Бесплатная библиотека
Читайте книгу на сайте или телефоне
READ-E-BOOK » Альтернативная история » La porte des mondes [The Gate of Worlds - fr]
La porte des mondes [The Gate of Worlds - fr] - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

La porte des mondes [The Gate of Worlds - fr]

Электронная книга - «La porte des mondes [The Gate of Worlds - fr]». Краткое содержание книги:

Dan, jeune Anglais, s’embarque en cette année 1963 pour chercher fortune dans les Hespérides, ce double continent que nous appelons l’Amérique. C’est qu’il est né dans un monde où l’histoire à suivi un autre cours : conquise par les Turcs, l’Europe n’a colonisé ni l’Amérique ni l’Afrique. Et Dan va découvrir au fil d’aventures tragiques et comiques l’empire aztèque du XXe siècle.
1 ... 17 18 19 20 21 22 23 24 25 ... 46
Перейти на страницу:

La foule surexcitée hurla.

Je fis volte-face et découvris que dans la confusion générale trois joueurs de l’équipe adverse s’étaient assuré le contrôle de la balle. Deux d’entre eux formaient une barrière humaine qui repoussait la charge de nos hommes, permettant ainsi au troisième de tenter de marquer un but. Il souleva habilement le ballon d’un coup de pied de côté et je vis avec horreur la sphère de caoutchouc lancée droit vers l’anneau. Ce match serait-il de ceux qui se terminaient en moins d’une minute ? Sur le terrain, toute l’action était suspendue.

Le ballon frappa l’anneau et rebondit innocemment sur le côté.

Je le vis venir droit sur moi. Imitant Manco Huascar, j’abattis mes deux poings sur la figure de l’adversaire le plus proche et fonçai. Topiltzin me cria de lui faire une passe. Il était à mi-chemin de notre but.

Je dois dire que nous avons en Angleterre un jeu appelé football qui n’est pas tellement différent du sport national aztèque. Là non plus on ne doit pas toucher le ballon avec les mains. Il se trouve que j’ai joué au football et que je suis assez habile à faire circuler une balle. Juste au moment où Topiltzin m’appelait, deux joueurs se précipitaient vers moi, l’œil brillant du désir de meurtre. Je les laissai sur place, déconcertés, après les avoir contournés en poussant le ballon dans la foulée. Je terminai par un tir vigoureux qui projeta la balle à vingt mètres en direction de Topiltzin. Il n’eut que le temps de la renvoyer vers le but avant qu’un Aztèque monstrueux le plaque violemment au sol. Manco Huascar s’empara du ballon et tenta de marquer le but, mais il se trouvait trop près et sous un mauvais angle.

Un moment plus tard, il s’en fallut de peu que je ne réussisse. Le ballon rebondit contre notre anneau et un adversaire l’expédia de l’autre côté du terrain. Il fut intercepté par deux de nos hommes qui le renvoyèrent à mi-chemin. Là, un autre partenaire fit un shoot superpuissant qui voulait être une passe. La balle vint taper droit contre ma tête à une vitesse fantastique et rebondit sur mon casque. Je chancelai, momentanément étourdi, et seulement à demi conscient des hurlements de la foule.

Puis je levai les yeux. Après son ricochet sur mon crâne épais, le ballon filait vers le but.

Dix centimètres plus haut, et la partie était gagnée. Le ballon frôla l’anneau et termina mollement sa trajectoire un peu trop courte. Topiltzin me donna une bonne claque dans le dos et dit en riant :

« Dommage ! Tu aurais pu mieux viser ! »

Dans les dix premières minutes de jeu il y avait eu trois tirs au but, en comptant le mien, tout involontaire qu’il ait été. Mais un quart d’heure passa avant que quelqu’un se retrouve en position pour une nouvelle tentative. Nous courions comme des fous d’un bout à l’autre du terrain, tapant sur les adversaires tout autant que dans le ballon. Aucune des deux équipes ne le contrôlait assez longtemps pour pouvoir en tirer le moindre profit.

Il n’y avait pas d’arrêt pour reprendre souffle. Pas de mi-temps, pas de quartier ; jouer jusqu’à ce qu’on tombe d’épuisement, tel semblait être le programme. Après une demi-heure de jeu, je ne me déplaçais plus que machinalement, les membres engourdis, arpentant le terrain par pur entêtement. J’avais reçu un nombre incalculable de coups de poing mais j’en avais donné ma bonne part.

J’éprouvais quelques mépris envers mes camarades de jeu, qu’ils soient mes partenaires ou mes adversaires. Si l’on considérait que les Aztèques s’adonnaient à ce sport depuis le XIVe siècle, on aurait pu s’attendre à ce qu’ils aient mis au point une tactique. Or ils ignoraient à peu près tout du jeu d’équipe, à part les formations de base les plus élémentaires. Je ne vis jamais six ou sept joueurs se placer sur le terrain pour une descente en triangle. Je n’en vis pas qui fussent capables d’une conduite de balle efficace. Ils se contentaient de taper du pied, du genou ou de la hanche, de taper fort, de lutter âprement et de se fier à la chance pour faire passer le ballon dans l’anneau. C’était ainsi qu’ils voyaient le jeu. Rien d’étonnant à ce qu’il fallût parfois trois jours avant que quelqu’un marque un but.

Je fis l’erreur de vouloir leur en mettre plein la vue.

Le football a toujours été un de mes sports favoris. Je leur servis un spécimen de ma technique. Après une mêlée très confuse, la balle jaillit de l’amas des corps à l’extrémité sud du terrain. Je fonçai, m’en emparai et me dirigeai en dribblant vers l’aire du but. Mes adversaires se précipitèrent vers moi. Alors je fus pris de l’envie de m’amuser. Je soulevai le ballon de l’orteil, le fit monter le long de ma jambe jusqu’au genou, tapai dedans juste assez fort pour qu’il m’arrive au niveau du front. Et je me mis à dribbler de la tête, frappant sec et contrôlant étroitement chaque rebond.

La foule rugit. Les joueurs des deux équipes restèrent bouche bée à me voir accomplir mon petit tour de force. Contournant mes adversaires comme j’aurais contourné des rangées de somnambules je me dirigeai vers le but. Manco Huascar surgit soudain en bonne place et je lui passai le ballon car il s’y connaissait visiblement mieux que moi dans l’art difficile de tirer au but. Manco tira. Il échoua.

Alors l’équipe adverse tout entière se rua vers moi.

Dans les plaines des Hespérides vit un animal imposant, brun et laineux, le bison. Ce bison ne voyage jamais seul mais toujours en la compagnie de millions de congénères. J’ai vu galoper les troupeaux et ils font résonner le sol d’un grondement de tonnerre, mais un million de bisons n’est rien comparé à quinze Aztèques animés d’une fureur homicide. Ceux-ci venaient de décider comme un seul homme que l’étranger à la peau blanche avait trop de tours dans son sac et qu’il était urgent de l’éliminer.

Et ils me piétinèrent comme des bisons furieux. Sincèrement, je crus ma dernière heure venue. J’étais complètement enseveli sous un tas de poings et de genoux. Voulant me tirer de là, les joueurs de mon équipe vinrent s’empiler au-dessus des autres, de sorte que j’eus bientôt tous les joueurs sur le dos. J’appris plus tard que Topiltzin avait profité de l’incident pour subtiliser la balle et tenter de marquer un but. Mais ses essais furent infructueux.

Au football nous avons des arbitres pour éviter les effusions de sang. Là, il n’y avait pas d’arbitre et la bagarre continua jusqu’à ce que quelqu’un remarque le petit manège de Topiltzin. Alors la rage se tourna contre lui. Je rampai hors de la mêlée, éreinté, abasourdi, et bien qu’aucun de mes os ne me parût cassé, un certain nombre avaient l’air d’être sérieusement tordus. Je montrai peu d’empressement à reprendre ma place dans le jeu et acceptai à l’avance qu’on en tire la conclusion que je n’étais pas un homme. Je me traînai sur les mains et les genoux jusqu’à la ligne de touche. À bout de souffle, anéanti, j’attendis que les cloches aient cessé de carillonner dans ma tête.

Cela faisait à présent douze hommes contre quinze mais je n’y pouvais rien. Je restai assis là cinq minutes, à regarder les vingt-sept autres faire de leur mieux pour s’entre-tuer. Durant cette courte période les forces eurent tendance à s’égaliser. Un grand type de l’autre équipe s’apprêtait à tirer au but quand Manco Huascar arrivant derrière lui leva tranquillement les bras au-dessus de sa tête et les lui fit retomber sur le crâne, coudes repliés. L’homme s’écroula aussitôt et resta sur le terrain sans plus bouger qu’un cadavre jusqu’à ce qu’un de ses coéquipiers le traîne sur la touche afin d’éviter qu’on l’écrase. Peu de temps après un autre joueur était mis hors de combat par les efforts conjugués de Manco Huascar et d’un partenaire d’imposante stature. Manco plaça un coup au-dessus de la ceinture, l’autre au-dessous. On emporta la victime.

1 ... 17 18 19 20 21 22 23 24 25 ... 46
Перейти на страницу:
0
Сюжет
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Атмосфера
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Главный герой
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Общее впечатление
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
Итоговая оценка: 0.0 из 10 (голосов: 0 / История оценок)