La Grande Quête
- Автор: Джордан Роберт
- Серия: La Roue du Temps #2
- Год: 2012
- Язык: французский
- Год: Bragelonne
- ISBN: 9782352945574
- Переводчик: Jean Claude Mallé
- Жанр: Фэнтези
Электронная книга - «La Grande Quête». Краткое содержание книги:
Moiraine, la puissante magicienne qui seule pourrait lui fournir des réponses, l’évite désormais comme la peste. Rand sait qu’il devrait quitter ces lieux, partir où personne ne le connaît et où il ne pourrait faire aucun mal.
Mais il est trop tard : les Aes Sedai l’ont enfermé et son seul espoir d’obtenir de l’aide à présent est Egwene, la femme qu’il pensait épouser un jour… et qui est en train de devenir elle-même une Aes Sedai.
— Je suis peut-être de nulle part, mais le territoire de Deux-Rivières reste mon seul pays natal.
— Je ne voulais pas te blesser…, se défendit Mat. C’est simplement que… Bon sang ! Ingtar le dit et Masema aussi ! Urien aurait pu être ton cousin et, si Rhian mettait une robe et prétendait être ta tante, tu serais toi-même tenté de la croire. Bon, bon, d’accord ! Perrin, ne me regarde pas comme ça ! S’il veut nier l’évidence, libre à lui ! Qu’est-ce que ça change, au fond ?
Plusieurs jeunes Ogiers – exclusivement des filles – apportèrent de l’eau et des serviettes pour que les invités puissent faire leurs ablutions. Puis elles revinrent avec du fromage, des fruits, du vin et des gobelets en étain un peu trop grands pour une main humaine.
Des femmes plus âgées à la robe brodée vinrent demander si les invités avaient besoin de quelque chose. Défilant dans la maison, toutes interrogèrent Loial avant de se retirer. Répondant avec une économie de mots qui ne lui était pas coutumière, le jeune Ogier se montra respectueux mais distant. Tenant contre sa poitrine un grand livre relié de bois – on aurait cru un bouclier, à sa façon de faire –, il s’empressait de le lever devant son visage dès qu’une femme entrait.
Parmi tout ce qu’on trouvait dans la maison, les livres étaient les seuls articles à n’avoir subi aucune miniaturisation, même imparfaite…
— Seigneur Rand, dit soudain Hurin, sens-moi un peu cet air !
Assis sur une chaise bien trop haute pour lui, le renifleur balançait les jambes comme un petit garçon.
— La plupart des endroits ne sentent pas mauvais, mais là… Seigneur Rand, je pense qu’il n’y a jamais eu de meurtre ici. Ni d’autre violence, d’ailleurs, sauf par accident…
— Les Sanctuaires sont censés être un refuge pour n’importe qui, répondit Rand. (Il tourna la tête vers Loial.) En tout cas, c’est ce que disent les récits… (Il avala un ultime morceau de fromage et approcha de l’Ogier. Mat le suivit, un gobelet dans la main.) Où est le problème, Loial ? Depuis notre arrivée, tu es aussi nerveux qu’un chat enfermé dans un chenil.
— Ce n’est rien…, marmonna l’Ogier en jetant un regard inquiet à la porte.
— Tu as peur que nos hôtes découvrent que tu as quitté ton Sanctuaire sans la permission de tes Anciens ?
L’Ogier sursauta et ses oreilles frémirent comme jamais.
— Ne parle pas de ça… Tout le monde risque d’entendre. Si on me perce à jour… (Loial soupira, rentra la tête dans les épaules et regarda alternativement ses deux amis.) J’ignore comment ça se passe chez les humains, mais parmi les Ogiers… Eh bien, quand une fille voit un garçon qui lui plaît, elle s’en ouvre à sa mère… Parfois, c’est au contraire la mère qui repère un candidat qui lui convient… Quoi qu’il en soit, si la mère et la fille sont d’accord, une rencontre est arrangée avec la mère du garçon, qui se retrouve fiancé puis marié avant d’avoir compris ce qui se passait.
— Et il n’a pas son mot à dire ? demanda Mat, incrédule.
— Non. Selon les femmes, si ça ne tenait qu’à nous, on resterait toute notre vie mariés aux arbres… (Loial eut une moue inquiète.) La moitié des mariages concernent deux Sanctuaires… Des groupes de jeunes Ogiers font le tour des Sanctuaires afin de voir les jeunes gens à marier et de se faire voir d’eux… S’ils découvrent que je suis à l’Extérieur sans autorisation, les Anciens de Tsofu estimeront que j’ai besoin d’une épouse pour me calmer. Ils enverront un message à ma mère, elle déboulera et m’aura trouvé une épouse avant même d’avoir épousseté ses vêtements après un long voyage. Elle pense depuis longtemps que je suis trop impulsif. Avant mon départ, je crois qu’elle était en quête de l’épouse parfaite. Mais, si je me marie, ma femme ne me laissera plus sortir avant que j’aie une longue barbe grise. Selon ces dames, un homme ne devrait jamais s’aventurer à l’Extérieur avant d’avoir pris de la bouteille…
Mat éclata de rire. Bien entendu, toutes les têtes se tournèrent vers lui. Voyant la mimique de Loial, il consentit cependant à murmurer :
— Chez nous, c’est l’homme qui choisit et aucune épouse n’a jamais interdit quoi que ce soit à son mari !
Le front plissé, Rand se souvint de l’époque où Egwene avait commencé à le suivre comme son ombre, alors qu’ils étaient tout petits. Dès cet instant, maîtresse al’Vere avait commencé à lui manifester un intérêt qu’elle n’accordait pas aux autres garçons. Plus tard, lors des fêtes, certaines jeunes filles dansaient avec lui, et d’autres non. Les premières étaient systématiquement des amies d’Egwene, tandis que les secondes comptaient parmi ses ennemies les plus acharnées.
Un jour, maîtresse al’Vere avait eu une conversation privée avec Tam.
En ronchonnant parce qu’il n’avait pas une épouse à qui elle aurait pu s’adresser !
Après ce dialogue, Tam et tous les autres s’étaient comportés comme si les deux enfants étaient promis l’un à l’autre – même s’ils ne s’étaient pas agenouillés devant le Cercle des Femmes pour prêter serment.
C’était la première fois qu’il voyait sa relation avec Egwene sous cet angle-là. Jusque-là, il avait cru que tout ça était naturel, mais…
— En fait, c’est pareil chez nous, Loial.
Mat éclatant de rire, Rand lui posa une simple question :
— As-tu souvenir que ton père ait un jour fait quelque chose qui allait vraiment contre la volonté de ta mère ?
Mat eut d’abord un grand sourire, puis il fronça les sourcils et éluda la question.
Juin choisit cet instant pour débouler dans la pièce.
— Si vous voulez bien me suivre, dit-il, les Anciens sont disposés à vous recevoir.
Il ne regarda pas Loial, mais celui-ci faillit en laisser tomber son livre.
— S’ils veulent t’obliger à rester, dit Rand, nous affirmerons avoir besoin de toi.
— Je suis sûr que tu n’es pas concerné, fit Mat. Ils veulent sûrement nous annoncer que c’est d’accord, pour les Chemins. (Il baissa encore le ton.) On ne peut pas y couper, pas vrai ?
Ce n’était pas vraiment une question.
— Se marier de force ou arpenter les Chemins…, marmonna Loial. La vie est passionnante, quand on est ami avec des ta’veren.
36
Les Anciens
Alors que Juin les guidait dans la ville, Rand vit que Loial cédait de plus en plus à la nervosité. Le dos et les oreilles très raides, il écarquillait les yeux chaque fois qu’un de ses congénères le regardait – surtout s’il s’agissait d’une femme ou d’une jeune fille. Toutes ces dames ou presque lui manifestant de l’intérêt, il faisait penser à un condamné en chemin pour la potence…
Juin désigna le grand escalier qui s’enfonçait dans un tertre herbeux bien plus gros que tous les autres. En fait, c’était pratiquement une colline qui se dressait au pied d’un des Grands Arbres.
— Pourquoi n’attendrais-tu pas dehors, Loial ? proposa Rand.
— Les Anciens…, commença Juin.
— Veulent sans doute voir les humains et personne d’autre, acheva Rand à sa place.
— Alors, qu’ils laissent notre ami tranquille, renchérit Mat.
Loial acquiesça vigoureusement.
— Oui, oui… Je pense que…
Une horde de femmes le regardaient, les grands-mères aux cheveux blancs semblant aussi fascinées que leurs petites-filles de l’âge d’Erith. Sans le quitter du regard, certaines de ces dames conversaient entre elles avec une agitation de mauvais augure.