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READ-E-BOOK » Научная фантастика » Pisteur - Livre 2 - Partie 2 [Ruins - fr]
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Pisteur - Livre 2 - Partie 2 [Ruins - fr]

Электронная книга - «Pisteur - Livre 2 - Partie 2 [Ruins - fr]». Краткое содержание книги:

Rigg et ses amis découvrent dans le Livre du Futur, qu’ils font partie d’une population-test envoyée depuis la Terre pour vérifier que la planète était viable. A présent, la Terre n’a plus besoin d’eux et s’apprête à les faire disparaître au profit des colons terriens. Mais ils ont bien l’intention de se défendre.
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— Elles ont l’air concentrées, nota Umbo.

— Ce sont des élèves studieuses. Et évite toi aussi les regards ou les gestes facilement décodables. Je suggère de continuer cette conversation les yeux fermés.

— Pour se retrouver encerclés sans les voir venir, non merci, refusa Param.

— Tu ne les en empêcheras pas, même les yeux ouverts, fit remarquer Miche. Et Rigg le verra bien à leurs traces.

— Dangereuses ou pas, fourbes ou pas, reprit Rigg, ces petites rusées qui affectionnent le chignon de Param représentent peut-être le seul espoir du Jardin face aux Éclaireurs.

— Et nous, le seul espoir des Terriens face aux souris, indiqua Olivenko.

— Pour citer Param, rappela Rigg, si on doit choisir qui des Terriens ou de nous survivra, notre choix est vite fait, non ?

— Peut-on encore parler de survie si l’on finit esclaves de souris ? souleva le garde.

— Excellente question, lui accorda Rigg. À méditer à notre arrivée.

— Retournons dans le passé et laissons-les se débrouiller, suggéra Umbo. Après l’atterrissage, je veux dire. »

Param et Olivenko murmurèrent un semblant d’accord.

« Restera tout de même un ennemi de taille, souleva Miche.

— Je n’en vois pas d’autre qu’elles… hésita Olivenko.

— Les Nettoyeurs. Ce sont eux, nos vrais ennemis.

— Mais on ne peut pas faire confiance à ces bestioles ! s’écria Param. Imaginons qu’elles sauvent le Jardin des griffes des Nettoyeurs. La planète sera ensuite à leur merci !

— Et qui protégera les souris de nous ? souleva Miche. On peut continuer longtemps comme cela.

— Miche a raison, abonda Rigg. Les humains ont la guerre dans le sang. Si l’on se sépare des souris maintenant, on reproduira l’erreur la plus classique de l’histoire humaine : partir en guerre quand l’union s’impose.

— Parce que tu comptes t’unir à elles ? s’enquit Umbo.

— C’est bien le cœur du débat, non ? Nous avons été leurs alliés sans le savoir. Nous avons exécuté leurs plans en croyant poursuivre les nôtres, nous avons fait leur jeu, tout cela sans même nous douter de leur existence. Les pierres, la dague… ce sont elles qui tirent les ficelles depuis le début !

— Coupons-les, blagua Olivenko.

— Pour cela, il faudrait déjà les voir, fit remarquer Miche.

— Ces ficelles, ce sont nos vies, reprit Rigg. Et rappelez-vous. Les souris ne peuvent pas voyager dans le temps mais rien ne les empêche de reprendre la pierre qui nous faisait tant défaut. »

Ils pesèrent un instant cette éventualité.

« Elles l’auraient déjà fait, non ? risqua Umbo. Pour nous punir de ne pas respecter leurs consignes.

— Encore faudrait-il qu’elles les aient formulées clairement, observa Rigg. Ce qui n’est pas le cas.

— Leur but, c’est de survivre, ajouta Miche. Et pour cela, elles doivent sortir de l’entremur et envahir un nouveau monde. Tous les mondes possibles.

— Et contrecarrer les plans des Terriens, compléta Param.

— Et nous, quel est notre but ? interrogea Rigg.

— Qu’elles arrêtent de nous manipuler, avança Umbo.

— Essayons déjà de ne pas nous manipuler nous-mêmes, observa Rigg. Mais ce serait agir contre-nature. L’homme naît manipulateur.

— Et alors ? On a un but commun : arrêter les Nettoyeurs.

— Mais notre plan, quel est-il ? insista Rigg.

— On n’en a pas, concéda Olivenko.

— Et pourquoi ?

— Parce qu’on n’est pas trois milliards comme les souris ? suggéra Param.

— Nous n’avons pas de plan car nous naviguons dans le flou le plus total, affirma Rigg. Tout ce qu’on a, ce sont des Livres du Futur incapables de répondre à la seule question qui importe vraiment.

— Pourquoi les Nettoyeurs seront-ils envoyés ? resitua Miche.

— Qu’est-ce qui motivera leur décision, leurs actions, quel portrait du monde leur brosseront les Éclaireurs… compléta Rigg. Sans ces données, pas de plan possible.

— Les souris en ont un, pourtant, nota Param. C’est idiot ce que tu dis.

— Oui, un plan intégralement pompé sur celui des Nettoyeurs, confirma Rigg. Tout nettoyer par le vide pour éradiquer le problème à sa source.

— Ben, c’est un plan… commenta Umbo. Pas le plus finaud, certes, mais un plan quand même.

— Ce qu’il faut, reprit Rigg, c’est leur faire prendre conscience de leur erreur.

— Qui te dit que c’en est une ? discuta Param.

— Agir dans la précipitation est forcément une erreur. Les choses sont encore trop prématurées. Vous n’êtes pas d’accord ? »

Les autres chuchotèrent leur assentiment.

« Il faut convaincre les Enfants d’Odin de patienter un cycle de plus, reprit Rigg.

— Qu’ont-ils à y gagner ? souleva Olivenko. Cela fait neuf cycles qu’ils attendent. Sans compter que pour la première fois, ils ont une arme fatale : les souris. Ils doivent trépigner d’impatience de les voir à l’œuvre.

— Mais toute leur mission ne tient qu’à un malheureux message venu du futur, argumenta Rigg. Cette fois, ils nous ont, nous. Des témoins de première main, capables de voir par eux-mêmes, de rencontrer les Éclaireurs, d’observer les Nettoyeurs. Et ensuite, de revenir au moment le plus opportun du passé pour unir leurs forces à celles de souris. Toujours mieux que trois lignes sur une feuille d’inox, non ?

— Ce serait une première, observa Olivenko.

— Une première qui implique de laisser les souris nous accompagner dans le passé, ajouta Umbo. Deux fois : la première maintenant et la seconde à l’arrivée des Nettoyeurs.

— Nous pourrons cumuler nos souvenirs aux leurs, fit remarquer Param.

— Tout cela nous semble d’une logique implacable, à nous autres, intervint Miche. Mais qu’en penseront les souris ?

— Que du bien, émit la voix du vaisseau.

— Du bien de quoi ? débita Rigg, surpris.

— Les souris saluent votre plan. Elles acceptent de patienter un cycle supplémentaire. Mais à une seule condition : qu’elles soient du voyage, et en nombre. »

Ces bêtes à poils ne manqueraient jamais d’étonner Rigg. Elles n’avaient pas perdu une miette de leur conversation censée être tenue dans le plus grand secret. Comment avaient-elles réussi ce tour de passe-passe ?

« Vous avez traduit ? s’étonna-t-il.

— Je n’en ai pas eu besoin. De qui tenez-vous votre maîtrise de la langue impériale d’O ?

— De Ramsac, confessa Rigg en enrageant contre sa propre stupidité.

— Si Ramsac connaissait cette langue, les ordinateurs de bord et les sacrifiables aussi. Je vous laisse conclure de vous-même.

— Mais pourquoi apprendre une langue morte d’un autre entremur ? s’exclama Olivenko.

— Pour le plaisir, comme toi à la Grande Bibliothèque d’Aressa Sessamo pendant des années, remarqua Rigg.

— Ce n’est pas parce que quelques souris parlent cette langue que les milliards d’autres la comprennent, poursuivit Olivenko.

— Elles se sont assurées de la présence d’une souris par langue que nous connaissons, nota Rigg. Et comme elles savent lesquelles Ramsac m’a apprises…

— Elles nous ont bien eus à jouer les demeurées, pesta Param.

— On s’en est surtout persuadé nous-mêmes.

— Vous y avez au moins gagné leur confiance, signala la voix. En trahissant ouvertement vos intentions de conciliabule.

— Nous comptions tout leur dire, fit valoir Rigg.

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