Бесплатная библиотека
Читайте книгу на сайте или телефоне
READ-E-BOOK » Фэнтези » Le sorcier de Terremer [A wizard of Earthsea - fr]
Le sorcier de Terremer [A wizard of Earthsea - fr] - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

Le sorcier de Terremer [A wizard of Earthsea - fr]

Электронная книга - «Le sorcier de Terremer [A wizard of Earthsea - fr]». Краткое содержание книги:

Le passé ou le futur ?Un monde : Terremer.Une planète harmonieuse d’îles et d’océans, de golfes, d’archipels et de récifs, où les sociétés de l’homme se sont éparpillées, diversifiées. Sous le signe de la magie. Une magie expliquée, construite par les forces mêmes de ce monde. Une magie dépendante des éléments et des animaux.C’est au nord de Terremer, dans l’île de Gont, que naît Ged, très tôt surnommé l’Epervier. Il parle aux oiseaux, au bétail. Elevé dans la connaissance des invocations élémentaires, il part, très jeune encore, pour l’île de Roke. Là, guidé par l’Archimage, il découvre l’étendue de ses pouvoirs. Il devient maître en l’art des illusions et, surestimant ses talents, libère dans la réalité une entité de cauchemar, une émanation du royaume des morts. Magicien hanté, il affronte le monde en même temps qu’un ennemi indicible devant lequel la sorcellerie reste sans moyens.
1 ... 20 21 22 23 24 25 26 27 28 ... 51
Перейти на страницу:

Tout cela, Ged le savait, et il en savait même davantage, car depuis le jour de son arrivée à Torning Bas il n’avait fait que réfléchir à tout ce qu’il avait appris sur les dragons. Menant vers l’ouest sa petite barque – sans ramer ni faire usage du métier de marin que lui avait appris Pechvarry, mais naviguant grâce à ses sortilèges avec le vent de mage pour gonfler la voile et un sort sur la proue et la quille pour garder le cap – il regardait maintenant l’île morte se lever à la lisière de la mer. Il voulait aller vite et avait donc fait appel au vent de mage, car il redoutait ce qui se trouvait derrière lui plus encore que ce qui se trouvait devant. Mais comme les heures passaient, sa peur impatiente se transforma en une sorte de joie farouche. Au moins, il affrontait ce danger par sa propre volonté, et plus il s’en rapprochait, plus il était certain d’être enfin libre, ne fût-ce que pour une heure avant sa mort. L’ombre n’osait pas le suivre dans la gueule d’un dragon. La mer grise roulait des vagues aux crêtes blanches, et le vent du nord poussait de sombres nuages devant lui. Cap toujours à l’ouest, la voile gonflée par le vent de mage, il aperçut finalement les rochers de Pendor, les rues désertes de la ville et les tours en ruine.

À l’entrée du port, situé dans une baie peu profonde à la courbe régulière, il abattit son charme de vent et immobilisa son petit bateau, qui se mit à danser doucement sur les vagues. Puis il requit le dragon : « Usurpateur de Pendor, viens donc défendre tes trésors volés ! »

Sa voix ne porta pas bien loin dans le bruit des rouleaux se fracassant sur le rivage de cendres, mais les dragons ont l’oreille fine. Aussitôt, de l’une des ruines sans toit de la ville, l’un d’eux vint vers Ged comme une immense chauve-souris, décrivant de grands cercles dans le vent du nord. Il était entièrement noir, les ailes et l’échine peu épaisses. À la vue de cette créature, qui était un mythe pour son peuple, Ged sentit se gonfler son cœur ; il éclata de rire et cria : « Va dire au Vieux Dragon de venir, espèce de ver ailé ! »

Car celui-ci était l’un des jeunes dragons nés plusieurs années auparavant d’une dragonne du Lointain Ouest qui avait déposé ses œufs énormes – on dit que leur enveloppe est dure comme du cuir – dans une pièce ensoleillée de la tour éventrée et avait aussitôt repris son vol, laissant au Vieux Dragon de Pendor le soin de veiller sur ses jeunes lorsqu’ils sortiraient de leur coquille en rampant comme de maléfiques lézards.

Le jeune dragon ne répondit pas. Il n’était pas grand, guère plus, sans doute, qu’un vaisseau de quarante rames, et maigre comme un ver malgré l’envergure de ses ailes membraneuses et noires. Il n’avait pas encore atteint la taille d’un adulte, et il lui manquait encore la voix et la malice des dragons. Telle une flèche, il fondit droit sur le petit bateau de Ged en ouvrant ses longues mâchoires hérissées de dents ; Ged n’eut donc qu’à lier et figer ses ailés et ses membres au moyen d’un sort unique mais suffisamment puissant pour l’envoyer plonger dans la mer comme une pierre, et les flots gris se refermèrent sur lui.

Deux dragons semblables au premier s’élevèrent depuis le pied de la plus haute tour. Tout comme le premier, ils plongèrent droit sur Ged, et de la même façon il les prit tous les deux, les précipita dans la mer et les noya, sans même avoir à lever son bâton de sorcier.

Après un certain temps, trois autres dragons s’en vinrent vers lui depuis l’île. L’un d’eux était beaucoup plus gros, et du feu roulait entre ses mâchoires. Les deux autres vinrent directement à lui en agitant vivement et bruyamment leurs ailes, mais le premier arriva très rapidement par-derrière en décrivant un arc de cercle, afin de brûler Ged et sa barque dans son souffle enflammé. Deux venant du nord et l’un du sud, aucun sort liant ne pouvait les emprisonner ensemble. À l’instant où il comprit cela, Ged composa aussitôt un sort de Changement, et en un clin d’oeil il s’envola de son bateau sous la forme d’un dragon.

Déployant de larges ailes et sortant ses ergots, il alla à la rencontre des deux dragons venant du nord pour les consumer de son haleine enflammée, puis se tourna vers le troisième, qui était plus grand que lui et également armé de feu. Au-dessus des vagues grises, dans le vent, ils se dépassèrent, se lancèrent des coups de gueule, plongèrent, soufflèrent jusqu’à être cernés d’une épaisse fumée rougie par le brasier de leurs gorges féroces. Soudainement, Ged prit de la hauteur, et l’autre le suivit. Puis, en plein vol, le dragon-Ged, étendant ses ailes, s’arrêta et s’abattit comme le font les faucons, griffes et ergots pointés vers le bas, et assaillant son adversaire en le frappant au cou et au flanc. Dans un ébouriffement d’ailes noires, de grosses gouttes de sang du dragon noir tombèrent dans là mer. Lorsqu’enfin le dragon de Pendor parvint à se libérer, il s’enfuit à tire-d’aile jusqu’à l’île, rasant pitoyablement les flots, et alla se traîner jusqu’à quelque puits ou quelque grotte de la ville en ruine.

Aussitôt, Ged reprit sa forme, et sa place dans la barque, car il eût été extrêmement périlleux de conserver cette forme de dragon plus longtemps que l’exigeait la nécessité. Ses mains étaient noires, couvertes de sang brûlant de dragon, et il portait de légères brûlures à la tête ; mais peu lui importait maintenant. Dès qu’il eut repris son souffle, il lança : « J’en ai vu six, cinq en ai tué ; on dit qu’il y en a neuf : sortez donc, vers que vous êtes ! »

Durant un long moment, pas une créature ne bougea sur l’île, nulle voix ne se fit entendre. Ged ne percevait que le fracas des vagues se brisant sur le rivage. Mais soudain, il remarqua que la plus haute tour était en train de changer de formé et qu’une protubérance apparaissait d’un côté comme s’il lui poussait un bras. Il redouta quelque magie de dragon, car les vieux dragons sont très puissants et astucieux, et leur sorcellerie est à la fois proche et lointaine de celle des hommes ; mais, un instant plus tard, il comprit que cette tour était l’œuvre de ses yeux, et non d’un dragon. Ce qu’il avait pris pour une partie de la tour était en réalité l’épaule du Dragon de Pendor en train de se dresser.

Lorsqu’il fut debout, sa tête recouverte d’écailles, couronnée de pointes et pourvue d’une triple langue, s’élevait plus haut que la tour éventrée, tandis que ses pattes hérissées d’ergots et de griffes foulaient beaucoup plus bas les décombres de la ville. Ses écailles gris-noir absorbaient la lumière comme de la roche brisée. Il était efflanqué comme un chien courant, et cependant aussi gros qu’une colline. Ged le regarda, stupéfait, car aucune chanson, aucun conte ne pouvait préparer l’esprit à un tel spectacle. Il faillit se faire prendre à regarder le dragon dans les yeux, car c’est une chose qui ne peut se faire ; se détournant rapidement du regard vert et visqueux fixé sur lui, il brandit son bâton qui ressemblait maintenant à un éclat de bois, à une fine baguette.

« J’avais huit fils, petit sorcier », tonna la voix sèche du dragon. « Cinq sont morts, l’un est mourant : il suffit ! Tu ne t’empareras pas de mon trésor au prix de leur vie… »

— « Je ne veux pas de ton trésor, »

Les naseaux du dragon crachèrent de la fumée jaune ; c’était là son rire.

— « Ne voudrais-tu pas débarquer pour venir le contempler, petit sorcier ? Le spectacle en vaut la peine. »

— « Non, dragon. »

C’est avec le feu et le vent que les dragons ont des affinités, ils ne se battent pas volontiers au-dessus de la mer. Ged jusqu’à présent avait eu cet avantage et il tenait à le conserver, mais maintenant l’eau qui le séparait des énormes ergots gris, cette petite bande d’eau salée, ne lui paraissait plus représenter un atout important.

1 ... 20 21 22 23 24 25 26 27 28 ... 51
Перейти на страницу:
0
Сюжет
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Атмосфера
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Главный герой
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Общее впечатление
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
Итоговая оценка: 0.0 из 10 (голосов: 0 / История оценок)