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READ-E-BOOK » Научная фантастика » Citoyen de la galaxie [Citizen of the Galaxy - fr]
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Citoyen de la galaxie [Citizen of the Galaxy - fr]

Электронная книга - «Citoyen de la galaxie [Citizen of the Galaxy - fr]». Краткое содержание книги:

Le marché aux esclaves se tenait sur la Place de la Liberté, du côté du port spatial, en face du capitole des Neuf Mondes. Le marchand de chair humaine psalmodiait les enchères sur un ton monocorde, constamment interrompu par le rugissement des fusées.
Pourquoi un marché d’esclaves dans cet avenir lointain, dans cette Galaxie repue de progrès ? Pourquoi y vendre un jeune homme, Thorby, aussitôt après son arrivée ? Et qui est Thorby au juste ? Les gens sont libres. Chaque vaisseau spatial est un état souverain. Mais les Libres Marchands ont peut-être trouvé la pire solution au plus difficile problème : comment être humain et survivre dans toutes les situations. Et Thorby se pose une question : à quoi bon être un Citoyen de la Galaxie ?
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Pendant une des pauses, après avoir été sommé de se réveiller, il demanda :

— A qui dois-je délivrer ce message ?

— Si tu as l’occasion de le faire, tu le sauras. Tu n’auras aucun doute. Si tu as du mal à t’en rappeler, demande-lui de te mettre en transes légères. Cela reviendra tout seul.

— Demander à qui ?

— A lui. Peu importe. Tu t’endors. Tu es endormi.

Baslim claqua dans ses doigts.

Tandis que l’appareil bourdonnait, Thorby fut vaguement conscient de l’arrivée de Baslim dans la pièce. Il portait sa jambe artificielle, ce qui étonna le garçon somnolent. Car il ne la portait généralement qu’à la maison. Une autre fois, il sentit une odeur de fumée et pensa confusément que quelque chose devait brûler dans la cuisine. Il devrait aller vérifier, mais il était incapable de bouger et les mots absurdes continuaient à être débités dans ses oreilles.

Il réalisa qu’il était en train de réciter à Pop la leçon apprise.

— C’est juste ?

— Oui. Maintenant dors le reste de la nuit.

Le lendemain matin, Baslim n’était plus là. Thorby n’en fut pas surpris. Ses déplacements étaient pour le moins imprévisibles ces derniers temps. Après le petit déjeuner, il prit son bol et se dirigea vers la Place. Les affaires ne marchaient pas, Pop avait raison. Désormais le garçon était trop sain et trop bien nourri pour la profession. Il devrait peut-être apprendre à disloquer ses articulations comme Granny le Serpent, ou acheter des lentilles avec des cataractes montées à l’intérieur.

Au milieu de l’après-midi, un vaisseau transitaire accosta inopinément dans le port. Thorby commença à glaner les renseignements habituels et découvrit que c’était le Sisu, un vaisseau Libre Commerçant dont le port d’attache était la Nouvelle Finlande, Shiva III.

En temps ordinaire, ce n’était qu’une information mineure à rapporter à Pop, quand il le verrait. Mais le capitaine Krausa du Sisu faisait partie du groupe des cinq personnes à qui il devrait délivrer le message un jour.

Thorby en était inquiet. Il savait qu’il ne devait pas rechercher le capitaine Krausa pour l’instant, car Pop était vivant et se portait très bien. Mais peut-être serait-il intéressé de savoir que le vaisseau était arrivé ? Les transitaires itinérants allaient et venaient à leur guise, quelquefois ils ne restaient au port que quelques heures.

Le garçon se dit qu’il serait à la maison en cinq minutes, et Pop lui en serait peut-être reconnaissant. Au pire il lui reprocherait d’avoir quitté la Place, mais, allons donc ! Il apprendrait tout ce qu’il manquerait grâce aux ragots.

Thorby s’en alla.

Les ruines du vieil amphithéâtre s’étendaient autour d’un tiers de la périphérie du nouveau. Une douzaine de cavités menaient au labyrinthe qui avait desservi les vieilles baraques d’esclaves. Un nombre illimité de chemins passaient sous terre à partir de ces entrées officieuses jusqu’au lieu dont Baslim avait fait son logis. Avec Thorby, ils variaient leur trajet au hasard, mais évitaient toujours d’être remarqués en entrant ou en sortant.

Cette fois, il était pressé et se dirigea vers l’ouverture la plus proche, mais la dépassa. Il y avait un agent de police juste devant. Il continua comme s’il voulait aller vers le réduit minuscule d’une marchande de légumes dans la rue qui bordait les ruines. Il s’arrêta et parla à la propriétaire.

— Salut, Inga. As-tu un beau melon bien mûr que tu seras obligée de jeter ?

— Je n’ai pas de melons.

Il montra son argent.

— Et ce gros là-bas ? Tu me le fais à moitié prix et j’oublie la tache dessus.

Il se pencha en avant.

— Ça ne tourne pas rond ?

Les yeux de la femme clignèrent en direction du policier.

— Disparais.

— Une descente ?

— Disparais, je te dis.

Thorby jeta une pièce sur le comptoir, prit le fruit et s’éloigna sans se presser en suçant le jus.

Il explora le terrain et dut reconnaître que la police était disséminée tout autour des ruines. Devant une entrée, se tenait un groupe de troglodytes en haillons, tristement entassés sous la surveillance d’un gardien. Baslim estimait qu’il y avait au moins cinq cents personnes vivant dans les décombres. Thorby ne le croyait pas vraiment, car il avait rarement vu quelqu’un y entrer, ou entendu se déplacer à l’intérieur. Il ne repéra que deux visages connus parmi les prisonniers.

Une demi-heure plus tard, plus inquiet à chaque minute qui passait, il trouva une entrée que la police ne semblait pas connaître. Il l’observa quelques minutes, puis s’y précipita de derrière un rideau d’herbes folles. Une fois à l’intérieur, il se retrouva bientôt dans l’obscurité totale, se déplaça prudemment, aux aguets. Les policiers étaient censés avoir des lunettes pour voir dans le noir, mais Thorby n’en était pas sûr. Il avait toujours trouvé plus facile de les semer la nuit. Toutefois cette fois-ci, il ne prit aucun risque.

Il y en avait tout en bas. Il en entendit deux et vit leurs torches. Si les flics étaient équipés pour voir dans le noir, ce n’était pas le cas de ceux-ci. Ils fouillaient visiblement les lieux, le doigt sur la gâchette. Mais ils étaient en terrain inconnu, alors que le garçon était chez lui. En spéléologue hautement qualifié, il connaissait ces corridors comme sa poche. Il s’y était frayé un chemin dans le noir complet deux fois par jour pendant des années.

Pour l’instant, ils l’avaient piégé. Il se maintint à une distance suffisante devant eux de façon à ne pas être pris dans les feux de leurs torches, esquiva un trou qui menait au niveau inférieur, plongea derrière le seuil d’une porte et attendit.

Ils atteignirent le trou, examinèrent le bord étroit que Thorby avait passé avec aisance dans l’obscurité, puis l’un d’eux dit :

— Il nous faut une échelle.

— Oh, nous trouverons bien des escaliers ou une descente.

Ils retournèrent sur leurs pas, le garçon attendit, puis revint en arrière et se faufila dans le trou.

Quelques minutes plus tard, il était près de la porte de son logis. Il regarda, écouta, renifla et guetta jusqu’à ce qu’il soit sûr d’être tout à fait seul. Puis il se glissa vers la porte et chercha la touche digitale dans le verrou. Mais en mettant le pouce dessus, il sentit que quelque chose ne tournait pas rond.

La porte n’était plus là, il ne restait qu’un trou béant.

Il se figea, tous ses nerfs étaient tendus. Une odeur d’étrangers le frappa, mais elle n’était pas toute fraîche. Il n’entendit aucun souffle, sauf le bruit faible d’un robinet qui gouttait dans la cuisine.

Thorby décida qu’il devait voir ce qui s’était passé. Il regarda derrière lui, ne vit aucune lueur, rentra à l’intérieur pour tourner le bouton de la lumière sur « faible ».

Rien ne se produisit. Il essaya l’interrupteur dans toutes les positions sans succès. Il évita quelque chose qui encombrait la salle de séjour bien nette de Baslim et pénétra dans la cuisine pour y trouver des bougies. Elles n’étaient pas à leur place, mais sa main tomba sur une non loin. Il découvrit une allumette et l’alluma.

Un spectacle de ruine et de désolation s’offrit à lui.

Visiblement ils avaient fouillé sans tenir compte des frais, dans le but de faire le travail à fond le plus rapidement possible. Chaque armoire, chaque étagère avaient été renversées, de la nourriture déversée sur le sol. Dans la grande pièce, les matelas avaient été éventrés, le rembourrage répandu. Mais une partie des dégâts ressemblait à du vandalisme pur et simple, inutile et absurde.

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