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READ-E-BOOK » Космическая фантастика » Au tréfonds du ciel [A Deepness in the Sky - ru]
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Au tréfonds du ciel [A Deepness in the Sky - ru]

Электронная книга - «Au tréfonds du ciel [A Deepness in the Sky - ru]». Краткое содержание книги:

Dans la Galaxie, l’étoile MarcheArrêt représente une énigme : elle observe un cycle de deux cent cinquante ans, s’éteint pendant deux cent quinze puis se rallume pour trente-cinq ans. Son unique planète est habitée par des araignées intelligentes qui viennent d’inventer la radio.
Le système de MarcheArrêt n’a jamais été exploré. Et voilà que deux expéditions, attirées par les signaux radio, s’y installent. L’une a été montée par les Qeng Ho, un peuple marchand qui parcourt l’espace en achetant et vendant des informations technologiques. L’autre par une civilisation violente et sadique, dite des Émergents, qui a fait de la lutte pour le pouvoir son mode de vie. Son chef, Tomas Nau, cherche à se rendre maître de la planète des Araignées pour exploiter ses ressources. Il lui faut d’abord détruire la flotte Qeng Ho ou s’en emparer.
Mais parmi les Qeng Ho se cache une figure mythique, Pham Nuwen, né mille ans plus tôt, qui connaît tous les tours...
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Soudain, la générale brisa ce silence chargé de tension.

— Vous avez bien fait, sergent.

Elle se leva et traversa la pièce pour s’asseoir plus près de lui, sur le perchoir devant le bureau de Sherk.

— Ce que la Parenté avait découvert là nous avait totalement échappé. Et nous serions encore complètement dans l’ignorance si vous ne vous en étiez pas ouvert à Thract.

— Rachner a monté l’opération, madame. Il s’est révélé être un officier de valeur.

— Oui… J’aimerais bien que vous me laissiez suivre un peu cette affaire avec lui.

— D’accord.

Informations fournies dans les cas motivés et tout le reste.

Encore du silence et plus rien à dire. Finalement, Hrunkner désigna d’un geste les oreillers absurdes, dont le plus modeste représentait la valeur de son salaire annuel. À part le bureau de Sherkaner, il n’y avait aucun signe du passage en ce lieu de l’un ou de l’autre de ses amis.

— Vous ne venez pas souvent ici, n’est-ce pas ?

— Non. Sherk voulait voir comment vivent les gens quand la Ténèbre est là… et c’est ici qu’on s’en approche le plus avant d’en faire l’expérience soi-même. En outre, cela semblait l’endroit idéal pour mettre nos plus jeunes enfants à l’abri.

Elle le regarda d’un air provocant.

Comment ne pas en profiter pour relancer la polémique ?

— Oui… eh bien, je suis heureux que vous les ayez renvoyés chez eux à Princeton. Ils… ce sont de braves petits faucheux, madame, mais cet endroit ne leur convient pas. J’ai eu une impression très bizarre là-bas au fond du cratère. Les gens ont peur, comme dans les vieilles histoires de paresseux qui négligent de se préparer et se retrouvent seuls dans la Ténèbre. Ils n’ont pas de but, et maintenant, c’est la Ténèbre.

Smith s’assit un peu plus bas sur son perchoir.

— Nous devons lutter contre des millions d’années d’évolution, dit-elle ; c’est parfois plus difficile que d’affronter la physique nucléaire et l’Honorée Pedure. Mais les gens s’habitueront.

C’est ce qu’aurait dit Sherkaner Underhill, souriant à la ronde et inconscient du malaise autour de lui. Mais Smith parlait plutôt comme un soldat dans une tranchée, qui répétait les assurances du Haut Commandement quant aux faiblesses de l’ennemi. Il se rappela soudain avec quel soin elle avait fermé tous les volets sans exception.

— Vous avez la même impression que moi, n’est-ce pas ?

Il crut un moment qu’elle allait éclater. Mais elle resta muette et impénétrable.

— Vous avez raison, sergent, dit-elle finalement. Comme je l’ai dit, nous allons à l’encontre de nombre de conduites instinctives.

Elle haussa les épaules.

— Pour une raison ou une autre, ça n’inquiète pas du tout Sherkaner. Ou, plutôt, il connaît cette peur et elle le fascine – encore une merveilleuse énigme à résoudre. Chaque jour, il descend au fond du cratère observer les gens. Il se mêle même à la foule, avec ses gardes du corps, son guidebogue et le reste. Il faut le voir pour le croire. Il aurait passé toute la journée en bas si vous n’étiez pas venu lui présenter une autre fascinante énigme.

Unnerby sourit.

— Sherk est comme ça.

Peut-être risquait-il moins avec ce sujet.

— Avez-vous remarqué comme il s’est passionné quand nous avons parlé de ma « poudre de roche magique » ? Il me tarde de voir ce qu’il va en faire. Que se passe-t-il quand on donne un miracle à un faiseur de miracles ?

Smith sembla chercher ses mots.

— Nous trouverons le secret de la poudre de roche, c’est certain. Un jour ou l’autre. Mais… zut, Hrunkner, il faut que vous sachiez quelque chose. Vous connaissez Sherk depuis aussi longtemps que je le connais. Vous avez remarqué que son tremblement s’aggrave ? La vérité est qu’il ne vieillit pas aussi bien que la plupart des gens de notre génération.

— J’ai remarqué qu’il était fragile, mais voyez tous les résultats qui nous parviennent de Princeton ces temps-ci. Il est plus actif que jamais.

— Oui. Indirectement. Au fil des années, il a rassemblé un cercle de plus en plus vaste de petits génies. Il y en a maintenant des centaines, dispersés sur tout le réseau informatique.

— Et tous ces articles signés « Tom Kisscash » ? Je croyais que c’était Sherk et ses étudiants qui jouaient les timides.

— Ça ? Non. C’est… ce sont seulement ses étudiants qui font les timides. Ils jouent sur le réseau, anonymement ; avec eux, l’attribution des mérites relève de la devinette. C’est… de la bêtise, c’est tout.

Bêtise ou pas, ce jeu était étonnamment fécond. Ces dernières années, « Tom Kisscash » avait fourni des intuitions décisives dans presque tous les domaines, de la nucléonique aux normes industrielles en passant par l’informatique.

— On a du mal à le croire. Tout à l’heure, il semblait être celui qu’il était depuis toujours… mentalement, je veux dire. Les idées semblaient lui venir aussi vite que d’habitude.

Une douzaine d’idées insolites à la minute, quand il est lancé. Unnerby sourit intérieurement en revoyant ses souvenirs. Inconstance, ton nom est Underhill.

La générale soupira, et sa voix était douce et distante. On eût dit qu’elle parlait des personnages d’un roman invente de toutes pièces, et non de sa tragédie personnelle.

— Sherk a eu des milliers d’idées délirantes et des centaines d’idées réalisables. Mais… ce n’est plus le cas. Sherkaner n’a rien trouvé de nouveau depuis trois ans. Actuellement, il s’intéresse à la vidéomancie ; le saviez-vous ? Il a toujours son extravagance habituelle, mais…

La voix de Smith se brisa et elle se tut.

Pendant presque quarante ans, Victory Smith et Sherkaner Underhill avaient fait équipe : Underhill produisait une avalanche continue d’idées, Smith sélectionnait les meilleures et les lui renvoyait. Sherk avait une manière plus pittoresque de décrire ce processus, au temps où il croyait que l’intelligence artificielle était l’avenir :

— Je suis le composant générateur d’idées et Victory est le détecteur de conneries ; nous sommes un degré d’intelligence au-dessus de tout ce qui marche sur dix jambages.

Ce couple avait transformé le monde.

Mais maintenant… et si une moitié de l’équipe avait perdu son génie ? Les brillants caprices de Sherk avaient maintenu la générale sur la bonne voie tout autant que l’inverse. Sans Sherk, Victory Smith ne pouvait compter que sur ses seuls atouts personnels : le courage, la force de caractère, la persévérance. Était-ce suffisant ?

Victory resta un moment sans rien dire. Et Hrunkner regretta de ne pouvoir s’approcher d’elle et lui passer les bras autour des épaules… mais les sergents, même les vieux sergents, ne font pas ça avec les généraux.

Quarante-deux

Les années avaient passé, et le danger s’était précisé. Plus implacablement que tout humain que Pham ait jamais connu, Reynolt ne cessait de chercher. Dans la mesure du possible, il avait évité de manipuler les zombies. Il s’était même arrangé pour que ses propres opérations de surveillance continuent pendant qu’il était hors Veille ; c’était risqué, mais cela empêchait les corrélations évidentes avec son absence. Peine perdue. Reynolt semblait avoir à présent des soupçons concrets. Les programmes d’analyse de Pham indiquaient qu’elle intensifiait ses recherches, qu’elle se rapprochait de son suspect – Pham Nuwen, très vraisemblablement. Il n’y avait pas de recours possible. Qu’importent les risques, il fallait supprimer Anne. La journée portes ouvertes inaugurant le nouveau « bureau » de Tomas Nau donnerait peut-être à Pham les meilleures chances de réussite.

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