La Grande Quête
- Автор: Джордан Роберт
- Серия: La Roue du Temps #2
- Год: 2012
- Язык: французский
- Год: Bragelonne
- ISBN: 9782352945574
- Переводчик: Jean Claude Mallé
- Жанр: Фэнтези
Электронная книга - «La Grande Quête». Краткое содержание книги:
Moiraine, la puissante magicienne qui seule pourrait lui fournir des réponses, l’évite désormais comme la peste. Rand sait qu’il devrait quitter ces lieux, partir où personne ne le connaît et où il ne pourrait faire aucun mal.
Mais il est trop tard : les Aes Sedai l’ont enfermé et son seul espoir d’obtenir de l’aide à présent est Egwene, la femme qu’il pensait épouser un jour… et qui est en train de devenir elle-même une Aes Sedai.
Les Aes Sedai étaient capables de nuire aux autres, elle le savait. Et quand elles s’y mettaient, fort peu de choses leur résistaient.
Alors pourquoi n’interviennent-elles pas ?
La seule réponse, pour l’instant, semblait être qu’elles ne pouvaient pas, et Egwene n’aimait pas du tout ce que ça impliquait.
— Je doute de l’épouser un jour, dit-elle, s’efforçant de parler d’un ton léger. Les Aes Sedai se marient rarement, vous le savez… Mais à ta place, Min, je ne me verrais pas à son bras. Et à la tienne non plus, Elayne. Je ne crois pas que… (Sentant sa voix trembler, elle toussa pour que les autres ne s’en aperçoivent pas.) Eh bien, je ne crois pas qu’il prendra femme un jour. Mais, si je me trompe, bonne chance à la bienheureuse qu’il choisira, y compris si c’est une de vous deux. (Je suis convaincante, non ?) Il est têtu comme une mule et obstiné comme un caillou, mais c’est un très gentil garçon…
Cette fois, Egwene dissimula sa détresse en éclatant de rire.
— Tu peux dire ce qui te chante, fit Elayne, je parie que tu serais encore moins contente que ma mère. Rand est intéressant, Egwene. Plus que tous les hommes que je connais, même si c’est un berger de Deux-Rivières. Si tu es assez bête pour ne pas vouloir de lui, ne t’étonne pas si je décide de vous défier toutes les deux, ma mère et toi. Ce ne serait pas le premier Prince d’Andor à ne pas avoir eu de titre avant son mariage. Mais tu ne seras pas si stupide, alors n’essaie pas de nous rouler dans la farine. Voyons, tu choisiras l’Ajah Vert, et tu feras de lui un de tes Champions. Les seules sœurs vertes qui n’en ont qu’un sont mariées avec lui…
Egwene entra dans le jeu de son amie. Si elle choisissait l’Ajah Vert, déclara-t-elle, elle aurait dix Champions, pas un de moins.
Min regarda pensivement la jeune fille – et Nynaeve lorgna bizarrement Min. Alors qu’elles se changeaient, enfilant des vêtements de voyage, les quatre femmes ne dirent plus un mot. Dans un endroit pareil, il n’était pas facile de garder le moral et de plaisanter.
Egwene s’endormit lentement, fit d’atroces cauchemars et se réveilla plusieurs fois. Elle ne rêva pas de Rand, mais de l’homme aux yeux de flamme. Il ne portait pas de masque, se révélant plus hideux que jamais avec ses brûlures presque cicatrisées. Il se contenta de regarder la jeune fille et de rire. Pourtant, ce cauchemar fut pire que ceux qui suivirent. À jamais perdue sur les Chemins, Egwene était poursuivie par le Vent Noir, et elle ne parvenait jamais à lui échapper.
Après une « nuit » pareille, elle fut soulagée lorsque Liandrin lui taquina les côtes du bout d’une botte pour la réveiller. Pour être franche, elle avait le sentiment de ne pas avoir dormi du tout.
L’Aes Sedai imposa un rythme infernal à la petite colonne, la forçant à avancer à la lueur des lanternes jusqu’à ce que les quatre femmes s’endorment sur leur selle.
Après quelques heures passées à tenter de se reposer sur la pierre inconfortable, Liandrin réveilla ses quatre compagnes et sauta en selle sans même attendre qu’elles se soient étirées.
Des rampes, des ponts et des Plaques d’Orientation… À force d’en voir, Egwene finit par perdre le compte. Déjà désorientée au point de ne plus avoir conscience du passage du temps, elle sentit les ténèbres peser comme jamais sur ses épaules. Liandrin exceptée, les autres n’allaient pas mieux qu’elle. Affalées sur leur selle comme des sacs de patates, elles chevauchaient tels des automates.
Insensible à la fatigue, tout aussi peu affectée par l’obscurité, l’Aes Sedai était fraîche comme une rose… et glaciale comme une banquise. Refusant que quiconque jette un coup d’œil à sa mystérieuse feuille de parchemin, elle répondit évasivement lorsque Nynaeve lui demanda pourquoi.
— Vous ne comprendriez pas, de toute façon…
Un jour, après avoir consulté une Plaque d’Orientation, elle ne prit pas la direction d’une rampe, ni d’un pont, mais suivit une ligne blanche à demi rongée qui s’enfonçait dans les ténèbres. Alarmées, Egwene et ses compagnes s’empressèrent de la suivre. Et, quand elles la rattrapèrent, l’Aes Sedai était déjà en train de retirer la feuille d’Avendesora de son logement.
— Nous y voilà, dit-elle en désignant le Portail. Je vous ai conduites là où vous deviez venir.
40
Damane
Egwene mit pied à terre pendant que le Portail s’ouvrait. Quand Liandrin fit signe aux quatre fugitives d’avancer, elle obéit très lentement, tenant Bela par la bride. Même ainsi, la jument et sa cavalière titubèrent en émergeant à l’air libre mais, cette fois, parce qu’elles furent ralenties, comme si elles venaient de percuter un mur.
Un cercle de broussaille très dense entourait et dissimulait le Portail. Quand elles eurent négocié cet obstacle inattendu, les voyageuses se délectèrent de l’incroyable sensation de joie qu’on éprouvait en échappant à une nuit apparemment éternelle.
Quelques arbres ombrageaient le Portail, une brise matinale agitant leurs feuilles un peu plus colorées que celles de Tar Valon.
Occupée à regarder ses amies sortir des Chemins, puis à savourer sa joie, Egwene mit une ou deux minutes avant de s’apercevoir de la présence d’un comité d’accueil placé de façon à être invisible de l’autre côté du Portail. Plissant les yeux, la jeune femme étudia le groupe le plus étrange qu’elle ait jamais vu de sa vie. Avec toutes les rumeurs qu’elle avait entendues à propos de la guerre, sur la pointe de Toman, ce qu’elle découvrait avait de quoi glacer les sangs.
Une bonne cinquantaine de cavaliers en armure, leur casque intégral les faisant ressembler à des insectes géants, regardaient les femmes sortir du Portail en murmurant entre eux. Le seul à avoir la tête nue – un grand type à la peau sombre et au nez crochu qui avait posé son casque doré et peint sur ses genoux – semblait stupéfié par ce qu’il voyait.
Il y avait des femmes avec les soldats. Deux d’entre elles portaient une robe grise très ordinaire, n’était un étrange col argenté. Tandis qu’elles regardaient les voyageuses sorties du Portail, deux autres femmes se tenaient derrière elles, assez près pour leur parler à l’oreille.
Deux autres femmes encore se tenaient à l’écart, hautaines dans leur tenue composée d’une jupe fendue mi-longue et d’un chemisier orné sur le devant de plusieurs éclairs rouges. Un motif qu’on retrouvait sur leur jupe, au-dessus de la fente…
Mais il y avait une septième femme – la plus extravagante de toutes. Assise dans un palanquin soutenu par huit colosses vêtus d’un pantalon noir – mais sans porter de chemise –, l’inconnue avait une moitié du crâne rasée, une abondante crinière noire cascadant dans son dos de l’autre côté. Sa longue tunique couleur crème brodée de motifs floraux et aviaires, sur fond d’ovales bleus, scientifiquement disposée pour révéler la jupe blanche plissée qu’elle portait dessous, elle se caractérisait surtout par des ongles incroyablement longs, le pouce et l’index de chaque main étant vernis en bleu.
— Liandrin Sedai, souffla Egwene, angoissée, qui sont ces gens ?
Comme elle, ses amies semblaient se demander si elles ne devaient pas sauter en selle et fuir au grand galop. Mais Liandrin remit la feuille en place et avança vers le palanquin pendant que le Portail se refermait.
— Haute dame Suroth ? dit-elle.
Moins une vraie question qu’une demande de confirmation…
La femme aux ongles démesurés hocha la tête.
— Et toi, tu es Liandrin…
Dame Suroth avalait tellement ses mots qu’Egwene eut du mal à comprendre une phrase si simple.
— Une Aes Sedai, ajouta Suroth avec une moue dubitative. (Des murmures coururent parmi les cavaliers.) Nous devons en finir vite, Liandrin. Il y a des patrouilles, et si on nous surprenait tu apprécierais aussi peu que moi les attentions des Limiers de Vérité. J’ai l’intention d’être de retour à Falme avant que Turak se soit aperçu de mon absence.