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Marionnettes humaines [The Puppet Masters - fr]

Электронная книга - «Marionnettes humaines [The Puppet Masters - fr]». Краткое содержание книги:

L’année 2007, dans l’histoire des Etats-Unis a été l’année de l’invasion. D’une invasion comme on n’en a jamais vu jusqu’alors. Les ennemis, innombrables, se présentent sous un aspect stupéfiant : des boules gélatineuses, animées de mouvements amiboïdes. Ils arrivent par astronef de la planète Titan.
Leur tactique est la plus simple : ils se collent sur la nuque des hommes et ceux-ci deviennent immédiatement des esclaves, des marionnettes soumises complétement à la volonté de ces choses innommables, de ces « maîtres » à la fois malfaisants, despotiques et diaboliquement habiles.
Il faudra une véritable guerre pour venir à bout de cette menace qui pèse sur le genre humain tout entier. Mais l’homme vaincra encore une fois les puissances mauvaises, grâce à un brillant agent des Services Secrets, Elisée Nivens, sa ravissante femme Mary, et son père, le fameux « Patron ».
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« Vous êtes prêt ? demanda le chef du laboratoire.

— Allez-y », dit le Patron.

Mary alla droit à la chaise et s’y assit. Deux techniciens s’agenouillèrent près d’elle et se mirent en devoir de lui immobiliser les membres dans les colliers prévus à cet usage. Pétrifié, je les regardai faire. Je saisis tout à coup le Patron par le bras et le jetai littéralement de côté. Je me précipitai vers la chaise et repoussai les techniciens à grands coups de pied.

« Mary, hurlai-je, allez-vous-en de là ! »

Le Patron me mit en joue.

« Va-t’en toi-même, ordonna-t-il. Attachez-le, vous autres. »

Je regardai son pistolet – je regardai Mary. Elle ne bougeait pas : ses pieds étaient déjà attachés. Elle se contenta de me jeter un coup d’œil apitoyé.

« Levez-vous, Mary, dis-je avec lassitude. Laissez-moi la place ! »

Ils emportèrent le fauteuil et en ramenèrent un autre plus grand. Je n’aurais pu utiliser le premier car ils étaient tous les deux faits sur mesure. Quand ils eurent achevé de m’immobiliser, je me sentis pris comme dans un bloc de béton. Le dos commençait déjà à me démanger d’une manière insupportable quoique rien ne l’ait encore touché.

Mary avait quitté la pièce. Je ne l’avais pas vue sortir, mais cela n’avait guère d’importance. Quand je fus prêt, le Patron me posa la main sur le bras. « Merci, mon petit », me dit-il seulement. Je ne lui répondis pas.

Je ne les vis pas manipuler le parasite au moment où ils me le plaçaient sur le dos. Cela ne m’intéressait même pas ; en eussé-je été capable, ce qui n’était pas le cas, que je n’aurais même pas tourné la tête. Le singe jappa une fois, puis hurla, « Attention », cria quelqu’un.

Un silence tomba, comme si tout le monde avait retenu son souffle… quelque chose d’humide me frôla la nuque et je m’évanouis…

Quand je repris conscience, je sentis en moi cette même impression d’énergie vibrante que j’avais déjà connue. Je savais que j’étais mal pris, mais j’étais bien décidé à trouver à force de ruse un moyen de m’en sortir. Je n’avais pas peur. Je n’avais que du mépris pour mes adversaires auxquels je me savais infiniment supérieur.

« M’entends-tu ? demanda brutalement le Patron.

— Ne criez pas comme ça je ne suis pas sourd, répliquai-je.

— Te souviens-tu de ce que nous devons faire ?

— Vous voulez me poser des questions ? Qu’attendez-vous ?

— Qu’es-tu au juste ?

— Quelle question idiote ! Un homme de 1,75 m avec plus de muscles que de bon sens ! Je pèse…

— Il ne s’agit pas de toi. Tu sais très bien à qui je parle. Pas à toi, à l’autre…

— C’est une devinette ?

— Inutile de jouer la comédie. Ne fais pas semblant de ne pas comprendre.

— C’est pourtant la pure vérité.

— Tu sais que je t’étudie depuis que tu es fixé à ce singe. Je sais plusieurs choses qui me donnent un avantage sur toi. »

Il commença à les compter sur ses doigts.

« Tu n’es pas immortel, et d’un. Tu es susceptible de souffrir, et de deux. Tu n’aimes pas les décharges électriques, tu ne peux pas supporter un degré de chaleur dont les hommes s’accommodent et tu es complètement impuissant sans ton porteur, et de trois. Si je t’enlevais de celui où tu es en ce moment, tu mourrais. Tu n’as pas d’autres pouvoirs que ceux que tu lui empruntes. Et de quatre. Or ton porteur actuel est réduit à l’impuissance. Essaie de te libérer, pour voir. Il va falloir te montrer conciliant – ou mourir. Tu as le choix. »

J’avais déjà éprouvé la solidité de mes liens. Comme je m’y attendais, je constatai que je ne pouvais me libérer. Mais cela ne m’inquiétait pas trop. Chose bizarre, j’étais assez satisfait d’avoir retrouvé mon « maître », de ne plus éprouver de tensions, d’inquiétudes personnelles. Mon devoir était de servir coûte que coûte, et c’était tout. Un des colliers qui m’immobilisaient les chevilles semblait un peu moins serré que les autres. Peut-être pourrais-je parvenir à y faire passer tout mon pied… Je vérifiai les liens de mes bras. Peut-être qu’en me décontractant bien…

Un ordre me parvint aussitôt – ou si vous préférez, je pris une décision. Cela revient au même : il n’y avait aucun conflit de volontés entre mon « maître » et moi qui ne faisions qu’un. Quoi qu’il en soit, je compris que le moment n’était pas venu de tenter de m’évader. Je parcourus la pièce des yeux, essayant de deviner qui pouvait être armé. J’estimai que le Patron devait être seul dans ce cas : cela améliorait mes chances.

Quelque part, tout au fond de moi, j’éprouvais ce sentiment douloureux, fait de culpabilité et de désespoir, que seuls connaissent les esclaves des « maîtres », mais j’étais bien trop occupé pour y faire attention…

« Alors ? poursuivit le Patron. Veux-tu répondre, ou préfères-tu souffrir ?

— Répondre à quoi ? Jusqu’à présent vous n’avez dit que des sottises.

— Passez-moi l’électrode », dit le Patron en se tournant vers un technicien.

Occupé que j’étais à éprouver mes liens, je ne ressentais aucune appréhension. Si je parvenais à lui inspirer la tentation de mettre son arme à portée de ma main – en admettant que je parvienne à me dégager un bras – alors, je pourrais…

Il me toucha la région des épaules avec une baguette métallique et je sentis une douleur atroce. La pièce s’obscurcit comme si l’on avait coupé net l’électricité. J’eus l’impression d’avoir été déchiré en deux. Momentanément, je restai sans « maître ».

La douleur se dissipa, ne laissant derrière elle qu’un cuisant souvenir. Avant que je puisse me remettre à penser de façon cohérente, le dédoublement que je sentais avait cessé, et je me retrouvai sous l’emprise de mon « maître ». Mais pour la première et unique fois depuis que je le servais, je n’étais pas sans inquiétude. Un peu de son angoisse, de sa panique, m’avait été transmis.

« Alors, demanda le Patron, ça te plaît ? »

Ma panique se dissipa. De nouveau je me sentais rempli d’un bien-être insouciant ; je restais pourtant sur le qui-vive. Mes poignets et mes chevilles, qui avaient commencé à me faire mal, cessèrent de m’incommoder.

« Pourquoi avez-vous fait cela ? demandai-je. Vous pouvez me faire souffrir, c’est évident, mais pourquoi ?

— Réponds à mes questions.

— Posez-les.

— Qu’es-tu ? »

La réponse se fit attendre. Le Patron allongea la main vers sa baguette.

« Nous sommes le peuple…, m’entendis-je répondre.

— Quel peuple ?

— Le seul peuple… Nous vous avons étudiés. Nous connaissons vos mœurs. Nous…

— Continue, dit sévèrement le Patron, avec un geste de sa baguette.

— Nous sommes venus, continuai-je, pour vous apporter…

— Nous apporter quoi ? »

Je voulais parler ; la baguette était redoutablement proche de moi. Mais j’avais du mal à trouver mes mots.

« Vous apporter la paix…», balbutiai-je.

Le Patron renifla dédaigneusement.

«… La paix, continuai-je, la satisfaction… la joie de… de… l’abandon…»

J’hésitai de nouveau. « Abandon » n’était pas le mot que je cherchais. Je dus faire un effort comme cela arrive lorsque l’on s’exprime dans une langue étrangère.

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