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Dominium Mundi. Livre II

Электронная книга - «Dominium Mundi. Livre II». Краткое содержание книги:

« Cette guerre pour laquelle il s’était engagé n’était pas une guerre de religion, ni même une simple guerre de conquête ou de colonisation, mais bel et bien une guerre d’extermination. »
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C’était logique. Toutefois, dans ce cas, pourquoi Urbain laissait-il Robert aux commandes alors qu’il avait de toute évidence échoué à garder le contrôle des événements après la chute de Pierre l’Ermite ? Probablement connaissait-il des informations qui le rendaient intouchable. Informations que Raymond, en dépit de ses propres espions, n’avait jamais réussi à découvrir.

« Point de rendez-vous en vue, annonça la voix du pilote sur les haut-parleurs de la cabine. Coordonnées 321.D-428.M atteintes, position stationnaire à 3…2…1… top. Position stationnaire effective. Attendons instructions. »

L’IT-jet se stabilisa soudain comme par magie. Raymond crut même qu’il s’était déjà posé. Les stabilisateurs des IT dernière génération étaient si performants qu’en l’absence de vent, l’appareil pouvait se maintenir en l’air pratiquement immobile. Un coup d’œil par un hublot extérieur apprit à Raymond qu’ils se trouvaient à une quarantaine de mètres du sol, au-dessus d’un étroit plateau dominant une vallée escarpée. Une petite troupe attendait en bas.

Une dizaine d’Atamides et un homme.

« Allons, levez-vous Raymond, il est temps de nous préparer ! »

En orientant ses réacteurs vers le bas pour la position stationnaire, l’IT-jet avait considérablement réduit la nuisance sonore dans la cabine. Aussi, Robert de Montgomery n’avait plus besoin d’élever la voix pour s’adresser au comte de Provence. Celui-ci se retourna lentement, les traits crispés. Le ton qu’employait le duc pour s’adresser à lui était de plus en plus provocant.

« Monsieur le comte, je vous prie », rectifia-t-il avec raideur.

Robert eut une moue agacée.

« Vous n’avez pas toujours fait tant de manières, rétorqua-t-il. À une époque, vous avez même semblé ravi que je commence à vous appeler par votre prénom ! »

D’un pas rapide, quoique rendu malhabile par le WN, il se dirigea vers le petit sas qui donnait sur la porte extérieure, coupant court à toute nouvelle réplique.

« Dépêchez-vous, je vous prie, lança-t-il à Raymond. Je dois encore vous expliquer comment nous allons procéder. »

En proie à des sentiments confus et violents, le comte de Provence se leva puis entra dans le sas d’un pas lourd. Juste derrière lui se posta le chef des commandos, suivi par ses neuf hommes. Leurs visages portaient les marques de nombreux combats et n’exprimaient rien de bon. Ces hommes n’étaient pas des enfants de chœur et n’avaient certainement pas été choisis par hasard pour cette mission. Tous déployèrent leurs casques, presque à l’unisson. Les visages couturés disparurent derrière des orbes dorés aux reflets métalliques.

Raymond s’apprêtait à faire de même lorsque le duc de Normandie lui dit :

« Non, pas vous Raymond. Vous restez tête nue.

— Par tous les saints, voulez-vous que je me fasse tuer ? Pourquoi descendrais-je tête nue si même les soldats se protègent ?

— Parce que je vous l’ordonne ! Il est indispensable que l’on voie votre tête.

— Mais pourquoi diable ? s’écria Raymond d’une voix plus aiguë qu’il ne l’aurait souhaité.

— Je vais vous le dire. »

Robert de Montgomery expliqua alors ses intentions à son allié ultra. À mesure qu’il lui décrivait ce qu’il attendait de lui, le visage de Raymond perdait de plus en plus de couleur. À la fin, il était blême. Il aurait voulu réagir, mais il ne s’en sentait pas la force. Que faire ? S’il refusait, il était probable que Robert demanderait aux commandos de l’y obliger. S’il résistait vraiment, alors qui sait de quoi le Préteur pouvait être capable, même avec son principal allié ?

Lorsqu’il fut certain que le comte ferait ce qu’il attendait de lui, Robert ordonna la descente de l’appareil. Une minute plus tard, le sas dépressurisait bruyamment. Raymond, raide comme un cadavre, n’avait pas prononcé une parole depuis les instructions de Robert. Il se comportait comme quelqu’un qui sait qu’il va commettre une terrible erreur, mais qui n’a ni le choix, ni le temps de réfléchir.

Juste avant que la porte s’ouvre, la dernière chose qu’il vit fut Robert de Montgomery déployant son casque doré sur sa tête maudite.

10 h 48

Tancrède fut sincèrement surpris lorsqu’il vit arriver l’IT-jet officiel du Prætor peregrini. Il était convaincu que Robert de Montgomery n’accepterait jamais d’honorer ce rendez-vous.

Quelques heures auparavant, avec l’aide de chefs de guerre atamides, il avait soigneusement choisi un site éloigné de la Nouvelle-Jérusalem dont la configuration lui offrait la sécurité nécessaire. Impossible d’organiser le moindre guet-apens sur ce plateau escarpé, perdu au fin fond des montagnes. Il s’attendait à tout avec un serpent venimeux tel que Montgomery, sauf à ce qu’il respecte le principe de non-agression des pourparlers.

Dix guerriers atamides expérimentés l’escortaient. Lors de négociations, il était prohibé d’attaquer la partie adverse ; toutefois, rien n’interdisait de venir avec des soldats armés afin d’inciter l’adversaire à respecter ce principe. Les guerriers resteraient donc en retrait, lances à la main, mais pointées vers le haut. Arnut’har commandait le détachement.

À son arrivée sur le plateau, Tancrède avait remarqué avec étonnement que certains blocs rocheux d’apparence naturelle étaient en fait des têtes sculptées, à l’image d’Atamides. De dimensions respectables – certaines mesuraient presque trois mètres de haut –, l’érosion les avait tellement usées que de loin, il était impossible de deviner qu’il s’agissait de sculptures. Arnut’har n’avait pas su quoi répondre lorsque Tancrède l’avait questionné sur leur origine. Était-ce parce que, en l’absence de sage pour traduire, le chef de guerre n’avait pas compris, ou parce que la civilisation qui avait façonné ces têtes colossales était si ancienne que son souvenir avait disparu ? Quoi qu’il en soit, le rendez-vous allait se dérouler sous le regard des anciens habitants d’Akya.

Le délai fixé par Tancrède était presque entièrement écoulé quand le jet se posa. Un duc n’arrivait jamais en avance. Lorsque les épais tourbillons de poussière provoqués par les réacteurs et les répulseurs magnétiques se dissipèrent, Tancrède s’aperçut que le sas latéral de l’appareil était déjà ouvert et qu’une douzaine d’hommes en descendaient. Ils portaient tous le Weiner-Nikov noir des forces spéciales.

« Ils n’envoient quand même pas des commandos pour négocier ? » songea-t-il abasourdi. Puis il comprit que, pour des raisons de sécurité, on avait dû conseiller à Robert de Montgomery de revêtir un exo. Lui-même ne serait pas venu sans le sien.

De lourds nuages pourpres couvraient le ciel d’un bout à l’autre de l’horizon. Comme d’habitude sur Akya du Centaure, ceux-ci étaient arrivés sans signe avant-coureur et s’étaient installés en moins d’une heure. Avant le lendemain, ils déverseraient probablement des trombes d’eau dans tout le T’ug. Une étrange odeur flottait dans l’air, une odeur presque iodée comme si la mer n’était pas loin.

L’escadron des forces spéciales s’arrêta à cinq mètres de lui. Deux hommes se tenaient en avant. Le premier, casque fermé, le second, un pas en arrière, casque ouvert. Tancrède reconnut Raymond de St. Gilles, l’allié le plus fidèle de Montgomery. Les dix autres restaient derrière.

L’ex-lieutenant s’adressa au premier en supposant qu’il s’agissait de Robert, bien que son visage demeurât invisible sous son casque.

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