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READ-E-BOOK » Космическая фантастика » Au tréfonds du ciel [A Deepness in the Sky - ru]
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Au tréfonds du ciel [A Deepness in the Sky - ru]

Электронная книга - «Au tréfonds du ciel [A Deepness in the Sky - ru]». Краткое содержание книги:

Dans la Galaxie, l’étoile MarcheArrêt représente une énigme : elle observe un cycle de deux cent cinquante ans, s’éteint pendant deux cent quinze puis se rallume pour trente-cinq ans. Son unique planète est habitée par des araignées intelligentes qui viennent d’inventer la radio.
Le système de MarcheArrêt n’a jamais été exploré. Et voilà que deux expéditions, attirées par les signaux radio, s’y installent. L’une a été montée par les Qeng Ho, un peuple marchand qui parcourt l’espace en achetant et vendant des informations technologiques. L’autre par une civilisation violente et sadique, dite des Émergents, qui a fait de la lutte pour le pouvoir son mode de vie. Son chef, Tomas Nau, cherche à se rendre maître de la planète des Araignées pour exploiter ses ressources. Il lui faut d’abord détruire la flotte Qeng Ho ou s’en emparer.
Mais parmi les Qeng Ho se cache une figure mythique, Pham Nuwen, né mille ans plus tôt, qui connaît tous les tours...
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— Vous êtes cinglé, dit-elle avec un grand sourire.

— Non, c’est vous qui êtes cinglée. Autrefois, vous étiez Subrécargue comme les deux autres. L’ennui, c’est que vous avez perdu. Peut-être que vous l’avez oublié. La clique Xevalle, ça vous dit quelque chose ?

Le sourire arrogant disparut et elle retrouva un instant son indifférence sourcilleuse habituelle. Puis elle se remit à sourire.

— Je n’en souviens très bien. Vous avez raison, j’étais perdante… mais c’était un siècle avant Xevalle, et je me battais contre tous les Subrécargues.

Elle commença à traverser lentement la pièce. Son pointeur ne déviait pas de la poitrine de Pham.

— Les Émergents avaient envahi Frenk. J’étudiais la littérature ancienne à l’université d’Arnham… J’ai acquis d’autres compétences. Nous avons combattu les Émergents pendant quinze ans. Ils avaient la technologie, ils avaient la Focalisation. Au début, nous avions l’avantage du nombre. Nous avons essuyé défaite sur défaite, mais nous leur avons fait payer cher toutes leurs victoires. Vers la fin, nous avions le meilleur armement, mais nous n’étions plus très nombreux. Et nous nous battions encore.

Il y avait de la joie dans son regard. Pham entendait l’histoire de Frenk vue de l’autre camp.

— Vous… vous êtes l’Orc Frenkien !

Le sourire de Reynolt s’élargit et elle s’approcha encore plus près ; abandonnant la position accroupie de l’impesanteur, son corps élancé se redressait.

— Oui, en effet. Les Subrécargues ont sagement décidé de récrire l’Histoire. L’« Orc Frenkien », ça passe mieux pour un monstre que « Anne d’Arnham ». « Arracher les Frenkiens aux griffes d’une sous-espèce mutante », ça passe mieux à la postérité que massacres et Focalisation.

Seigneur ! Mais une partie instinctive de son être se rappelait encore pourquoi il était là. Il ramena ses pieds contre le mur, prêt à bondir.

Reynolt cessa d’avancer. Elle le visa plus bas, aux genoux.

— Retenez-vous, monsieur Trinli. Ce pointeur dirige un programme dans l’unité de commande RMN. Si vous aviez eu un peu plus de temps, vous auriez vu les billes de nickel que j’ai placées dans l’entrefer de l’aimant. C’est une arme improvisée pour l’occasion, mais suffisamment efficace pour vous pulvériser les jambes… et vous n’échapperiez pas à l’interrogatoire.

Pham ramena sa vision à l’intérieur du dispositif RMN. Les billes de nickel étaient effectivement là. Sous une impulsion magnétique appropriée, elles deviendraient des chevrotines à haute vélocité. Mais le programme, s’il résidait dans le boîtier de commande… Des yeux minuscules remontèrent l’interface à supraconducteurs. Pham avait assez de localiseurs pour parler au système via la liaison optique et effacer le programme conçu par Reynolt pour le pointeur. Elle ne sait toujours pas ce que je suis capable de faire avec les localiseurs ! L’espoir se ranima en lui comme une flamme éclatante.

Il tapota les paumes de ses mains pour téléguider les particules intelligentes, escomptant que Reynolt prendrait ce geste pour un signe de nervosité.

— Un interrogatoire ? Vous êtes toujours loyale envers Nau ?

— Évidemment. Comment pourrait-il en être autrement ?

— Mais vous êtes en train de travailler dans son dos.

— Uniquement pour mieux le servir. Si cette affaire s’était révélée être l’œuvre de Ritser Brughel, je voulais rassembler un dossier complet avant d’aller voir mon Subré…

Pham se catapulta du mur. Il entendit le pointeur de Reynolt cliqueter sans effet, puis il la heurta de plein fouet. Ils culbutèrent tous les deux dans les armoires de la RMN. Reynolt se défendit presque sans bruit ; elle lui donna un coup de genou et essaya de le mordre à la gorge. Mais il lui avait plaqué les bras au corps et, lorsqu’ils survolèrent le caisson de l’aimant, il pivota et l’assomma contre la plaque de protection.

Reynolt s’affaissa. Pham se retint à un butoir, prêt à l’assommer à nouveau.

Réfléchissons. La réception à North Paw continuait, l’ambiance était toujours aussi idyllique. Le chronomètre de Pham lui indiquait que 250 secondes s’étaient écoulées depuis qu’il avait quitté le port. Je peux encore arranger ça ! Des modifications étaient indispensables. Le coup que Reynolt avait reçu sur la tête serait visible dans n’importe quelle autopsie… Mais – miracle ! – ses vêtements ne portaient aucune trace de lutte. Il y aurait quand même des changements. Il passa la main dans l’entrefer de l’imageur RMN, en ramena les billes de nickel et les enfouit dans un réceptacle hermétique… Son plan initial pourrait encore se réaliser partiellement. Et si elle avait essayé d’étalonner les circuits de contrôle et qu’elle ait eu un accident…

Pham plaça soigneusement le corps de Reynolt sur la plate-forme. Il la tenait étroitement serrée, attentif au moindre signe de réveil.

Le monstre. L’Orc Frenkien. Bien sûr, Anne Reynolt n’était ni l’un ni l’autre. C’était une femme grande et mince – tout aussi humaine que Pham Nuwen ou n’importe quel lointain descendant des Terriens.

Le sens des légendes sculptées sur les murs de Hammerfest était devenu clair. Des années durant, Anne Reynolt avait lutté contre la Focalisation, tandis que son peuple était repoussé, pas à pas, vers cette dernière redoute dans les montagnes. Anne d’Arnham. Il ne restait plus que le mythe d’un monstre difforme… et les vrais monstres comme Ritser Brughel, les descendants des Frenkiens survivants, les vaincus et les Focalisés.

Mais Anne d’Arnham n’était pas morte. Par contre, son génie avait été Focalisé. Et il représentait maintenant un danger mortel pour Pham et tout ce pour quoi il avait œuvré. Il fallait donc qu’elle meure…

… Trois cents secondes. Réveillons-nous. Pham pianota des instructions. Raté. Il les tapa à nouveau. Une fois qu’il aurait affaibli les connexions des supraconducteurs, ce petit programme suffirait. C’était un simple code d’impulsions à haute fréquence qui transformerait en usines miniatures les cellules perverses implantées dans la tête d’Anne ; elles inonderaient son cerveau de vasoconstricteurs et créeraient des millions de minuscules anévrismes. Ce serait rapide. Ce serait mortel. Et Trud avait prétendu cent fois qu’aucune de leurs opérations n’était physiquement douloureuse…

Le visage d’Anne inconsciente s’était détendu ; elle aurait pu être endormie. Pas de marques, pas de bleus. Même la mince chaîne en argent autour de son cou avait survécu à leur affrontement, bien qu’elle soit sortie de son corsage. Une mémogemme oscillait au bout de la chaîne. Pham ne put y résister. Il passa la main par-dessus l’épaule d’Anne et appuya sur la pierre verdâtre. La pression était suffisante pour alimenter un instant d’imagerie. La gemme devint limpide, et le regard de Pham plongea au bas du versant d’une montagne. Le point de vue semblait être la coupole d’un aéronef blindé. Une demi-douzaine d’autres véhicules similaires s’alignaient au bas de la colline, dragons descendus du ciel pour braquer leurs canons à énergie sur ce qui était déjà des ruines, et sur l’entrée d’une caverne. Devant les canons se tenait une silhouette unique, celle d’une jeune femme rousse. Trud disait que les mémogemmes conservaient des moments de grand bonheur ou de triomphe sublime. C’était peut-être l’avis de l’Émergent qui avait fixé cette scène. La jeune fille dans l’image – manifestement Anne Reynolt – avait perdu. Ce qu’elle gardait dans la caverne derrière elle lui serait enlevé. Et pourtant, elle se tenait droite, les yeux levés vers le point de vue. L’instant d’après, elle allait être bousculée, ou pulvérisée… mais elle ne s’était pas rendue.

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