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Marionnettes humaines [The Puppet Masters - fr]

Электронная книга - «Marionnettes humaines [The Puppet Masters - fr]». Краткое содержание книги:

L’année 2007, dans l’histoire des Etats-Unis a été l’année de l’invasion. D’une invasion comme on n’en a jamais vu jusqu’alors. Les ennemis, innombrables, se présentent sous un aspect stupéfiant : des boules gélatineuses, animées de mouvements amiboïdes. Ils arrivent par astronef de la planète Titan.
Leur tactique est la plus simple : ils se collent sur la nuque des hommes et ceux-ci deviennent immédiatement des esclaves, des marionnettes soumises complétement à la volonté de ces choses innommables, de ces « maîtres » à la fois malfaisants, despotiques et diaboliquement habiles.
Il faudra une véritable guerre pour venir à bout de cette menace qui pèse sur le genre humain tout entier. Mais l’homme vaincra encore une fois les puissances mauvaises, grâce à un brillant agent des Services Secrets, Elisée Nivens, sa ravissante femme Mary, et son père, le fameux « Patron ».
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Miss Briggs me réveilla et Doris m’apporta mon petit déjeuner.

C’était comme si je n’avais jamais été rayé de la liste des malades. Je n’étais pas en trop mauvaise forme. Il me semblait seulement avoir dégringolé les chutes du Niagara dans un tonneau. J’avais des pansements aux deux bras et aux deux jambes, là où les colliers m’avaient coupé la peau, mais pas de fractures. C’était surtout à l’âme que j’avais mal…

Comprenez-moi bien : le Patron avait le droit de mettre ma vie en danger. Ça, c’était dans le contrat. Mais pas ce qu’il m’avait fait ! Il savait bien ce qui me ferait agir et il s’en était servi pour m’obliger à faire une chose que je n’aurais jamais faite de mon plein gré. Après m’avoir amené là où il voulait, il s’était impitoyablement servi de moi. Oh ! bien sûr, il m’est arrivé de passer des types à tabac pour les faire parler. Quelquefois on ne peut pas faire autrement. Mais cela, vous pouvez m’en croire, c’était tout différent.

C’était de penser au Patron qui me faisait le plus de mal. Mary ? Après tout ce n’était qu’une fille comme beaucoup d’autres. Bien sûr, j’étais dégoûté qu’elle l’ait laissé se servir d’elle comme d’un appât. Elle était parfaitement en droit d’utiliser son sex-appeal dans son métier d’agent. Il y a des espionnes depuis que le monde est monde et celles qui sont jeunes et jolies ont toujours eu recours aux mêmes armes.

Mais elle n’aurait jamais dû accepter qu’on se serve d’elle contre un collègue – et en tout cas pas contre moi.

Ce n’est guère logique, direz-vous ? Moi je trouve que si. J’étais déjà passé par là. Ils pouvaient continuer sans moi « l’Opération Parasite ». J’avais un petit chalet dans les Adirondacks ; assez de provisions au réfrigérateur pour une année, et une bonne réserve de pilules extra-temporelles. Je décidai d’aller là-bas les utiliser. Le monde se sauverait ou se perdrait sans moi.

Si quelqu’un s’approchait à moins de cent mètres de mon chalet, il ferait bien de montrer son dos nu s’il ne voulait pas se faire abattre sur place.

CHAPITRE XI

J’avais grand besoin de m’épancher et Doris fut pour moi une auditrice toute trouvée. Ce que je lui racontai l’indigna tant qu’elle entra dans une colère bleue. Elle avait pansé mes plaies et si, en sa qualité d’infirmière, elle avait souvent eu à en panser de bien pires, les miennes avaient ceci de particulier que je les devais à des collègues. Je lui exprimai d’une façon plus ou moins intelligible les sentiments que m’inspirait le rôle joué par Mary dans l’affaire.

« Je ne me trompe pas ? dit-elle stupéfaite. Vous vouliez vraiment épouser cette fille ?

— Exact. C’est bête, hein ?

— Mais alors elle connaissait son pouvoir sur vous ! C’est malhonnête…»

Elle cessa un instant de me masser. Les yeux lui sortaient de la tête. « Je n’ai jamais vu votre rouquine, déclara-t-elle, mais si je la rencontre, je lui arracherai les yeux. »

Je lui souris. « Vous êtes une brave gosse, Doris. Vous au moins je suis sûr que vous êtes honnête avec les hommes.

— Oh ! je ne suis pas une sainte. Mais si j’avais fait la moitié de ce qu’elle vous a fait, je n’oserais plus me regarder dans une glace. Tournez-vous que je m’occupe de l’autre jambe…»

Mary vint me voir. Je l’appris en entendant Doris crier avec colère : « Vous n’entrerez pas !

— J’entrerai, répliqua la voix de Mary.

— Si vous ne vous en allez pas, je vous arrache vos cheveux carotte », hurla Doris.

J’entendis l’écho d’une bagarre et le bruit d’une gifle.

« Hé là, criai-je, qu’est-ce qui se passe ? »

Elles apparurent ensemble sur le pas de la porte. Doris était tout essoufflée et ses cheveux étaient en désordre. Mary parvenait à conserver un air digne, mais il y avait une grande marque rouge sur sa joue et la tache correspondait aux dimensions de la main de Doris.

Celle-ci parvint à retrouver son souffle. « Vous, sortez ! dit-elle. Il ne veut pas vous voir.

— J’attendrai qu’il me le dise lui-même », répliqua Mary.

Je les regardai tour à tour.

« Oh ! et puis tant pis après tout, dis-je, résigné. Elle est là et j’ai deux mots à lui dire. Merci quand même, Doris.

— Vous êtes un crétin », me dit aigrement Doris en prenant la porte.

Mary s’approcha de mon lit.

« Sam, dit-elle, oh ! mon pauvre Sam !

— D’abord je ne m’appelle pas Sam.

— Je ne sais pas votre vrai nom. »

Ce n’était pas le moment de lui expliquer que mes parents m’avaient gratifié du charmant prénom d’Élisée. « Après tout, qu’est-ce que ça fait ? dis-je. Va pour Sam.

— Oh ! Sam, répéta-t-elle, mon pauvre chéri.

— Je ne suis pas votre chéri. »

Elle hocha la tête. « Oui, je sais. Mais je ne sais pas pourquoi, Sam, je suis venue vous demander pourquoi vous m’avez prise en haine. Je n’y pourrai peut-être rien, mais il faut que je le sache. »

Je poussai un grognement de dégoût. « Après ce que vous m’avez fait, vous ne savez pas pourquoi ? Voyons, Mary, vous n’avez peut-être pas de cœur, mais vous n’êtes pas une idiote. »

Elle secoua la tête. « C’est tout le contraire, Sam. J’ai du cœur, mais il m’arrive souvent d’être bête. Regardez-moi, s’il vous plaît. Je sais ce qu’ils vous ont fait. Je sais que si vous l’avez accepté, c’était pour m’épargner les mêmes souffrances. Je le sais et je vous en suis profondément reconnaissante. Mais je ne sais pas pourquoi vous me haïssez. Je ne vous avais pas demandé de prendre ma place, et je ne tenais pas à ce que vous la preniez. »

Je ne répondis pas.

« Vous ne me croyez pas ? » reprit-elle au bout d’un instant.

Je me soulevai sur un coude.

« Je crois que vous êtes parvenue à vous convaincre que les choses se sont passées comme vous le dites. Mais moi, je vais vous expliquer la vérité.

— C’est bien ce que je vous demande !

— Quand vous vous êtes assise dans cette saleté de fauteuil, vous saviez très bien que je ne vous laisserais jamais aller jusqu’au bout de l’expérience. Oui, vous le saviez, alors même que votre esprit retors de femme se refusait à le reconnaître. Jamais le Patron n’aurait pu me contraindre à cette expérience, même sous la menace d’un pistolet, même en me droguant. Mais vous, vous m’avez forcé à faire une chose à laquelle j’aurais mille fois préféré la mort – une chose qui m’a sali, dégradé pour toujours. Voilà ce que vous m’avez fait. »

Elle pâlit ; son visage finit par paraître presque verdâtre au-dessous de ses cheveux roux. Elle semblait avoir la respiration coupée. « Vous le croyez vraiment, Sam ? me dit-elle.

— Bien entendu.

— Sam, ce n’est pas ainsi que les choses se sont passées. Je ne savais pas que vous seriez là. J’ai été stupéfaite de vous y voir. Mais il fallait que j’aille jusqu’au bout ; j’avais promis.

— Promis ? répétai-je ironiquement. Avec des promesses d’écolière, que ne ferait-on pas ?

— C’était autre chose qu’une promesse d’écolière.

— Peu importe. Peu importe aussi que vous disiez la vérité en affirmant que vous ne saviez pas devoir me rencontrer là. Ce qui compte, c’est que vous y étiez et moi aussi, et que vous pouviez facilement imaginer ce qui se passerait en agissant comme vous l’avez fait.

— Oui…, dit-elle, je comprends que vous voyiez les choses de cette façon. Je ne peux pas nier les faits.

— Ce serait difficile, en effet ! »

Elle resta un long moment silencieuse. Je me gardai bien de la tirer de ses pensées.

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