Marionnettes humaines [The Puppet Masters - fr]
- Автор: Хайнлайн Роберт Энсон
- Год: 1954
- Язык: французский
- Год: Hachette/Gallimard
- Переводчик: Alain Glatigny
- Жанр: Научная фантастика
Электронная книга - «Marionnettes humaines [The Puppet Masters - fr]». Краткое содержание книги:
Leur tactique est la plus simple : ils se collent sur la nuque des hommes et ceux-ci deviennent immédiatement des esclaves, des marionnettes soumises complétement à la volonté de ces choses innommables, de ces « maîtres » à la fois malfaisants, despotiques et diaboliquement habiles.
Il faudra une véritable guerre pour venir à bout de cette menace qui pèse sur le genre humain tout entier. Mais l’homme vaincra encore une fois les puissances mauvaises, grâce à un brillant agent des Services Secrets, Elisée Nivens, sa ravissante femme Mary, et son père, le fameux « Patron ».
— Vous voulez dire que le Congrès n’a encore rien fait ?
— Depuis que nous avons fait avorter la tentative de capture du Président, j’ai passé mon temps à l’aider à convaincre le Congrès. Tu as déjà eu affaire à une commission parlementaire, petit ? »
Je tâchai de saisir la situation : ainsi donc nous étions là bien tranquilles, pendant que l’espèce homo sapiens tout entière était en voie de disparition…
« Il est grand temps que tu découvres l’a b c de la vie politique, petit, continua-t-il. Le Congrès a souvent refusé d’agir dans des circonstances où le danger était plus manifeste encore qu’en ce moment. À l’heure actuelle il n’est pas évident. Nos preuves sont minces et très difficiles à croire.
— Et le sous-secrétaire d’État au Trésor ? Ils ne peuvent pas ne pas tenir compte de cela.
— Tu crois ? On a trouvé une larve sur le dos du sous-secrétaire d’État au Trésor, en pleine Maison Blanche, et nous avons abattu deux de ses gardes du corps du F.B.I., c’est exact, mais pour le moment notre Excellence est à Walter Reed sous le coup d’une dépression nerveuse, et il ne se souvient de rien. Le Trésor a seulement annoncé qu’une tentative d’assassinat contre le Président avait été heureusement déjouée. C’est vrai, mais pas au sens où ils l’entendaient.
— Et le Président a laissé dire ?
— Ses conseillers lui ont recommandé d’attendre. Sa majorité est incertaine et il y a dans les deux assemblées des gens qui veulent sa peau. La politique n’est pas un sport de tout repos.
— Enfin, quand même, dans un cas comme celui-ci, on ne devrait pas s’occuper de questions de parti. »
Le Patron souleva un sourcil. « Tu crois ça ? » dit-il seulement.
Je parvins enfin à lui poser la question pour laquelle j’étais allé le voir dans son bureau.
« Qu’est devenue Mary ? demandai-je.
— De ta part c’est une drôle de question », grogna-t-il.
Je ne répondis pas. « Où veux-tu qu’elle soit ? continua-t-il. Elle veille sur le Président. »
Nous commençâmes par nous rendre à une session secrète d’une commission interparlementaire. Au moment où nous arrivâmes, on passait des stéréos de mon ami Napoléon, l’anthropoïde. On voyait d’abord le singe avec son titan sur le dos, puis le titan en gros plan. Tous les parasites se ressemblent, mais je connaissais personnellement celui-ci et j’étais heureux de le savoir mort.
Je succédai au singe sur l’écran. Je me vis attaché au fauteuil. Je regrette de devoir dire que je faisais une bien sale gueule : la vraie frousse, ce n’est pas beau à voir. Je les vis enlever le titan du singe et le poser sur mon dos nu. Je m’évanouis sur l’écran et faillis bien m’évanouir une deuxième fois en chair et en os. Je ne tiens pas à décrire ce que j’éprouvai ; rien que d’y penser me rend malade.
Mais je vis cette créature mourir. Rien que cela valait le dérangement.
Le film s’arrêta. « Eh bien, messieurs ? dit le Président.
— Monsieur le Président !
— La parole est au représentant de l’Indiana…
— Parlant sans aucune idée préconçue, je dois dire que j’ai vu de meilleurs truquages à Hollywood…»
Ils se mirent à ricaner. « Très bien, très bien », dit quelqu’un.
Après la déposition du chef de laboratoire de biologie, je fus appelé à la barre. Je leur donnai mon nom, mon adresse, ma profession et on me posa quelques questions indifférentes sur ce que j’avais fait pendant que j’étais sous la domination des parasites. Les questions étaient écrites d’avance sur une feuille de papier. Ce qui m’énervait le plus, c’est qu’ils ne voulaient pas écouter mes réponses. Il y en avait deux qui lisaient leur journal.
On ne me posa que deux questions non préparées.
« Monsieur Nivens…, me dit un sénateur. À propos vous vous appelez bien Nivens ? »
J’acquiesçai.
« Monsieur Nivens, continua-t-il, vous dites être un agent de renseignements ?
— Oui.
— Vous appartenez au F.B.I., sans doute ?
— Non ! Mon chef hiérarchique relève directement du Président. »
Le sénateur sourit. « C’est bien ce que je pensais. Dites-moi, monsieur Nivens, vous êtes bien acteur, n’est-il pas vrai ? » Il semblait consulter des notes.
Je voulus trop préciser. Je voulais lui expliquer que s’il était exact que j’aie joué la comédie pendant une saison, dans une troupe de province, je n’en étais pas moins un authentique agent de renseignements. On ne m’en laissa pas la possibilité.
« Ce sera tout, monsieur Nivens. Je vous remercie. »
L’autre question me fut posée par un vieux sénateur qui désirait savoir mes opinions relativement à l’emploi de fonds budgétaires pour le réarmement de pays étrangers. Il en prit prétexte pour exprimer ses propres vues sur la question. Mes opinions sur ce point sont assez confuses, mais je n’eus pas à les exprimer. Je n’avais pas ouvert la bouche qu’on m’invitait déjà à quitter la barre.
Je m’y accrochai. « Écoutez-moi, dis-je. Il est évident que vous croyez qu’il s’agit d’un coup monté. Mais en ce cas, pour l’amour du Ciel, faites venir un détecteur de mensonges ! Ou faites-moi administrer du sérum de vérité. Cette séance est une plaisanterie. »
Le Président frappa la table de son maillet. « Reprenez votre place, monsieur Nivens », ordonna-t-il.
J’obéis.
Le Patron m’avait expliqué que le but de la séance était d’étudier une résolution interparlementaire déclarant l’état d’urgence et donnant au Président les mêmes pouvoirs qu’en temps de guerre. Nous fûmes expulsés avant le vote. « Ça va mal, dis-je au Patron.
— Ne t’en fais pas, me dit-il. Le Président a compris que cette procédure était vouée à l’échec dès qu’il a su les noms des membres de la commission.
— Mais alors, où en sommes-nous ? Attendrons-nous que les larves s’emparent aussi du Congrès ?
— Le Président va adresser un message au Congrès pour demander les pleins pouvoirs.
— Les obtiendra-t-il ? »
Le Patron se contenta de froncer les sourcils.
La séance commune des deux assemblées n’était pas publique, mais nous y assistâmes néanmoins – sur l’ordre personnel du Président. Le Patron et moi avions pris place dans l’espèce de petit balcon qui surplombe la tribune présidentielle. La séance fut ouverte avec les simagrées habituelles ; conformément à l’étiquette on envoya chercher le Président. Celui-ci arriva aussitôt, accompagné de la délégation réglementaire. Il était escorté de ses gardes du corps, tous des membres de notre section.
Mary aussi l’accompagnait. Quelqu’un lui apporta un pliant et elle s’installa tout à côté du Président. Elle tripotait un carnet et manipulait des papiers en feignant d’être une secrétaire, mais c’était là son seul déguisement. Elle me faisait penser à Cléopâtre par une belle nuit d’été et elle était aussi déplacée qu’un lit dans une église. On faisait au moins autant attention à elle qu’au Président.
Nos yeux se croisèrent et elle m’adressa un de ses doux sourires appuyés. Je pris une expression béate de jeune chiot et le Patron dut me donner un coup de coude dans les côtes. Je me ressaisis et tâchai de me conduire convenablement.
Le Président se lança dans un exposé raisonné de la situation. C’était aussi logique et direct qu’un rapport technique et à peu près aussi émouvant. Il se contenta d’énoncer des faits. À la fin, il mit ses notes de côté. « Il s’agit, dit-il, d’un danger si étrange et si terrible, si totalement en dehors de toute notre expérience que je dois vous demander des pouvoirs étendus pour y faire face. Dans certaines régions, la loi martiale doit être décrétée. Pour un temps, il sera nécessaire de restreindre considérablement les libertés individuelles. Le droit de libre déplacement doit être suspendu. Le droit qu’a chacun d’être à l’abri de fouilles et d’arrestations arbitraires doit s’incliner devant le droit de tous à la sécurité. Étant donné que tout citoyen, quel que soit son patriotisme ou son honorabilité, peut devenir un esclave involontaire de ces ennemis mystérieux, tous nos compatriotes doivent accepter de renoncer temporairement à une partie de leurs droits et de leurs libertés, jusqu’à ce que ce fléau soit enrayé.