La Grande Quête
- Автор: Джордан Роберт
- Серия: La Roue du Temps #2
- Год: 2012
- Язык: французский
- Год: Bragelonne
- ISBN: 9782352945574
- Переводчик: Jean Claude Mallé
- Жанр: Фэнтези
Электронная книга - «La Grande Quête». Краткое содержание книги:
Moiraine, la puissante magicienne qui seule pourrait lui fournir des réponses, l’évite désormais comme la peste. Rand sait qu’il devrait quitter ces lieux, partir où personne ne le connaît et où il ne pourrait faire aucun mal.
Mais il est trop tard : les Aes Sedai l’ont enfermé et son seul espoir d’obtenir de l’aide à présent est Egwene, la femme qu’il pensait épouser un jour… et qui est en train de devenir elle-même une Aes Sedai.
J’ai encore gagné, Lews Therin.
LE MONDE FLAMBOYA…
La flèche et le cercle se brouillèrent, devenant deux lignes ondulées parallèles. Rand lutta pour ramener l’image devant ses yeux.
— … normal…, dit la voix de Verin. Quelque chose…
Le Pouvoir se déchaîna.
LE MONDE FLAMBOYA…
Quand Egwene tomba malade et mourut, une semaine avant la date prévue pour le mariage, Tam fit tout son possible pour consoler Rand. Nynaeve essaya aussi, mais elle était trop bouleversée pour réussir. Malgré toutes ses compétences, elle n’aurait su dire de quoi était morte la jeune femme, et tant d’ignorance la minait.
Rand était resté devant la demeure d’Egwene durant son agonie. Où qu’il aille au village, lui semblait-il, il entendrait toujours les cris de sa pauvre petite fiancée. Dans ces conditions, rester était impossible.
Tam offrit à son fils une épée au héron. Sans expliquer comment un berger de Deux-Rivières pouvait être en possession d’une telle arme, il apprit à Rand les subtilités de l’escrime. Le jour du départ du jeune homme, il lui remit une lettre qui lui permettrait de se faire engager dans l’armée illianienne. Étreignant le jeune homme, il lui souffla quelques mots à l’oreille :
— Je n’ai pas eu d’autre fils, et je ne l’ai jamais regretté. Si tu peux, reviens avec une épouse, comme je l’ai fait. Mais reviens dans tous les cas !
Hélas, Rand se fit détrousser à Baerlon, perdant tout son argent et sa lettre d’introduction. Par miracle, il réussit cependant à conserver son épée. Toujours à Baerlon, il rencontra une femme nommée Min. Terrorisé par les absurdités qu’elle lui raconta – des énormités sur son passé et son avenir –, il quitta la ville à la hâte et se retrouva à Caemlyn. Remarqué pour son habileté à l’épée, il put s’enrôler dans la Garde Royale.
De temps en temps, en particulier lorsqu’il apercevait Elayne, la Fille-Héritière, le jeune homme éprouvait l’étrange sentiment que les choses n’auraient pas dû se passer ainsi dans sa vie. En d’autres termes, qu’il aurait dû avoir un destin plus glorieux.
Bien entendu, Elayne ne s’aperçut même pas de son existence. Bientôt mariée à un prince de Tear, elle ne sembla pas très heureuse. Mais comment aurait-elle pu s’intéresser à un soldat venu d’un lointain village de Deux-Rivières, un territoire si lointain, sur la frontière occidentale, qu’on aurait facilement pu oublier qu’il appartenait au royaume d’Andor ? De plus, il avait l’exécrable réputation d’être un homme sujet à d’inexplicables crises de fureur.
On murmurait qu’il était fou… En temps normal, même ses talents d’escrimeur n’auraient pas suffi à lui épargner d’être chassé de la Garde. Mais les temps n’avaient rien de normal. Partout, les faux Dragons poussaient comme la mauvaise herbe. Chaque fois qu’on en neutralisait un, deux autres apparaissaient pour reprendre le flambeau. Du coup, presque toutes les nations étaient déchirées par une guerre civile.
Dans cette atmosphère de fin du monde, l’étoile de Rand brilla de plus en plus fort, car il avait découvert la raison de sa « folie » – un secret qu’il gardait pour lui-même, bien entendu. Rand al’Thor était capable de canaliser le Pouvoir ! Et, sur un champ de bataille, il y avait toujours un moment où une petite intervention surnaturelle, pas assez spectaculaire pour être remarquée, changeait beaucoup de choses. Le Pouvoir ne répondait pas toujours « présent », il fallait le reconnaître, mais, quand c’était le cas, le résultat en valait la peine. Conscient d’être fou à lier, Rand n’en avait rien à faire. Pareillement, lorsqu’il fut frappé d’une maladie dégénérative, cela ne le perturba pas le moins du monde. À vrai dire, ça ne déconcerta personne, parce qu’on venait d’apprendre que les armées d’Artur Aile-de-Faucon, enfin de retour, réclamaient ce qui leur était dû, à savoir l’ancien empire du souverain.
Lorsque la Garde traversa les montagnes de la Brume, Rand dirigeait un millier d’hommes. À aucun moment il ne pensa à faire un détour pour aller revoir Deux-Rivières, car il ne pensait presque plus à son territoire natal. Lorsque les vestiges de la Garde retraversèrent les montagnes, il en prit le commandement et, au milieu d’une foule de réfugiés, battit en retraite sur toute la longueur du royaume d’Andor. De retour à Caemlyn, il découvrit qu’une partie des habitants avaient pris la fuite. En toute logique, l’armée aurait dû faire de même, mais Elayne, désormais couronnée, refusait catégoriquement d’abandonner sa capitale. Conscient qu’une reine n’accorderait jamais l’ombre d’un regard à un homme ravagé par la maladie, Rand ne put pourtant pas se résigner à la laisser. Alors que l’exode continuait, ses hommes et lui se préparèrent à défendre la souveraine jusqu’à leur dernier souffle.
Durant la bataille de Caemlyn, le Pouvoir répondit à l’appel de Rand. Alors qu’il bombardait les envahisseurs d’éclairs et de flammes, faisant s’ouvrir le sol sous leurs pieds, il eut de nouveau l’étrange sentiment d’être né pour un autre destin que celui-là. Car, malgré tous ses efforts, l’ennemi était trop puissant, d’autant plus qu’il disposait lui aussi de l’aide du Pouvoir.
Un éclair finit par frapper Rand, qui bascula du mur du palais et tomba dans le vide, brûlé de l’intérieur et ensanglanté. Alors qu’il exhalait le dernier soupir, il entendit une voix murmurer dans sa tête :
J’ai encore gagné, Lews Therin.
LE MONDE FLAMBOYA…
Rand luttait pour aider le vide à repousser les assauts furieux du monde qui flamboyait, menaçant de le consumer en un éclair. Des milliers de symboles tourbillonnaient devant ses yeux tandis qu’il tentait de ne pas perdre de vue le seul qui fût vraiment important.
— … ne va pas ! cria Verin.
Le Pouvoir envahissait tout.
LE MONDE FLAMBOYA… FLAMBOYA… FLAMBOYA… FLAMBOYA…
Rand fut soldat, berger, mendiant et roi. Il connut aussi l’existence d’un paysan, d’un trouvère, d’un marin et d’un charpentier. Il naquit, vécut et mourut dans la peau d’un Aiel. Il quitta ce monde fou à lier, pourri de l’intérieur, rongé par la maladie, fauché par un accident ou lentement détruit par l’âge. Il fut exécuté, et la foule se réjouit de son calvaire. Il affirma être le Dragon Réincarné et son étendard battit au vent à la tête d’une armée. Il résolut de fuir le Pouvoir et se cacha. Il vécut et mourut sans jamais rien savoir sur lui-même. Il contint la folie et la maladie pendant des années. Il succomba en quelques mois. Certaines fois, Moiraine vint à Champ d’Emond et l’entraîna loin du territoire, parfois seul et parfois avec ceux de ses amis qui n’étaient pas morts durant la Nuit de l’Hiver. Mais il arriva aussi que Moiraine ne se montre pas.
D’autres Aes Sedai vinrent à l’occasion le chercher – y compris des membres de l’Ajah Rouge. Egwene l’épousa. Le visage de marbre, l’étole de la Chaire d’Amyrlin sur les épaules, Egwene dirigea en personne les Aes Sedai qui l’apaisèrent.
Des larmes dans les yeux, Egwene lui plongea une dague dans le cœur et il mourut en la remerciant.
Il aima et épousa d’autres femmes. Elayne, Min et la fille aux cheveux blonds d’un fermier qu’il avait rencontrée sur la route de Caemlyn. Il connut aussi l’amour avec des femmes qu’il n’avait jamais vues avant d’être précipité dans cette multitude de vies.
Une centaine d’existences. Plus, peut-être. Au point qu’il ne parvenait plus à les compter. Et à la fin de chacune, alors qu’il agonisait, poussant le dernier soupir, une voix murmurait dans sa tête :
J’ai encore gagné, Lews Therin.
ET LE MONDE FLAMBOYAIT… FLAMBOYAIT, FLAMBOYAIT, FLAMBOYAIT, FLAMBOYAIT, FLAMBOYAIT, FLAMBOYAIT, FLAMBOYAIT, FLAMBOYAIT…