Le bûcher d'un roi
- Автор: Мартин Джордж Рэймонд Ричард
- Серия: Le Trone de fer #13
- Год: 2012
- Язык: французский
- Год: Pygmalion
- ISBN: 978-2-7564-0586-5
- Переводчик: Patrick Marcel
- Жанр: Фэнтези
Электронная книга - «Le bûcher d'un roi». Краткое содержание книги:
Jon mit un genou en terre. Le roi le regarda avec mauvaise humeur, et agita le parchemin avec colère. « Levez-vous. Dites-moi donc, qui est Lyanna Mormont ?
— Une des filles de lady Maege, sire, la benjamine. On l’a nommée en l’honneur de la sœur du seigneur mon père.
— Pour courtiser la faveur du seigneur votre père, à n’en pas douter. Je sais bien les règles de ce jeu. Quel âge a cette regrettable enfant ? »
Jon dut prendre un temps de réflexion. « Dix ans. Ou il s’en faut d’assez peu pour ne point importer. Pourrais-je savoir en quoi elle a offensé Votre Grâce ? »
Stannis lut la missive. « L’Île-aux-Ours ne se reconnaît d’autre roi que le Roi du Nord, qui a pour nom STARK. Une fillette de dix ans, dites-vous, et elle a le front de sermonner son roi légitime. » Sa barbe taillée ras faisait comme une ombre sur ses joues creuses. « Veillez à garder ces nouvelles pour vous, lord Snow. J’ai Karhold avec moi, voilà tout ce que les hommes ont besoin de savoir. Je ne veux pas que vos frères colportent des racontars sur la façon dont cette drôlesse m’a craché à la face.
— À vos ordres, sire. » Maege Mormont avait pris la route du Sud en compagnie de Robb, Jon le savait. Son aînée également avait rejoint l’ost du Jeune Loup. Quand bien même toutes deux auraient péri, cependant, lady Maege avait d’autres filles, certaines avec leurs propres enfants. Étaient-elles aussi parties avec Robb ? Assurément, lady Maege avait dû laisser derrière elle au moins une des aînées comme gouverneur. Il ne comprenait pas pourquoi Lyanna écrivait à Stannis et ne put s’empêcher de se demander si la réponse de la fillette aurait été différente dans le cas où la missive aurait porté un loup-garou au lieu d’un cerf couronné, et la signature de Jon Stark, sire de Winterfell. Trop tard pour ressentir des regrets. Tu as fait ton choix.
« Quarante corbeaux ont été dépêchés, se plaignit le roi, mais nous ne recevons en retour que silence et défi. L’hommage est un devoir de tout sujet féal envers son roi. Pourtant, les bannerets de votre père me tournent tous le dos, fors les Karstark. Arnolf Karstark est-il le seul homme d’honneur, dans le Nord ? »
Arnolf Karstark, oncle de feu lord Rickard, avait été fait gouverneur de Karhold quand son neveu et ses fils étaient partis pour le Sud avec Robb. Il avait été le premier à répondre à la demande d’hommage du roi Stannis, par un corbeau déclarant son allégeance. Les Karstark n’ont point d’autre choix, aurait pu commenter Jon. Rickard Karstark avait trahi le loup-garou et versé le sang des lions. Le cerf représentait le seul espoir de Karhold. « En des temps si troublés, les hommes d’honneur eux-mêmes doivent s’interroger sur la destination de leur devoir. Votre Grâce n’est pas le seul roi en ce royaume à requérir hommage. »
Dame Mélisandre s’anima. « Dites-moi, lord Snow… Où étaient ces autres rois lorsque les sauvageons ont assailli votre Mur ?
— À mille lieues d’ici et sourds à nos besoins, répondit Jon. Je ne l’ai pas oublié, madame. Je ne l’oublierai pas. Mais les bannerets de mon père ont des épouses et des enfants à protéger, et des petites gens qui périront s’ils devaient se fourvoyer dans leur choix. Sa Grâce leur en demande beaucoup. Laissez-leur du temps, et vous recevrez vos réponses.
— De telles réponses que celle-ci ? » Stannis froissa du poing la lettre de Lyanna.
« Même dans le Nord les hommes craignent l’ire de Tywin Lannister. Les Bolton aussi font de mauvais ennemis. On n’inscrit pas par hasard un écorché sur sa bannière. Ils ont chevauché au Nord avec Robb, saigné avec lui, péri pour lui. Ils ont fait longue chère de chagrin et de mort, et vous venez à présent leur proposer un deuxième service. Les blâmez-vous de traîner des pieds ? Pardonnez-moi, Votre Grâce, mais d’aucuns vous jaugent et ne voient qu’un prétendant condamné de plus.
— Si Sa Grâce est condamnée, votre royaume l’est aussi, assura dame Mélisandre. Souvenez-vous-en, lord Snow. C’est le seul vrai roi de Westeros qui se tient devant vous. »
Le visage de Jon demeura un masque impassible. « Comme vous dites, madame. »
Stannis poussa un hoquet de dérision. « Vous dépensez vos mots comme si chacun était un dragon d’or. Je me demande combien d’or vous avez économisé.
— D’or ? » Sont-ce là les dragons que la femme rouge a l’intention de réveiller ? Des dragons tout en or ? « Les taxes que nous collectons sont acquittées en nature, Votre Grâce. La Garde est cossue de navets, mais pauvre en numéraire.
— Des navets ont peu de chance d’apaiser Sladhor Saan. C’est d’or ou d’argent que j’ai besoin.
— Pour cela, il vous faut Blancport. Si la cité ne se compare ni à Villevieille ni à Port-Réal, elle demeure un port prospère. Lord Manderly est le plus riche banneret du seigneur mon père.
— Lord Trop-Gras-pour-chevaucher. » La missive qu’avait renvoyée lord Wyman Manderly de Blancport s’étendait sur son âge et ses infirmités, et guère plus. De celle-là non plus, Stannis avait ordonné à Jon de ne point parler.
« Peut-être Sa Seigneurie apprécierait-elle une épouse sauvageonne, glissa dame Mélisandre. Ce plantureux personnage est-il marié, lord Snow ?
— La dame son épouse est de longue date morte. Lord Wyman a deux fils adultes et, par l’aîné, des petits-enfants. Et il est pour de bon trop gras pour tenir sur le dos d’un cheval, pas loin de quatre cents livres. Jamais Val ne voudrait de lui.
— Une fois au moins, vous pourriez m’apporter une réponse qui me comble, lord Snow, maugréa le roi.
— J’ose espérer que la vérité vous comble, sire. Vos hommes traitent Val de princesse mais, pour le peuple libre, elle est simplement la sœur de feu la femme de leur roi. Si vous la forcez à épouser un homme dont elle ne veut pas, elle risque fort de lui couper la gorge durant leur nuit de noces. Quand bien même elle accepterait son mari, cela ne signifie pas que les sauvageons le suivront, non plus que vous. Le seul homme capable de les attacher à votre cause est Mance Rayder.
— Je le sais, reconnut Stannis avec regret. J’ai passé des heures à m’entretenir avec cet homme. Il en sait tant et plus sur notre ennemi véritable, et il a en lui de la ruse, je vous l’accorde. Même s’il venait à renoncer à sa royauté, toutefois, l’homme demeure un violeur de serment. Si l’on tolère qu’un déserteur survive, l’on en encourage d’autres à l’imiter. Non. Les lois doivent se forger de fer, et non de gruau. La vie de Mance Rayder est condamnée par toutes les lois des Sept Couronnes.
— La loi s’arrête au Mur, Votre Grâce. Vous pourriez faire bon emploi de Mance.
— J’y compte bien. Je l’enverrai au bûcher et le Nord verra comment je traite les tourne-casaque et les traîtres. J’ai d’autres hommes pour mener les sauvageons. Et j’ai aussi le fils de Rayder, ne l’oubliez pas. Une fois le père mort, son rejeton sera Roi-d’au-delà-du-Mur.
— Votre Grâce se méprend. » T’y connais rien, Jon Snow, lui répétait Ygrid, mais il avait appris. « L’enfant n’est pas plus prince que Val n’est princesse. On ne devient pas Roi-d’au-delà-du-Mur parce que son père l’était.
— À merveille, déclara Stannis, car je ne souffrirai nul autre roi à Westeros. Avez-vous signé l’accord ?
— Non, Votre Grâce. » Nous y voilà. Jon referma ses doigts brûlés et les rouvrit. « Vous en demandez trop.