Dominium Mundi. Livre II
- Автор: Baranger François
- Серия: Dominium Mundi #2
- Год: 2014
- Язык: французский
- Год: Critic
- ISBN: 979-1-090648-18-0
- Жанр: Космическая фантастика
Электронная книга - «Dominium Mundi. Livre II». Краткое содержание книги:
Sans perdre une seconde, le Normand se releva et repartit en sens inverse, conscient que ses ennemis l’avaient vu esquisser son mouvement vers la gauche avant l’explosion de sa grenade. En effet, à peine était-il parti que trois faisceaux convergeaient vers l’endroit où il se trouvait et vitrifiaient le sable dans un rayon de plusieurs mètres. Un coup d’œil par-dessus son épaule apprit à Tancrède qu’au moins six Atamides étaient à terre.
Une bourrasque de vent dissipa brusquement le nuage de poussière, faisant réapparaître le commando. Seuls cinq hommes étaient encore là pour les affronter. Un autre, étrangement, avait fui vers le jet et montait la rampe d’accès. Normalement, les forces spéciales ne reculaient jamais.
Poussant un cri de fureur, Tancrède utilisa les servomoteurs de ses jambes au maximum de leur puissance et sauta à plus de trois mètres de hauteur dans le but d’attirer l’attention sur lui. Aussitôt, comme si les Atas avaient compris la manœuvre, il vit deux lances s’élever dans la périphérie de son champ de vision. Il déclencha alors deux des six roquettes percussives logées dans ses épaulettes, sachant que cela déchaînerait les alarmes internes des exosquelettes des commandos. Juste avant que les roquettes ne s’abattent sur leur cible, les contre-mesures de forces spéciales jaillirent de leurs WN, illuminant tout le plateau d’un éclair aveuglant et faisant détoner les roquettes à quinze mètres du sol. Le souffle projeta Tancrède en arrière.
Toutefois, ses réflexes supérieurs de Méta-guerrier lui avaient permis d’ajuster avec précision l’un de ses ennemis. Il tira sur lui aussi longtemps que dura sa chute et continua en se relevant. Il eut à peine le temps de voir sa cible s’enflammer comme une torche que ce fut au tour de ses propres alarmes internes de carillonner à toute volée : quatre roquettes le ciblaient. Il déclencha toutes ses contre-mesures puis, comme cela ne suffirait pas à arrêter toutes les roquettes, se jeta au sol en ramenant les bras et les jambes sous son corps de manière à ce que son WN encaisse le maximum de la déflagration sur le dos, là où il était le plus épais.
Une seule roquette parvint à franchir le barrage des contre-mesures et arriva jusqu’au sol. Lorsqu’elle explosa, l’exosquelette de Tancrède dépensa tellement d’énergie pour évacuer la chaleur que les batteries descendirent instantanément à leur charge critique. Tancrède hurla de douleur. Pendant quelques secondes, la température était montée à près de cent-vingt degrés dans sa combinaison.
Sous la douleur, la vision de Tancrède se brouilla. Il ne pouvait plus lire les indicateurs HUD affichés en transparence sur la visière de son casque. Néanmoins, comme il savait qu’avec le peu d’énergie qui lui restait, il ne ferait pas trois pas avant que les batteries soient à plat, il déclencha par commande vocale l’éjection d’urgence de son blindage. Toutes les plaques de la couche externe en carbone-semtac de son Weiner-Nikov furent aussitôt projetées à plusieurs mètres, mettant à nu la structure interne de l’exosquelette, et en dessous, la couche superficielle de sur-peau noire qui recouvrait le porteur. La combinaison de guerre venait ainsi de perdre quatre-vingts pour cent de son poids, mais aussi ses capacités protectrices. Par contre, elle conservait toutes ses propriétés d’assistance au mouvement. L’éjection des lourdes plaques de blindage les avait même amplifiées et Tancrède comptait bien les mettre à profit afin de compenser son nouveau handicap.
Bloquant tous ses servomoteurs à plein régime, il se rua sur les unités des forces spéciales. Dès qu’il sortit de la bulle de chaleur causée par l’explosion, la vue lui revint et il constata que ses ennemis n’étaient plus que trois. Jetant au loin son T-farad, il expulsa le manche de sa lame ionisée. Celui-ci atterrit directement dans sa main droite. La lame jaillit aussitôt et se morpha en épée à double tranchant. Stimulé par les décharges d’adrénaline que son organisme lui envoyait, Tancrède poussa un terrible cri de rage et se précipita sur ses adversaires.
Ceux-ci parurent frappés de stupeur en voyant ce soldat en furie, revêtu d’une simple structure WN, émerger de l’explosion pour foncer sur eux à une vitesse surnaturelle, levant haut une épée rutilante. Le premier n’avait même pas eu le temps de se tourner entièrement vers Tancrède lorsque celui-ci lui asséna un coup d’une violence inouïe. Lancée de haut en bas et en diagonale, la lame ionisée trancha le semtac au niveau de la clavicule droite et continua sans rencontrer de résistance jusqu’à l’aine gauche, coupant le soldat en deux et aspergeant de sang et de tripes son voisin direct.
Terminant son geste par rotation complète du corps, Tancrède se retrouva en position de frapper le deuxième soldat au moment où celui-ci appuyait sur la détente de son T-farad, la gueule du canon plaquée sur le ventre de son assaillant. L’épée s’abattit avec force sur le bras du commando, le sectionnant en même temps que le fusil lui-même. Malheureusement, avant d’être coupé en deux, le fusil T-farad avait commencé à rayonner et Tancrède ressentit une intense brûlure au ventre. Le commando leva son bras mutilé en hurlant de douleur sur le canal com. Tancrède aurait hurlé lui-même s’il n’avait reçu un entraînement supérieur.
Il inversa sa prise sur le manche de l’épée, replia ses poignets afin de ramener la lame le long de son avant-bras, puis la leva le plus haut possible en détendant d’un coup les articulations assistées de ses jambes. Le saut le propulsa un mètre cinquante à la verticale de l’autre, l’épée pointée vers le bas. Lorsqu’il retomba, celle-ci pénétra dans le torse par la clavicule gauche et s’enfonça jusqu’à la garde.
Bien qu’il ne restât plus qu’un seul membre des forces spéciales, Tancrède savait que celui-ci allait lui porter le coup de grâce. Il n’aurait jamais le temps de retirer son épée et aucun blindage ne le protégeait plus. Il tourna la tête avec lenteur, s’attendant à tomber face à face avec un canon T-farad. Tout ce qu’il vit, ce fut un homme plaqué au sol et transpercé par une lance atamide, s’agitant comme un insecte épinglé sur une planche. Un guerrier s’était précipité au secours de Tancrède et avait porté un coup fatal à son dernier adversaire.
L’Atamide posa un pied griffu sur le plastron du commando à terre, puis retira la lance d’un geste sec, arrachant à l’homme un cri de douleur. Mais celui-ci ne souffrit pas plus longtemps, puisque l’Ata lui plongea la lame en plein cœur. Les mouvements spasmodiques s’arrêtèrent.
Étourdi par le violent effort qu’il avait dû fournir pour ce combat – de quelques minutes à peine, mais d’une rare intensité –, le soldat normand s’affala par terre, hors d’haleine. Il ne remarqua ni le souffle d’air brûlant provoqué par le décollage de l’IT-jet, ni le sifflement strident des répulseurs magnétiques qui permettaient à l’appareil de rester stable à si faible altitude. Trente secondes plus tard, le jet était si loin que le son qu’il produisait n’était presque plus audible. Seul l’écho de son décollage se propageait encore dans les vallées environnantes.
Le guerrier atamide aida Tancrède à se remettre debout. Son ventre l’élançait douloureusement, même si la blessure semblait superficielle. La sur-peau l’avait en partie protégé, mais si son coup d’épée n’avait pas détruit l’arme, il serait mort. Il rétracta son casque et put enfin éponger la sueur qui dégoulinait sur son front.
« Merci », dit-il simplement au guerrier, autant pour l’avoir relevé que pour lui avoir sauvé la vie.
Bien que celui-ci ne puisse comprendre le mot, il parut parfaitement en saisir le sens. Tancrède observa alors le plateau et constata que le combat avait été aussi sanglant que bref. Les commandos étaient étendus dans diverses positions, transpercés par des lances ou abattus par Tancrède. Un peu sur la droite, le corps de Raymond de St. Gilles s’étalait face contre terre, bras et jambes en croix, une lance plantée entre les deux omoplates. Par sa symétrie, la position semblait si peu naturelle qu’on aurait juré que le comte feignait d’être mort. Pourtant, Tancrède constata qu’il ne respirait plus. C’en était fini de l’un des ultras les plus acharnés de l’ECM.