Le bûcher d'un roi
- Автор: Мартин Джордж Рэймонд Ричард
- Серия: Le Trone de fer #13
- Год: 2012
- Язык: французский
- Год: Pygmalion
- ISBN: 978-2-7564-0586-5
- Переводчик: Patrick Marcel
- Жанр: Фэнтези
Электронная книга - «Le bûcher d'un roi». Краткое содержание книги:
— Demander ? Je vous ai demandé d’être sire de Winterfell et gouverneur du Nord. J’ai besoin de ces châteaux.
— Nous vous avons cédé Fort-Nox.
— Des rats et des ruines. C’est un don de ladre qui ne coûte rien à qui le donne. Votre propre homme, Yarwyck, assure qu’il faudra la moitié d’un an avant que le château puisse être habitable.
— Les autres forts ne valent pas mieux.
— Je le sais. N’importe. Ils sont tout ce que nous avons. Il y a dix-neuf forts au long du Mur, et vous n’avez des hommes que dans trois d’entre eux. J’entends les doter chacun d’une nouvelle garnison avant que l’an n’expire.
— Je n’ai nulle querelle sur ce point, sire, mais l’on dit que vous avez également l’intention d’octroyer ces châteaux à vos chevaliers et seigneurs, pour domaines comme vassaux de Votre Grâce.
— On attend des rois qu’ils donnent à pleines mains à leurs fidèles. Lord Eddard n’a-t-il rien appris à son bâtard ? Nombre de mes chevaliers et seigneurs ont abandonné de riches terres et des châteaux solides dans le sud. Leur loyauté devrait-elle rester sans récompense ?
— Si Votre Grâce souhaite s’aliéner tous les bannerets du seigneur mon père, il n’est plus sûre méthode que d’allouer des forteresses nordiennes à des seigneurs sudiers.
— Comment puis-je perdre des hommes que je ne possède point ? J’avais espéré confier Winterfell à un Nordien, il vous en souviendra. Un fils d’Eddard Stark. Il m’a jeté mon offre au visage. » Stannis Baratheon s’attaquait aux griefs comme un mastiff à son os : il le rongeait pour n’en laisser qu’éclisses.
« De plein droit, Winterfell devrait revenir à ma sœur Sansa.
— Lady Lannister, voulez-vous dire ? Êtes-vous si pressé de voir le Lutin perché sur le siège de votre père ? Je vous promets, cela n’arrivera pas tant que je vivrai, lord Snow. »
Jon n’était pas assez sot pour insister. « Sire, certains prétendent que vous avez l’intention d’accorder terres et château à Clinquefrac et au Magnar de Thenn.
— Qui vous a raconté cela ? »
Le sujet courait tout Châteaunoir. « Puisque vous tenez à le savoir, je tiens l’affaire de Vère.
— Qui est Vère ?
— La nourrice, répondit dame Mélisandre. Votre Grâce lui a laissé licence d’aller dans tout le château.
— Pas pour colporter des fables. On a besoin d’elle pour ses tétons, pas pour sa langue. Je veux d’elle plus de lait et moins de messages.
— Châteaunoir n’a nul besoin de bouches inutiles, acquiesça Jon. J’envoie Vère au Sud par le prochain navire qui quittera Fort-Levant.
Mélisandre toucha le rubis à sa gorge. « Vère donne à téter au fils de Della en même temps qu’au sien. Il semble cruel de votre part de séparer notre petit prince de son frère de lait, messire. »
Attention, maintenant, attention. « Ils ne partagent que le lait de la mère. Le fils de Vère est plus grand et plus robuste. Il donne coups de pied et pinçons au prince, et le repousse du sein. Son père était Craster, un homme cruel et avide, et le sang parle. »
Le roi parut désorienté. « Je croyais que la nourrice était la fille de ce Craster.
— Sa femme et sa fille à la fois, Votre Grâce. Craster a épousé toutes ses filles. Le fils de Vère est le fruit de leur union.
— Son propre père lui a donné cet enfant ? » Stannis parut choqué. « En ce cas, bon débarras. Je ne souffrirai pas de telles abominations ici. Nous ne sommes pas à Port-Réal.
— Je peux chercher une autre nourrice. Si l’on n’en trouve point parmi les sauvageons, j’enverrai voir dans les clans de la montagne. Jusque-là, le lait de chèvre devrait satisfaire le garçon, n’en déplaise à Votre Grâce.
— Piètre chère pour un prince… Mais assurément préférable au lait d’une puterelle. » Stannis tambourina des doigts contre la carte. « Si nous pouvions revenir sur le chapitre de ces forts…
— Votre Grâce, répliqua Jon avec une courtoisie glacée, j’ai logé et nourri vos hommes, à un coût dévastateur pour nos réserves d’hiver. Je les ai vêtus afin qu’ils ne gèlent point. »
Stannis ne s’apaisa pas. « Certes, vous avez partagé votre porc salé et votre gruau, et vous nous avez jeté quelques guenilles noires pour nous tenir chaud. Des guenilles dont les sauvageons auraient dépouillé vos cadavres si je n’étais pas venu au Nord. »
Jon ignora la remarque. « Je vous ai donné du fourrage pour vos chevaux et, une fois que l’escalier sera achevé, je vous prêterai des ouvriers pour restaurer Fort-Nox. J’ai même accepté de vous laisser installer des sauvageons sur le Don, qui a été octroyé à la Garde de Nuit en perpétuité.
— Vous m’offrez terres vides et désolations, et me refusez pourtant les châteaux que je requiers pour récompenser mes seigneurs et bannerets.
— La Garde de Nuit a bâti ces châteaux…
— Et la Garde de Nuit les a délaissés…
— … pour défendre le Mur, acheva avec obstination Jon, et non pour qu’y siègent des seigneurs sudiers. Les pierres de ces forts sont scellées par le sang et les os de mes frères, morts il y a bien longtemps. Je ne puis vous les donner.
— Vous ne pouvez ou ne voulez ? » Les tendons se dessinaient sur le cou du roi avec la netteté du fil d’une épée. « Je vous ai offert un nom.
— J’en ai déjà un, Votre Grâce.
— Snow. Fut-il jamais nom de plus mauvais augure que ce neige ? » Stannis toucha la poignée de son épée. « Qui donc imaginez-vous être ?
— Le veilleur sur les remparts. L’épée dans les ténèbres.
— Ne me jetez pas vos mots à la face. » Stannis dégaina le glaive qu’il appelait Illumination. « La voici, votre épée dans les ténèbres. » De la lumière ruissela tout au long de la lame, tour à tour rouge, jaune ou orange, dessinant le visage du roi avec des couleurs crues et vives. « Même un béjaune devrait le voir. Seriez-vous aveugle ?
— Non, sire, je vous accorde que ces châteaux doivent être pourvus d’une garnison…
— Le petit commandant m’accorde. Quelle chance.
— … par la Garde de Nuit.
— Vous n’avez pas assez d’hommes pour cela.
— En ce cas, donnez-m’en, sire. Je procurerai des officiers pour chacun des forts abandonnés, des commandants aguerris qui connaissent le Mur et les terres au-delà et sauront survivre au mieux à l’hiver qui arrive. En retour pour tout ce que nous vous avons fourni, procurez-moi les hommes pour remplir les garnisons. Gens d’armes, arbalétriers, novices. J’accepterai même vos blessés et vos infirmes. »
Stannis le considéra d’un œil incrédule, puis il poussa un aboi de rire. « Vous ne manquez pas d’audace, Snow, je vous le concède, mais vous avez perdu la tête si vous imaginez que mes hommes prendront le noir.
— Qu’ils portent la couleur de manteau qu’il leur siéra, tant qu’ils obéissent à mes officiers comme ils le feraient avec les vôtres. »
Le roi resta de marbre. « J’ai à mon service des chevaliers et des seigneurs, des fils de nobles maisons vieillies dans l’honneur. On ne peut attendre d’eux qu’ils servent sous des braconniers, des vilains et des assassins. »
Ou des bâtards, sire ? « Votre propre Main est un contrebandier.
— Il l’était. Je lui ai raccourci les doigts pour cela. On me dit que vous êtes le neuf cent quatre-vingt-dix-huitième homme à commander la Garde de Nuit, lord Snow. Que croyez-vous que dirait le neuf cent quatre-vingt-dix-neuvième, pour ces châteaux ? Le spectacle de votre tête plantée au bout d’une pique pourrait lui inspirer un regain d’obligeance. » Le roi posa sa lame rutilante sur la carte, le long du Mur, l’acier ondoyant comme le soleil sur les eaux. « Vous n’êtes lord Commandant que par ma tolérance. Vous feriez bien de vous en souvenir.