Бесплатная библиотека
Читайте книгу на сайте или телефоне
READ-E-BOOK » Фэнтези » La griffe du demi-dieu [The Claw of the Conciliator - fr]
La griffe du demi-dieu [The Claw of the Conciliator - fr] - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

La griffe du demi-dieu [The Claw of the Conciliator - fr]

Электронная книга - «La griffe du demi-dieu [The Claw of the Conciliator - fr]». Краткое содержание книги:

Severian le bourreau, exclu de sa guilde pour avoir montré de la pitié à une prisonnière trop aimée, a pris le chemin de Thrax, la cité de l'exil. Armé de Terminus Est, son épée, et d'un bijou mystérieux dont il constate sans les comprendre les pouvoirs thaumaturgiques, Severian entre au service de Vodalus, le hors-la-loi, le nécrophage, dont les rites énigmatiques jettent un pont, peut-être illusoire, entre la vie et la mort.
1 ... 21 22 23 24 25 26 27 28 29 ... 87
Перейти на страницу:

Il s’était mis à sourire à la fin de son énumération ; quant à moi, je riais aux éclats.

« Et c’est pourquoi tu me fais penser au tiercelet du fauconnier, resté pendant vingt ans sur son perchoir et qui tout d’un coup s’est mis à voler dans trente-six directions à la fois. Mais j’espère néanmoins que tu réussiras dans toutes tes entreprises, en supposant que tu as bien conscience d’une possibilité – une simple possibilité, bien entendu, mais une possibilité tout de même : à savoir que l’une ou deux de ces affaires ne se mettent en travers des trois ou quatre autres.

— Rien n’est plus vrai, en fait, je dois bien l’admettre. Je m’efforce de faire tout cela, et même si la chose te paraît difficile à croire, je déploie autant d’énergie et d’attention pour chacune d’entre ces affaires. Je dois admettre aussi, malgré tout, que les événements ne se déroulent pas aussi bien que je le voudrais. Voici où mes ambitions contradictoires m’ont fait atterrir : à l’ombre de cet arbre, dans un endroit perdu ; et je ne suis finalement qu’un vagabond sans feu ni lieu. Tandis que toi, qui te consacres uniquement à la poursuite d’un seul et unique objet occupant toutes tes pensées… eh bien, tu en es au même point ! »

Cette conversation se poursuivit longtemps, et les veilles de l’après-midi passèrent ainsi. Des oiseaux pépiaient au-dessus de nos têtes, et il était fort agréable d’être avec un ami comme Jonas, un homme loyal, raisonnable, plein de tact, de sagesse, d’humour et de prudence. À cette époque-là, je ne savais rien de son histoire, mais je me doutais bien qu’il me la dissimulait en partie et, sans lui poser de questions directes, je tentai de le faire parler de son passé. J’appris ainsi (ou du moins crus apprendre) que son père avait été artisan ; et qu’il avait été élevé par ses parents de la manière habituelle, comme il le dit, laquelle est en vérité plus rare qu’on ne le pense. J’appris aussi qu’il était originaire d’une ville portuaire de la côte sud, mais qu’il l’avait trouvée tellement changée lors de son dernier passage, qu’il n’avait aucun désir de s’y établir.

Me fondant sur son aspect, j’avais estimé, lors de notre première rencontre au pied de la muraille, qu’il devait être mon aîné d’une dizaine d’années. Mais aux propos qu’il tenait, et, dans une moindre mesure, à nos conversations précédentes, je jugeai qu’il devait avoir plus que cela ; il semblait avoir lu beaucoup de choses, notamment les chroniques des anciens temps, et j’étais encore trop naïf et trop peu lettré moi-même, en dépit des leçons de maître Palémon et de Thècle, pour concevoir que quelqu’un de moins de quarante ans pût être aussi savant. Il manifestait un certain détachement teinté de cynisme vis-à-vis de l’humanité, qui donnait l’impression qu’il avait vu beaucoup de choses sous le ciel.

Nous étions encore en train de bavarder, lorsque j’aperçus à quelque distance la silhouette élancée de Théa glissant au milieu des arbres. Je poussai Jonas du coude, et nous l’observâmes en silence. Elle se dirigeait dans notre direction sans toutefois nous avoir vus, se déplaçant de cette façon automatique des gens qui se contentent de suivre un itinéraire. De brefs rayons de lumière éclairaient par moments son visage, et lorsque son profil était ainsi illuminé, elle ressemblait tellement à Thècle que j’en avais le cœur broyé. Elle avait d’ailleurs la même démarche que sa demi-sœur, cette allure majestueuse du phororhacos, l’oiseau qu’il ne faut jamais mettre en cage.

« Elle doit vraiment appartenir à une famille très ancienne, murmurai-je à l’intention de Jonas. Observe-la : on dirait une dryade… C’est comme un saule qui marcherait.

— Tes anciennes familles sont en réalité les plus récentes de toutes, répondit-il. Il n’existait rien de semblable dans l’Antiquité. »

Je ne crois pas qu’elle ait été assez près de nous pour comprendre notre échange, mais elle parut entendre nos voix, et regarda dans notre direction. J’agitai la main, et elle se mit à marcher plus vite – à une allure qui, étant donné la longueur de ses foulées, était particulièrement rapide, bien qu’elle n’ait pas couru. Nous nous levâmes à son approche, pour nous rasseoir l’instant d’après, une fois qu’elle se fut installée sur son foulard, le visage tourné vers le ruisseau.

« Ne m’avez-vous pas dit que vous vouliez me parler de ma sœur ? » La douceur de sa voix la rendait nettement moins impressionnante, et elle était à peine plus grande que nous, une fois assise.

« J’ai été son dernier ami, lui dis-je. Elle m’a expliqué que l’on essaierait de vous pousser à persuader Vodalus de se rendre en échange de sa vie. Saviez-vous qu’elle avait été emprisonnée ?

— Lui serviez-vous de domestique ? » Elle paraissait me soupeser du regard. « Oui, j’avais entendu dire qu’on l’avait emmenée dans cet endroit affreux, au milieu des taudis de Nessus, et j’ai compris qu’elle était morte très rapidement. »

Je me souvins de tout le temps passé derrière la porte de la cellule de Thècle, jusqu’à ce que commence à goutter le filet de sang écarlate sur le seuil. Mais je ne dis rien et acquiesçai.

« Dans quelles conditions a-t-elle été arrêtée ? Le savez-vous ? »

Thècle m’avait tout raconté en détail, et je répétai à Théa ce que je savais, sans omettre la moindre chose.

« Je vois », murmura Théa, qui resta un moment silencieuse, contemplant sans le voir le mouvement de l’eau. « La cour m’a manqué, bien entendu. Mais d’entendre parler de tous ces gens et de cette manière d’enlever quelqu’un en l’enroulant dans une tapisserie – un procédé tellement caractéristique – résume assez bien les raisons pour lesquelles je l’ai quittée.

— J’ai l’impression que la cour lui manquait également, répondis-je. Toujours est-il qu’elle en parlait très souvent. Elle m’a cependant souvent répété qu’elle n’y retournerait pas si jamais elle était libérée ; elle évoquait le manoir de province d’où elle tirait son titre, et me racontait comment elle entendait le meubler, qui elle inviterait parmi les personnes importantes de la région, et les chasses qu’elle organiserait. »

Un sourire amer tordit un instant le visage de Théa. « J’ai tellement chassé que j’ai dix vies d’avance, sur ce plan-là. Mais lorsque Vodalus sera devenu autarque, je serai première dame, et je me promènerai de nouveau le long du puits des Orchidées ; mais cette fois, ce sera avec les filles de cinquante exultants comme escorte pour me distraire par leurs chants. Bon, assez rêvé. Cela ne sera pas avant quelques mois dans le meilleur des cas. Pour le moment, j’ai… j’ai ce que j’ai. »

Elle jeta sur Jonas et moi un regard grave et se releva d’un mouvement gracieux, mais d’un geste elle nous fit comprendre que nous devions rester où nous étions. « Je suis heureuse d’avoir entendu parler de ma demi-sœur. La maison à laquelle vous avez fait allusion est mienne, désormais, mais je ne peux évidemment pas la réclamer. Pour vous récompenser, je vais vous donner certaines informations sur le souper que nous devons partager bientôt. Vous ne semblez pas avoir prêté attention aux allusions faites par Vodalus à votre attention. Les avez-vous comprises ? »

Comme Jonas ne disait rien de son côté, je secouai négativement la tête.

« Si nous, nos alliés et nos maîtres qui nous attendent dans les pays au-delà des marées, voulons triompher de nos adversaires, nous devons nous imprégner de tout ce qui peut être appris du passé. Avez-vous entendu parler de l’analeptique d’alzabo ?

— Non, châtelaine, répondis-je, mais j’ai par contre connaissance de légendes concernant un animal de ce nom. On dit qu’il peut parler et qu’il vient la nuit devant les maisons où un enfant vient de mourir, implorant qu’on le laisse entrer. » Théa eut un geste d’approbation. « Cet animal a été importé des étoiles il y a très longtemps, comme bien d’autres choses, dans le but d’en faire profiter Teur. C’est une bête dont l’intelligence est voisine de celle d’un chien et peut-être est-elle même moins élevée. Mais elle consomme des charognes et fouille les tombes, et, lorsqu’elle s’est nourrie de chair humaine, elle acquiert, au moins pendant un certain temps, le langage et les réactions des êtres humains. L’analeptique d’alzabo se prépare à partir d’une glande qui se trouve à la base du crâne de l’animal – vous me comprenez ? »

1 ... 21 22 23 24 25 26 27 28 29 ... 87
Перейти на страницу:
0
Сюжет
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Атмосфера
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Главный герой
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Общее впечатление
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
Итоговая оценка: 0.0 из 10 (голосов: 0 / История оценок)