Pisteur - Livre 2 - Partie 2 [Ruins - fr]
- Автор: Кард Орсон Скотт
- Серия: Pisteur #2
- Год: 2015
- Язык: французский
- Год: J'ai Lu
- ISBN: 978-2-290-10335-7
- Переводчик: Mathieu Jacquet
- Жанр: Научная фантастика
Электронная книга - «Pisteur - Livre 2 - Partie 2 [Ruins - fr]». Краткое содержание книги:
Il descendit rejoindre Umbo.
« Comment te sens-tu ? s’enquit-il.
— Mieux, maintenant, sourit Umbo. Cette chute m’a fait le plus grand bien, finalement.
— Je te rappelle que tu es mon frère ! » hurla Param.
Et elle disparut.
Les visages de Miche et d’Olivenko émergèrent de la carlingue de l’aéronef.
« Je ne sais pas de quoi vous êtes venus nous prévenir, vous deux, observa Olivenko. Mais ça devait être une sacrée catastrophe, si vous êtes censés avoir arrangé les choses.
— Ce n’est pas ma faute si Param décide de disparaître à tout bourde champ ! se défendit Rigg.
— C’est ta sœur, lui rappela Olivenko. Un jour, elle sera Reine-en-la-Tente.
— Et Umbo n’est pas n’importe qui ! rétorqua Rigg. C’est un remarquable voyageur du temps, et elle ferait bien de s’en souvenir avant de le traiter de péquenaud. Dans mon enfance, j’aurais payé cher pour en être un !
— J’en connais deux qui n’en sont pas sortis, de l’enfance », commenta Miche.
À son ton paternaliste, Umbo comprit un peu mieux la phrase de son double à propos du tavernier qui « n’était pas son père ».
« Que dis-tu de ma suggestion ? demanda le jeune cordonnier à Rigg. Tu voles jusqu’à la frontière de l’entremur de Vadesh, tu t’accroches à une trace, tu reviens ici et je te ramène dans le présent ?
— Tu penses y arriver à cette distance ? s’inquiéta Rigg.
— On verra bien.
— Comment saurai-je que tu me vois toujours ? »
Miche les interrompit d’une main levée. Une souris chuchotait à son oreille.
« Notre amie suggère que vous utilisiez le téléphone orbital. »
Umbo n’avait pas la moindre idée de ce dont parlait Miche. Un « téléphone orbital » ? Séparés, les deux mots lui évoquaient bien quelque chose, mais associés…
« La dague, traduisit Miche.
— Quoi, “la dague” ? s’enquit Umbo.
— C’est un téléphone orbital, expliqua Miche.
— Depuis quand ?
— Depuis que je viens de l’apprendre, répliqua Miche.
— Et c’est quoi, un “téléphone orbital” ?
— Excellente question. »
Umbo extirpa le couteau de son fourreau.
« Je croyais qu’il servait à stocker les enregistrements des vaisseaux…
— Ça, c’est le rôle des pierres, expliqua la souris par la bouche de Miche. Le manche fait office d’émetteur-récepteur. Il assure une connexion permanente avec le vaisseau de l’entremur via l’orbiteur, qui sert de relais bidirectionnel.
— Un émetteur-récepteur ? articula Umbo en considérant la dague d’un œil nouveau. Voilà autre chose.
— La souris m’indique en outre que l’ensemble de nos conversations ont été consignées par les ordinateurs de bord des vaisseaux depuis que nous sommes en sa possession. »
Umbo lança le couteau au loin d’un geste rageur.
« On nous espionne depuis le début !
— Ne le prends pas mal, chercha à le consoler Olivenko, il t’a permis de rester connecté avec le reste du monde.
— Que fait-il d’autre ? s’enquit Rigg en le ramassant.
— Il sert à couper la viande, plaisanta Miche.
— La bonne blague, lâcha Umbo. Elle vient de toi ou de ta copine sur ton épaule ?
— De moi, confia Miche. La conception du manche n’aurait pas permis d’y loger plus qu’un téléphone orbital, d’après elle.
— Leurs ingénieurs ne se sont pas foulés, railla Umbo.
— Il a été conçu il y a plus d’un siècle.
— M’étonnerait, on ne l’a que depuis deux… »
Umbo se tut avant de sortir une ânerie. Ils n’avaient récupéré la dague que deux ans plus tôt, mais elle avait pu être téléportée bien des années avant. Il en rougit de confusion.
« On est tous un peu perdus, l’excusa Rigg. Donc, ce couteau est un émetteur-récepteur. On ne peut décidément rien cacher aux sacrifiables.
— Si, démentit Umbo. Ce que tu as fait pendant tes mois de captivité à Aressa Sessamo, ils n’en savent rien. Alors que Miche et moi… »
Il rougit à nouveau, d’embarras cette fois, pour le mauvais tour joué aux autres en chapardant la pierre dans la cache de Miche, au pied de la Tour d’O. Quel gamin je fais parfois… Pas étonnant que Miche m’en veuille.
Que je m’en sente coupable aujourd’hui signifie-t-il que je deviens adulte ? Umbo se garda de soumettre sa question à voix haute – par peur de la réponse du tavernier, dont il avait une petite idée.
Ils patientèrent une heure, le temps pour Rigg de suivre Param à sa trace jusqu’à un lieu où elle serait en sécurité, bien à l’écart de l’aéronef. Puis il décolla. Umbo resta en communication constante avec lui, debout au sommet de la colline, la dague contre l’oreille. D’ici à quelques heures, il propulserait son ami dans le passé. Maintenir le contact avec lui par la suite ne l’inquiétait pas outre mesure. Il savait en être capable, en agissant non pas de visu mais grâce à un sens tout autre : une science profonde de la position de Rigg dans l’espace et le temps. Ils s’étaient retrouvés ainsi à Aressa Sessamo, sans même se voir. Mais, cette fois, la distance qui les séparerait constituerait un record. Sans parler de cette fameuse courbure planétaire évoquée par Rigg, qui brouillait sa perception des traces à longue distance. Qu’en serait-il pour Umbo ? Parviendrait-il à garder le contact malgré l’épaisseur de roche et de terre qui le séparerait de son ami ?
Le vol jusqu’à destination dura une bonne demi-journée. Umbo put enfin souffler : la communication orbitale passait toujours cinq sur cinq et, surtout, il sentait sa poigne toujours aussi ferme sur le fil d’Ariane temporel qui le reliait à Rigg.
« N’oublie pas l’aéronef, rappela-t-il à Rigg après quelques minutes.
— Je n’ai pas très envie de faire le retour à pied, si c’est à cela que tu penses, le rassura Rigg. Au fait, j’ai une souris sur l’épaule.
— Et moi une puce dans le pantalon. Tu es accroché à la trace que tu voulais ?
— Oui, confirma Rigg. Quand tu veux. »
L’action simultanée de la poussée d’Umbo et de l’attraction de la trace catapulta Rigg à la date voulue. Umbo manquait lui-même d’une telle précision, mais sut d’emblée le saut temporel exact au jour près. Parfait, songea-t-il. Nous étions exactement à cet endroit-là à ce moment-là.
Le retour s’avéra beaucoup plus délicat que prévu, en raison de l’impossibilité de se parler, entre autres. Le téléphone orbital ne communiquait en effet qu’avec des machines actives dans une seule et même temporalité, pas avec un aéronef ayant survolé des prairies et des forêts une année plus tôt.
Umbo se débrouilla très bien sans ; il tint Rigg fermement, jusqu’au bout. Il ne pouvait lire les traces, bien sûr, mais se sentit peu à peu envahi par un sentiment de proximité, de complétude, au fur et à mesure que Rigg se rapprochait. L’aéronef était de retour. D’ici à quelques instants, son ami en sortirait. Umbo cesserait alors de forcer la courbe du temps et son ami émergerait parmi eux dans le présent – en laissant dans le passé sa trace providentielle, au bon endroit et au bon moment.
La souris aussi, en principe.
« J’y vais, annonça-t-il à Miche et Olivenko. Si seulement je savais où était Param.
— Depuis le temps qu’elle a disparu… elle peut être n’importe où.
— Avec notre chance, entêtée comme elle est et énervée comme je la devine, elle n’a pas bougé d’un millimètre depuis sa sortie de l’aéronef, supputa Olivenko.