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Marionnettes humaines [The Puppet Masters - fr]

Электронная книга - «Marionnettes humaines [The Puppet Masters - fr]». Краткое содержание книги:

L’année 2007, dans l’histoire des Etats-Unis a été l’année de l’invasion. D’une invasion comme on n’en a jamais vu jusqu’alors. Les ennemis, innombrables, se présentent sous un aspect stupéfiant : des boules gélatineuses, animées de mouvements amiboïdes. Ils arrivent par astronef de la planète Titan.
Leur tactique est la plus simple : ils se collent sur la nuque des hommes et ceux-ci deviennent immédiatement des esclaves, des marionnettes soumises complétement à la volonté de ces choses innommables, de ces « maîtres » à la fois malfaisants, despotiques et diaboliquement habiles.
Il faudra une véritable guerre pour venir à bout de cette menace qui pèse sur le genre humain tout entier. Mais l’homme vaincra encore une fois les puissances mauvaises, grâce à un brillant agent des Services Secrets, Elisée Nivens, sa ravissante femme Mary, et son père, le fameux « Patron ».
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« La joie, répétai-je, de… du nirvâna…»

C’était le mot qui convenait. Je me sentis heureux comme un chien qui reçoit un morceau de sucre pour avoir fait le beau. Je me trémoussai de plaisir.

« Que je comprenne bien, dit le Patron. Vous nous promettez, à nous les humains, que si nous capitulons, vous prendrez soin de nous et nous rendrez heureux ? C’est cela ?

— Exactement. »

Le Patron médita cette réponse tout en fixant mes épaules. Il cracha à terre.

« Tu sais, dit-il lentement, qu’on nous a souvent offert le même marché à moi et à mes semblables. Cela ne nous a jamais rien apporté de bon.

— Essayez vous-même, suggérai-je. C’est bien facile. À ce moment-là, vous comprendrez. »

Il me regarda de nouveau, bien en face, cette fois.

« Je le devrais peut-être. Je dois peut-être à… à quelqu’un de ma connaissance de faire cette expérience. Il n’est pas dit que je ne la ferai pas un jour. Mais pour le moment, continua-t-il avec vivacité, tu dois répondre à mes questions. Réponds vite et bien, et il ne t’arrivera rien. Si tu t’endors, je te réveillerai… avec ça. »

Il brandit sa baguette.

Je me recroquevillai sur moi-même ; la stupeur et la déconvenue se mêlaient en moi. Un moment, j’avais cru qu’il allait accepter et j’évaluais déjà les possibilités de m’échapper.

« Maintenant, continua-t-il, dis-moi d’où tu viens. »

Pas de réponse. Je n’éprouvai aucune impulsion m’enjoignant de répondre.

La baguette se rapprocha.

« De très loin…, hurlai-je.

— Ça, nous le savons. Mais où se trouve votre base ? Votre planète natale ? »

Le Patron attendit un instant en vain.

« Je vois qu’il va falloir te rafraîchir la mémoire », menaça-t-il.

Je l’observais d’un œil morne. Je ne pensais toujours à rien. À ce moment, un assistant interrompit le Patron.

« Quoi ? grogna celui-ci.

— C’est peut-être une difficulté sémantique qui l’arrête, expliqua l’autre. Leurs concepts astronomiques sont peut-être différents des nôtres.

— Pourquoi ? répliqua le Patron. Cette larve sait tout ce que sait son porteur. C’est un fait que nous avons déjà établi. »

Il essaya pourtant une autre approche.

« Écoute-moi bien : tu sais ce qu’est le système solaire ? Votre planète en fait-elle partie ? »

J’hésitai, puis répondis enfin : « Toutes les planètes sont nôtres. »

Le Patron se tira pensivement la lèvre. « Je me demande bien ce que ça veut dire, fit-il d’un ton songeur. Mais peu importe… Vous pouvez revendiquer tout l’univers si ça vous chante. Mais où est votre repaire ? D’où viennent vos astronefs ? »

Il m’était impossible de le lui dire. Je restai silencieux.

Il allongea brusquement la main derrière mon dos et je sentis un choc effroyable.

« Vas-tu parler, nom de Dieu ? De quelle planète venez-vous ? De Mars ? De Vénus ? De Jupiter ? De Saturne ? D’Uranus ? De Neptune ? De Pluton ? »

Au fur et à mesure qu’il les énumérait, je les voyais défiler devant moi – et pourtant je n’ai jamais été plus loin de la Terre que sur un satellite artificiel. Quand il nomma la bonne planète, je sus que c’était bien celle-là – mais cette pensée me fut aussitôt arrachée du cerveau.

« Parle, continua-t-il. Ou gare !

— Ce n’est aucune de celles-là, dis-je. Nous venons de bien plus loin. »

Il regarda mes épaules, puis mes yeux.

« Tu mens, gronda-t-il. Il va falloir une dose de courant pour t’apprendre à être honnête.

— Non, non !

— On peut toujours essayer. »

Il avança lentement la baguette derrière moi. De nouveau, je sus quelle était la vraie réponse à sa question ; j’allais la lui donner quand quelque chose me prit à la gorge. À cet instant précis la douleur recommença.

Elle ne cessait pas. J’étais comme déchiré. Je tâchais de parler – j’aurais fait n’importe quoi pour mettre fin à la douleur que je sentais, mais la main invisible me serrait toujours la gorge.

À travers un brouillard douloureux, je vis flotter en tremblotant les traits du Patron.

« Ça te suffit ? » demanda-t-il.

Je voulus répondre, mais j’étouffai en hoquetant. Je le vis allonger de nouveau la baguette.

Je me sentis disloqué comme par une explosion et je mourus.

Ils étaient penchés sur moi. « Il revient à lui », dit quelqu’un.

Le visage du Patron était penché au-dessus du mien. « Ça va, petit ? » demanda-t-il anxieusement. Je détournai les yeux.

« Reculez-vous, je vous prie, dit une autre voix. Laissez-moi lui faire sa piqûre. »

Celui qui venait de parler s’agenouilla à côté de moi et me fit une piqûre. Il se leva, regarda ses mains, et les essuya sur son short.

« Ça doit être du “gyro” ou quelque chose comme ça », pensai-je distraitement. En tout cas, ça me remettait d’aplomb. Bientôt je pus m’asseoir sans aide. J’étais toujours dans la même pièce, juste devant cette foutue chaise. Je voulus me remettre debout. Le Patron me donna un coup de main, mais je me dégageai brutalement. « Vous, ne me touchez pas ! hurlai-je.

— Pardon, dit-il. Toi, Jones, lança-t-il sèchement, va chercher la civière avec Uto. Emmène-le à l’infirmerie. Allez avec eux, docteur.

— Certainement. »

Celui qui m’avait fait ma piqûre voulut me prendre le bras.

Je fis un pas en arrière. « Ne me touchez pas ! » criai-je de nouveau.

Le docteur regarda le Patron, qui haussa les épaules et fit signe à tout le monde de sortir. Je gagnai seul la porte et passai dans le couloir. Je m’y arrêtai, regardai mes poignets et mes chevilles et conclus que je ferais aussi bien de passer à l’infirmerie. Doris m’y soignerait et je pourrais peut-être dormir.

Il me semblait avoir fait quinze rounds de boxe… et les avoir tous perdus.

« Sam, Sam ! » Je reconnaissais cette voix. Mary courut vers moi ; elle s’arrêta et me regarda avec de grands yeux tristes. « Oh ! Sam ! Qu’est-ce qu’ils vous ont fait ? » Sa voix était si étouffée que je la comprenais à peine.

« Vous devriez le savoir », répliquai-je.

Je retrouvai assez d’énergie pour la gifler. « Garce ! » lui lançai-je rageusement.

Ma chambre était vide et je ne trouvai pas Doris. Je refermai la porte derrière moi, me jetai à plat ventre sur mon lit et tâchai de m’empêcher de penser ou de sentir. J’entendis bientôt un petit cri étouffé. J’ouvris un œil ; Doris était là. « Mon Dieu ! » s’écria-t-elle. Je sentis ses mains se poser doucement sur moi. « Pauvre petit, dit-elle, ne bougez pas. Je vais chercher le docteur.

— Non !

— Mais il faut bien que le docteur vous voie.

— Je ne veux pas. Occupez-vous de moi vous-même. »

Elle ne répondit pas et je l’entendis sortir. Elle revint peu de temps après – je crois du moins que ce fut peu de temps après – et commença à nettoyer mes plaies. Je faillis hurler quand elle me toucha le dos, mais elle fit rapidement mon pansement. « Maintenant retournez-vous tout doucement, me dit-elle.

— J’aime mieux rester à plat ventre.

— Mais non, protesta-t-elle. Il faut que vous buviez quelque chose. Soyez un peu raisonnable. Là, très bien…»

Je me retournai, ou plutôt ce fut elle qui me retourna, et je bus ce qu’elle me tendait. Bientôt je m’endormis.

Je crois me souvenir de m’être réveillé, d’avoir vu le Patron et de l’avoir injurié. Le docteur était là, lui aussi. À moins que le tout n’ait été qu’un rêve…

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