Marionnettes humaines [The Puppet Masters - fr]
- Автор: Хайнлайн Роберт Энсон
- Год: 1954
- Язык: французский
- Год: Hachette/Gallimard
- Переводчик: Alain Glatigny
- Жанр: Научная фантастика
Электронная книга - «Marionnettes humaines [The Puppet Masters - fr]». Краткое содержание книги:
Leur tactique est la plus simple : ils se collent sur la nuque des hommes et ceux-ci deviennent immédiatement des esclaves, des marionnettes soumises complétement à la volonté de ces choses innommables, de ces « maîtres » à la fois malfaisants, despotiques et diaboliquement habiles.
Il faudra une véritable guerre pour venir à bout de cette menace qui pèse sur le genre humain tout entier. Mais l’homme vaincra encore une fois les puissances mauvaises, grâce à un brillant agent des Services Secrets, Elisée Nivens, sa ravissante femme Mary, et son père, le fameux « Patron ».
Nous organisâmes une espèce de parade pour accompagner le discours stéréodiffusé que le Président devait adresser au pays.
En faisant vite, on avait pu maintenir en vie sept des parasites qui avaient envahi les sacro-saints édifices du Congrès ; ils se trouvaient maintenant fixés sur des animaux. Nous voulions les montrer au public, ainsi que certains bouts du film que l’on avait pris de moi, choisis parmi les moins atroces.
Le Président devait apparaître en short et des mannequins appétissants présenter des modèles de ce que le citoyen bien dévêtu porterait la saison prochaine, y compris la fameuse armure métallique couvrant la nuque et la colonne vertébrale, et destinée à protéger les gens même pendant leur sommeil.
Nous mîmes tout au point au cours d’une seule nuit, à grand renfort de café noir. Le coup de cymbales final devait montrer le Congrès en séance, discutant l’état d’urgence ; tout le monde, hommes, femmes et huissiers, aurait le dos nu.
Vingt-huit minutes avant l’heure de l’émission, le Président reçut un coup de téléphone du Capitole. J’étais là, car le Patron, qui avait passé toute la nuit avec le Président, m’avait gardé sous la main pour les corvées. Nous étions tous en short, le plan « Dos nu » étant déjà entré en application à la Maison Blanche. Le Président ne prit pas la peine de s’isoler. « C’est moi, dit-il. Vous en êtes sûr ? ajouta-t-il bientôt. Très bien, John, alors que me conseillez-vous ?… Je vois… Non, je ne crois pas que cela marcherait… Il vaut mieux que je vienne. Dites-leur de se tenir prêts. » Il repoussa son téléphone et se tourna vers un de ses attachés. « Dites-leur de retarder l’émission. Venez, Andrew, ajouta-t-il à l’intention du Patron. Il faut que nous allions au Capitole. »
Il fit appeler son valet de chambre et passa dans le cabinet de toilette contigu à son cabinet. Quand il en ressortit, il était en tenue d’apparat. Il ne nous donna aucune explication. Nous gardâmes tous notre tenue légère et partîmes avec lui au Capitole.
La séance réunissait les membres des deux assemblées. Il me semblait vivre ce cauchemar bien connu où l’on se voit tout nu dans une église. Les sénateurs et les représentants étaient en effet vêtus comme à l’ordinaire. Mais je m’aperçus bientôt que les huissiers étaient en short et sans chemise ; ce spectacle me ragaillardit.
Certains semblent préférer la mort à une perte de prestige – les sénateurs spécialement. Les représentants aussi, du reste ! Ils avaient donné au Président les pouvoirs qu’il demandait, le plan « Dos nu » avait été discuté et approuvé par eux, mais ils ne comprenaient pas qu’il s’appliquait aussi bien à eux qu’aux autres. Avoir été inspectés et trouvés indemnes de parasites leur semblait suffisant. Il y en avait peut-être qui sentaient la faiblesse de leur position, mais personne ne voulait être le premier à faire son numéro de strip-tease. Ils siégeaient donc tous habillés.
Quand le Président fut monté à la tribune, il attendit que s’établisse un silence de mort. Puis, lentement, calmement, il commença à se déshabiller. Il s’arrêta quand il fut nu jusqu’à la ceinture. Il pivota sur lui-même et leva les deux bras.
« Ce que je viens de faire, dit-il enfin, vous permet de constater que le chef du pouvoir exécutif n’est pas prisonnier de nos ennemis. »
Il prit un temps. « Et vous ? » lança-t-il d’une voix vibrante.
Il désigna du doigt le chef de la majorité. « Mark Cummings, êtes-vous un bon citoyen – ou un espion des parasites ? Retirez votre chemise !
— Monsieur le Président…»
C’était Charity Evans, la représentante du Maine, qui venait de parler. Elle avait l’air d’une jolie institutrice. Elle se leva et je m’aperçus que, bien qu’entièrement vêtue, elle avait mis une robe du soir descendant jusqu’à terre, mais qui, au-dessus de la taille, était aussi décolletée que possible. Elle pivota sur elle-même comme un mannequin. Sa robe ne montait pas plus haut que ses dernières vertèbres inférieures. « Cela va-t-il comme cela, monsieur le Président ? demanda-t-elle.
— C’est parfait, madame. »
Cummings se débattait toujours avec ses boutons ; il était écarlate. À ce moment, quelqu’un se leva dans le centre de la salle. C’était le sénateur Gottlieb. Il avait l’air de sortir de son lit. Ses joues étaient creuses, son teint terreux et ses lèvres cyanosées mais il se tenait très droit. Avec une incroyable dignité il suivit l’exemple donné par le Président. Lui aussi il fit un tour sur lui-même. Sur son dos on pouvait voir la marque rouge du parasite.
« Hier, de cette même place, dit-il, j’ai tenu certains propos que je n’aurais jamais proférés en temps normal ! Plutôt être écorché vif. Mais hier je n’étais plus moi. Aujourd’hui, c’est différent. Vous ne comprenez donc pas que la patrie est en danger ? »
Brusquement un pistolet apparut dans sa main. « Debout, tas de propres à rien ! hurla-t-il. Tous ceux qui ne sont pas à poil d’ici deux minutes, je les descends ! »
Ses voisins voulurent lui saisir le bras, mais il agitait son pistolet comme un chasse-mouches et il estourbit un de ses adversaires. J’avais moi aussi tiré mon arme et je me tenais prêt à intervenir, mais ce fut inutile. Les parlementaires voyaient bien que leur collègue était aussi redoutable qu’un vieux taureau. Ils reculèrent.
Après une brève seconde d’hésitation, tout le monde se mit à se déshabiller avec l’enthousiasme d’une colonie nudiste. Quelqu’un essaya de gagner la sortie, mais on l’arrêta au passage. Il n’avait d’ailleurs pas de parasite. Nous en découvrîmes pourtant trois. Après quoi l’émission prévue passa avec dix minutes de retard et le Congrès inaugura la première de ses sessions dévêtues.
CHAPITRE XIV
FERMEZ VOS PORTES À CLÉ !
BAISSEZ LES TABLIERS DE VOS CHEMINÉES
NE PÉNÉTREZ JAMAIS DANS UN ENDROIT OBSCUR
ÉVITEZ LES ATTROUPEMENTS !
UN HOMME HABILLÉ EST UN ENNEMI: N’HÉSITEZ PAS À TIRER !
En même temps qu’il était soumis à un intensif barrage de propagande, le pays fut découpé en sections, et survolé par des escadres aériennes qui cherchaient le lieu d’atterrissage d’éventuelles soucoupes volantes. Notre réseau radar avait mission de signaler tout objet non identifié apparaissant sur ses écrans. Toute l’armée, depuis les unités aéroportées jusqu’au personnel des rampes de lancement d’engins téléguidés, se tenait prête à écraser au sol tout nouvel astronef découvert.
Dans les régions non contaminées, les gens ôtèrent leurs chemises de bon ou de mauvais gré, cherchèrent partout et ne trouvèrent pas le moindre parasite. Ils regardaient les actualités de la stéréo, s’étonnaient et attendaient que le gouvernement leur annonce que le danger était passé. Mais rien ne se produisit ; le gros public, et même les autorités locales, commençaient à se demander s’il était bien utile de parcourir les rues en tenue de plage.
Et les régions contaminées, direz-vous ? Les rapports qui en émanaient ne présentaient matériellement aucune différence avec ceux qui venaient d’ailleurs.
Jadis, au temps de la radio, cela n’aurait même pas pu se produire ; tout le pays aurait entendu la station de Washington d’où aurait été diffusé le message présidentiel. Mais la téléstéréo utilise des ondes si courtes qu’elles ne peuvent dépasser la ligne d’horizon ; au-delà il faut des stations relais, et les postes récepteurs de province ne peuvent recevoir que les émissions provinciales ; la densité et le peu de portée de notre réseau sont la rançon de la haute définition de nos images.