé à ne s’occuper que de ce qui le regarde. Le Service du personnel m’envoya carrément au bain. Ils m’adressèrent au Bureau des opérations, c’est-à-dire au Patron. Cela ne me convenait pas.

Je me heurtai à plus de méfiance encore quand j’essayai de pointer les listes d’entrées et de sorties. Je me faisais l’effet d’un espion dans mon propre service.

J’allai au laboratoire biologique, mais ne pus découvrir son chef et dus me contenter d’un adjoint. Celui-ci ignorait tout d’une femme ayant tenu un rôle dans « l’Opération Interview », et il se remit à se gratter l’oreille en feuilletant des rapports. Je repartis du laboratoire et allai au bureau du Patron. Je n’avais guère le choix.

Il y avait une tête nouvelle au bureau de Miss Haines. Je ne revis du reste jamais cette dernière et me gardai bien de demander ce qu’elle était devenue. Je ne tenais pas à le savoir.

La nouvelle secrétaire transmit mon indicatif au Patron. Par miracle celui-ci était là et pouvait me recevoir.

« Qu’est-ce que tu veux ? dit-il d’un air bougon.

— Je croyais que vous auriez du boulot à me donner. »

Ce n’était d’ailleurs pas du tout ce que j’avais eu l’intention de lui dire.

« Justement j’allais te faire demander. Ça fait assez de temps que tu tires ta flemme. »

Il aboya quelque chose dans son téléphone et se leva. « Viens », me dit-il.

Je me sentais brusquement apaisé. « Je vais au service de Cosmétique ? dis-je.

— Non, ta sale gueule suffira. Nous partons pour Washington. »

Nous nous arrêtâmes cependant au service de Cosmétique, mais seulement pour y prendre une tenue de ville. Je touchai un pistolet neuf et fis vérifier mon téléphone crânien.

La sentinelle nous obligea à nous découvrir le dos avant de nous laisser approcher pour sortir. Nous émergeâmes enfin à la surface du sol, dans les bas quartiers de La Nouvelle Philadelphie.

« J’en conclus que le patelin n’est pas infecté ? dis-je au Patron.

— Dans ce cas, tu as le cerveau rouillé, me répliqua-t-il. Ouvre l’œil et le bon. »

Je ne pus lui poser d’autres questions. La présence de tant d’hommes habillés me troublait ; je me surpris à tourner la tête pour voir s’ils avaient le dos rond. Monter dans un ascenseur encombré pour gagner le quai de départ me semblait d’une folle imprudence. Quand nous fûmes dans notre autavion et que les appareils de pilotage automatique furent réglés, je le dis au Patron. « On se demande ce que fichent les autorités, remarquai-je. Je jurerais que le flic devant lequel nous venons de passer avait une bosse.

— C’est possible. C’est même probable.

— Ça alors, c’est énorme ! Je croyais que vous aviez la situation bien en main et que vous aviez lancé la contre-offensive sur tous les fronts ?

— À ton avis, que devrais-je faire ?

— C’est pourtant bien simple : même s’il gelait à pierre fendre, on ne devrait pouvoir apercevoir nulle part un dos couvert tant que nous n’aurions pas la certitude que tous les parasites sont morts.

— Tu as raison.

— Eh bien, alors ?… Voyons, le Président sait pourtant bien de quoi il retourne ?

— Il le sait.

— Qu’est-ce qu’il attend alors ? Il devrait proclamer la loi martiale et agir. »

Le Patron regarda le paysage. « Est-ce que tu t’imagines, petit, que c’est le Président qui dirige le pays ?

— Non, bien sûr, mais il est le seul à pouvoir agir.

— Hum… On appelle quelquefois le président Tsvetkov, « le prisonnier du Kremlin ». Ce qui est vrai en tout cas c’est que le Président est le prisonnier du Congrès.

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