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Marionnettes humaines [The Puppet Masters - fr]

Электронная книга - «Marionnettes humaines [The Puppet Masters - fr]». Краткое содержание книги:

L’année 2007, dans l’histoire des Etats-Unis a été l’année de l’invasion. D’une invasion comme on n’en a jamais vu jusqu’alors. Les ennemis, innombrables, se présentent sous un aspect stupéfiant : des boules gélatineuses, animées de mouvements amiboïdes. Ils arrivent par astronef de la planète Titan.
Leur tactique est la plus simple : ils se collent sur la nuque des hommes et ceux-ci deviennent immédiatement des esclaves, des marionnettes soumises complétement à la volonté de ces choses innommables, de ces « maîtres » à la fois malfaisants, despotiques et diaboliquement habiles.
Il faudra une véritable guerre pour venir à bout de cette menace qui pèse sur le genre humain tout entier. Mais l’homme vaincra encore une fois les puissances mauvaises, grâce à un brillant agent des Services Secrets, Elisée Nivens, sa ravissante femme Mary, et son père, le fameux « Patron ».
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« Sam, dit-elle enfin, un jour vous m’avez parlé de mariage…

— Ce jour est loin !

— Je ne m’attendais pas à vous voir renouveler votre proposition. Mais elle comportait une espèce de corollaire ; Sam, quelle que soit l’opinion que vous avez maintenant de moi, je tiens à vous dire que je vous suis profondément reconnaissante de ce que vous avez fait pour moi. Euh… Miss Barkis consent, Sam. Vous me comprenez ? »

Je lui ris au nez.

« Le mécanisme d’une cervelle féminine m’enchantera et me stupéfiera toujours ! Vous croyez toutes que vous pouvez annuler le passé à volonté et repartir de zéro avec de nouveaux atouts en main. »

Je continuai à rire en la voyant rougir.

« Eh bien, cette fois-ci c’est raté, conclus-je. Je ne vous jouerai pas le mauvais tour de vous prendre au mot. »

Elle revint vers moi. Sa voix était redevenue très calme. « Je l’ai cherché, dit-elle. Pourtant j’étais sincère ; cela ou autre chose, je serai toujours prête à tout faire pour vous. »

Je me laissai tomber en arrière sur mon oreiller. « Oh ! quant à cela, vous pouvez faire une chose qui me serait très agréable. »

Son visage s’illumina. « Quoi donc ? dit-elle.

— Me ficher la paix ! Je suis fatigué. »

Je détournai la tête.

Le Patron passa me voir à la fin de l’après-midi. Ma première réaction fut d’en être content. La personnalité du Patron est une force à l’emprise de laquelle on échappe difficilement. Puis la mémoire me revint et je me sentis aussitôt réfrigéré.

« J’ai à te parler, commença-t-il.

— Moi, pas ! Allez-vous-en. »

Il entra sans faire attention à ma réponse.

« Je peux m’asseoir ? demanda-t-il.

— Vous n’avez pas attendu ma permission. »

À cela non plus, il ne fit pas attention. « Tu sais, petit, tu as beau être un de mes meilleurs agents, il y a des moments où tu juges trop vite.

— Quant à cela, rassurez-vous : sitôt que le docteur m’aura permis de me lever, je démissionnerai. »

Mais le Patron n’entendait jamais ce qu’il ne voulait pas entendre.

« Tu arrives trop vite à tes conclusions. Prends la petite Mary, par exemple…

— Quelle petite Mary ?

— Tu sais bien de qui je veux parler. Pour toi, elle s’appelle Mary Cavanaugh.

— Prenez-la vous-même ! Je vous la laisse.

— Tu lui as fait une scène terrible sans savoir la vérité. Tu l’as mise dans un tel état que, par ta faute, je risque de ne plus pouvoir l’utiliser. C’était pourtant un agent remarquable…

— C’est fou ce que ça me navre !

— Je te répète, petit crétin, que tu n’avais aucune raison de l’engueuler comme tu l’as fait. Tu ne connais pas toute la vérité. »

Je ne répondis pas ; les explications sont toujours une mauvaise défense.

« Oh ! je sais bien ce que tu penses, continua-t-il. Tu crois qu’elle a consenti à me servir d’appât. Tu n’as qu’à moitié raison. Elle a servi d’appât, c’est vrai, mais c’était moi qui me servais d’elle. C’est moi qui avais réglé toute la mise en scène.

— Je le sais bien !

— Alors pourquoi lui en vouloir à elle ?

— Parce que jamais vous n’auriez pu mettre votre plan à exécution sans son concours. Oh ! c’est très généreux, vieux salopard que vous êtes, de tout prendre sur vous – mais ça ne résiste pas à l’examen. »

Il ne releva pas l’insulte. « Tu ne saisis pas le nœud du problème, continua-t-il. La petite ne savait rien.

— Enfin, bon Dieu, elle était quand même là, non ?

— Bien sûr. Dis-moi, mon petit, est-ce que je t’ai jamais menti ?

— Non, reconnus-je, mais cela ne vous gênerait pas.

— J’ai peut-être mérité cela, répliqua-t-il. Je mentirais même à un de mes agents si la sécurité du pays en dépendait. Heureusement je n’ai jamais eu à le faire, parce que j’ai toujours su bien choisir ceux qui travaillaient pour moi. Mais aujourd’hui le sort du pays n’est pas en jeu et je ne mens pas. Tu y réfléchiras par toi-même et tu verras bien si, oui ou non, je te dis la vérité. La petite ne savait rien. Elle ne savait pas pourquoi tu étais là. Elle ignorait que je n’avais pas définitivement choisi mon cobaye. Elle ne se doutait pas que je ne voulais pas d’elle, ni que j’avais déjà décidé que toi seul pouvais me convenir et que j’étais résolu à te faire attacher de force à ce fauteuil, au besoin. Si je n’avais pas eu une carte maîtresse dans ma manche pour te décider à te porter volontaire, je l’aurais fait. Elle ne savait même pas que tu avais quitté l’infirmerie. »

Comme j’aurais voulu le croire, je fis tout mon possible pour ne pas me laisser convaincre. Quant à savoir s’il se serait donné la peine de me mentir sur cette question… Après tout, la reprise en main de deux excellents agents était peut-être une chose qu’il considérait à l’heure présente comme mettant en jeu la sécurité du pays. Le Patron a l’esprit très tortueux.

« Regarde-moi bien, ajouta-t-il : il y a une chose que je veux t’enfoncer dans le crâne. D’abord que tout le monde – moi compris – t’est profondément reconnaissant pour ce que tu as fait, quels qu’aient été tes motifs. J’ai fait mon rapport et tu seras sûrement décoré, même dans le cas où tu nous quitterais. Mais ne prends pas pour cela des airs de petit héros…

— Soyez tranquille !

— … Parce que la décoration en question sera décernée à tort. C’est Mary qui l’a méritée. Non, tais-toi une seconde ; je n’ai pas fini : il fallait te contraindre à cette expérience, de gré ou de force. Je ne te critique pas : tu en avais déjà vu de drôles. Mais Mary, elle, était vraiment volontaire. Quand elle s’est assise dans le fauteuil, elle ne s’attendait pas à recevoir sa grâce in extremis. Elle avait toutes raisons de penser que même si elle en réchappait, elle resterait complètement folle – et c’est une chose pire que la mort. Mais elle a quand même accepté, parce qu’elle a la trempe d’un héros – ce que tu n’es pas tout à fait.

« Vois-tu, petit, continua-t-il sans attendre ma réponse, la plupart des femmes sont des idiotes ou des enfants. Mais elles se situent sur une gamme de qualités plus étendue que nous. Les femmes braves sont plus braves, les bonnes sont meilleures et les mauvaises pires que nous. Voilà où je voulais en venir : celle dont nous parlons est plus virile que toi et tu lui as fait beaucoup de mal. »

J’étais si chamboulé que je ne pouvais plus me rendre compte s’il disait vrai, ou, au contraire, s’il me manœuvrait de nouveau.

« J’ai peut-être été injuste, dis-je. Mais si ce que vous dites est vrai…

— C’est vrai !

— … Cela ne rend pas votre attitude plus belle, cela la rend plus ignoble encore. »

Il encaissa sans broncher. « Mon petit, je suis désolé si j’ai perdu ton estime, mais je n’avais pas le choix des moyens. Je suis comme un commandant sur le champ de bataille, à cela près que je ne me sers pas des mêmes armes. Je suis un homme capable de tuer son propre chien, si besoin est. C’est peut-être ignoble, mais dans mon métier, c’est indispensable. Si jamais tu te trouves à ma place, il faudra bien que tu en fasses autant.

— Il y a peu de chances que cela m’arrive !

— Pourquoi ne pas te reposer et réfléchir à tout cela de sang-froid ?

— Je vais prendre un congé. Un congé libérable.

— C’est bien. »

Il se leva.

« Attendez, dis-je…

— Oui ?

— Vous m’avez fait une promesse et j’exige que vous la teniez. C’est au sujet de ce parasite. Vous m’aviez dit que je pourrais le tuer moi-même. Vous n’en avez plus besoin, maintenant ?

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