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Marionnettes humaines [The Puppet Masters - fr]

Электронная книга - «Marionnettes humaines [The Puppet Masters - fr]». Краткое содержание книги:

L’année 2007, dans l’histoire des Etats-Unis a été l’année de l’invasion. D’une invasion comme on n’en a jamais vu jusqu’alors. Les ennemis, innombrables, se présentent sous un aspect stupéfiant : des boules gélatineuses, animées de mouvements amiboïdes. Ils arrivent par astronef de la planète Titan.
Leur tactique est la plus simple : ils se collent sur la nuque des hommes et ceux-ci deviennent immédiatement des esclaves, des marionnettes soumises complétement à la volonté de ces choses innommables, de ces « maîtres » à la fois malfaisants, despotiques et diaboliquement habiles.
Il faudra une véritable guerre pour venir à bout de cette menace qui pèse sur le genre humain tout entier. Mais l’homme vaincra encore une fois les puissances mauvaises, grâce à un brillant agent des Services Secrets, Elisée Nivens, sa ravissante femme Mary, et son père, le fameux « Patron ».
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« C’est donc avec le plus grand regret que je vous demande d’autoriser ces indispensables mesures de sécurité. »

Là-dessus, il se rassit.

Les sentiments d’une foule se perçoivent très bien. Nos parlementaires étaient mal à l’aise, mais pas convaincus. Le président du Sénat regarda le chef de la majorité. Il avait en effet été prévu que ce serait ce dernier qui soumettrait aux Chambres le projet de résolution.

Je ne sais s’il secoua la tête ou s’il fit un signal muet au président du Sénat, mais il ne demanda pas la parole. Entre-temps un silence gêné était tombé sur l’hémicycle. On entendit quelques cris de « monsieur le Président ! » et « À l’ordre ! »

Le président du Sénat fit mine de ne pas remarquer plusieurs candidats à la parole et la donna finalement à un membre de son parti, le sénateur Gottlieb, un vieux routier de la politique qui aurait voté pour son propre lynchage si tel avait été le vœu de son parti. Gottlieb commença par affirmer qu’il ne le cédait à personne en respect pour la Constitution, la Déclaration des Droits (et sans doute aussi le Grand Canyon du Colorado !) Il rappela modestement la durée de ses services et parla avec éloquence de la place occupée par les États-Unis dans l’histoire. Je crus d’abord qu’il cherchait à gagner du temps pendant que les autres mettaient leur tactique au point, mais je compris brusquement que ses paroles avaient un sens redoutable : il ne proposait rien de moins que de modifier l’ordre du jour et de procéder à la mise en accusation du Président.

Je ne mis du reste pas plus de temps qu’un autre à piger : le sénateur avait tellement enrobé sa proposition de phraséologie parlementaire qu’il était difficile de comprendre où il voulait en venir. Je regardai le Patron.

Le Patron regardait Mary.

Celle-ci le regardait d’un air excessivement insistant.

Le Patron prit un bloc-notes dans sa poche, y griffonna quelque chose et le fit passer à Mary. Elle le prit, le lut – et le passa au Président.

Celui-ci était paisiblement installé dans son fauteuil et ne paraissait pas s’apercevoir qu’un de ses plus vieux amis était en train de le diffamer à la tribune et de mettre la République en danger en même temps que lui. Il lut le message du Patron et se retourna sans hâte vers ce dernier. Le Patron hocha affirmativement la tête.

Le Président poussa du coude le président du Sénat qui se pencha vers lui. Ils échangèrent quelques mots à voix basse. Gottlieb parlait toujours. Le président du Sénat frappa sur son pupitre avec son maillet. « S’il vous plaît, monsieur le sénateur ! »

Gottlieb parut surpris.

« Je ne renonce pas à la parole, protesta-t-il.

— Je ne vous demande pas de renoncer à la parole. En raison de l’extrême importance de votre intervention, je vous prie de la poursuivre à la tribune. »

Gottlieb, qui paraissait intrigué, avança lentement vers la tribune. Le pliant de Mary en barrait les marches. Au lieu de lui laisser le passage, elle se leva, se détourna maladroitement et ramassa son pliant, obstruant ainsi davantage encore le passage. Le sénateur s’arrêta. Elle le frôla. Il lui prit le bras autant pour l’aider que pour maintenir son propre équilibre. Elle lui dit à mi-voix une phrase à laquelle il répondit, mais personne ne put entendre leurs paroles. Il parvint enfin à monter à la tribune.

Le Patron frémissait comme un chien à l’arrêt. Mary leva les yeux vers lui et hocha affirmativement la tête. « Saute-lui dessus », me lança le Patron.

D’un bond, j’enjambai la balustrade et atterris sur les épaules de Gottlieb. « Tes gants, petit, tes gants », entendis-je le Patron me crier. Sans prendre la peine de les enfiler, je déchirai le veston du sénateur et aperçus une larve qui palpitait sous sa chemise. Je déchirai celle-ci et tout le monde put en voir autant que moi.

Six caméras de stéréo n’auraient pas suffi à enregistrer ce qui se passa dans les quelques secondes qui suivirent. J’assommai Gottlieb pour l’empêcher de se débattre tandis que Mary le tenait par les jambes. Le Président, debout derrière moi, hurlait : « Êtes-vous convaincus maintenant ? » Le président du Sénat restait pétrifié, son maillet à la main. Le Congrès n’était plus qu’une foule déchaînée. Des femmes criaient d’une voix perçante. Au-dessus de moi, le Patron donnait ses ordres aux gardes du corps du Président.

Grâce aux pistolets des gardes et aux coups de maillet du président de séance, un semblant d’ordre fut bientôt rétabli. Le Président prit la parole. Il leur dit qu’une heureuse chance leur avait permis de constater de visu la nature de l’ennemi et leur proposa de passer un à un à la tribune pour y voir de leurs yeux un spécimen de la faune de Titan, la plus grande des lunes de Saturne. Sans attendre leur accord, il désigna du doigt les premiers bancs et leur dit d’avancer.

Ils obéirent.

Mary n’avait pas quitté la tribune. Déjà une vingtaine de parlementaires étaient passés (une femme-députée eut même une attaque de nerfs) quand je vis Mary faire un signe au Patron. Cette fois, je devançai son ordre d’une fraction de seconde. Heureusement deux de nos hommes se trouvaient tout près de là car l’honorable parlementaire (un ancien fusilier marin) était jeune et costaud. Nous l’allongeâmes à côté de Gottlieb.

À partir de ce moment, de gré ou de force, ils durent tous passer à la visite. Je passais la main sur le dos des femmes au fur et à mesure et je découvris une autre larve. Je crus un instant en avoir repéré une troisième, mais j’avais seulement fait une erreur gênante : l’honorable parlementaire était très grasse et je m’y étais trompé. Mary en repéra deux encore. Après quoi, il y eut une longue période de calme : il passa près de trois cents parlementaires devant nous sans que nous fassions de nouvelle découverte. Il était clair que certains faisaient traîner les choses en longueur.

Huit hommes armés ne suffisaient pas à la besogne – ni même onze, si l’on compte le Patron, Mary et moi. La plupart des larves se seraient échappées si le vice-président n’avait pas mobilisé des renforts. Avec son aide nous en attrapâmes treize, dont dix vivantes. Seul un des porteurs fut gravement blessé.

CHAPITRE XIII

Le Président reçut donc ses pleins pouvoirs et le Patron devint en fait son chef d’état-major. Nous pouvions enfin agir. Le Patron avait en tête un plan de campagne fort simple. Il ne pouvait plus s’agir d’une simple quarantaine comme il avait pensé en organiser une quand l’infection était encore limitée à la seule zone de Des Moines. Avant d’engager la lutte, il fallait d’abord repérer l’ennemi, et les services de renseignements gouvernementaux ne pouvaient pas passer deux millions de personnes au crible. Les citoyens devaient agir par eux-mêmes.

Le projet « Dos nu » devait constituer la première phase de l’« opération Parasite ». Il s’agissait pour tout le monde-je dis bien tout le monde – de vivre nu jusqu’à la taille jusqu’au moment où tous les extraterrestres auraient été repérés et supprimés. On tolérait seulement les soutiens-gorge pour les femmes : il eût en effet été difficile à un parasite de se dissimuler sous les minces cordons qui soutiennent par-derrière cette partie du vêtement féminin.

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